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Christianisme
Benoît XVI

Rebondissement de la polémique à propos de la jeunesse "hitlérienne" du pape
15/05/2009

J’ai hésité à mettre en ligne cet article, pour ne pas accréditer, de manière irresponsable, les soupçons sur l’adhésion morale et intellectuelle du jeune Ratzinger au nazisme, indépendamment de son appartenance - factuelle, mais réputée contrainte - aux Jeunesses hitlériennes. En fait, c’est une maladresse du porte-parole du Vatican qui a enflammé la presse, surtout en Israël. Le P. Lombardi, irrité par certains propos qu’il estimait déshonorants pour la personne du pape, aurait nié catégoriquement que le jeune Ratzinger ait été jamais inscrit dans les "Hitlerjungen". C’est ce point qu’éclaircit - honnêtement, me semble-t-il - l’article ci-après; raison pour laquelle je l’ai mis en ligne. (Menahem Macina).

15/05/09


Source : Le Point.fr, 13 mai
 

 

Joseph Ratzinger, en 1943, dans les forces de défense antiaérienne allemande © KNA/SIPA

 

Benoît XVI a-t-il fait partie des jeunesses hitlériennes ? La question embarrasse. Mardi, le Vatican a formellement démenti cette version relatée dans la presse, par la voix de son porte-parole Federico Lombardi, qui a affirmé :

« Je souhaite clarifier les mensonges écrits par la presse israélienne et internationale. Benoît XVI n’a jamais été dans ce mouvement. Il n’a jamais été dans ce mouvement de jeunesse idéologiquement lié au nazisme ».

D’après le porte-parole du Saint-Siège, Joseph Ratzinger aurait été « enrôlé contre sa volonté », durant sa jeunesse, « dans une unité de défense antiaérienne chargée de la protection des villes ». « Tout est dans sa biographie », a-t-il souligné.

Federico Lombardi a, en outre, insisté sur le fait qu’à l’époque, Joseph Ratzinger était

« un jeune séminariste qui était dans une unité de défense (anti-) aérienne… Pendant une courte période, il a été détenu par les Américains ; à la fin de la guerre, et après cette détention brève, il est retourné au séminaire. »

Ces propos contredisent pourtant des informations parues dans les médias depuis la désignation du successeur de Jean-Paul II, en 2005. Dans une interview accordée au journaliste allemand, Peter Seewald, en avril 2005, Joseph Ratzinger a lui-même déclaré :

« Dès que j’ai quitté le séminaire, je n’ai pas été directement dans les Jeunesses hitlériennes. Et cela a été difficile, parce que, pour obtenir une réduction du coût de l’école, dont j’avais besoin, il fallait prouver qu’on avait rendu visite aux Jeunesses hitlériennes. »

D’après une enquête allemande, citée par l’agence de presse religieuse catholique française i.media [?], le souverain pontife a adhéré aux Jeunesses hitlériennes, mais contre sa volonté, en 1941, le jour de son 14e anniversaire. Il a été catalogué "membre obligé" (Zwangs-Hitlerjunge), différent donc des volontaires (Stamm-Hitlerjunge). Et ce n’est que le 2 août 1943 qu’il a été incorporé comme auxiliaire dans la défense antiaérienne.

Malaise

Quoi qu’il en soit, le président du Parlement israélien, Reuven Rivlin, a, lui, refusé de se rendre à l’aéroport pour accueillir le pape, et n’a participé qu’à la cérémonie à Yad Vashem. En guise d’explication, le parlementaire a évoqué son « malaise » en présence d’un ex-membre des Jeunesses hitlériennes et de la Wehrmacht, qu’il a désertée en 1944.

De son côté, le rabbin Méir Lau, président du Mémorial Yad Vashem et rescapé des camps de la mort, a déploré :

« [Le pape] a omis de mentionner que les Allemands, ou les nazis, ont participé au massacre, et il n’a pas eu une seule parole pour demander pardon ou, du moins, exprimer remords ou compassion pour les victimes ».

Il faut dire qu’avant sa venue en Israël, Benoît XVI avait déjà alimenté la polémique en levant l’excommunication de l’évêque négationniste Richard Williamson et en relançant le processus de béatification du pape Pie XII, auquel les juifs reprochent son silence face au génocide nazi.

 

© Le Point.fr

 

Mis en ligne le 15 mai 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org