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Christianisme

Durban II, Alliance évangélique suisse: "Protection de l’islam ou défense des droits de l’homme ?"
26/04/2009

Quoique publié le dernier jour de la Conférence, on peut s’étonner de l’appel à ne pas accepter le document final. En effet, on se souvient qu’il a été ratifié à l’unanimité, dès le troisième jour de la manifestation. Nonobstant ce fait, cette organisation chrétienne (protestante) fait preuve d’un certain courage en ramant à contre courant de son pays et de l’Eglise catholique, qui ont gardé le silence sur cette ratification du document final. On retiendra cette phrase qu’ont eût aimé entendre de tous les délégués non arabes et non musulmans présents à Genève : "Après que six Etats se soient plaints d’islamophobie, où se trouve la voix qui s’élèvera contre l’antisémitisme et la « christianophobie » ? (Menahem Macina).

26/04/09

Source : Top Chrétien (24 avril 2009)

Alliance évangélique suisse (AES) - Communiqué de presse :
Protection de l’islam ou défense des droits de l’homme ?
 

L’Alliance évangélique suisse (AES) est consternée par le déroulement de la conférence contre le racisme et par le silence observé par la délégation suisse. Alors que des pays, surtout musulmans, s’unissent pour condamner Israël et l’accuser sans cesse de violations des droits de l’homme, alors qu’ils dénoncent une discrimination de l’islam, aucun Etat, si ce n’est le Vatican, ne parle de l’antisémitisme et de la persécution des chrétiens qui a pourtant lieu dans de nombreux pays musulmans. L’AES invite la délégation suisse à prendre position et à ne pas accepter le document final.

Il faut absolument corriger, selon l’Alliance évangélique suisse, l’impression erronée que tout est rentré dans l’ordre à la conférence contre le racisme, après les turbulences de lundi [20 avril]. La délégation suisse doit sortir de son silence. Les pays islamiques continuent à montrer Israël du doigt (et lui seul !) et ils l’ont déjà condamné durant les deux premiers jours, lors de 16 allocutions. Ne cessant de redire que l’islam est discriminé, ces mêmes Etats détournent l’attention des graves persécutions que doivent subir dans leurs pays ceux qui ont une foi autre que la leur. Le ministre des Affaires étrangères pakistanais a affirmé qu’il y aurait bientôt 1,5 milliards de musulmans discriminés. Au Pakistan cependant, ce ne sont pas les musulmans, mais bien les chrétiens qui souffrent, depuis des années, d’exclusion et de discrimination, et qui sont traités comme des personnes de deuxième classe. Les représentants du Qatar, de la Syrie, ou de l’Indonésie, utilisent le même argument. L’Algérie, le Bahreïn, le Yémen, ou le Koweït, Cuba, et même le Bangladesh, votent contre Israël. La question des droits de l’homme dans des Etats comme la Corée du Nord, le Soudan, l’Arabie Saoudite, ou le Pakistan, semble ne pas être à l’ordre du jour.

Une interdiction de diffamer qui a un but diffamatoire

L’AES se voit très déçue par ce qui se passe et par le silence de la Suisse, après qu’elle ait écrit, la semaine dernière, avant la conférence de l’ONU, à Madame la conseillère fédérale, Micheline Calmy-Rey, pour la prier instamment de protéger la liberté de religion et d’opinion. Norbert Valley, co-président de l’AES, déclare :
« Il faut s’opposer avec fermeté aux tentatives d’occulter toute critique de l’islam par l’utilisation de formules telles que ’calomnie de la religion’, ou ’intolérance à l’égard des religions’. La déclaration des droits de l’homme ne doit pas protéger les religions, mais les personnes »,
Ce sont précisément les pays qui se mobilisent actuellement pour obtenir une interdiction internationale de la calomnie, qui ne sont pas disposés à tolérer une analyse critique du respect des droits de l’homme dans leur propre juridiction. Dans certains pays, l’engagement chrétien n’est pas toléré ! Celui qui passe de l’islam au christianisme risque des sanctions dures, qui peuvent aller jusqu’à la peine de mort.

Peut-on, avec la ratification de Durban II, légitimer, par exemple, la loi sur le blasphème [en vigueur au] Pakistan, un pays dans lequel beaucoup de gens, chrétiens comme musulmans, sont souvent arbitrairement mis en détention pendant de longues années, avec la « bénédiction officielle » de l’ONU ?

La Suisse doit prendre ses responsabilités !

La conférence n’est pas terminée. L’AES attend de la Suisse officielle qu’elle cesse de se taire et qu’elle dénonce résolument les nations qui portent atteinte aux droits de l’homme, en particulier celles où les chrétiens sont poursuivis et discriminés à cause de leur foi. Après que six Etats se soient plaints d’islamophobie, où se trouve la voix qui s’élèvera contre l’antisémitisme et la « christianophobie » ?

L’Alliance évangelique suisse (AES) est un mouvement qui regroupe environ 550 Eglises évangéliques et paroisses réformées, 150 organisations chrétiennes, ainsi que des membres individuels au sein de 77 sections locales en Suisse. Sa base est estimée à quelque 250 000 personnes, dont 42 000 pour la Suisse romande. En Suisse romande, l’AES se présente sous le nom de Réseau évangélique. Au plan international, l’AES est l’une des 128 alliances nationales affiliées à l’Alliance évangélique mondiale, qui compte quelque 420 millions de chrétiens. Avec son groupe de travail pour la liberté religieuse, l’AES travaille en collaboration avec d’autres organisations qui luttent pour le respect des droits de l’homme et contre la discrimination religieuse.
 

© A.E.S.

 

Mis en ligne le 26 avril 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org