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Israël (Société - mentalités)
Appeasement

La Grande-Bretagne est en voie de devenir le premier État néo-totalitaire, Hal G. P. Colebatch
28/04/2009

27/04/09

Source : Site Point de bascule, 25 avril 2009, par Annie Lessard, Marc Lebuis

« En tant que professeur occasionnel de science politique et de droit international, je n’utilise pas le terme totalitaire à la légère. Il n’y a pas de camps de concentration ou de goulags, mais une campagne en vue de modifier la psychologie du peuple pour créer un nouvel Homo britannicus. Des polices de la pensée imposent des modes de pensée et détectent les hérésies, et les dissidents peuvent se voir imposer de lourdes peines. »

Hal G. P. Colebatch est auteur, poète, conférencier, journaliste, professeur et avocat australien bien connu. Son livre Blair’s Britain a été sélectionné comme livre de l’année par The Spectator en 1999.

Les résolutions sur la diffamation des religions adoptées par l’ONU ont déjà un impact en Occident, et vont continuer d’en avoir parce que nous avons des polices de la pensée politiquement correcte qui parlent la même novlangue que l’Organisation de la conférence islamique. Comme en Grande-Bretagne, nous avons au Canada une florissante industrie de l’anti-racisme dont les pouvoirs tentaculaires sur les pensées, les paroles et les actes des citoyens sont exercés avec un zèle qui dépasse celui des forces de l’ordre dans la répression de la criminalité violente et du terrorisme. La bataille pour préserver la liberté l’expression vise autant le politiquement correct que la diffamation des religions, ces deux faces du néo-totalitarisme.

***

Traduction de : Thought police muscle up in Britain, par Hal G. P. Colebatch, The Australian, 21 avril 2009

La Grande-Bretagne semble en voie de devenir le premier État totalitaire soft moderne. En tant que professeur occasionnel de science politique et de droit international, je n’utilise pas le terme totalitaire à la légère. Il n’y a pas de camps de concentration ou de goulags, mais il y a des polices de la pensée dotées de pouvoirs sans précédent pour imposer des modes de pensée et détecter l’hérésie, et les dissidents peuvent se voir imposer de lourdes peines.

Nikolai Bukharin a affirmé que l’une des tâches principales de la révolution bolchevique consistait à « modifier la psychologie du peuple ». La Grande-Bretagne n’est pas bolchevique, mais une campagne visant ouvertement à modifier la psychologie du peuple et à créer un nouvel Homo britannicus est en cours.

Le gouvernement va de l’avant avec un projet de loi qui criminalise les blagues politiquement incorrectes, assorti de peines pouvant aller jusqu’à sept ans de prison. La Chambre des Lords a tenté d’y insérer un amendement protégeant la liberté d’expression, mais le Secrétaire à la Justice, Jack Straw, l’a fait tomber. C’est ce même Straw qui a déjà invité à redéfinir l’Englishness, et suggéré que « le bagage impérial » expliquait la violence manifestée par des « hommes blancs racistes et xénophobes » lors des matches de football. Il a soutenu que c’est en raison de leur « propension à la violence » que les Anglais avaient assujetti l’Irlande, l’Écosse et le Pays de Galles, et qu’en tant que race, les Anglais étaient « potentiellement très agressifs. »

Au cours des 10 dernières années, j’ai accumulé de nombreux exemples de peines draconiennes, y compris l’arrestation et l’inculpation criminelle d’enfants, pour des crimes de la pensée et des délits contre le politiquement correct.

Le président du Countryside Restoration Trust et chroniqueur Robin Page a dit lors d’une manifestation contre les lois interdisant la chasse dans le Gloucestershire en 2002 : « Si vous êtes une lesbienne unijambiste noire musulmane végétarienne chauffeur de camion et demandeur d’asile, je veux les mêmes droits que vous. » Page a été arrêté, et après quatre mois, il a reçu une lettre disant qu’aucune accusation ne serait portée contre lui, mais que « Si de nouvelles preuves vous concernant sont portées à notre attention, nous demanderons que des procédures soient engagées contre vous. » Il lui a fallu cinq ans pour laver son nom.

Au moins Page était un adulte. En septembre 2006, une élève de 14 ans, Codie Stott, a demandé à un enseignant si elle pouvait se joindre à un autre groupe pour réaliser un projet scientifique, car les filles de son groupe ne parlaient que l’urdu. Selon Stott, la première réaction de l’enseignant a été de lui crier : « C’est du racisme, tu auras affaire à la police ! » Bouleversée et terrifiée, l’élève est sortie pour se calmer. L’enseignant a appelé la police et quelques jours plus tard - les autorités ayant vraisemblablement mûrement réfléchi - elle a été arrêtée et emmenée à un poste de police où ses empreintes digitales et sa photo ont été prises. Selon sa mère, elle a été placée dans une cellule dénudée pendant 3 heures et demie.

Elle a été soumise à un interrogatoire sur des soupçons d’avoir commis un crime racial d’ordre public, puis relâchée sans inculpation. Il semblerait que l’école se penche sur d’autres mesures à prendre, non pas contre l’enseignant, mais contre Stott. La directrice Edkins Anthony aurait déclaré : « Il y a eu une allégation sérieuse concernant une remarque raciste. Nous cherchons à garantir une attitude empreinte d’égards et de tolérance envers les élèves de toutes origines ethniques, et rejetons le racisme sous toutes ses formes. »

Un enfant de 10 ans a été arrêté et traduit devant un juge pour avoir appelé un garçon de 11 ans « Paki » et « Ben Laden » lors d’une dispute dans la cour de récréation d’une école primaire (l’autre garçon l’avait traité de moufette et de Télétubbie). Au moment de l’audience, l’affaire avait déjà coûté 25 mille livres sterling aux contribuables. L’accusé a été tellement bouleversé qu’il a cessé de fréquenter l’école. Le juge Jonathan Finestein a déclaré : « Sommes-nous vraiment arrivés au point où nous poursuivons des enfants de 10 ans à cause du politiquement correct ? Des crimes majeurs sont commis ailleurs et la police ne prend pas la peine de porter des accusations. Cela n’a aucun sens ».

Finestein a été attaqué sans relâche par les dirigeants du syndicat de l’enseignement, comme dans ces procès de chasse aux sorcières où ceux qui prenaient la défense d’un accusé ou relevaient des failles dans les poursuites étaient immédiatement ciblés pour sorcellerie et promis au bûcher.

L’unité des délits de haine de la police a enquêté sur Basil Brush, une marionnette en forme de renard dans une émission de télévision pour enfants, qui avait fait une blague sur les Tsiganes. La BBC a admis que Brush s’était comporté de façon inappropriée et a assuré la police que l’épisode serait banni.

Votre attitude a été notée.

Un évêque a reçu un avertissement de la police lui reprochant de ne pas faire suffisamment d’efforts pour « célébrer la diversité », ce qui semble être devenu une norme dont l’application relève de la police. Une maison de retraite chrétienne pour des membres du clergé et du personnel religieux a perdu une subvention parce qu’elle n’avait pas divulgué aux fouineurs officiels le nombre de résidents homosexuels. Le fait que la question n’avait jamais été posée aux résidents a été retenu comme une preuve d’homophobie.
L’année dernière, des parents musulmans qui s’opposaient à ce qu’on remette à leur enfant en bas âge des livres prônant le mariage et l’adoption par les couples homosexuels, ont vu leurs exigences satisfaites et le matériel en question retiré par l’école où étudiait leur fils. Le matériel qui les offensait a été retiré. Cette année, des parents musulmans et chrétiens se sont opposés au même matériel dans une autre école; or, non seulement leurs demandes ont été rejetées, mais ils ont été menacés de poursuites s’ils retiraient leur enfant.

Il y a eu,  dans les derniers mois, d’innombrables cas de personnes qui ont été licenciées dans des écoles, des hôpitaux et d’autres institutions pour des questions de religion. Dans bien des cas, comme autrefois en Allemagne de l’est, il ne s’agissait pas de propos criés fanatiquement sur les toits, mais d’échanges dans des conversations privées, qui ont été dénoncés aux autorités.

Une infirmière a commis le crime d’offrir de prier pour un patient. Il ne s’est pas plaint, il en a simplement fait mention à une autre infirmière. La réceptionniste d’une école primaire, Jennie Cain, dont la fille de cinq ans a été réprimandée après avoir parlé de Jésus en classe, a été mise à la porte pour avoir demandé l’appui de son église. Un e-mail privé qu’elle avait envoyé à d’autres membres de l’église pour solliciter des prières est tombé entre les mains des autorités scolaires.

Tant la permissivité que des mesures draconiennes peuvent être mises en oeuvre pour détruire des normes et valeurs socialement admises. À titre d’exemple, la Royal Navy a installé une chapelle sataniste sur un bâtiment de guerre pour tenir compte des propensions satanistes d’un membre de l’équipage. « Qu’aurait dit Nelson ? » est le cliché d’un journal britannique sur les scandales dans la marine, mais dans ce cas-ci, la question semble légitime. L’attirail sataniste est également fourni aux détenus qui en ont besoin.

Cette campagne semble provenir d’officines quasi-gouvernementales, ou non élues, qui contrôlent diverses institutions et sont plus ou moins responsables devant les électeurs, plutôt que du gouvernement lui-même. Mais le gouvernement l’encourage d’une manière détournée qui peut être niée.

Pris isolément, chacun de ces incidents pourrait être écarté d’un revers de la main comme une aberration, mais pris dans leur ensemble - je n’ai mentionné qu’un petit échantillon, d’autres sont rapportés presqu’à chaque jour – ils donnent une image plutôt claire de la situation.

Voir aussi :

Rapport Bouchard-Taylor : fabriquer l’Homme Nouveau par la dictature de l’harmonie

La Loi sur les droits de la personne de Grande-Bretagne a dévalué la notion de droits fondamentaux

Le multiculturalisme et sa haine de toute identité nationale détruisent la Grande-Bretagne, par Theodore Dalrymple


© Point de bascule

 

[Texte aimablement signalé par A. Ardelea et Ch. Dalger.]

 

Mis en ligne le 27 avril 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org