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Hezbollah-Israël

L’enquête avance en Egypte, révélant l’infiltration des institutions libanaises par le Hezbollah
25/04/2009

De hauts fonctionnaires libanais inféodés au Hezbollah, seraient impliqués dans l’établissement de vrais-faux papiers. (MAI).

25/04/09


Article original dans Al Hayat, Londres


Source : MediArabe.info MAI (21 avril 2009), Chawki Freïha - Beyrouth


Traduction et synthèse de Chawki Freïha

 

L’enquête menée en Egypte depuis le démantèlement de réseaux terroristes du Hezbollah, s’accélère et menace désormais le Liban. Le Caire doit en effet demander un complément d’enquête à Beyrouth, afin de déterminer l’origine des vrais-faux papiers d’identité, dûment établis par l’administration libanaise. Ce rebondissement confirme l’infiltration de l’administration par des fonctionnaires placés là par le Hezbollah et ses alliés durant l’occupation syrienne.

Le quotidien Al Hayat affirmait en effet, le 21 avril, que l’enquête égyptienne avait mis au jour des dérives inquiétantes au Liban, notamment au niveau de la Sûreté générale (dirigée par le général Wafik Jezzini, proche du mouvement Amal), et du ministère des Affaires étrangères, dirigé par Fawzi Salloukh (Hezbollah). Les passeports saisis, lors de l’arrestation des membres des réseaux démantelés en Egypte, ont été établis sur la base de fausses informations relatives à l’identité de leurs détenteurs. Selon les autorités égyptiennes, « ces vrais-faux documents ont été validés par la Sûreté générale libanaise, puis au niveau du ministère des Affaires étrangères, avant d’être remis aux autorités consulaires égyptiennes à Beyrouth » (pour obtenir les visas).

Le Caire affirme, à ce propos, que, sans l’aveu de Mohammed Youssef Mansour, qui utilise le nom de Sami Hani Chehab, et est présenté comme le principal chef du réseau, la supercherie n’aurait jamais été découverte. Les enquêteurs reconnaissent que « tous les documents officiels saisis sur lui avaient été établis selon les normes ». Ce qui confirme que « des complices du Hezbollah sont bien placés dans l’administration libanaise ». D’ailleurs, la famille de Mansour a chargé l’avocat islamiste égyptien, Mountasser Al-Zayyat, de le défendre. Et pour ce faire, elle lui a adressé une procuration signée chez un notaire de Beyrouth par le vrai-faux frère de Mohammed Youssef Mansour, qui s’est présenté comme étant Walid Chehab. Or, durant les interrogatoires, Sami Hani Chehab n’avait pas signalé avoir un frère nommé Walid. Le notaire serait ainsi impliqué dans le faux document.

Notons que sous l’occupation syrienne, le pouvoir libanais, alors dirigé depuis Damas, avait promu plusieurs officiers et hauts fonctionnaires aux postes-clé de l’Etat libanais. La Sûreté générale a ainsi transformé les frontières terrestres avec la Syrie en passoire pour les combattants du Hezbollah et des Gardiens de la Révolution iranienne, mais elle a aussi permis les trafics d’armes, tant dénoncés par l’ONU et par les Libanais. La Sûreté générale a également renforcé le contrôle de l’aéroport de Beyrouth. [Pour mieux comprendre comment le Hezbollah a infiltré l’Etat libanais, cliquez ici « le Liban est victime de ses institutions » (21 décembre 2006), et ici, comment le « Hezbollah a-t-il mené son coup d’Etat » (9 mai 2008)]

 

© Al Hayat, pour l’original arabe, et MediArabe.info *, pour la version française.

 

* Nos informations, analyses et articles sont à la disposition des lecteurs. Pour toute utilisation, merci de toujours mentionner la source.

 

[Texte aimablement signalé par Matsada - Infos.]

 

Mis en ligne le 25 avril 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org