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Israël (Société - mentalités)
Appeasement

Un professeur belge de droit international (ULB) banalise le discours de Mahmoud Ahmadinejad
22/04/2009

22/04/09

http://www.ccojb.be/newsletters/20090422.htm

      

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Un professeur de droit international de l’ULB banalise le discours de Mahmoud Ahmadinejad

22 avril 2009

Le Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (CCOJB) dénonce les propos déconcertants tenus par Olivier Corten, professeur de droit international à l’Université Libre de Bruxelles, ce 21 avril 2009, sur les ondes de La Première (RTBF).

Pour commenter le discours de Mahmoud Ahmadinejad à la Conférence dite "Durban II" contre le racisme à Genève, le seul expert complaisamment interrogé par la chaîne publique s’est montré moins surpris par les imprécations du président iranien incitant à la haine antisémite et anti-occidentale, que par les "réactions extrêmes" qu’elles ont suscitées.

Le CCOJB est consterné par le souci affiché par Olivier Corten de désamorcer la charge haineuse du discours du président iranien quand il s’étonne d’"une espèce de deux poids, deux mesures parce que les déclarations d’Israël sur son exigence d’être reconnu comme Etat juif n’ont, à ma connaissance, pas fait l’objet de beaucoup de contestations", témoignant ainsi d’une ignorance embarrassante pour un professeur de droit international de la résolution 181 de l’ONU recommandant pourtant, dès 1947, la création d’un "Etat juif" et d’un "Etat arabe".

Le CCOJB stigmatise la banalisation, par Olivier Corten, du discours du dirigeant islamiste iranien, et s’inquiète de ce qu’un membre reconnu du monde académique ne dénonce pas sans équivoque les propos écoeurants, tenus, qui plus est, dans une enceinte des Nations Unies par le responsable politique d’une théocratie belliqueuse adepte de la lapidation, homophobe et antisémite, et suggère plutôt une symétrie entre ces déclarations inacceptables et "une certaine ambiguïté" dans celles d’une démocratie systématiquement injuriée et agressée.

Plus généralement, le CCOJB se soucie des conséquences d’un enseignement du droit international à l’ULB, caractérisé depuis des décennies par une attention monomaniaque pour le conflit israélo-palestinien et systématiquement à charge contre l’Etat d’Israël. Olivier Corten illustre ce parti pris manifeste quand il affirme, notamment, que les propos du président iranien qualifiant Israël d’Etat raciste "sont des propos qui prêtent peut-être, certainement, au débat".

Joël Rubinfeld
Président

>> lire le verbatim de l’interview d’Olivier Corten

Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique
Avenue Ducpétiaux, 68 · 1060 Bruxelles · Tél. 02 537 16 91 · Fax 02 539 22 95 · www.ccojb.be
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VERBATIM DE L’INTERVIEW D’OLIVIER CORTEN (La Première, Journal parlé de 13h, 21 avril 2009)

[Si l’expression, "le style, c’est l’homme", a un sens, l’homme qui parle ici est négligé, comme son style. Outre les 11 "donc" qui ponctuent son interview sans toujours connoter une conséquence - comme ce devrait être le cas lorsqu’on utilise cette conjonction -, une péroraison, aussi invertébrée que confuse, étonne, et même choque, dans la bouche d’un professeur d’université. Quant à la transcription, les coquilles qui l’émaillent sont à l’avenant : je les ai sanctionnées d’un « sic ». (Menahem Macina).]

 

RTBF - Les propos du président iranien font les grands titres. Il se défend en disant que l’ONU doit être un lieu, un symbole de la liberté d’expression où chacun peut dire ce qu’il veut librement. Est-ce qu’il a raison?

Olivier Corten - Il a raison dans la mesure où ce qu’il dit a été dit par l’ONU elle-même pendant des années et des années, donc ce qui m’étonne un petit peu dans les réactions extrêmes qu’on a entendues - je viens d’en entendre encore il y a quelques instants - c’est que l’ONU avait adopté une résolution - quand je dis l’ONU c’est l’Assemblée générale des Nations Unies, donc la plupart des Etats avaient voté pour, enfin une grande majorité avait voté pour cette résolution - qui assimilait le sionisme au racisme.

Cette résolution insistait notamment sur les liens entre Israël et l’Afrique du Sud, le régime d’apartheid qui était allié à Israël à l’époque. Cette résolution est restée en vigueur, elle a été abrogée en 1991 parce qu’Israël exigeait qu’elle soit abrogée pour participer à la Conférence de Madrid, et donc pour enfin entrer dans un processus de paix. Néanmoins, donc ce que dit Ahmadinejad aujourd’hui n’a rien de novateur au sein des Nations Unies dans ce sens là, c’est un petit peu, me semble-t-il, disproportionné toutes les réactions [sic].

RTBF - Alors justement, comment comprendre la virulence des réactions?

Olivier Corten - Les réactions, bon donc [sic] évidemment du côté d’Israël, on les comprend parfaitement, puisqu’Israël d’une part, il faut quand même le dire par ailleurs, entretient une certaine ambigüité [sic]. Il y a quelques jours encore, Israël a exigé d’être reconnu par la Palestine comme Etat juif, donc c’est quand même assez ambigü [sic] si on met en relation ça [sic] avec la position d’Israël refusant le droit au retour de tous les Palestiniens expulsés parce que ça menacerait l’Etat juif en tant que tel. Donc ce sont des propos un petit peu ambigüs [sic], disons, même si de là à dire que c’est un État raciste, moi je ne suis pas d’accord, mais enfin ce sont des propos qui prêtent, peut-être, certainement [sic] au débat.

Alors évidemment Israël avait déjà protesté contre la résolution des Nations Unies que j’ai évoquée il y a un instant, elle proteste encore maintenant - je le comprends fort bien. Du côté des Européens, je comprends bien qu’on proteste, peut-être, par rapport à la personnalité du président iranien et à des propos qu’il a tenus dans le passé, plus peut-être qu’à ce qu’il a dit hier me semble-t-il.

Ce qui est un peu étonnant c’est qu’il y a toujours une espèce de deux poids deux mesures parce que les déclarations d’Israël sur son exigence d’être reconnu comme Etat juif, par exemple, n’ont à ma connaissance pas fait l’objet de beaucoup de contestations, avec pour résultat quand même aujourd’hui un problème palestinien qui n’est toujours pas résolu et qui constitue une violation claire de toutes les résolutions des Nations Unies applicables.

Donc Ahmandinejad [sic] s’exprime au sein des Nations Unies dans un contexte, il faut bien le dire, où Israël n’est pas l’Etat le plus apprécié par la majorité des membres des Nations Unies. Ça n’a peut-être rien à voir avec le racisme ou c’est peut-être exagéré de dire que c’est du racisme mais c’est par ailleurs une réalité.

RTBF - Alors si ce n’est pas vraiment neuf, si ce n’est pas vraiment choquant, que cherche-t-il? Est-ce qu’on peut dire qu’il cherche à diviser la communauté internationale?

Olivier Corten - Bon ça, je ne sais pas trop quelle est la politique du président iranien. Je pense qu’il y a des élections en Iran dans peu de temps et que, bon [sic], il a une image de quelqu’un de très très dur à l’encontre d’Israël. Donc ça c’est certainement une image qu’il se forge à la fois sur la scène intérieure et aussi encore une fois par rapport à d’autres Etats au sein des Nations Unies qui, pour un grand nombre d’entre eux, considèrent qu’Israël est en violation de [sic] la Charte des Nations Unies et ne respecte pas notamment un avis qui a été rendu par la Cour Internationale de Justice en 2004 qui exige ou qui estime qu’Israël doit remplir toutes ses obligations, notamment le retrait des territoires occupés qui n’est pas respecté.

Donc évidemment dans ce contexte là, c’est vrai qu’on met l’accent sur la position des Etats européens mais il faut voir la position de l’ensemble des Etats membres des Nations Unies qui est beaucoup plus nuancée. Donc, le président iranien, je suppose qu’il n’a pas l’impression, là évidemment c’est pas comme s’il s’exprimait au sein du Parlement belge ou du Parlement européen, il s’exprime au sein des Nations Unies où Israël n’a pas bonne presse.


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© CCOJB

 

Mis en ligne le 22 avril 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org