Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Non attribué

A propos de "Si Hitler avait eu le feu nucléaire…", Francisco Vila
28/04/2009

Je publie rarement les courriers des lecteurs. Si je fais exception pour celui-ci, c’est que son auteur ne s’en tient pas aux félicitations, sincères ou convenues, mais prolonge la réflexion à laquelle il entend réagir. Qu’il en soit remercié. (Menahem Macina).

27/04/09


Je viens de terminer votre remarquable article : "Si Hitler avait eu le feu nucléaire dont l’Iran est sur le point de se doter".

J’ai été profondément ébranlé par la déclaration d’Ahmadinejad, lors de l’ouverture de Durban II. Je m’attendais pourtant à ce que l’homme nous fasse une "brillante" démonstration de son "immense" talent.

Il savait que sa déclaration mettrait en lumière les deux camps qui, mondialement, s’opposent aujourd’hui. Le monde islamique, avec l’ensemble des pays émergents, d’une part, et le monde occidental, numériquement minoritaire et en proie à une crise économique qui exacerbe ses faiblesses, d’autre part. 

J’énumère ici quelques-unes de ces faiblesses les plus criantes :

·         spiritualité en déclin ;

·         dépendance énergétique ;

·         déshumanisation des rapports au sein même du monde occidental, entre les nantis/possédants et le reste de la société ; 

·         recherche du profit à tout prix par la délocalisation des outils nationaux de production vers les pays émergents ;

·         politique de soumission ou d’apaisement, pratiquée par les élites politiques, à l’endroit des pays dont dépendent la plus grande partie de nos approvisionnements énergétiques.


A l’évidence, nos politiques sont prêts à toutes les courbettes et génuflexions pour éviter une hausse du brut, qui mettrait à mal nos économies déjà bien fragiles. Que les grandes nations en soient réduites à cela est consternant.

Ces lieux, malheureusement devenus communs, sont connus de tous et font les délices d’un Ahmadinejad et de tous ceux qui le plébiscitent.

Ahmadinejad a de beaux jours devant lui. Il savait, comme vous l’avez souligné, qu’il serait écouté. Il sait aussi que la crise économique, qui suscite bien des angoisses et une perte de repères dans le monde occidental, ne peut qu’ébranler la plus grande partie des pays de la planète qui vivent déjà dans un dénuement endémique quasi général, contre lequel l’Occident n’a rien fait ou presque. Le travail remarquable de bien des ONG occidentales auprès des pays les plus pauvres n’atténue pas le clivage entre les démocraties et le reste du monde. Ahmadinejad agit en pays conquis et ira, comme vous l’avez bien dit, jusqu’au bout de son rêve apocalyptique.

Le constat est édifiant. L’Occident est devenu un tigre de papier qui n’inspire aucune crainte. Ce ne sont pas nos proprets défilés du 14 juillet, ou les déclarations d’un Javier Solana, d’un Ban Kin-Moon, ni les conclusions lénifiantes d’un Mohammed al-Baradei (AIEA), qui feront reculer un Ahmadinejad, ou une quelconque sombre tyrannie en mal d’hégémonie.

Force est aussi de constater qu’Israël, dans ce monde de tous les dangers, est bien seul. Je suppose que, dans son for intérieur, il n’attend pas grand-chose du gentil Obama. Le feu nucléaire, l’Iran finira par l’obtenir, hélas. La Corée du Nord, qui a bien compris les faiblesses de l’Occident, a annoncé, ce mois-ci, la reprise du retraitement de combustible nucléaire, en dépit des sanctions édictées par l’ONU contre des entreprises nord-coréennes, après le lancement d’une fusée balistique par Pyongyang, début avril.

Je partage votre sentiment. L’Iran utilisera son arsenal nucléaire contre Israël. S’il ne le fait pas, il le fera par le truchement de ses intermédiaires. Les candidats ne manquent pas. Dans le contexte actuel, prétendre le contraire et croire que nous infléchirons les intentions des mollahs par la négociation, c’est se voiler la face et afficher, une fois de plus, nos faiblesses et nos lâchetés.

Trouverons-nous assez de courage pour stopper l’Iran dans sa course à l’arme nucléaire ? Saurons-nous surmonter nos craintes et sortir de notre léthargie ? Ferons-nous cause commune avec Israël ? - J’en doute fortement. 

Il est à craindre, en effet, que, cramponnés à la politique d’apaisement et de compromissions, qui prévaut dans les chancelleries occidentales, nous laissions, une fois de plus, à Israël, le soin de faire la sale besogne, au risque de mettre en péril sa propre existence.

Est-ce le moyen que certains auraient trouvé, sans se l’avouer, de faire d’une pierre deux coups ?

Se débarrasser à la fois d’Israël et de l’Iran, à peu de frais ?


Au point où nous en sommes, toutes les hypothèses sont envisageables, même les plus machiavéliques.

 

© Francisco Vila

 

Mis en ligne le 27 avril 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org