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Christianisme

Remous autour de la participation du Vatican à Durban II. Revue de quelques journaux italiens
24/04/2009

Bien que les articles examinés ci-après datent du 20 avril et donc sont antérieurs à la déclaration fracassante d’Ahmadinejad, j’ai cru utile d’en publier la traduction qui suit. On remarquera la protestation du grand rabbin de Rome, qui mérite attention, même si elle n’a pas suscité le scandale mondial que prévoyait le Grand Rabbin Riccardo Di Segni. (Menahem Macina).

23/04/09


Source : Informazione Corretta (20/04/09)

Texte original : "Il Vaticano ha ribadito che parteciperà a Durban II"

Traduction française D.R.


On peut lire, dans La Stampa du 20 avril, page 15, la chronique de Giacomo Galeazzi, intitulée : "Le Pape bénit le sommet de l’ONU. Les Juifs sont furieux", ainsi que son interview du Grand Rabbin de Rome, Riccardo Di Segni, intitulée "Voici comment on justifie l’antisémitisme". On peut lire aussi un article du journal "la Reppublica, page 7, dont le titre est : "Le Haut Commissaire aux Droits de l’homme : « Les États-Unis se trompent »". Voici ces articles
[ou extraits d’articles], précédés de notre commentaire.

 

La Stampa - Giacomo Galeazzi: "Le Pape bénit le sommet de l’ONU. Les Juifs sont furieux"

Le Saint-Siège : "Si nous ne participons pas, quel message donnons-nous, par exemple, aux pays africains ? Si nous laissons un message d’indifférence prévaloir sur des motivations politiques, nous contribuons à pousser les nations pauvres dans une direction qui peut favoriser diverses alliances, avec des conséquences négatives".  

Boycotter Durban II n’est pas synonyme d’indifférence mais du contraire. Durban II, en effet, n’est rien d’autre chose qu’un procès antisémite contre Israël, préparé par les pays arabes et les pays fondamentalistes islamiques. Le signal d’indifférence de la part du Vatican est donc arrivé. Non pas aux pays africains, mais aux juifs et à Israël. Voici l’article :


CITTA’ DEL VATICANO


Le Pape bénit
la Conférence de l’ONU sur le Racisme (« une rencontre importante », « une action ferme contre l’intolérance pour prévenir et éliminer toute forme de discrimination »), tandis qu’Obama la déserte parce qu’il la trouve « contre-productive et inacceptable, en raison de son langage biaisé à propos d’Israël ». Le Saint-Siège se démarque du boycott des États-Unis, de l’Italie et d’autres pays opposés à la position anti-israélienne de Durban II. Le sommet de l’ONU s’ouvre aujourd’hui [20 avril] à Genève, au milieu des polémiques causées par les dures critiques à l’encontre de l’État d’Israël, accusé de racisme envers les Palestiniens (« le sionisme est une idéologie raciste »).

La commission de l’ONU a en partie reformulé les passages fauteurs de discorde dans le texte qui sera en discussion jusqu’à samedi à Genève, où est présente la délégation du Vatican dirigée par Silvano Maria Tomasi, Observateur Permanent auprès des Nations Unies (« c’est une question d’éthique, c’est une erreur de déserter »)

Le Commissaire Européen aux Droits de l’Homme, Thomas Hammarberg, lance un appel à « participer à la réunion et à avoir une attitude constructive, au nom de la lutte contre la xénophobie », et Benoît XVI attribue aussi à la déclaration de Durban le mérite de « reconnaître que tous les peuples et toutes les personnes forment une famille humaine riche en diversité ». Le niveau de tension à propos du sommet de l’ONU est très élevé. Hier [19 avril], l’Iran a envoyé à Interpol une demande de mandats d’arrêts internationaux contre 25 dirigeants israéliens accusés d’avoir commis des crimes de guerre durant l’offensive de 22 jours, menée entre décembre et janvier dans la bande de Gaza. Et le gouvernement israélien a critiqué le Président suisse, Hans Rudolf Herz, pour sa décision de recevoir le Président iranien, Mahmoud Ahmadinejad. Vendredi, on est parvenu à un accord sur une ébauche finale, qui élimine les références controversées à Israël et à la diffamation des religions, mais qui réaffirme les conclusions et le programme d’action de Durban I, contestés par beaucoup de pays. Il est prévu qu’assisteront aux travaux de la réunion une trentaine de ministres des Affaires étrangères et au moins quatre chefs d’État. Les pays suivants ne participeront pas : l’Australie, le Canada, Israël, les Etats-Unis, et quelques pays de l’Union Européenne, parmi lesquels l’Italie, la Hollande, la Suède et l’Allemagne.  Le 5 mars, sur l’ordre du ministre des Affaires étrangères italien, Franco Frattini, la délégation italienne s’était retirée des négociations, à cause des propos antisémites contenus dans la première ébauche. Les États-Unis ont décidé de ne pas participer à cause du « langage hypocrite et contre-productif » sur Israël.

Obama explique les motifs du boycott des Etats-Unis, en ces termes : « Je crois dans les Nations Unies, j’ai confirmé au Secrétaire Général, Ban Ki-Moon, que nous aiderons l’ONU, mais ce cadre-là n’était pas une bonne opportunité ». Israël voit dans la participation d’Ahmadinejad la confirmation du bien-fondé de sa décision de déserter la conférence. Mais le chef de la délégation du Vatican à Durban II réplique que « le Saint Siège sera présent avec la grande majorité des États du monde ».

L’archevêque Tomasi ajoute: « Nous avons des raisons très cohérentes d’être présents. Chaque personne a la même dignité et ne peut être l’objet de comportements discriminatoires ; donc si nous ne participons pas, quel message donnons-nous, par exemple, aux pays africains ? ». Selon le Saint-Siège, « En laissant un message d’indifférence prévaloir sur des motivations politiques, nous contribuons à pousser les nations pauvres dans une direction qui peut favoriser diverses alliances, avec des conséquences négatives ».

 

La STAMPA - Giacomo Galeazzi : "C’est comme cela que l’on justifie l’antisémitisme".

Riccardo Di Segni, grand rabbin de Rome : le Pape bénit la conférence Durban II, boycottée par les États-Unis, l’Italie et d’autres pays occidentaux à cause de « son extrémisme anti-israélien ». Cet automne, le grand rabbin accueillera le Souverain Pontife à la synagogue; est-il surpris ?

« C’est une situation alarmante et préoccupante. Je ne parviens vraiment pas à comprendre le geste de Benoît XVI. La décision du Vatican et l’aval papal à Durban II constituent un signal préoccupant, dont l’origine et le résultat seront attentivement évalués. Le pape loue cette déclaration de Durban, qui, au-delà des théories proclamées, se présente comme une réalité profondément angoissante, avec des affirmations inacceptables et des phrases agressives de type antisémite contre l’État d’Israël, accusé de crimes contre l’humanité et de discrimination raciale envers les Palestiniens, et dont on prétend qu’il est une menace pour la paix internationale et la sécurité. »

Qu’est-ce qui vous sépare de la position de Benoît XVI ?

« La réalité de Durban est en contradiction profonde avec les annonces et buts louables de lutte contre la xénophobie, dont parle le Souverain Pontife. Déjà, il y a huit ans, à la première conférence en Afrique du Sud, quelques Etats arabes tentèrent de faire figurer dans la déclaration finale du sommet de l’ONU, l’équation sionisme = racisme, et la définition d’Israël comme "entité étrangère occupante". L’intervention du Pape ne tient pas suffisamment compte de la réalité des choses, donc nous nous trouvons devant une contradiction évidente et alarmante. Franchement la raison pour laquelle le pape a adopté une telle position m’échappe. »

Quelles conséquences redoutez-vous ?

« En participant à Durban II, le Vatican donne son aval moral à ce qui est en train de se préparer. Le Saint-Siège ne peut pas se justifier en disant qu’il va à la Conférence pour en corriger la position antisémite, parce que les mécanismes pseudo-démocratiques en usage au sommet de l’ONU empêchent cela. Et puis, il est particulièrement grave que cette intervention préoccupante et contradictoire de Benoît XVI ait eu lieu peu de temps avant son voyage en Terre Sainte. Cette énième initiative imprudente du Souverain Pontife est un signe de malentendu et s’ajoute à la liste des faux-pas précédents dans ses rapports avec le judaïsme : depuis la révocation de l’excommunication de l’évêque négationniste Williamson, en passant par la béatification de Pie XII, et la prière du Vendredi Saint pour la conversion des juifs. Pour aggraver le cas de Durban, il y a aussi le fait que cette décision n’est pas un acte de la Curie, mais que ce sont les paroles mêmes du Pape. »

Que pensez-vous qu’il puisse arriver ?

« Nous avons ici affaire à la double attitude, typique des attaques contre Israël, qui n’ont rien d’anti-israélien et sont profondément et substantiellement antisémites. Comme si la seule discrimination admise était celle qui concerne les juifs. Après cette intervention du Pape, bien mal conseillé, le scénario va être une vague d’indignation internationale et puis, encore une fois, un changement de cap de la part du Saint-Siège. Mais, entre temps, le mal est fait : Durban II est légitimé, le Vatican annule en partie l’effet du juste boycott de beaucoup de pays comme l’Amérique et l’Italie. Prendre position contre toutes les discriminations, c’est beau en théorie, mais il s’agit pourtant de la même conférence de l’ONU, caractérisée par une attaque arabe anti-israélienne. Les paroles sont une chose, les actes en sont une autre. »

 

La REPUBBLICA -  "Le Haut Commissaire aux Droits de l’homme : « les États-Unis se trompent »" [20 avril]

Israël est aussi une victime du racisme, et Durban II est une tribune de légitimation de la haine antisioniste et antisémite, mais cela ne semble pas importer beaucoup à Navy Pillay. Durban II ne défend pas les droits des victimes du racisme, mais il légitime la haine antisémite des pays arabes. Nous nous réjouissons du fait qu’une poignée de pays ait eu le courage de boycotter Durban II.

 

GENEVE - Le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme, Navy Pillay, a exprimé sa stupeur et sa profonde déception » devant la décision des États-Unis de ne pas participer à la Conférence de l’ONU sur le Racisme, au programme aujourd’hui [20 avril] à Genève. Selon le Haut-Commissaire, les motifs invoqués par Washington auraient pu être résolus par la conférence surnommée Durban II. « Une poignée d’États -  a ajouté Pillay - ont permis qu’un ou deux problèmes déterminent leur approche de l’événement », au détriment des préoccupations des victimes du racisme. »

 

© Informazione Corretta

 

Mis en ligne le 23 avril 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org