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Droits humains, racisme, antisémitisme, etc.

L’Indien qui n’aime pas les Juifs, Jean Vidal
19/05/2009

Affirmant parler au nom d’un groupe victime du racisme, il se lance dans des imprécations contre le «pouvoir juif dans les médias» et contre les Israéliens. Cela vous rappelle quelqu’un? C’est au Canada, et l’homme s’appelle Ahenakew. ("L’Arche").

19/05/09

  

Extrait de L’Arche n° 612 (mai 2009).

On peut recevoir un exemplaire gratuit du journal en envoyant son adresse postale à info@arche-mag.com.

Reproduction librement autorisée sur Internet, à la condition que soient reprises les mentions ci-dessus.

 

La seconde guerre mondiale «a été déclenchée par les Juifs»; Hitler a «fait griller» six millions de Juifs parce qu’il voulait «s’assurer que les Juifs ne prendraient pas le contrôle de l’Allemagne ou de l’Europe»: ce sont là quelques-uns des propos tenus, non par le chef d’un parti néo-nazi, mais par David Ahenakew, ancien chef de l’Assemblée des premières nations, c’est-à-dire de l’instance représentative des Amérindiens du Canada, qui parle au nom de plus d’un million de citoyens.

L’affaire a commencé en 2002. De procès en procès, elle a défrayé jusqu’en 2009 la chronique judiciaire canadienne. Et son souvenir n’est pas près de s’éteindre.

Jusqu’où peut-on aller dans la provocation antijuive, et qui a le droit de jouer à ce jeu ? L’antisémitisme est-il tolérable lorsqu’il a pour origine une minorité qui a été elle-même persécutée ? Ces questions, posées par l’affaire Ahenakew, ne concernent pas les seuls Canadiens.

David Ahenakew est né en 1933 dans une réserve indienne de la province du Saskatchewan. Militaire de carrière entre 1957 et 1967, il sert en Allemagne, en Corée et en Égypte. Dans ce dernier poste, il fait partie du contingent international posté à la frontière israélo-égyptienne avant la Guerre des Six jours de juin 1967. Libéré avec le grade de sergent, il est embauché à la Fédération des nations indiennes du Saskatchewan, dont il deviendra bientôt le chef. Ahenakew transforme cette petite structure en une base de pouvoir, à une époque où la majorité des Canadiens prennent conscience des crimes commis envers les autochtones et tentent de se racheter tant bien que mal.

Être un homme indien est encore, au Canada, un statut problématique. Mais être un chef indien donne accès à une reconnaissance locale, voire nationale. Ahenakew est l’un des initiateurs d’une organisation des Indiens à l’échelle du Canada. En 1982, cette organisation devient l’Assemblée des premières nations, et Ahenakew est nommé à sa tête.

La suite de l’histoire est un peu plus compliquée. Ahenakew est l’objet de plaintes relatives à l’usage qu’il fait des fonds de l’organisation, et il est démis de ses fonctions. Mais il conserve le contrôle de sa base du Saskatchewan, où il a le titre honorifique de président du Sénat de la Fédération des nations indiennes, et il s’achemine doucement vers la retraite.

C’est en 2002 – David Ahenakew marche donc sur ses 70 ans – que le scandale éclate. Le 13 décembre 2002, le vieux chef prononce un discours dans un hôtel de la ville de Saskatoon (la principale ville de la province du Saskatchewan), dans le cadre d’une conférence organisée par la Fédération des nations indiennes du Saskatchewan. Il évoque ses souvenirs de l’époque où il était stationné en Allemagne. Les Allemands avec qui il jouait au football, raconte-t-il, lui disaient que tous les problèmes du monde venaient des immigrants. «Surtout les Juifs, disaient-ils.»

L’orateur s’échauffe. Peu à peu, il cesse de citer ses amis allemands d’autrefois et passe à l’actualité.

«La Première Guerre mondiale a été déclenchée par les Juifs, disaient-ils. La Seconde Guerre mondiale a été déclenchée par les Juifs, et la troisième guerre mondiale, quelle qu’elle soit, maintenant cette guerre… qu’Israël mène contre les pays arabes… J’y étais aussi. Mais il y aura forcément une guerre, parce que les Israéliens et les hommes de Bush, vous savez, les puissants et les extrémistes aux Etats-Unis, qui disent que si on n’est pas avec eux, on est contre eux.»

Ahenakew ayant fini de s’adresser au public, il parle en privé avec plusieurs personnes présentes. L’une d’entre elles est James Parker, un journaliste travaillant pour le journal local, le Star de Phoenix.

James Parker a été choqué par le passage du discours portant sur les Juifs et la Seconde Guerre mondiale. Il interpelle donc Ahenakew, en tenant à la main son magnétophone. Extraits de la conversation enregistrée par Parker :

- «Vous avez dit que vos amis allemands vous ont raconté que les Juifs ont déclenché la Seconde Guerre mondiale. Êtes-vous d’accord avec eux ?

- Les Juifs possédaient presque toute l’Allemagne, avant la guerre. C’est ainsi que Hitler est entré en scène. Il voulait s’assurer que les Juifs ne prendraient pas le contrôle de l’Allemagne, ou de l’Europe. C’est pourquoi il a en a fait griller six millions.

- Pensez-vous que c’était une bonne chose qu’il ait tué six millions de Juifs ? Est-ce que ce n’est pas une chose horrible ?

- Eh bien, les Juifs possédaient le monde tout entier. Regardez ce qu’ils font. Ils tuent des gens dans les pays arabes. J’y étais, j’y étais.

- Je sais, mais comment pouvez-vous justifier l’Holocauste ? Six millions !

- Vous savez, comment se débarrasser de… d’une maladie comme celle-là, qui va prendre le contrôle, qui va dominer, et aura tout, et les pauvres gens…

- Comment prenaient-ils le contrôle de l’Allemagne ? Comment prenaient-ils le contrôle de l’Allemagne ?

- Les banques étaient à eux, les usines étaient à eux, tout était à eux. Ils faisaient des prêts aux paysans, en sachant parfaitement qu’ils ne pourraient pas rembourser, et après ils prenaient leurs terres.»

Pressé de questions par le journaliste, Ahenakew explique :

«Tout ce que je sais, c’est ce que les Allemands m’ont dit quand j’étais là-bas pendant deux ans.

- Et vous les croyez.

- Bien sûr que je les crois.

- Mais ils n’étaient pas…

- Eh bien, c’est parce que j’avais vu les Juifs tuer des gens en Égypte quand j’étais là-bas. Et les Palestiniens, les Égyptiens, les Arabes en général. J’ai vu qu’ils dominaient tout.»

Ayant ainsi évoqué ses souvenirs du temps où il était un soldat stationné en Égypte (c’était, rappelons-le, à la frontière israélo-égyptienne, avant la Guerre des Six jours de 1967), Ahenakew revient aux motivations de Hitler et les relie aussitôt à la situation contemporaine:

«Il [Hitler, ndlr] a nettoyé beaucoup de choses, n’est-ce pas? Vous auriez été dominés, vous auriez été en ce moment la propriété des Juifs, dans le monde entier. Regardez, un si petit pays et tout le monde les soutient, les États-Unis… Qui donc possède la plupart des banques aux États-Unis, la plupart des entreprises, regardez ici, au Canada, Asper. [NDLR: référence au Juif canadien Izzy Asper (1932-2003), fondateur du groupe CanWest basé dans l’État du Manitoba, qui est l’un des principaux groupes de médias dans le pays.] Asper, il contrôle les médias.»

Le journaliste fait observer qu’il y a aussi des non-Juifs qui possèdent des médias au Canada. Ahenakew conclut alors:

«De toute façon, que les Juifs aillent au diable. Je ne peux pas les supporter. C’est comme ça. Ne me parlez plus d’eux.»


L’interview s’arrête là. Le lendemain, 14 décembre 2002, le Star Phoenix publie un article de James Parker rapportant l’essentiel des propos de David Ahenakew. Le journaliste ne fait pas de commentaires, mais il rapporte la réaction d’un responsable juif local jugeant ces propos «malheureux», et les déclarations des dirigeants de la Fédération des nations indiennes du Saskatchewan soulignant que Ahenakew n’est pas un élu de la Fédération (en tant qu’ancien chef, il est membre à vie de ses instances) et qu’il ne parle pas en son nom.

Cette publication provoque un tollé dans tout le Canada. Les organisations juives protestent aussitôt, les hommes politiques canadiens de toutes tendances disent leur indignation. Quelques jours après l’incident, Ahenakew convoque une conférence de presse où il lit, en larmes, une déclaration exprimant ses regrets, dont on apprendra ultérieurement qu’elle a été rédigée par les responsables de la Fédération des nations indiennes du Saskatchewan et supervisée par un avocat. La tempête semble se calmer. Les organisations des «premières nations» – à commencer par celle du Saskatchewan – "démissionnent" Ahenakew de ses fonctions en leur sein. Les dirigeants juifs canadiens soulignent qu’ils ont toujours eu d’excellents rapports avec les organisations des «premières nations» et qu’ils soutiennent leurs justes revendications.

Happy end? Pas tout à fait, car Ahenakew reprend du poil de la bête. Il obtient de ses collègues au Sénat de la Fédération des nations indiennes du Saskatchewan une motion de soutien quasi unanime, d’ailleurs dénuée de toute signification concrète. Ce soutien est motivé surtout par une fidélité à sa personne, ainsi que par l’agacement de nombreux responsables des «premières nations» à voir leurs revendications reléguées au second plan du fait d’une polémique qui leur paraît secondaire.

Mais, du coup, Ahenakew oublie les regrets qu’il avait exprimés. Dans une interview publiée par le journal canadien This Magazine (juillet-août 2003), il s’en prend aux dirigeants des «premières nations» qui ont critiqué ses propos sur Hitler et se lance à nouveau dans des imprécations antisémites:

«Quand un groupe de gens, une race de gens, peuvent contrôler les médias du monde entier, il faut faire quelque chose pour y remédier.»

S’il y avait une chance d’éviter un procès, Ahenakew a tout fait pour la gâcher. Il revendique ses propos, et il se prend un avocat dont le nom seul est, au Canada, un programme politique.

Doug Christie est un militant d’extrême droite qui, au nom de la «liberté d’expression», s’est fait une spécialité de défendre devant la justice canadienne les auteurs de discours racistes et antisémites. Parmi ses clients: un enseignant révoqué pour avoir enseigné à ses élèves l’existence d’une «conspiration juive», le négationniste Ernst Zündel, des dirigeants du Ku Klux Klan et de divers groupes néo-nazis. Et, maintenant, David Ahenakew. Ce dernier ne doit pas se sentir en si mauvaise compagnie puisque, les langues se déliant dans le milieu des «premières nations», on apprend qu’il avait pour habitude de s’en prendre non seulement aux Juifs mais aux «nègres» et à d’autres groupes.

En avril 2005, devant le tribunal provincial du Saskatchewan, le procureur Brent Klause demande à Ahenakew:

«Alors vous croyez toujours, en 2005, que les Juifs ont déclenché la Seconde Guerre mondiale?»

Le vieux chef dit simplement : «Oui.»

Répondant aux questions de son avocat, Doug Christie, il précise encore que ses informations selon lesquelles les Juifs possédaient «presque tout en Allemagne avant la guerre» proviennent non seulement de ses amis allemands mais aussi «d’anciens combattants» canadiens issus des «premières nations».

Donc, sur le fond, David Ahenakew persiste et signe. Pour sa défense, il affirme d’une part que ses propos antisémites étaient d’ordre privé, et d’autre part qu’il ne contrôlait pas bien ses paroles parce qu’il avait pris, la veille, du vin en même temps que des médicaments contre le diabète.

Le tribunal n’est pas convaincu et, le 8 juillet 2005, David Ahenakew est condamné pour «incitation à la haine». Une condamnation financièrement assez légère (mille dollars canadiens d’amende) mais symboliquement très significative. Trois jours plus tard, le 11 juillet 2005, l’Ordre du Canada (à peu près l’équivalent de notre Légion d’honneur) annonce la radiation de David Ahenakew, qui y avait été nommé en 1978 pour services rendus à la cause de l’éducation des «premières nations».

Encore une fois, on espère que la polémique est arrivée à son terme. Début août 2005, une délégation de chefs des «premières nations» du Manitoba s’envole pour Israël. C’est la troisième mission de ce genre depuis la publication des propos antisémites de David Ahenakew. Paradoxalement, cette crise a permis de resserrer les relations entre les membres des «premières nations» et les Juifs canadiens. On se s’était jamais autant parlé, et on n’a jamais eu autant conscience d’une communauté de sentiments entre groupes minoritaires. Alors, happy end cette fois-ci?

Ce serait compter sans David Ahenakew et son avocat, Doug Christie. Ce dernier, fidèle à sa ligne de conduite – analogue à celle de ses homologues européens, notamment les avocats des négationnistes –, refuse de céder sur la matière même des propos reprochés à son client et déplace le débat sur le plan juridique stricto sensu. Tout en avançant des arguments pour justifier des circonstances atténuantes, comme l’absorption par Ahenakew de vin et de médicaments contre le diabète, il entend surtout faire valoir que les propos antisémites de décembre 2002 étaient d’ordre privé, et qu’ils ne relevaient donc pas, techniquement parlant, de l’incitation à la haine raciale.

Ahenakew était persuadé, dit-il, que sa conversation avec James Parker était un prolongement, en tête à tête, de la conférence publique qu’il venait de tenir. Il n’avait pas remarqué son appareil d’enregistrement, il n’avait pas compris qu’il parlait à un journaliste. Or, détester les Juifs n’est pas un crime tant qu’on n’en fait pas un sujet de propagande. Dans un pays aussi attaché que l’est le Canada à la liberté d’expression, l’argument peut porter.

De fait, après un parcours judiciaire selon les règles assez complexes du droit canadien, la cour d’appel du Saskatchewan finit par se prononcer en faveur d’Ahenakew. En faveur, si l’on peut dire. Les propos d’Ahenakew sur les Juifs sont, déclare la cour dans son arrêt du 14 janvier 2008, «choquants, brutaux et blessants». Mais la cour considère que, «lors du procès, toutes les preuves n’ont pas été considérées pour déterminer quelles étaient les intentions de M. Ahenakew», c’est-à-dire si le délit d’incitation à la haine est constitué.

Suite à cette décision, le procureur n’ayant pas renoncé aux poursuites, un nouveau procès s’ouvre devant le tribunal de Saskatoon. Le 24 novembre 2008, David Ahenakew comparaît à nouveau, avec toujours Doug Christie à ses côtés. On revient pour la énième fois sur les circonstances de l’incident de décembre 2002.

 

Le 27 novembre, la parole est à l’accusé. «Je ne hais pas les Juifs», déclare-t-il. «Je hais ce qu’ils font aux gens.» Il donne un exemple: en 1964, à la frontière israélo-égyptienne, les Israéliens plantaient des mines qui tuaient des enfants. Le sort des Palestiniens, dit-il encore, lui a rappelé celui des Indiens au Canada. Croit-il toujours ce qu’il a dit en 2002 sur Hitler, les Juifs en Allemagne et la seconde guerre mondiale? - Oui.

Répondant aux questions du procureur, le 28 novembre, Ahenakew explique que l’information selon laquelle les Juifs ont déclenché la Seconde Guerre mondiale lui est parvenue dans son adolescence, au Saskatchewan. Ce sont des immigrés originaires d’Europe (il ne dit pas de quel pays) qui le lui ont appris. Plus tard, il s’est engagé dans l’armée canadienne et a servi dans la guerre de Corée, et cette guerre-là aussi, dit-il, a été déclenchée par les Juifs. Sa conclusion, fondée sur son observation de l’actualité, est que les Juifs ont déclenché la plupart des conflits.

Doug Christie plaide que les convictions intimes de son client n’intéressent pas la justice, et que, s’il y a incitation à la haine, le coupable en est le journaliste qui a publié toute l’affaire.

Le 23 février 2009, la cour provinciale du Saskatchewan rend son arrêt. Le juge Wilfred Tucker demande à David Ahenakew de se lever et de le regarder droit dans les yeux. Ses premiers mots sont: «M. Ahenakew, les déclarations que vous avez faites sur les Juifs sont révoltantes, dégoûtantes [disgusting] et fausses.» Puis le juge continue la lecture de l’arrêt.

Conformément au droit canadien, la question à laquelle la cour doit répondre est: l’accusé a-t-il intentionnellement incité à la haine contre les Juifs? Pour l’essentiel, la réponse est la même que celle donnée par l’instance précédente. Bien que les propos tenus par Ahenakew aient clairement pour effet d’inciter à la haine envers les Juifs, il n’est pas prouvé que telle était l’intention initiale de leur auteur. En effet, Ahenakew a coupé court à l’interview avec le journaliste du Star Phoenix. Il ne tenait donc pas particulièrement à assurer la promotion de ses propos, aussi odieux fussent-ils.

Doug Christie, l’avocat d’Ahenakew, avait tenté d’imputer la responsabilité de l’incident au journaliste qui a rapporté les propos controversés. Le juge n’accepte pas cet argument. Le journaliste, dit-il, a correctement fait son travail. «Il arrive souvent que des hommes comme l’accusé se réjouissent d’avoir accès aux médias quand cela leur convient, mais se hâtent d’attaquer les médias et les journalistes quand ils ne sont pas contents du retentissement de leurs propos.»

Par ailleurs, le juge Tucker ne mâche pas ses mots: «Qu’une personne, quelle qu’elle soit, présente l’assassinat de millions d’être humains innocents comme consistant à "se débarrasser d’une maladie", ou à "tenter de nettoyer le monde", cela est incompréhensible pour des gens honnêtes.»

Incompréhensible, mais pas condamnable pour autant puisque l’intention délictuelle n’est pas établie. La règle de la liberté d’expression joue donc en faveur d’Ahenakew, qui est relaxé.

À la sortie du tribunal, un Ahenakew manifestement soulagé fait face à une foule de journalistes. «Dieu merci, c’est fini», leur dit-il. «C’était horrible.»

Quel effet ce procès a-t-il eu sur lui ? Pas grand-chose, apparemment. «De toute façon, je suis trop vieux pour changer.» Un journaliste lui demande un commentaire sur l’adjectif «dégoûtants», employé par le juge pour qualifier ses propos contre les Juifs. Ahenakew se prépare à répondre, mais Doug Christie lui crie: «Ne faites pas un commentaire de plus. Ayez la sagesse de ne rien dire.» Ahenakew se tait.

 

La presse canadienne est quasiment unanime à approuver la décision du tribunal, tout en soulignant la sévérité des termes dans lesquels le juge Tucker a dénoncé les propos d’Ahenakew. La tempête provoquée par la publication de ces propos dans le Star Phoenix aura donc eu un effet positif.

L’avocat général Sandeep Bains semble être du même avis :

«Le fait que ces propos ont été définis comme dégoûtants, faux et révoltants, dit-il, explique pourquoi de telles affaires doivent faire l’objet de poursuites.»

Il ne regrette donc pas l’action publique entamée contre Ahenakew, bien qu’il renonce à faire appel devant une instance supérieure.

Un dirigeant du Congrès juif canadien, Benjamin Shinewald, souligne, pour sa part, que

«dans cette histoire, il y a eu un rapprochement très, très fort et très, très chaleureux entre la communauté juive et la communauté des Premières nations».

Une déclaration à laquelle fait écho Lawrence Joseph, le chef de la Fédération des nations indiennes du Saskatchewan, qui considère, comme le juge, que les propos de David Ahenakew sont dégoûtants:

«Personne ne devrait dire des choses pareilles».

Quant à Doug Christie, l’avocat d’Ahenakew, il est déjà parti pour de nouvelles aventures. On annonce qu’il assure désormais la défense de Terrence Cecil Tremaine, ancien enseignant de mathématiques à l’Université du Saskatchewan. Fondateur et directeur national du Parti national-socialiste du Canada, Tremaine est l’auteur d’un certain nombre de textes antisémites dénonçant notamment «le complot sioniste mondial».

 

Jean Vidal


© L’Arche

 

Mis en ligne le 19 mai 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org