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Israël (Société - mentalités)
Israël Politique extérieure

Israël: Lieberman veut rassurer les Européens lors de sa première tournée
04/05/2009

03/05/09

 

JERUSALEM (AFP) — Le chef de la diplomatie israélienne, l’ultra-nationaliste Avigdor Lieberman, entame lundi en Europe sa première tournée à l’étranger pour tenter de rassurer sur les intentions de son gouvernement, opposé à la création d’un Etat palestinien.

M. Lieberman, qui a pris ses fonctions le mois dernier, devait quitter Israël pour Rome dimanche soir, avant des visites à Paris, Prague et Berlin, de mardi à jeudi.

Dans la capitale italienne, il doit avoir des entretiens avec son homologue, Franco Frattini, et le chef du gouvernement, Silvio Berlusconi.

A Paris, il rencontrera, mardi, son homologue, Bernard Kouchner, et sera reçu à la présidence de la République, mais, selon des responsables français, il n’est pas sûr qu’il y rencontrera le chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy.

« Le ministre va demander à ses interlocuteurs européens d’accorder du temps à Israël jusqu’à ce que le gouvernement dévoile les grandes lignes de son plan diplomatique », a affirmé à l’AFP un haut responsable du ministère israélien des Affaires étrangères.

Selon lui, ce programme devrait être présenté par le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, lors de sa rencontre avec le président américain, Barack Obama, à Washington, prévue pour la mi-mai.

En attendant, ce responsable - qui a requis l’anonymat - a admis que des « bruits de fond négatifs en Europe » se faisaient entendre, allusion aux critiques suscitées par les déclarations de M. Lieberman, le chef d’Israel Beiteinou, un parti ultra-nationaliste.

Le chef de la diplomatie a affirmé qu’Israël n’était pas lié par les négociations relancées fin 2007 à la conférence d’Annapolis, aux Etats-Unis, et censées aboutir à la création d’un Etat palestinien.

« Le plan du gouvernement est basé sur deux principes: la priorité à la sécurité et l’amélioration de la situation économique des Palestiniens », a ajouté ce responsable.

Cette approche a été critiquée par les Etats-Unis et la plupart des pays européens attachés à l’idée de "deux Etats pour deux peuples". La mauvaise humeur des Européens s’est traduite par le refus de relancer les discussions sur un rehaussement des relations entre l’Etat hébreu et l’Union européenne.

« Le véritable test aura lieu le mois prochain, lorsque Avigdor Lieberman présentera la politique du gouvernement lors du sommet bi-annuel de l’Association Israël-UE, en présence de ses 27 collègues », affirme-t-on aux Affaires étrangères.

Mais avant ce "grand oral", Israël a averti l’Union européenne que son implication dans le processus de paix au Proche-Orient - qu’Israël a toujours voulue minimale - risquait d’être remise en cause si elle persistait dans ses critiques.

La commissaire européenne aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner, a provoqué la colère des dirigeants israéliens en affirmant, le 23 avril, que le moment n’était pas « venu pour aller au-delà du niveau actuel des relations » UE-Israël, étant donné l’incertitude sur l’évolution du processus de paix et le refus du nouveau gouvernement israélien de s’engager en faveur d’une solution à deux Etats.

A Paris, le secrétaire général de la présidence, Claude Guéant, a déclaré dimanche qu’il recevrait M. Lieberman mardi à l’Elysée. Il a estimé une rencontre avec le président Sarkozy possible, mais pas certaine à ce stade.

« Je ne dis pas qu’il y a une condition, mais ce qui serait souhaitable quand même c’est qu’Avigdor Lieberman se rallie aux décisions qui ont été prises par la communauté internationale ; c’est la moindre des choses », a-t-il dit.


AFP

 

Mis en ligne le 4 mai 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org