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Christianisme
Benoît XVI

Discours de Benoît XVI, lors de son départ de l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv, le 15 mai 2009
20/05/2009

Il n’est certainement pas innocent, que ce texte soit introduit par le sous-titre suivant : "Que la solution des deux Etats devienne une réalité". En tout état de cause, ce texte officiel refroidira immédiatement l’optimisme de ceux et celles qui, sur la foi de la dépêche de "La Croix" [*], avaient cru percevoir, dans les allusions - certes plus chaleureuses que celles de l’allocution, jugée froide, de Yad Vashem -, un "oral de rattrapage", destiné à rassurer les Juifs, en général, et les Israéliens, en particulier. Décidément, sans le moindre doute désormais, le Pontife romain envoie à l’Etat d’Israël un message sans équivoque, même si accompagné de fortes expressions d’empathie pour la souffrance consécutive à la tragédie de la Shoah, et d’une affirmation sans équivoque, selon laquelle, "l’Etat d’Israël a le droit d’exister, et de jouir de la paix et de la sécurité à l’intérieur de frontières internationalement reconnues". Bien entendu, je consacrerai un commentaire attentif à ce texte. J’ajoute, après la traduction française de Zenit, le texte officiel en italien, puis la traduction anglaise. (Menahem Macina).

[*] Voir : "Benoît XVI : La Shoah, chapitre « épouvantable de l’histoire ne doit être ni oubliée, ni niée".

 

Source : Agence de Presse catholique, Zenit.

 

Traduit de l’anglais par Zenit

 

Discours de Benoît XVI à l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv


« Que la solution des deux Etats devienne une réalité »


ROME, vendredi 15 mai 2009 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte du discours que le pape Benoît XVI a publié juste avant son départ de Terre sainte, à l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv, ce vendredi en début d’après-midi.


Monsieur le président,

Monsieur le Premier ministre,

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Au moment où je me prépare à rentrer à Rome, puis-je partager avec vous quelques-unes des puissantes impressions que mon pèlerinage en Terre sainte a laissées en moi ? J’ai eu des entretiens fructueux avec les autorités civiles à la fois en Israël et dans les Territoires palestiniens, et j’ai témoigné des grands efforts que les deux gouvernements sont en train de faire pour assurer le bien-être de leurs peuples. J’ai rencontré les responsables de l’Eglise catholique en Terre Sainte, et je me réjouis de voir la façon dont ils travaillent ensemble pour le soin du troupeau du Seigneur. J’ai aussi eu la possibilité de rencontrer les responsables de différentes Eglises chrétiennes et communautés ecclésiales ainsi que les responsables des autres religions en Terre Sainte. Ce pays est en effet un terrain fécond pour l’œcuménisme et le dialogue interreligieux, et je prie pour que la riche variété du témoignage religieux dans la région porte du fruit dans une compréhension et un respect mutuels croissants.

Monsieur le président, vous et moi nous avons planté un olivier dans votre résidence le jour de mon arrivée en Israël. L’olivier, comme vous le savez, est une image utilisée par saint Paul pour décrire les très étroites relations entre chrétiens et juifs. Dans sa lettre aux Romains, Paul décrit comment l’Eglise des Nations est comme un rameau d’olivier sauvage, greffé sur l’olivier franc qui est le Peuple de l’Alliance (cf. Rm 11, 17-24). Nous sommes nourris par les mêmes racines spirituelles. Nous nous rencontrons en tant que frères, des frères qui parfois au cours de leur histoire ont eu des relations tendues mais qui sont maintenant fermement engagés dans la construction de ponts, de relations durables.

La cérémonie au palais présidentiel a été suivie par un des moments les plus solennels de mon séjour en Israël : ma visite au Mémorial de l’Holocauste de Yad Vashem pour honorer les victimes de la Shoah. J’y ai aussi rencontré certains survivants. Ces rencontres profondément émouvantes m’ont rappelé des souvenirs de ma visite, il y a trois ans, au camp de la mort d’Auschwitz, où tant de juifs - mères, pères de familles, maris et femmes, fils et filles, amis - ont été brutalement exterminés sous un régime sans Dieu qui a propagé une idéologie d’antisémitisme et de haine. Ce chapitre épouvantable de l’histoire ne doit jamais être oublié ou nié. Au contraire, ces sombres souvenirs doivent fortifier notre détermination à nous rapprocher les uns des autres comme les branches du même olivier, nourris par les mêmes racines et unis par l’amour fraternel.

Monsieur le président, je vous remercie pour la chaleur de votre hospitalité, très appréciée, et je souhaite que l’on retienne le fait que je suis venu visiter ce pays en tant qu’ami des Israéliens, de même que je suis un ami du peuple palestinien. Les amis aiment passer du temps en compagnie de l’autre, et ils trouvent très navrant de voir l’autre souffrir. Aucun ami des Israéliens et des Palestiniens ne peut manquer d’être attristé par les continuelles tensions entre vos deux peuples. Aucun ami ne peut manquer de pleurer devant la souffrance, les vies perdues, que ces deux peuples ont endurées au cours des six dernières décennies.

Permettez-moi de lancer cet appel à toutes les personnes de ces pays : Plus de sang versé ! Plus de combats ! Plus de terrorisme ! Plus de guerre ! Brisons plutôt le cercle vicieux de la violence. Qu’advienne une paix durable fondée sur la justice, qu’advienne une réconciliation et une guérison authentiques. Que soit universellement reconnu que l’Etat d’Israël a le droit d’exister, et de jouir de la paix et de la sécurité à l’intérieur de frontières internationalement reconnues. De même, que l’on reconnaisse que le peuple palestinien a droit à une patrie souveraine et indépendante, de vivre avec dignité et de voyager librement. Que la solution des deux Etats devienne une réalité, et ne reste pas un rêve. Que la paix se répande à l’extérieur depuis ces pays, qu’ils servent comme d’une « lumière pour les Nations » (Isaïe 42, 6), apportant l’espérance aux nombreuses autres régions qui sont affectées par des conflits.

L’une des visions pour moi les plus tristes durant la visite de ces pays a été le mur. En passant le long de ce mur, j’ai prié pour un avenir dans lequel les peuples de la Terre Sainte puissent vivre ensemble dans la paix et dans l’harmonie sans avoir besoin de tels instruments pour la sécurité et la séparation, mais plutôt en se respectant et en se faisant confiance mutuellement, et en renonçant à toutes les formes de violence et d’agression.

Monsieur le président, je sais combien il sera difficile d’atteindre cet objectif. Je sais combien votre tâche est difficile, ainsi que celle de l’Autorité palestinienne. Mais je vous assure que mes prières et que les prières des catholiques dans le monde entier sont avec vous alors que vous poursuivez vos efforts pour construire une paix juste et durable dans cette région.

Il ne me reste plus qu’à exprimer de tout cœur mes remerciements à tous ceux qui ont contribué à ma visite de tant de manières. Je suis profondément reconnaissant au gouvernement, aux organisateurs, aux bénévoles, aux médias, à tous ceux qui m’ont offert l’hospitalité ainsi qu’à ceux qui m’accompagnent. Je vous prie d’être sûrs de mon souvenir affectueux dans mes prières. A chacun je dis : merci, et que Dieu soit avec vous. Shalom !

 

© Copyright du texte original : Librairie Editrice du Vatican

 

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[Les passages en rouge sont mon fait. Ils serviront à illustrer mon commentaire à venir. M. Macina.]

 

PELLEGRINAGGIO
DEL SANTO PADRE BENEDETTO XVI
IN TERRA SANTA
(8-15 MAGGIO 2009)

CERIMONIA DI CONGEDO

DISCORSO DEL SANTO PADRE BENEDETTO XVI

Aeroporto Internazionale Ben Gurion - Tel Aviv
Venerdì, 15 maggio 2009

[Source : Site du Vatican]

Signor Presidente,

Signor Primo Ministro,

Eccellenze, Signore e Signori,


Mentre mi accingo a tornare a Roma, desidero condividere con voi alcune forti impressioni che questo pellegrinaggio in Terra Santa ha suscitato in me. Ho intrattenuto conversazioni feconde con le autorità civili sia in Israele sia nei Territori Palestinesi, e ho assistito ai grandi sforzi che entrambi i governi compiono per garantire il benessere del popolo. Ho incontrato responsabili della Chiesa cattolica in Terra Santa, e ho provato gioia nel vedere il modo in cui operano insieme per accudire il gregge del Signore. Ho avuto anche l’opportunità di incontrare responsabili delle varie Chiese cristiane e comunità ecclesiali e di altre religioni in Terra Santa. Questa terra è di fatto un terreno fertile per l’ecumenismo e per il dialogo interreligioso. Prego affinché la ricca varietà di testimonianze religiose presenti nella regione rechi il frutto di una comprensione e di un rispetto reciproci crescenti.

Signor Presidente, lei ed io abbiamo piantato un albero di olivo presso la sua residenza il giorno del mio arrivo in Israele. Come sa, l’albero di olivo è un’immagine utilizzata da san Paolo per descrivere le strettissime relazioni fra cristiani ed ebrei. Nella Lettera ai Romani Paolo descrive il modo in cui la Chiesa dei Gentili è come un olivo selvatico innestato su un olivo coltivato che è il Popolo dell’Alleanza (cfr 11, 17-24). Ci nutrono le stesse radici spirituali. Ci incontriamo come fratelli, che, a volte, nella corso della nostra storia, hanno avuto un rapporto teso, ma che ora sono fermamente impegnati a edificare ponti di amicizia duratura.

Alla cerimonia presso il Palazzo Presidenziale è seguito uno dei momenti più solenni della mia permanenza in Israele, la mia visita al Memoriale dell’Olocausto “Yad Vashem”, dove ho incontrato alcuni sopravvissuti che hanno sofferto per i mali della Shoah. Quegli incontri profondamente commoventi mi hanno ricordato la visita di tre anni fa al campo di sterminio di Auschwitz, dove così tanti ebrei, madri, padri, mariti, mogli, fratelli, sorelle, amici, furono brutalmente sterminati sotto un regime senza Dio che diffondeva un’ ideologia di antisemitismo e di odio. Quel capitolo orribile della storia non deve essere mai dimenticato o negato. Al contrario, quei tristi ricordi dovrebbero rafforzare la nostra determinazione ad avvicinarci gli uni agli altri come rami dello stesso albero di olivo, nutriti dalle stesse radici e uniti dall’amore fraterno.

Signor Presidente, la ringrazio per il calore della sua ospitalità, molto apprezzata, e desidero ricordare che sono venuto a visitare questo Paese come amico degli israeliani e come amico del popolo palestinese. Gli amici gradiscono trascorrere del tempo insieme in compagnia gli uni degli altri e provano profondo turbamento nel vedere la reciproca sofferenza. Nessun amico degli israeliani e dei palestinesi può far a meno di notare con tristezza la costante tensione fra i vostri due popoli. Nessun amico può far a meno di piangere per la sofferenza e la perdita di vite che entrambi i popoli hanno subito negli ultimi sei decenni. Mi permetta di fare questo appello a tutte le persone di queste terre: Mai più spargimento di sangue! Mai più combattimenti! Mai più terrorismo! Mai più guerre! Al contrario, facciamo in modo di spezzare il circolo vizioso della violenza! Facciamo in modo che vi sia pace durevole basata sulla giustizia, che vi siano riconciliazione e risanamento autentici! Venga universalmente riconosciuto che lo Stato di Israele ha il diritto di esistere e di godere di pace e sicurezza entro confini internazionalmente riconosciuti! Sia ugualmente riconosciuto che il popolo Palestinese ha il diritto a una patria indipendente e sovrana, a vivere con dignità e a viaggiare liberamente! Fate in modo che la soluzione dei due-stati divenga una realtà, non rimanga un sogno! Facciamo in modo che la pace si diffonda da queste terre! Che esse siano “luce delle nazioni” (Is 42, 6), così da portare speranza alle molte altre regioni colpite dal conflitto!

Durante la mia visita in queste terre una delle immagini più tristi per me è stata quella del muro. Passando accanto ad esso, ho pregato per un futuro in cui i popoli della Terra Santa possano vivere insieme in pace e in armonia senza la necessità di tali strumenti di sicurezza e di separazione, ma anzi rispettandosi reciprocamente, avendo fiducia l’uno nell’altro e rinunciando a tutte le forme di violenza e di aggressione. Signor Presidente, so quanto sarà difficile raggiungere questo obbiettivo. So quanto è difficile il suo compito e quello dell’Autorità Palestinese. Tuttavia, la assicuro che le mie preghiere e quelle dei cattolici in tutto il mondo sono con lei mentre prosegue i suoi sforzi per edificare una pace giusta e duratura in questa regione.

Mi resta soltanto di esprimere il mio sincero grazie a tutti coloro che hanno contribuito in molti modi al tranquillo svolgersi della mia visita. Al Governo, agli organizzatori, ai volontari, ai media e a tutti coloro che hanno offerto ospitalità a me e a quelli che mi accompagnano, sono profondamente grato. Siate certi che sarete ricordati con affetto nelle mie preghiere. A voi tutti dico: Grazie, e che Dio sia con voi. Shalom!


© Copyright 2009 - Libreria Editrice Vaticana

 

 

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Pontiff’s Farewell Address to the Holy Land

Texte repris de Zenit.


"This Land Is Indeed a Fertile Ground for Ecumenism and Interreligious Dialogue"

 

TEL AVIV, MAY 15, 2009 (Zenit.org).- Here is the text of the farewell address Benedict XVI gave today at Tel Aviv’s Ben Gurion international airport, before boarding a plane to return to Rome.

Mr. President,

Mr. Prime Minister,

Your Excellencies, Ladies and Gentlemen,

As I prepare to return to Rome, may I share with you some of the powerful impressions that my pilgrimage to the Holy Land has left with me. I had fruitful discussions with the civil authorities both in Israel and in the Palestinian Territories, and I witnessed the great efforts that both governments are making to secure people’s well-being. I have met the leaders of the Catholic Church in the Holy Land, and I rejoice to see the way that they work together in caring for the Lord’s flock. I have also had the opportunity to meet the leaders of the various Christian Churches and ecclesial communities as well as the leaders of other religions in the Holy Land. This land is indeed a fertile ground for ecumenism and inter-religious dialogue, and I pray that the rich variety of religious witness in the region will bear fruit in a growing mutual understanding and respect.

Mr. President, you and I planted an olive tree at your residence on the day that I arrived in Israel. The olive tree, as you know, is an image used by Saint Paul to describe the very close relations between Christians and Jews. Paul describes in his Letter to the Romans how the Church of the Gentiles is like a wild olive shoot, grafted onto the cultivated olive tree which is the People of the Covenant (cf. 11:17-24). We are nourished from the same spiritual roots. We meet as brothers, brothers who at times in our history have had a tense relationship, but now are firmly committed to building bridges of lasting friendship.

The ceremony at the Presidential Palace was followed by one of the most solemn moments of my stay in Israel -- my visit to the Holocaust Memorial at Yad Vashem to pay my respects to the victims of the Shoah. There I also met some of the survivors. Those deeply moving encounters brought back memories of my visit three years ago to the death camp at Auschwitz, where so many Jews -- mothers, fathers, husbands, wives, sons and daughters, brothers, sisters, friends -- were brutally exterminated under a godless regime that propagated an ideology of anti-Semitism and hatred. That appalling chapter of history must never be forgotten or denied. On the contrary, those dark memories should strengthen our determination to draw closer to one another as branches of the same olive tree, nourished from the same roots and united in brotherly love.

Mr. President, I thank you for the warmth of your hospitality, which is greatly appreciated, and I wish to put on record that I came to visit this country as a friend of the Israelis, just as I am a friend of the Palestinian people. Friends enjoy spending time in one another’s company, and they find it deeply distressing to see one another suffer. No friend of the Israelis and the Palestinians can fail to be saddened by the continuing tension between your two peoples. No friend can fail to weep at the suffering and loss of life that both peoples have endured over the last six decades. Allow me to make this appeal to all the people of these lands: No more bloodshed! No more fighting! No more terrorism! No more war! Instead let us break the vicious circle of violence. Let there be lasting peace based on justice, let there be genuine reconciliation and healing. Let it be universally recognized that the State of Israel has the right to exist, and to enjoy peace and security within internationally agreed borders. Let it be likewise acknowledged that the Palestinian people have a right to a sovereign independent homeland, to live with dignity and to travel freely. Let the two-state solution become a reality, not remain a dream. And let peace spread outwards from these lands, let them serve as a "light to the nations" (Is 42:6), bringing hope to the many other regions that are affected by conflict.

One of the saddest sights for me during my visit to these lands was the wall. As I passed alongside it, I prayed for a future in which the peoples of the Holy Land can live together in peace and harmony without the need for such instruments of security and separation, but rather respecting and trusting one another, and renouncing all forms of violence and aggression. Mr. President, I know how hard it will be to achieve that goal. I know how difficult is your task, and that of the Palestinian Authority. But I assure you that my prayers and the prayers of Catholics across the world are with you as you continue your efforts to build a just and lasting peace in this region.

It remains only for me to express my heartfelt thanks to all who have contributed in so many ways to my visit. To the Government, the organizers, the volunteers, the media, to all who have provided hospitality to me and those accompanying me, I am deeply grateful. Please be assured that you are remembered with affection in my prayers. To all of you, I say: thank you, and may God be with you. Shalom!

 

© Copyright 2009 -- Libreria Editrice Vaticana


Mis en ligne le 19 mai 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org