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Israël (Chrétiens pour)

A propos du livre, "Pour que Vive Israël", de Magdi Allam, muslman converti au christianisme
30/04/2009

L’éditorial de G.W. Goldnadel, publié ici-même [*], a attiré mon attention sur le livre de M. Allam. C’est pourquoi je mets en ligne ci-après, cette présentation d’un Blog parmi d’autres, dont l’analyse m’a paru utile. (M. Macina).

Voir : "Ombre et lumière [à propos du livre de Magdi Allam]", G.W. Goldnadel.

30/04/09

Source : Blog Vu de Jérusalem (16 février 2009)

Je viens de découvrir avec retard (grâce à André Darmon et Israël Magazine) le livre extraordinaire de Magdi Allam, Pour que vive Israël, paru en octobre 2008 aux éditions du Rocher. Sous-titré "De l’idéologie de la mort à la civilisation : mon histoire", ce livre raconte le parcours hors du commun de l’auteur, né au Caire en 1952, puis installé en Italie où il est devenu journaliste au Corriere della Sera. Né musulman, Magdi Allam a fait la Une de l’actualité internationale en mars 2008, lorsqu’il s’est converti et a été baptisé par le pape Benoît XVI à Rome.

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Si vous n’avez pas entendu parler de ce livre, rien d’étonnant : en Italie, où il a été publié sous le titre "Viva Israele" (chez Mondadori), Magdi Allam est un personnage connu, qui doit se protéger en raison des menaces de mort des islamistes. En France, les islamistes n’ont même pas besoin de proférer de menaces : aucun grand média n’a parlé du livre (à ma connaissance). Preuve supplémentaire, si besoin était, que la France est bien plus avancée dans le processus d’islamisation des esprits que la fière Italie, où on pouvait encore récemment voir plusieurs dizaines de députés défiler sous les drapeaux israéliens (à Paris, ceux du Hamas sont devenus un spectacle qui n’étonne même plus). Conclusion : courez acheter le livre de Magdi Allam! Et merci aux éditions du Rocher qui l’ont publié.

magdi.jpg

PRESENTATION DE L’EDITEUR


De l’idéologie de la mort à la civilisation de la vie : mon histoire,
Magdi Allam

Parcours atypique, contradictoire et conflictuel, en contrepoint des événements au Moyen-Orient : islam traditionnel, influence chrétienne occidentale, sympathies pour la cause palestinienne, militantisme de gauche, découverte de la cause juive, défense d’Israël.

Magdi Allam mène un effort de clarification, de compréhension, de conciliation grâce à son talent d’écrivain et de journaliste. Mais il suscite aussi des réactions de méfiance et d’hostilité de la part des parties intéressées.

Thèmes du livre : Description d’une évolution personnelle sur fond de transformation des courants arabes, qui passent d’une idéologie panarabe travaillant à l’avènement d’une Nation arabe à celle d’un pan-islamisme engagé dans un terrorisme mondial.

De l’idéologie de la mort dans l’Egypte de Nasser, exaltant le sacrifice des troupes engagées contre l’armée d’Israël, à l’idéologie de la mort des extrémistes. Ce qui élargit le conflit local en lui conférant une dimension planétaire d’idéologie de la mort du fait des terroristes islamistes.

Un demi-siècle d’histoire du Moyen-Orient

Dans une première partie, Magdi Allam décrit son enfance et son adolescence de Musulman issu d’un milieu modeste, enraciné dans la tradition de la famille étendue à l’échelle du quartier, dans le respect mutuel et une solidarité de tous les jours. Une tante l’élève, alors que sa mère devient gouvernante d’une princesse saoudienne victime de la poliomyélite. Sa mère confie l’éducation du jeune Magdi à des institutions catholiques italiennes.

Grâce à sa tante, employée à l’ambassade d’Autriche au Caire, Magdi passe des vacances avec la famille du diplomate. A 15 ans, il tombe amoureux de la fille de l’ambassadeur, ce qui lui vaut la suspicion de la part des Services Secrets égyptiens, parce que la famille autrichienne est juive. Premiers contacts personnels avec le judaïsme. Étudiant à Rome, à la fin des années 70 et 80, il milite dans les milieux italiens de gauche et s’engage en particulier pour la cause palestinienne.

Dans la seconde partie du livre, Magdi Allam, devenu journaliste après avoir obtenu un diplôme de sociologie, éprouve une forte déception à l’égard d’Arafat, dont les rodomontades sont contredites par la réalité de l’OLP. Il se rend compte d’avoir été manipulé et prend conscience de sa profonde ignorance de la cause juive.

Foi de l’adulte qui défend le droit à l’existence d’Israël. Exaltation du respect de la vie et des droits du prochain. Condamnation du terrorisme mondial. Expérience douloureuse de la méfiance et de l’hostilité qu’il suscite. L’introduction et la conclusion sont un credo en même temps qu’une célébration : transformation des idéologies de la mort et du martyre, grâce à la prise de conscience que le droit à l’existence d’Israël est l’épitomé du respect de la vie de chacun.

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Commentaire

Les Juifs, dans leur immense majorité, font preuve d’une naïveté déconcertante face au comportement de la hiérarchie chrétienne. La moindre déclaration émanant du Vatican ne manque pas d’être accueillie chaleureusement. Un manque d’habitude du vocabulaire théologique de l’Eglise, une certaine ignorance de la nature des problèmes et aussi, il faut bien le dire, un certain désir inconscient, sinon de se fondre complètement dans la masse, du moins, de ne plus être qu’une "confession" identique aux autres, peut expliquer l’enthousiasme avec lequel est saluée dans la communauté juive la moindre disposition d’apparence philosémite décidée par l’Eglise.

La déclaration conciliaire sur les Juifs, de 1965, concernant la question de l’antisémitisme, n’a pas été décisive. Le Grand rabbin de Paris, Meyer Jaïs (z"l) avait écrit à ce propos: "Certes, l’Eglise ne se sent plus absolument étrangère aux persécutions et aux massacres des juifs qui se sont déroulés en Europe, juste avant et pendant la seconde guerre mondiale".

Le document romain marque un progrès par rapport à la Déclaration conciliaire, qui, finalement, s’était bornée à "déplorer" Auschwitz. Elle n’avait pas cru devoir aller plus loin parce que, pour elle, il n’y avait pas eu là "faute contre l’esprit". Il ne s’agissait pas d’hérésies, mais simplement de crimes et de péchés.

Par ailleurs, on oublie très souvent que la doctrine de la "substitution" est toujours en vigueur dans l’Eglise. Celle-ci a inscrit dans sa loi fondamentale que le christianisme est le "Verus Israël". Le peuple juif est considéré comme un peuple rebelle qui vit dans l’erreur. L’Eglise ne renonce pas à son credo de voir les Juifs venir se réfugier sous ses ailes. C’est ce qui a permis au Cardinal Lustiger de crier à qui voulait bien l’entendre qu’il était Juif et qu’il resterait Juif et que sa condition de cardinal d’une religion qui a consacré son énergie à avilir les Juifs, n’était pas incompatible avec l’identité juive. Il faut bien se mettre en tête que le fait de se convertir au christianisme, ne signifie pas du tout que Magdi Allam reconnaisse la véracité du judaïsme. L’Eglise n’a jamais dévié de cette croyance que le christianisme ne parviendra à son but ultime que lorsque les Juifs entreront dans l’Eglise.

Après le discours de Ratisbonne, Benoît XVI a tout fait pour recoller les pots cassés avec l’islam. En baptisant, lors des fêtes de Pâques, un détracteur de l’islam, il revient à une posture intransigeante.

En convertissant le musulman Magdi Allam, le Pape envoie un message contradictoire à l’islam.

Ecrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 19.02.2009

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Mis en ligne le 30 avril 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org