Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Islam
Islam modéré ou progressiste

Un intellectuel arabe: Tous doivent se souvenir de l’Holocauste, qui ciblait l’essence de l’humanité
25/04/2009

A méditer par celles et ceux qui mettent tous les Arabes dans le même sac. Si marginal qu’il apparaisse, il est loin de traduire un sentiment isolé. En fait, beaucoup plus nombreux que nous le pensons sont les Arabes qui pensent de même. Le problème c’est que, comme à d’autres époques de sinistre mémoire, ce sont les violents qui donnent le ’la’. En attendant que la tendance actuelle s’inverse, sachons apprécier un tel témoignage. (Menahem Macina).

24/04/09

 

MEMRI Middle East Media Research Institute


Dépêche spéciale n° 2322



Dans un article mis en ligne le 21 avril 2009 sur le site arabe progressiste www.elaph.com, l’écrivain réformiste, Basem Muhammad Habib, condamne le négationnisme répandu dans le monde arabe. Ce négationnisme, qu’il qualifie de déraisonnable et d’inhumain, est motivé par un programme politique, estime-t-il, et par la croyance erronée selon laquelle l’empathie ressentie à l’égard des victimes de l’Holocauste équivaudrait à une trahison de la cause palestinienne. Il appelle les Arabes à distinguer les deux sujets, et à se joindre au reste du monde pour la commémoration de l’Holocauste qu’il décrit comme un coup porté à l’essence même de l’humanité. Extraits :


Il n’y a aucun rapport entre Holocauste et problème palestinien


"Ces jours-ci, le monde commémore l’Holocauste, parce que ce fut l’un des plus grands massacres de l’histoire, dépassant les autres massacres en termes de barbarie, même ceux commis par les civilisations primitives. De nombreuses [preuves] indiquent que plus de six millions de Juifs ont été tués dans les années 1930 et 1940, accusés par les autorités nazies de complot avec les Alliés, de la défaite allemande à l’issue de la Première guerre mondiale, de collaboration avec l’ennemi lors de la Deuxième guerre mondiale. Ces conceptions racistes ont alimenté les sentiments de haine à l’encontre des Juifs et conduit à ce massacre horrible, dont les blessures tourmentent encore le monde, des décennies plus tard.

Bien que cet événement horrible fasse désormais partie de l’histoire et ne puisse être réfuté, certains tiennent toutefois à en nier l’existence, remettant en question les nombres avancés, motivés par des considérations généralement politiques. Cela est surtout vrai dans notre région, plongée dans les complexes et la rancœur. Nombreux sont ceux qui cherchent à tracer un parallèle entre Holocauste et problème palestinien, estimant que reconnaître et commémorer l’Holocauste revient à trahir la cause palestinienne. Cette approche nous conduit à nous interroger sur la normalité des idéologies qui motivent nos comportements et sentiments – des idéologies qui ne sont clairement pas ancrées dans la saine logique et ne collent pas du tout à nos valeurs humaines. Ainsi, nous tournons sans beaucoup d’intelligence le dos au comportement humain approprié, simplement parce que nos sentiments de haine savent obtenir le meilleur de nous.

Il n’y a aucun rapport entre la réalité de l’Holocauste et ce qui est arrivé en Palestine. Ce sont deux événements distincts, survenus à des époques et en des lieux différents, et nous pouvons évaluer chacun d’entre eux séparément. Alors seulement (…) notre jugement sera libre, ancré dans des valeurs justes et des sentiments sincères.

Au lieu de douter de [la réalité de l’Holocauste], nous devrions admirer l’intérêt que les dirigeants politiques juifs manifestent pour les victimes de [l’Holocauste] juif et la mémoire constamment entretenue de ces atrocités. Ils consacrent une grande partie de leurs efforts à en honorer la mémoire, à apporter des pièces à conviction aux procès, à se battre pour les droits [des survivants], où qu’ils se trouvent. C’est une attitude quasi inexistante dans notre région, où des exécutions sont commises pour les raisons les plus banales, où la souffrance et la douleur des personnes sont vite oubliées. En Iraq, par exemple, des centaines de milliers de personnes ont été tuées sous le règne de la terreur et de la tyrannie [de Saddam Hussein], et pourtant nous n’avons jamais entendu parler d’une initiative visant à commémorer [la mémoire des] victimes, ni vu témoigner du moindre intérêt pour la confiscation de leurs droits.

Le monde d’aujourd’hui est libéré des idéologies [fascistes], et le règne de la raison ne cesse de s’étendre. Même l’Allemagne, témoin de ce massacre criminel, a admis la catastrophe, entreprenant de se racheter de diverses manières, par exemple, en fournissant un soutien économique annuel à Israël. Pour sa part, l’ONU a émis une Résolution faisant du 27 janvier la Journée de commémoration [internationale] de l’Holocauste. Cette date a été fixée en l’honneur des quelques survivants découverts à Auschwitz par les Alliés [quand ils libérèrent les camps le 27 janvier 1945], qui avaient survécu à l’horreur [des camps] et ont pu raconter ce qu’ils avaient vécu.


Le négationnisme n’est généralement pas motivé par des considérations académiques, mais par des buts politiques

En raison des doutes émis par beaucoup [quant à la réalité de l’Holocauste], certains pays ont été contraints de promulguer des lois qualifiant de crime toute tentative visant à remettre en question, ou à nier l’événement, car ces remises en question ne sont généralement pas motivées par le désir de savoir, mais par des objectifs politiques et idéologiques (…) Certains considèrent ces lois comme non démocratiques, ou comme la manifestation d’un parti pris favorable à Israël. La vérité, toutefois, est qu’elles ont été promulguées en réaction contre une vague de remises en question irrationnelles, encouragées par certaines parties sous couvert d’enquête scientifique.

L’Holocauste mérite d’être [reconnu comme étant] un événement mondial significatif, car il a pris pour cible [l’essence même] de notre humanité. A l’époque, il n’y avait pas d’Etat juif, et la plupart des victimes de cette injustice vivaient en Europe, dans des petites communautés de la diaspora.

Nous [Arabes] devrions avoir de l’empathie pour les victimes de l’Holocauste et les commémorer, comme le font les autres [dans le monde]. Il ne fait aucun doute que notre participation à la commémoration de cet événement renforcera notre position internationale et changera le regard que les autres posent sur nous. Peut-être serons-nous en mesure d’améliorer notre image aux yeux du monde et de réparer une partie des dégâts commis par les terroristes.

 

Basem Muhammad Habib

 

© Elaph.com, pour la version arabe et MEMRI, pour la traduction française

 

Pour consulter l’intégralité des dépêches de MEMRI en français et les archives, libres d’accès, visiter le site www.memri.org/french.

 

Veuillez adresser vos emails à memri@memrieurope.org.

 

Le MEMRI détient les droits d’auteur sur toutes ses traductions. Celles-ci ne peuvent être citées qu’avec mention de la source.

 

------------------------------------

 

Mis en ligne le 24 avril 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org