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Christianisme
Benoît XVI

Le Pape, les réfugiés et… la Sainte famille: un pacifisme irréaliste aux dépens d’Israël, M. Macina
15/05/2009

Ce pape n’en est peut-être pas conscient, mais, en rendant sacrée la cause des Palestiniens par le recours à une comparaison époustouflante avec un épisode de l’Evangile, il vient de les ancrer dans la victimisation et dans la certitude du bon droit de leur lutte acharnée contre la présence juive sur la moindre part de l’antique patrie d’Israël.

14 mai 2009



Le pape… au pied du mur

 

L’allocution prononcée par le pape (1) en prenant congé de ses hôtes palestiniens, est un véritable coup de poignard dans le dos d’Israël. Même dans leurs pires cauchemars les dirigeants israéliens n’imaginaient pas que leur pays serait mis en accusation d’une manière aussi directe et quasi démagogique. Quant aux Palestiniens, ils n’en espéraient pas tant, et je gage qu’ils n’en sont pas encore revenus.

Réservant à une analyse ultérieure le traitement du discours pacifiste, aussi dérisoirement pieux que cruellement déconnecté des réalités de terrain - sans parler du caractère unilatéral et injuste des insinuations feutrées sur la responsabilité de l’"emmureur de peuple", qu’est Israël -, je me limiterai ici au commentaire de l’analogie papale, que j’ai qualifiée plus haut d’ «époustouflante», entre la situation des Palestiniens et un épisode de l’Evangile. En voici les termes, verbatim :

« Avec angoisse, j’ai été le témoin de la situation des réfugiés qui, comme la Sainte Famille, ont été obligés de fuir de leurs maisons. »


Pour percevoir le caractère dévastateur de cette analogie pour la réputation d’Israël, il faut connaître le contexte de l’événement auquel fait allusion le pape. Il s’agit du bref récit de la fuite de la "Sainte Famille", que relate l’Evangile selon Matthieu (Mt 2, 13) :   

" …l’Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit: « Lève-toi, prends avec toi l’enfant et sa mère, et fuis en Egypte; et restes-y jusqu’à ce que je te le dise. Car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. » "

Vous entendez le message ? Israël est, d’une certaine manière, Hérode redivivus.

On me dira que ce n’est pas ce qu’a voulu dire le pape. Sans doute. Mais c’est certainement ce qu’auront compris les Palestiniens, surtout les chrétiens.

Et j’imagine sans peine la reprise, sous une autre forme, de l’accusation que tant d’enfants juifs ont entendue dans les écoles, surtout pendant la Seconde Guerre mondiale : « Vous avez tué le Christ ». Ce pourrait être quelque chose comme :

« Vous avez voulu tuer notre peuple, comme Hérode, c’est pour ça que nos parents ont fui, et vous en avez profité pour détruire nos villages et vous emparer de nos maisons. »

En fait, la seconde partie de l’exclamation est déjà monnaie courante depuis longtemps. Mais l’assimilation (implicite) de l’armée de Défense d’Israël à Hérode, c’est l’inouï, la sacralisation inespérée de l’exécration palestinienne pour "l’Occupation" (2).


Et ce pape vient de la leur apporter… sur une patène, en quelque sorte !

 

Menahem Macina

 

© Upjf.org


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(1)    Voir : "Discours du pape Benoît XVI à son départ des Territoires palestiniens", 13 mai.

(2)    Les Arabes ont coutume d’appeler leurs ennemis israéliens par le nom d’action de la situation qu’ils imposent aux Palestiniens en les occupant : « l’Occupation », dont l’équivalent français est « l’Occupant ».


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Mis en ligne le 14 mai 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org