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Christianisme

Le Pape et le Keffieh
25/04/2009

Mon billet sur ce sujet [*] fut léger et conciliant, mais des sites chrétiens en font des tonnes. Ai-je tort de m’en étonner, et, très franchement, de le déplorer? (Menahem Macina).

[*] Voir : "Et un keffieh pour le pape, un !"

25/04/09

Texte repris du site EMS

Source : Blog Benoît et moi.

Le pape Benoît XVI et le keffieh

 

Le 23 avril 2009  - (E.S.M.) - Deux jeunes Palestiniens, originaires de Bethléem, ont offert un keffieh noir et blanc à Benoît XVI à la fin de l’audience générale du 22 avril, Place Saint-Pierre.

Les deux jeunes chrétiens palestiniens qui ont offert un keffieh au Saint-Père - Pour agrandir l’image Cliquer

Le pape Benoît XVI et le keffieh

C’est le symbole palestinien... Dans deux semaines, le voyage en Terre Sainte

Le 23 avril 2009  - Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - Deux jeunes Palestiniens, originaires de Bethléem, ont offert un keffieh noir et blanc à Benoît XVI à la fin de l’audience générale du 22 avril, Place Saint-Pierre.

Le Pape met le keffieh d’Arafat le jour où le ministre israélien qui organise son arrivée en Terre Sainte lui demande de ne pas recevoir au Vatican le maire de Hamas.
Place Saint-Pierre, devant 40 mille fidèles, Benoît XVI s’est mis sur les épaules le tissu noir et blanc symbole du patriotisme palestinien.
Hier, à la fin de l’audience, deux jeunes de Béthléem ont offert à Benoît XVI la traditionnelle écharpe - couvre-chef : une anticipation de Terre Sainte, arrivée au Vatican depuis la paroisse du « Champ des bergers », alors que le Pape se prépare à partir, dans deux semaines, pour la Jordanie, Israël et les Territoires palestiniens.

Au débuts du XXème siècle le keffieh fut associée à la révolte arabe au point de conduire l’armée britannique à emprisonner tout palestinien qui la portait. Ensuite on détermina une distinction sur la base des couleurs.
Le keffieh blanc et noir (celle mise hier par le Pontife) fut associée à l’OLP de Yasser Arafat et à al-Fatah.
le blanc et vert devint l’emblème des fondamentalistes islamiques du Hamas. Le blanc et rouge, au contraire, représente depuis des décennies le mouvement d’inspiration marxiste-communiste pour la libération de la Palestine.

Hier matin le Pontife a d’abord serré la main à un jeune homme originaire du Moyen-Orient, qui portait un keffieh, puis une jeune fille lui en a offert un qu’il s’est  mis autour du cou. Après quelques instants son secrétaire personnel, Mgr Georg Gaenswein, a pris le morceau de tissu des épaules du Pape et l’a rangé avec d’autres cadeaux que le Pontife a reçus des pèlerins qui célébraient le 25ème anniversaire de la consigne de la croix de l’Année Sainte aux jeunes du monde.

Une image insolite, celle du Pape avec le keffieh, qui a fait immédiatement le tour du monde, justement le jour où avec une initiative sans précédent, le ministre israélien du tourisme Stas Misezhnikov (membre d’« Israël Beitenou », la droite radicale) a formellement demandé à Benoît XVI de s’abstenir de recevoir au Vatican dans les jours qui suivent le maire d’une ville arabe de Galilée. Le maire de Sakhnin, Mazen Ghanaim, selon le ministre de l’État hébreu, « est un soutien du terrorisme et fomenteur de conflits, qui agit contre les intérêts nationaux de l’État dans lequel il fait fonction de maire ».

Mots très durs, accompagnés de l’appel « à Sa Sainteté pour qu’il s’abstienne de le recevoir chez lui ».
Le ministre est le responsable suprême des préparatifs pour la visite de Benoît XVI en Israël le mois prochain.
La réaction du maire Ghanaim ne s’est pas fait attendre. Dans une lettre transmise au premier ministre Benyamin Netanyahu il a exprimé sa « stupéfaction » pour l’intervention du membre du gouvernement.

« Il est de votre devoir de mettre fin à des expressions de ce genre », a ajouté Ghanaim. « Peut-être que Misezhnikov n’a pas remarqué que la campagne électorale de février est finie ».
Il faisait allusion à la propagande électorale d’Israël Beitenou, qui a été caractérisée par un ton âpre et critique vis-à-vis de la minorité arabe en Israël. De vives protestations pour la sortie du ministre Misezhnikov ont été exprimées également par l’organisation Adala qui lutte pour l’émancipation de la minorité arabe en Israël.
Entre temps, le noir et blanc sur l’habit papal passe dans l’histoire.

(Source: La Stampa, GIACOMO GALEAZZI)

Le Curé de Beit Sahour, Don Kefiah : « Tu es le bienvenu »

Viens, tu es le bienvenu: ce sont les paroles des deux jeunes palestiniens qui ont offert au pape le keffieh - qui l’a mis autour de son cou l’espace d’un instant.
C’est Don Faysal Hijazim, curé de l’église de Notre-Dame de Fatima à laquelle ils appartiennent qui le raconte.

La paroisse s’élève à Beit Sahour, un bourg proche de Bethléem qui s’élève dans la localité biblique connue comme "Le champ des bergers" : le lieu où, selon la tradition, les anges vinrent annoncer aux bergers la naissance de Jésus.
Don Faysal, avec une vingtaine de jeunes de sa paroisse, est depuis plusieurs jours en Italie pour une série de rencontres à la veille de la visite du pape Benoît XVI en Terre Sainte, du 8 au 15 mai prochains.
"Voir le pape et parler avec lui, lui offrir le keffieh - raconte t’il - a été une chose très importante pour notre terre, pour les chrétiens et les musulmans qui l’habitent, pour attirer l’attention du pape sur la souffrance du peuple palestinien. Nous l’attendons en Terre Sainte avec impatience".

Le curé raconte l’attente des chrétiens de Terre Sainte, principalement palestiniens, pour l’arrivée du pontife, malgré les "peurs" qui l’ont précédée.
"Les gens - explique t’il - sont contents, ils veulent le voir dans notre terre, et s’apprêtent à le recevoir avec un grand espoir, parce qu’il permettra d’apporter l’espoir à cette terre’’.
La "peur", ajoute t’il, est celle de la communauté chrétienne en Palestine et en Israël, un "petit troupeau", une "toute petite communauté" qui craignait de se retrouver un peu oubliée au milieu des multiples questions que le pape devra affronter en Terre Sainte, à commencer par le dialogue global avec les musulmans, les juifs et les orthodoxes.

"Nous - explique don Faysal - nous voulons que le pape, comme notre chef, nous aide à approfondir notre foi, à être chrétiens. Et qu’il nous aide, avec sa présence et avec ses mots, à apporter la paix".
La situation des chrétiens que trouvera le pontife est, comme on le sait, pas facile. Un problème central pour la vie des chrétiens, comme pour les palestiniens, est celui des "droits humains", à commencer par "les humiliations que nous affrontons quotidiennement au checkpoint", et "le manque de liberté aux frontières".

"Parmi les jeunes qui sont avec moi - explique don Faysal - 16 sur 17 n’étaient encore jamais sortis de Béthléem. Pour eux, être à l’audience avec le pape a été un instant très important, ils ont redécouvert leur dignité humaine". Et puis il y a les questions sur la "liberté religieuse", et le "manque de travail".

Mais le problème le plus grand, pour le curé, c’est "l’insécurité que nous vivons, l’absence d’avenir, d’espérance dans le futur".
C’est pourquoi beaucoup de chrétiens émigrent et peu à peu disparaissent de la Palestine :
"Les jeunes qui étaient avec moi se demandaient pourquoi ils ne pourraient pas essayer de s’installer en Italie".
L’espoir est que la visite du pape puisse créer une occasion pour ouvrir également le dialogue avec les juifs: "Dans notre zone les rapports avec les musulmans sont excellents. Mais avec les juifs, nous n’avons aucun dialogue. Les seuls que nous rencontrons sont les soldats. Et ainsi, dans notre esprit, le juif est le soldat. C’est une situation de guerre".

La paroisse de Beit Sahour a aussi confié à papa Ratzinger une lettre, signée du 8 Mars dernier, de la part de nombreux chrétiens palestiniens, qui demandent au pontife de ne pas oublier, à l’occasion de sa visite, "le degré de prostration, d’humiliation et d’oppression que les chrétiens, en tant que palestiniens, vivent depuis des décennies surtout dans les Territoires occupés".
’"Ce n’est plus le moment - telle est la conclusion - de parler de « processus de paix ». C’est le moment de la paix. Le moment de rendre la liberté aux prisonniers, la terre aux propriétaires, la sûreté à tout".
Un appel pour la paix partagée aussi par don Faysal, qui conclut en demandant à tous les chrétiens : "Venez nous rencontrer, comme le pape".

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