Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Religion

Le dialogue religieux, otage du politique, par Jean-Marie Allafort & Michel Remaud
13/05/2009

Une fois de plus, le Cheikh al-Tamimi, chef des tribunaux islamiques palestiniens, a fait scandale en se lançant dans une longue et violente diatribe anti-israélienne en arabe, à l’occasion d’une rencontre interreligieuse à Jérusalem, en présence du pape Benoît XVI. Ci-après les commentaires de J.-M. Allafort et du P. M. Remaud. (Menahem Macina).

13/05/09


Source : Site "Jérusalem et Religions", 12 mai


Même punition, même motif, J.-M. Allafort

En l’an 2000, la rencontre interreligieuse qui s‘était déroulée à Notre-Dame en présence de Jean-Paul II avait tourné court suite à l’intervention politique et non religieuse du Cheikh Tayssir al-Tamimi, chef des tribunaux islamiques palestiniens. Il en a été de même lundi avec Benoît XVI. Pourtant, les responsables catholiques soucieux d’éviter tout nouveau dérapage, avaient fixé de nouvelles règles. Seul, le pape et un représentant de l’Eglise anglicane devaient prendre la parole. Le pape saluerait les personnes impliquées directement dans le dialogue interreligieux à Jérusalem. Des prêtres, des religieuses, des rabbins et des délégués de la communauté musulmane étaient invités à cette rencontre. Les organisateurs ne voulaient pas renouveler la fâcheuse expérience où le discours politique l’emporte sur la dimension du dialogue interreligieux, comme ce fut le cas en mars 2000. C’était sans compter avec les ressources peu communes du Cheikh Tayssir al-Tamimi, chef des tribunaux islamiques palestiniens, le même par qui le scandale avait éclaté, en présence de Jean-Paul II. Selon, un prêtre arabophone qui a assisté à l’événement, le Cheikh Tayssir al-Tamini a demandé discrètement au patriarche latin, Mgr Twal, de prendre la parole pour remercier le pape. Mais très vite, l’affaire allait échapper au contrôle de l’évêque de Jérusalem.

Le père Michel Remaud, présent dans l’auditorium, nous raconte l’événement tel qu’il l’a vécu. Nous vous donnons ensuite les réactions officielles.


Jean-Marie Allafort

--------------------------


Dialogue et monologue, Michel Remaud


Cliché ajouté par upjf.org

 

Tout avait bien commencé à l’Institut Notre-Dame de Jérusalem, en cette fin d’après-midi du 11 mai, premier jour de la visite de Benoît XVI en Israël. Une heure avant l’arrivée du pape, les jeunes élèves de l’école de musique "Magnificat" avaient offert aux quelques centaines d’invités un concert de piano, de flûte et de violon. À l’heure prévue, prenaient place sur la tribune, autour du pape, le cardinal Bertone, secrétaire d’État, le patriarche latin, Fouad Twal, le grand rabbin Shear Yashuv Cohen, le cheikh al-Tamimi, un représentant de l’Église anglicane et le secrétaire du pape.

Après les paroles de bienvenue du patriarche Twal, le pape se rendait au pupitre pour lire son discours sur le dialogue interreligieux, auquel répondait l’allocution de l’ecclésiastique anglican. Selon le programme, la soirée était terminée. C’est alors que le cheikh se levait pour se rendre au pupitre. Le patriarche se rendait aussitôt à l’autre pupitre, à droite de l’estrade, et l’on put croire à un moment à une tentative de traduction simultanée, mais le cheikh enchaînait son discours sans interruption. Le murmure qui allait grandissant dans la salle ne le dissuadait pas de poursuivre, mais l’incitait au contraire à hausser le ton. Même les tentatives du patriarche, qui se rendait auprès de lui pour lui demander de conclure, restaient sans effet. Après quoi, le cheikh allait serrer la main de Benoît XVI, qui, comme la plus grande partie des assistants, n’avait rien compris de ce qui avait été dit. Le pape et sa suite quittaient les lieux.

À la sortie, les arabisants, généralement embarrassés, expliquaient que le cheikh s’était livré à une violente diatribe politique contre Israël, dénonçant les destructions de maisons, l’oppression d’un peuple, les implantations, la destruction des lieux saints de l’Islam, les assassinats d’enfants, de femmes et de vieillards, la guerre de Gaza… Bref, disait un de ces interprètes bénévoles, un bon sermon du vendredi à la mosquée.

Les organisateurs avaient voulu éviter à tout prix l’incident qui, neuf ans plus tôt, au même endroit, s’était produit à peu près dans les mêmes conditions. Il avait donc été convenu que ni le rabbin, ni le cheikh ne prendraient la parole, et l’un et l’autre avaient accepté cette condition. Peine perdue : le cheikh s’était quand même emparé du micro, le monologue politique avait éclipsé le dialogue interreligieux, et le cheikh avait ravi la vedette au pape.

Michel Remaud



Réaction du porte-parole du Saint-Siège - Le P. Lombardi déplore une "négation du dialogue"

Intervention non prévue du cheikh Tayssir Attamimi

ROME, Lundi 11 mai 2009 (ZENIT.org) – Le porte-parole du Saint-Siège, le P. Federico Lombardi, déplore une "négation du dialogue" dans l’intervention, non prévue, du cheikh Tayssir Attamimi, qui a tenu des propos anti-israéliens lors de la rencontre des responsables religieux, ce soir, à Jérusalem, dans l’auditoire du Centre Notre-Dame de Jérusalem.

Dans un communiqué de presse, diffusé ce soir, le P. Lombardi précise que « l’intervention du cheikh Tayssir Attamimi n’était pas prévue par les organisateurs de la rencontre ».

« Lors d’un tel événement dédié au dialogue, cette intervention a été une négation du dialogue », déplore le P. Lombardi.

« Il est à souhaiter que cet événement ne compromette pas la mission du pape, visant à promouvoir la paix et le dialogue entre les religions, comme il l’a clairement affirmé dans de nombreux discours au cours de ce voyage », a ajouté le P. Lombardi.

« Il est également à souhaiter que le dialogue interreligieux en Terre Sainte ne soit pas compromis par cet incident », a ajouté le P. Lombardi.

On se souvient peut-être qu’un incident semblable avait eu lieu au même endroit, le 23 mars 2000, et dans une circonstance similaire : lors du pèlerinage jubilaire de Jean-Paul II. Si quelqu’un se souvient de l’incident, personne ne se souvient plus du contenu de la harangue et le nom de son auteur a été presque oublié.

ASB



Communiqué du porte-parole du ministère des affaires étrangères


Il est regrettable que le sheikh Tayssir Tamimi ait abusé d’une rencontre interreligieuse destinée à promouvoir le dialogue et la compréhension entre Chrétiens, Juifs et Musulmans, dans le but d’inciter à la violence contre Israël.

C’est une honte que des extrémistes aient représenté les Palestiniens et les musulmans lors de cet événement important en présence du Saint-Père.

Le ministre du tourisme Stas Misezhnikov, chargé de la visite du pape en Israël, a déclaré :

« La provocation du Sheikh blesse, d’abord et avant tout, le pape Benoit XVI, qui est venu en Terre Sainte pour promouvoir la paix et l’unité entre les peuples dans la région et toutes religions confondues. »

 

-----------------------


© Jérusalem & Religions

 

Mis en ligne le 13 mai 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org