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Si nous voulons protéger notre civilisation, « il faut quitter l’ONU », Gabriel Levy
30/04/2009

28/04/09

Durban II est le surnom donné à la conférence internationale contre le racisme, organisée à Genève par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU. Ce conseil a été créé par l’assemblée générale de l’ONU, le 15 mars 2006, avec le but principal d’aborder des situations de violations de droits de l’homme et d’émettre des recommandations à leur encontre « dans chacun des 192 Etats membres de l’ONU » (1). Vaste programme pour les trois quarts des pays que compte l’organisation !

Les dirigeants de la planète, et les médias, se sont focalisés pendant des mois sur le sionisme. Ce qui pouvait constituer un « détail » d’une investigation, voire d’un débat, devenait le but unique de cette conférence, occultant toute autre analyse.

Notre ministre des Affaires étrangères, ainsi que la secrétaire d’Etat aux droits de l’homme, ont estimé que la conférence de Genève était « le début d’un succès » pour " un texte où figure tout (sic) ce que nous souhaitions ».

La suffisance tient lieu de conviction.

Ainsi, M. Kouchner reconnaît-il, au sujet des discriminations et des emprisonnements des homosexuels : « ça on n’a pas pu, on le fera la prochaine fois" (2). De même, ont été abandonnés les droits de la femme (excision, polygamie, héritage, etc.), ceux des minorités ethniques et religieuses, (chrétiens, coptes, etc.), la liberté de pensée, de croire, de s’exprimer, de se convertir à une autre religion. Consensus oblige, paraît-il.

Or, c’est « l’universalité des droits de l’homme », inscrite dans le préambule de la charte de l’ONU (3), qu’il fallait défendre avec ardeur. Mais, pour quelques-uns de nos concitoyens (4) - pour M. Chirac aussi, qui « se refuse à juger les régimes politiques à l’aune de nos traditions, au nom de je ne sais quel ethnocentrisme » (5) -, nous ne détenons pas le monopole de la civilisation et nous ne devons pas tenter d’imposer notre modèle au monde. Le raisonnement est absurde, car, « si tout se vaut, le cannibalisme n’est qu’une question de goût culinaire » (Léo Strauss).

Assurément, le problème c’est l’ONU.

Que pouvaient attendre la trentaine de pays qui ont refusé de participer à la mascarade, ou qui ont (provisoirement) quitté la salle, d’une commission des droits de l’homme dont la présidence est assurée par la Libye, dont les postes de vice-présidents sont tenus par l’Iran, le Pakistan, Cuba, dont le mandat du Soudan a été récemment renouvelé ?

Cette institution est définitivement condamnée à l’impuissance. Elle ne peut rien prévenir : huit ans de palabres ont permis à l’Iran d’accéder à l’arme nucléaire et de menacer ses voisins, et à la Corée du Nord, de mettre en danger les lointains Etats-Unis.

Elle ne peut rien faire cesser : les victimes civiles de conflits ne se comptent plus. Elle excelle dans la logorrhée, mais elle est incapable de donner une définition du terrorisme (6).

Elle est condamnée à la partialité,

  • parce que la règle "un Etat - une voix", aboutit au fait que Monaco a autant de poids que l’Inde ;
  • parce que la Chine et la Russie, qui ne sont pas des exemples de démocratie, disposent d’un droit de veto ;
  • parce que 57 pays se sont regroupés sur la base de principes religieux (l’Organisation de la Conférence Islamique), et votent en bloc la plupart des résolutions hostiles aux occidentaux, mais restent muets lorsqu’un pays africain est en cause (Darfour, Soudan, Zimbabwe).

Elle est nuisible, parce qu’elle offre une tribune à la haine. On y éructe des insultes, et l’on s’y présente, pistolet à la ceinture [Arafat].

Elle est coûteuse, car elle est livrée, de façon consubstantielle, à la gabegie (10.000 fonctionnaires, des réunions aussi fréquentes qu’inutiles), aux dérives financières, aux multiples détournements.

Tout cela est connu, tout cela est admis, mais il faut le répéter.

Caton, espérant protéger Rome, ponctuait chacun de ses discours d’une phrase : « Il faut détruire Carthage ».

Si nous voulons protéger notre civilisation : « il faut quitter l’ONU ».


© Gabriel Levy

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1. Site ONU.  

2. In Guylain Chevrier, "L’ONU renonce à l’universalité des droits de l’homme": Riposte laïque, 24 avril 2009.

3. « A proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations, grandes et petites ». Préambule de la Charte des Nations Unies, 2° alinéa.

4.« Le "tout se vaut" et l’anti-occidentalisme primaire préparent la possible victoire de la charia ». Riposte laïque. L’édito de Cyrano, 27 avril 2009

5. In Eric Aeschlmann et Christophe Boltanski, Chirac d’Arabie : Les mirages d’une politique française, Grasset, 2006, page 298.

6. Alain Barluet, "Plus de 150 chefs d’Etat et de gouvernement se retrouvent ce matin à New York pour un sommet mondial de trois jours marquant le soixantième anniversaire de la création des Nations unies. Sur le terrorisme, le document est vide de toute définition", Le Monde, 14 septembre 2005.

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Mis en ligne le 28 avril 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org