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Israël (Société - mentalités)
Sionisme

Le retour dans la patrie ancestrale fait-il l’unanimité parmi les juifs croyants ? M. Macina
01/05/2009

L’excellent site Un écho d’Israël a mis en ligne récemment l’article dont référence ci-dessous [*]. Il m’a semblé utile de le compléter par la réflexion qui suit.

[*] Franck Olivier, "Document : la prière pour l’Etat d’Israël", 23 avril 2009.

 

1er mai 2009

 

Extrait de Menahem Macina, Chrétiens et Juifs depuis Vatican II. Etat des lieux historique et théologique et prospective eschatologique, à paraître aux éditions Docteur angélique, en décembre 2009.
 


Rappelons qu’au sein même du judaïsme, la controverse a longtemps fait rage autour de la question de l’opportunité de rassembler les juifs sur une terre (fût-ce celle de leurs ancêtres) et d’y créer un État, dont nul n’ignorait qu’il serait laïc. Avant la création de l’Etat d’Israël, les religieux s’opposaient de toutes leurs forces à cette perspective, arguant principalement que seul le Messie pouvait rassembler les exilés sur la Terre sainte et y instaurer la royauté de Dieu (1)
. Quant aux agnostiques et aux non pratiquants juifs, ils mettaient en garde contre le risque d’une reviviscence de l’antisémitisme, que ne manqueraient pas de susciter, selon eux, l’activisme et le propagandisme des sionistes - ou partisans du retour à Sion (nom biblique poétique de Jérusalem). Et même de nos jours, en Israël, des juifs de premier plan, religieux ou non, sont extrêmement critiques envers l’État d’Israël, précisément au nom de leur conception du sionisme et du judaïsme (2). À ce propos, l’une des questions les plus chaudement débattues est celle de la prétendue dépossession, par les Israéliens, de territoires réputés palestiniens, et de son corollaire : le problème des réfugiés. Un très grand nombre de livres et surtout d’articles incriminent Israël de manière tellement passionnelle et injuste que les quelques rares mises au point impartiales, ou favorables à Israël sont submergées et quasiment inconnues du grand public (3).

Il ne faudrait cependant pas croire que l’aspiration des juifs à revenir sur la terre des ancêtres remonte aux débuts du sionisme politique (vers la fin du XIXe s.). Depuis la fin de son existence nationale en Terre sainte, le peuple juif dispersé dans ses lieux d’exil par toute la terre n’a jamais cessé d’espérer un retour dans sa patrie et a exprimé cette nostalgie dans sa prière et sa littérature. À la fin du repas annuel de la Pâque, les juifs du monde entier répètent le vœu : « L’an prochain à Jérusalem », et lors des mariages juifs, le fiancé récite : « Si je t’oublie, Jérusalem, que ma droite se dessèche » (Ps 137,5).

Rappelons que le sionisme est la forme politique qu’ont prise le mouvement de restauration de l’autodétermination du peuple juif dans sa patrie et le rétablissement de la souveraineté sur la Terre d’Israël (Eretz Israel) (4). Le passage suivant de la Déclaration d’Indépendance d’Israël (5) est significatif à ce sujet :

« Nous lançons un appel au peuple juif de par le monde à se rallier à nous dans la tâche d’immigration et de mise en valeur, et à nous assister dans le grand combat que nous livrons pour réaliser le rêve poursuivi de génération en génération : la rédemption d’Israël. »

« Rédemption d’Israël » : formulation audacieuse. On la trouve, sous une forme encore plus forte et poétique — « re’shit tsmihat ge’ulatenou » (« prémices de l’émergence de notre rédemption ») dans la Prière pour l’État d’Israël, qui figure dans presque tous les recueils de prière (6). Elle fit scandale et a encore ses détracteurs juifs, religieux aussi bien que laïques, y compris chez les plus sionistes d’entre eux, tel Y. Leibovitz, aujourd’hui disparu (7) :

« Ce qui éveille en moi un sentiment proche du dégoût, c’est d’entendre, non seulement le jour de l’indépendance, mais chaque Shabbat, la prière pour le salut de l’État — dont on dit qu’il est "le début de notre rédemption". Cet État n’a été créé ni à cause du judaïsme, ni dans l’intérêt du judaïsme. Il est le cadre de l’indépendance nationale du peuple juif. De là à en faire "le début de notre rédemption", c’est profaner le concept de rédemption. »

Plus modérée dans son expression, et se plaçant davantage sur le terrain de l’éthique que sur celui de la théologie, est la position du regretté Ephraïm Urbach (8). En voici un bref résumé, emprunté à un spécialiste chrétien (9) :

« E. Urbach rappelle [...] que la formule "Début de la Rédemption" a été employée par le Talmud pour désigner les guerres qui précèdent la rédemption et que, si "nous sommes encore dans les guerres", personne ne peut dire que ces guerres soient celles qu’annonce le Talmud et qui précèdent la rédemption messianique [...] Particulièrement significatives sont les dernières lignes de son examen de la "Rédemption selon les Sages" : "Je n’aime pas me servir de la formule ’Début de la croissance de notre Rédemption’, mais je voudrais dire que nous devons voir notre situation comme une grande réalisation qui s’ouvre et qui donne la possibilité de continuer, si nous ne faisons pas abstraction de la réalité, et si nous ne nous voyons pas comme un peuple élu selon une conception déformée du concept de l’élection. Nous devons nous rappeler que le processus de la rédemption dans lequel nous nous trouvons est encore ce qui se déroule dans le monde du mérite et du devoir, de la responsabilité et aussi de l’attente d’une rédemption supplémentaire". »

Un dernier mot sur la formule "début de la Rédemption". Il ne faudrait pas imaginer qu’il s’agit d’une innovation sioniste, basée sur un syncrétisme douteux entre religion et chose politique, et assortie de conceptions bibliques de nature fondamentaliste. Même si certains, juifs autant que chrétiens, utilisent fréquemment et sans discrimination cette formule, à l’appui de leurs vues hasardeuses et le plus souvent exaltées concernant l’avènement - imminent selon eux - de la "fin des temps", elle est tout à fait traditionnelle. On la trouve dans le Talmud de Babylone (Megillah 17b), sous la forme araméenne : athalta di-ge’oullah. Lenhardt (10) a fort opportunément traduit le commentaire que fait, de cette expression, Rachi, le grand commentateur médiéval de la Bible (1040-1105) :

« Bien que cette Rédemption ne soit pas la Rédemption de l’Exil, mais celle par laquelle nous sommes rédimés des détresses qui viennent sur nous sans cesse — nous voyons en effet que la bénédiction du Rassemblement [des Exilés, 10e Bénédiction], celle de la Construction de Jérusalem [14e bénédiction], et celle du "Rejeton de David" [15e bénédiction] sont des bénédictions ayant chacune leur valeur propre indépendamment de cette Rédemption [de la 7e bénédiction] —, bien qu’il en soit ainsi, du moment que le nom de Rédemption lui est appliqué, [nos Maîtres] l’ont établie comme septième bénédiction. »

Toute la question - profondément théologique, au demeurant - est de savoir si, à l’instar de Y. Leibovitz et de certains juifs ultra orthodoxes, il faut rejeter la "messianisation" de l’Etat d’Israël et lui dénier la qualification de "début de la Rédemption, ou bien si, comme le font certains - et je suis du nombre -, il faut voir en lui une espèce d’"incarnation", méconnaissable mais non moins réelle, du royaume messianique. Tel un embryon qui n’est pas encore à terme et peut paraître monstrueux tant qu’il n’est pas venu au monde, cet Etat et le peuple qu’il représente pourraient bien être une anticipation de cette vision du prophète Ezéchiel (Ez 37, 1-14) :

La main de L’Eternel fut sur moi, il m’emmena par l’esprit de L’Eternel, et il me déposa au milieu de la vallée, une vallée pleine d’ossements. 2 Il me la fit parcourir, parmi eux, en tous sens. Or les ossements étaient très nombreux sur le sol de la vallée, et ils étaient complètement desséchés. 3 Il me dit : « Fils d’homme, ces ossements vivront-ils ? » Je dis : « Seigneur, L’Eternel, c’est toi qui le sais. » 4 Il me dit : « Prophétise sur ces ossements. Tu leur diras : Ossements desséchés, écoutez la parole de L’Eternel. 5 Ainsi parle le Seigneur, L’Eternel, à ces ossements. Voici que je vais faire entrer en vous l’esprit et vous vivrez. 6 Je mettrai sur vous des nerfs, je ferai pousser sur vous de la chair, je tendrai sur vous de la peau, je vous donnerai un esprit et vous vivrez, et vous saurez que je suis L’Eternel. » 7 Je prophétisai, comme j’en avais reçu l’ordre. Or, il se fit un bruit au moment où je prophétisais; il y eut un frémissement et les os se rapprochèrent les uns des autres. 8 Je regardai : ils étaient recouverts de nerfs, la chair avait poussé et la peau s’était tendue par-dessus, mais il n’y avait pas d’esprit en eux. 9 Il me dit : « Prophétise à l’esprit, prophétise, fils d’homme. Tu diras à l’esprit : ainsi parle le Seigneur, L’Eternel : Viens des quatre vents, esprit, souffle sur ces morts, et qu’ils vivent. » 10 Je prophétisai comme il m’en avait donné l’ordre, et l’esprit vint en eux, ils reprirent vie et se mirent debout sur leurs pieds : grande, immense armée. 11 Alors il me dit : « Fils d’homme, ces ossements, c’est toute la maison d’Israël. Les voilà qui disent : Nos os sont desséchés, notre espérance est détruite, c’en est fait de nous. 12 C’est pourquoi, prophétise. Tu leur diras : Ainsi parle le Seigneur, L’Eternel. Voici que j’ouvre vos tombeaux ; je vais vous faire remonter de vos tombeaux, mon peuple, et je vous ramènerai sur le sol d’Israël. 13 Vous saurez que je suis L’Eternel, lorsque j’ouvrirai vos tombeaux et que je vous ferai remonter de vos tombeaux, mon peuple. 14 Je mettrai mon esprit en vous et vous vivrez, et je vous installerai sur votre sol, et vous saurez que moi, L’Eternel, j’ai parlé et je fais, oracle de L’Eternel. »

 

© Menahem Macina


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Notes de l’auteur

1.
Voir, à ce sujet, le beau roman de H. Potok, L’élu, Paris, Calmann-Levy, 1969.

2. La bibliographie de cette controverse est très vaste. On se limitera ici à quelques titres, en commençant par ceux des «Nouveaux historiens», ou d’auteurs qui traitent de leurs thèses. B. Morris, 1948 and After, Israel and the Palestinians, Oxford, Clarendon Press, 19942 (1990) ; U. Ram, «Mémoire et identité : sociologie du débat des historiens en Israël», dans F. Heymann et M. Abitbol, dir., L’historiographie israélienne aujourd’hui, Paris, CNRS, 1998, p. 198-243, qui donne une bibliographie quasi exhaustive à cette date. Ce précieux volume contient également d’autres contributions incontournables : D. Porat, « Un problème historiographique : l’attitude de David Ben Gourion vis-à-vis des Juifs d’Europe pendant la Shoah», p. 111-130 ; B. Morris, « La nouvelle historiographie : Israël confronté à son passé», p. 131-180 ; I. Bartal « La révolution tranquille : entre mythe et science », p. 181-195. Les réactions à ce nouveau courant et spécialement les réfutations des thèses de B. Morris, père de cette nouvelle historiographie sont nombreuses. Quelques titres: E. Karsh, Fabricating Israeli History : The “New Historians”, éd. rév., London - Portland, Frank Cass, 20002 (1997) ; E. Navon, « Les points de révision de l’histoire du sionisme : thèses en présence et récupération révisionniste », Conférence du Bnaï Brith, à Yad Vashem, décembre 2001.

3. Signalons, entre autres : Eliezer Schweid, Israel at the Cross Roads, Jewish Publication Society, Philadelphia, 1973 ; J. Peters, From Time Immemorial. The Origins of the Arab-Jewish Conflict Over Palestine, New York - Cambridge – Philadelphia - San Francisco - London - Mexico City - Sao Paulo - Singapore - Sydney, J. Kap Publishing, 1984 (nombreuses réimpressions depuis), ouvrage passionné et souvent passionnel, à utiliser avec précaution, en particulier en raison de ses à peu près historiques et de son utilisation, pas toujours fiable, de sources empruntées à des ouvrages de seconde main. À.L. Avneri, Claim of Dispossession : Jewish Land - Settlement and the Arabs 1878-1948 / trad. par le Kfar-Blum Translation Group, New Brunswick, USA - London, UK, Transaction Books, 1984 (hébreu 1980) (de loin le meilleur ouvrage et le plus fiable sur la question : l’auteur utilise massivement les sources arabes, israéliennes et anglaises, dont il maîtrise les langues originales, c’est un ouvrage incontournable, quoique de lecture aride et difficile). E. Karsh, The Arab-Israeli Conflict. The Palestine War 1948, Oxford, UK, Ospray Publishing, 2002 ; M.G. Bard, Mythes et réalités des conflits du Proche-Orient / trad. et adapt. française par L. Messika, Paris, Raphaël, 2002; À. Dershowitz, The Case for Israel, Hoboken, New Jersey, John Wiley & Sons, 2003 ; etc. Consulter également les articles suivants: G. Adler, "Aspects historiques et légaux du conflit Juifs-Arabes israélo-palestinien" ; D. Gold, «Des "Territoires occupés" aux "Territoires disputés"» ; Y. Bin Noun, "Le mythe palestinien" ; Palestinian Authority and P.L.O. Non-Compliance with signed agreements and commitments : À record of bad faith and misconduct. Complete text of Barak Government "white paper" on PA/PLO noncompliance (novembre 2000), en ligne en anglais sur le site Gamla, traduction française, «Le Livre blanc du conflit palestino-israélien» ; C. Delacampagne, «À un ami palestinien» ; Coordination Intercommunautaire contre l’Antisémitisme et la Diffamation (cicad), "FAQ-Questions et Réponses sur le conflit israélo-arabe", (mars 2002) ; M. Macina, "Le Contentieux israélo-palestinien, sa genèse, ses interrogations, ses impasses" (mai 2003) ; J. Fishman, "Guerre populaire de l’OLP - Réponse inadéquate d’Israël".

4. La bibliographie du sujet est pléthorique. Voici quelques ouvrages de référence : Z. Sternhell, Aux origines d’Israël. Entre nationalisme et socialisme, Paris, Fayard, 1996 ; C. Klein, La démocratie d’Israël, Paris, Seuil, 1997 ; Sionismes / textes réunis et présentés par D. Charbit, Paris, Albin Michel, 1998 ; À. Michel, Racines d’Israël, Paris, Autrement, 1998 ; G. Bensoussan, Une histoire intellectuelle et politique du sionisme (1860-1940), Paris, Fayard, 2002. Sur l’histoire politique de la Palestine aux xixe et xxe siècles, consulter : H. Laurens, Le Retour des exilés. La lutte pour la Palestine de 1869 à 1997, Paris, R. Laffont, 1998. Et, pour les lecteurs pressés : C. Franck et M. Herszlikowicz, Le Sionisme (Que sais-je ? 1801), Paris, Presses Universitaires de France, 1988 ; À. Boyer, Les origines du sionisme (Que sais-je ? 2397), Paris, Presses Universitaires de France, 1988; etc.

5. Texte intégral en ligne sur debriefing.org.

6. La prière est ainsi formulée : « Notre Père qui es dans les cieux, Rocher d’Israël et son Rédempteur, bénis l’État d’Israël, début de l’émergence de notre rédemption [re’shit tsmihat ge’ulatenu]. Mets-le à l’abri sous les ailes de Ton amour. Étends sur lui la tente de Ta paix ; envoie Ta lumière et Ta vérité à ses dirigeants, à ses ministres et à ses conseillers, et assiste-les de Ton bon conseil. Affermis les mains des défenseurs de notre terre sainte et accorde-leur, ô notre Dieu, le salut et la couronne de la victoire. Établis la paix sur la terre, et emplis ses habitants d’une joie éternelle. Et prends soin de nos frères, toute la maison d’Israël, dans tous les pays où ils sont dispersés. Fais-les vite marcher, la tête haute [voir Lv 26, 13] vers Sion, Ta ville, et vers Jérusalem, le lieu où réside Ton nom, comme il est écrit dans la Torah de Moïse, Ton serviteur : "Quand tu serais banni à l’extrémité des cieux, de là-bas, le Seigneur ton Dieu te rassemblera, et de là-bas, Il viendra te prendre pour te ramener au pays dont tes pères ont hérité, afin que tu en hérites, et que tu y sois heureux, et que tu t’y multiplies plus que tes pères." [Dt 30, 4-5]. Dispose notre cœur à aimer et révérer ton nom, et à observer tous les préceptes de Ta Torah. Manifeste-Toi dans la gloire de Ta majesté à tous les habitants de Ton monde. Et que tout ce qui respire proclame : Le Seigneur, le Dieu d’Israël est roi ; « et Sa royauté s’étend sur tout » [Ps 193, 19]. Amen ! ».

À propos de cette prière, voir l’article utile du rabbin E. Snitkoff, « Praying the Welfare of the State of Israel » [Prière pour le bien de l’Etat d’Israël], consultable sur site My Jewish Learning.

7. Y. Leibovitz, Israël et le judaïsme. Ma part de vérité, Paris, Desclée de Brouwer, 1993, p. 41. Exposé plus complet de ses conceptions : Idem, judaïsme peuple juif et État d’Israël / trad. par G. Roth (Thor), Paris, J.-C. Lattès, 1985 (en hébreu, 1976).

8. E.E. Urbach, « Hage’ullah bi-tefisat hazal u-meora’ot yameinu » [« La Rédemption selon les Sages et les événements de notre temps »], dans ‘Al tsionut we-yahadut – iyyunim u-massot [Sur le sionisme et le judaïsme — Études et Essais], Jérusalem, 1985, pp. 49-52. Rappelons que ce grand savant israélien a gratifié la recherche d’un important ouvrage de référence : E.E. Urbach, Les Sages d’Israël, conceptions et croyances des maîtres du Talmud / trad. par M.-J. Jolivet, Paris, Cerf - Verdier, 1996 (hébreu 1969). Son ch. 17 (p. 669-711) est entièrement consacré à la théologie de la notion de Rédemption dans la littérature rabbinique.

9. Frère P. Lenhardt, « La fin du sionisme ? », Sens, 2004/3, p. 131. Long (p. 99-138) mais important article, dont le thème est beaucoup plus large que ne le suggère son titre. On y trouvera en particulier des analyses liturgiques et exégétiques dont les non-spécialistes ignorent tout. Elles sont vulgarisées avec bonheur, dans cet article d’un auteur qui maîtrise les sources juives, dont il est un des rares spécialistes catholiques francophones. C’est le lieu de saluer ici le mérite de la revue Sens, sous-titrée « Juifs et chrétiens dans le monde d’aujourd’hui ». Elle est publiée par l’Amitié judéo-chrétienne de France (AJCF) — fondée en 1948, sise 60, rue de Rome – 75008 Paris et dirigée de main de maître par le professeur Yves Chevalier. La collection, qui compte des centaines de numéros, est une mine d’articles incontournables pour quiconque veut suivre les progrès de « l’enseignement de l’estime », dont Jules Isaac fut l’un des plus éminents pionniers, et sous le haut le patronage duquel, conjointement avec Edmond Fleg, s’est placée l’AJCF.

10. Lenhardt, « La fin du sionisme ? », p. 120-121. Rachi est l’acronyme du plus célèbre des commentateurs médiévaux de la Bible et du Talmud : Rabbi CHlomo Itshaki, né à Troyes (1040-1105). Ses gloses sont simples et brèves, et n’ont pour but que d’éclairer le sens littéral du texte. Aucun juif cultivé n’étudie la Torah ou le Talmud sans consulter Rachi. Pour une brève initiation, et entre autres : Rachi [ouvrage collectif], Paris, Service Technique pour l’Éducation, 1974 ; S. Schwarzfuchs, Rachi de Troyes, Paris, Albin Michel, 1991. Plus érudit : G. Sed-Rajna, dir., Rashi 1040-1990. Hommage à Ephraïm E. Urbach (Congrès européen des Etudes juives), Paris, Cerf, 1993.

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Mis en ligne le 1er mai 2009, par
M. Macina, sur le site upjf.org