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Le plan ambitieux d’Obama pour le Proche-Orient, Laure Mandeville
14/05/2009

14/05/09

Source : Le Figaro.fr (12 mai)

Barack Obama et le roi Abdallah de Jordanie dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, à Washington, le 21 avril dernier.

Barack Obama et le roi Abdallah de Jordanie dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, à Washington, le 21 avril dernier. Crédits photo : AP

Le président américain encouragerait une approche globale visant à la reconnaissance d’Israël par l’ensemble des pays arabes.

De grandes manœuvres ont commencé dans les coulisses de la diplomatie américaine pour dessiner les lignes d’un plan de paix global ambitieux pour le Proche-Orient. Celui-ci pourrait être présenté par Barack Obama dans un discours prévu au Caire en juin, après une rencontre jugée cruciale avec le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, le 18 mai prochain à Washington. C’est ce qu’a annoncé lundi le roi Abdallah de Jordanie dans une interview au Times de Londres, précisant que ce plan avait été discuté lors de sa visite aux États-Unis en avril.

Selon le souverain jordanien, le nouveau plan américain prévoirait une «solution à 57 États», par laquelle la totalité du monde arabe reconnaîtrait l’État hébreu : «Ce dont nous parlons n’est pas des Israéliens et des Palestiniens assis à une table, mais des Israéliens assis avec les Palestiniens, des Israéliens assis avec les Syriens, des Israéliens assis avec les Libanais.»

En échange du gel par Israël des colonies juives en Cisjordanie, les États arabes pourraient autoriser par exemple le survol de l’espace aérien arabe par la compagnie El Al et l’octroi de visas aux Israéliens.

L’une des clés du succès se trouve évidemment à Washington, lequel va devoir convaincre son allié stratégique israélien d’accepter une solution à deux États, ce que refuse le nouveau chef du gouvernement. En effet, depuis son arrivée en mars, Benyamin Nétanyahou n’a jamais abordé de manière explicite la création d’un État palestinien, prônant plutôt une solution économique au conflit. Son ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, qui représente l’extrême droite israélienne, est opposé à des négociations sur les frontières du nouvel État, du sort de Jérusalem et de la question du retour des réfugiés.

L’allié israélien sous pression

Décidée à réaliser une percée, la Maison-Blanche pourrait mettre tout son poids dans la balance pour convaincre Nétanyahou de bouger les lignes. Le chef de l’Ad­ministration présidentielle Rahm Emanuel, un Juif, grand ami d’Israël, serait déjà monté au créneau en ce sens lors d’une réunion fermée du lobby américain pro-israélien de l’Aipac.

Mais une divergence d’approche semble exister entre «Israël, qui exige des garanties de sécurité face à l’Iran avant toute avancée sur le dossier israélo-palestinien, et l’équipe Obama, qui veut inverser l’ordre des dossiers, pour ne pas compromettre son ouverture vers Téhéran», avance un diplomate français. Les ambitions nucléaires de Téhéran posent «une menace existentielle» pour Israël, mais cela ne fait que renforcer la nécessité d’une solution à deux États, a déclaré le conseiller à la Sécurité nationale américain, James Jones.

Laure Mandeville
Correspondante du Figaro à Washington

© Le Figaro.fr

 

Mis en ligne le 14 mai 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org