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"L’invention d’une invention": A propos de "Quand et comment le peuple juif fut inventé", I. Bartal
09/05/2009

Je remercie chaudement l’internaute qui a attiré mon attention sur l’article de ce professeur israélien qui "crucifie" littéralement – et à juste titre - Shlomo Sand, auteur du livre qui fait grand bruit et cause un tort considérable à l’Etat d’Israël, en accréditant, par un fatras d’arguments controuvés et qui n’ont rien à voir avec la démarche historique, les accusations récurrentes de l’inféodation à un prétendu schéma narratif sioniste, de l’historiographie israélienne, violemment remise en cause, depuis près de deux décennies, par les "Nouveaux historiens" [1]. Cette critique, qui remonte à juillet 2008, à l’époque de la publication de l’ouvrage de S. Sand, expose, avec une concision et une objectivité redoutables, et en le prenant au mot, les "inventions" d’un auteur qui prétend que le peuple juif est une invention [2]. Parmi les très nombreux articles critiques en défaveur de la thèse de Sand, celui-ci se classe, me semble-t-il, et de loin, parmi les meilleurs de sa catégorie. Je ne saurais trop en recommander la lecture et la diffusion. (Menahem Macina).

06/05/09


Texte anglais original : "Inventing an invention", 6 juillet 2008.

Traduction française : CICAD, du 20 février 2009, relue et corrigée par Menahem Macina


La première phrase de Quand et comment le peuple juif fut inventé affirme :

« Ce livre est une étude historique, non un travail de pure fiction. Néanmoins, il débutera par un certain nombre d’histoires enracinées dans une mémoire collective qui a été dénaturée par un degré considérable d’imagination ».

Je me suis souvenu de ces mots au moment où je me suis trouvé totalement abasourdi par les déclarations de l’auteur de cette savante et fascinante étude, préoccupé par la « période de mutisme » dans la « mémoire collective judéo-israélienne », une période qui, pour citer Sand, serait responsable de ce que « toute mention des Khazars dans l’arène publique israélienne » a été esquivée.

Cette assertion, d’après laquelle un chapitre entier de l’histoire juive a été délibérément tu pour des raisons politiques, m’a renvoyé aux jours où j’étais en classe de neuvième, à la fin des années 50. Je me suis souvenu de l’Encyclopédie Mikhlal, un texte de référence quasiment mythique auquel presque chaque collégien israélien se référait dans ces années-là, l’ouvrage emblématique de ce qui est présenté comme le «courant dominant du sionisme», dans l’hébreu déficient [3] de l’Israël du XXIe siècle. Mes oreilles résonnent encore de l’introduction de l’article consacré aux Khazars dans l’encyclopédie:

« Source de consolation et d’espoir pour les communautés juives éparses de la Diaspora du Moyen-âge, l’histoire du royaume khazar sonne aujourd’hui comme de la pure mythologie. Néanmoins, cette histoire est l’un des chapitres les plus merveilleux de l’histoire juive»

Sand affirme :

« La vague de décolonisation des années 50 et 60 a conduit ceux qui ont façonné la mémoire collective israélienne à se protéger de l’ombre du passé khazar. On craignait beaucoup que, si les Juifs qui étaient en train de reconstruire leur foyer en Israël apprenaient qu’ils n’étaient pas des descendants directs des "Fils d’Israël", la légitimité même de l’entreprise sioniste, ainsi que l’existence de l’Etat d’Israël, serait ébranlée. »

Inquiet, je suis retourné à mon édition jaunie du volume IV de l’Encyclopédie Mikhlal. Qui sait si je ne m’étais pas fourvoyé et si mes professeurs de la ville socialo-sioniste de Givatayim n’avaient pas voulu m’endoctriner en m’inculquant une conception ethno-biologique des origines de mes parents ?

Après avoir relu l’article consacré aux Khazars, mon esprit s’est apaisé. Ce n’est pas l’instruction sioniste, à laquelle j’avais été exposé en tant qu’adolescent israélien, qui avait tenté de me faire oublier le fait que les membres de tribus non juives s’étaient convertis au judaïsme dans le royaume khazar, mais c’est l’auteur de ce livre portant sur « l’invention du peuple juif » qui avait inventé une historiographie sioniste ethno-biologique.

Voici ce qui était écrit à propos de la conversion des Khazars, un peuple d’origine turque, dans l’encyclopédie sioniste Mikhlal, que le Ministère sioniste de l’Education de l’Etat d’Israël recommandait si chaudement durant cette « période de réduction au silence » :

« [La question de savoir si] la conversion au judaïsme a affecté une grande partie de la nation khazar n’est pas pertinente ; ce qui est important, c’est [le fait] que cet événement ait été considéré comme un phénomène hautement significatif dans l’histoire juive, un phénomène qui a, depuis, totalement disparu : le judaïsme comme religion missionnaire… La question de l’impact à long terme de ce chapitre de l’histoire juive sur les communautés juives d’Europe de l’Est – que ce soit à travers le développement de leur caractère ethnique, ou d’une autre manière – est un sujet qui nécessite de plus amples recherches. Néanmoins, bien que nous ne connaissions pas l’étendue de cette influence, ce qui est clair pour nous aujourd’hui, c’est que cette conversion a eu un impact ».

Sand, professeur d’histoire européenne moderne à l’Université de Tel Aviv, commente ainsi le silence des historiens :

« La communauté académique d’Israël a développé une attitude agressive à l’égard cette question… Toute mention des Khazars dans l’arène publique israélienne fut de plus en plus considérée comme excentrique, comme une invention, voire une menace ouverte ».

L’historiographie sioniste, affirme Sand, a dissimulé la possibilité que des millions de Juifs yiddishophones soient en réalité des descendants des Khazars et que, même aujourd’hui, des historiens israéliens nient l’existence d’un ancien noyau juif, augmenté des immigrants venus d’Ashkenaz (aujourd’hui le nord de la France et l’ouest de l’Allemagne) en Europe de l’Est.

Ces affirmations sont sans fondement. Sand, par exemple, ne mentionne pas le fait que, depuis 2000, une équipe de chercheurs de l’Université Hébraïque de Jérusalem travaille à une tâche monumentale : la publication d’une étude, en trois volumes, de l’histoire des Juifs de Russie.

Dans le premier volume, qui sera prochainement publié en hébreu par le Centre Zalman Shazar pour l’histoire juive (une autre institution « sioniste »), une attention considérable est consacrée à la question de l’origine des Juifs d’Europe de l’Est et de leur lien avec l’histoire du royaume khazar.

Sand réutilise, pour d’autres sujets, la même méthode que celle qu’il emploie à propos du rôle des Khazars dans l’historiographie juive, et il fournit aux lecteurs des citations tronquées et des passages remaniés d’écrits de nombreux chercheurs. A plusieurs reprises, Sand proclame sa position idéologique. Comme lui, je ne suis pas de ceux qui approuvent les injustices commises par un certain nombre d’agences gouvernementales israéliennes contre des groupes minoritaires de ce pays, au nom d’arguments qui prétendent représenter des « valeurs historiques ». Cependant, des lecteurs critiques de l’étude de Sand ne doivent pas fermer les yeux sur la superficialité intellectuelle et la distorsion des règles présidant au travail des historiens professionnels, qui résultent du mélange entre idéologie et méthodologie.

Le désir qu’a Sand de voir Israël devenir un Etat « représentant tous ses citoyens » est certainement digne d’une discussion sérieuse, mais la manière dont il essaie de lier une plateforme politique à l’histoire du peuple juif, depuis ses débuts jusqu’à nos jours, est bizarre et incohérente.


Des descendants de païens

Qu’essaie-t-il de prouver dans cette étude ? Selon son opinion, la patrie du peuple juif n’est pas la Palestine, et la plupart des Juifs sont des descendants des membres des différents peuples qui se sont convertis au judaïsme dans les temps reculés et durant la période médiévale. Sand affirme que les Juifs du Yémen et d’Europe de l’est sont des descendants de païens.

D’après lui, cette vérité historique a été dissimulée par les penseurs sionistes, qui ont développé une idéologie ethno-biologique, et ce n’est qu’au XIXe siècle que le prétendu « peuple juif » a été inventé. Bien plus, il soutient que l’idée d’une « nation » qui a été exilée de sa patrie dans des temps reculés et qui est destinée à y revenir à l’époque moderne pour reconstruire son Etat indépendant, n’est rien d’autre qu’un mythe inventé.

Sand maintient également que, durant la période précédant l’émergence du nationalisme européen, les Juifs étaient un groupe ethnique et non une nation. A ses yeux, l’argument avancé par les sionistes et par leurs successeurs dans l’arène politique israélienne, concernant notre « droit à cette terre », repose sur une idéologie biologico-génétique ; cet argument est devenu le « schéma narratif du groupe dominant » grâce au fait que les « chercheurs autorisés du passé » ont dissimulé la vérité concernant l’origine, réelle et impure, des Juifs.

Ma réponse aux arguments de Sand est qu’aucun historien du mouvement national juif n’a jamais réellement cru que les origines des Juifs étaient ethniquement et biologiquement « pures ». Sand attribue des positions marginales au corps entier de l’historiographie juive et, ce faisant, il nie l’existence des positions centrales dans la recherche historique juive.

Aucun historien juif « nationaliste » n’a jamais essayé de dissimuler le fait, bien connu, que les conversions au judaïsme ont eu un impact majeur sur l’histoire juive à l’époque ancienne et au Haut Moyen-âge. Bien que le mythe d’un exil de la patrie juive (Palestine) existe dans la culture populaire israélienne, il est négligeable dans les discussions historiques juives sérieuses. D’importants groupes au sein du mouvement national juif ont exprimé des réserves concernant ce mythe, ou l’ont totalement nié.

Les références de Sand aux historiens « autorisés » sont absurdes et perpétuent un mode de discussion superficiel, caractéristique d’un certain groupe au sein de l’institution universitaire israélienne. Le principe directeur de ce modèle de discussion est le suivant: « Dites-moi quelle est votre position sur le passé et je vous dirai quelle est la nature de vos liens avec les officines du régime ».

Le style d’intervention politique dont parle Sand, à savoir, un programme visant délibérément à faire oublier aux Israéliens la véritable origine biologique des Juifs de Pologne et de Russie, ou une directive pour la promotion de l’histoire de l’exil des Juifs de leur patrie, sont une pure fantaisie.

Sand indique trois composantes dans la structure du passé national juif.

1. Le schéma narratif historique national, particulièrement le schéma narratif sioniste met en exergue l’identité « ethno-biologique » de ceux qui appartiennent à la nation juive imaginaire.

2. Cette identité est directement reliée à une idéologie nationaliste qui est un substitut du lien religieux entre les communautés juives en Diaspora, lequel s’est considérablement affaibli au cours de la période de sécularisation actuelle.

3. Un establishment politique agressif, qui contrôle la diffusion du savoir, dissimule des informations vitales sur ce qui a véritablement eu lieu dans le passé, empêchant la publication de sources qui peuvent servir d’alternative au schéma narratif national recommandé, et censurant des passages dangereux dans les textes publiés.


L’ouvrage central de « l’Ecole de Jérusalem » sioniste, Toldot am yisrael, (Histoire du peuple juif), publié en 1969, parle énormément des communautés juives qui existaient en Diaspora avant la destruction du Second Temple de Jérusalem, et dont la population totale dépassait celle de la petite communauté juive de Palestine. Comme on pouvait s’y attendre de la part d’un travail qui reflète une profonde connaissance des études spécialisées dans ce domaine, l’ouvrage sioniste Toldot am yisrael explique que le nombre de Juifs de la Diaspora durant la période ancienne était aussi élevé en raison des conversions,

« [C’était un phénomène répandu] dans la Diaspora juive de la fin de la période du Second Temple… Un grand nombre de convertis au judaïsme venaient de la population non juive de Palestine, mais on pouvait en trouver un nombre plus grand encore dans les communautés juives de Diaspora, aussi bien en Orient qu’en Occident ».

Choisissant d’ignorer tout cela, Sand affirme catégoriquement, dans son livre, que

« les conversions de masse qui ont créé de si grandes populations juives dans toute la région  méditerranéenne ne sont guère mentionnées dans l’historiographie nationale juive ».

Apparemment, il est obsédé par l’idée de prouver que les historiens sionistes (dont Nahum Slouschz, qui a écrit sur la reine guerrière juive nord-africaine, Dahia al-Kahina), étaient des « nationalistes ethnocentristes ». Pour Sand, ce que ces historiens ont véritablement écrit n’est pas pertinent. Au diable les faits : l’argument est ce qui compte réellement !

Sand s’évertue à prouver que les grands historiens juifs (tels Simon Dubnov, Salo Baron et Benzion Dinur) qui, dans leurs travaux, ont lié le nationalisme juif au libéralisme, au radicalisme et au socialisme, étaient de purs racistes. Voici ce qu’il écrit, par exemple, à propos de l’historien israélien, Haim Zeev Hirschberg (1903-1974), qui a étudié les Juifs d’Afrique du Nord:

« Ses tentatives perpétuelles de prouver que les Juifs étaient une race [composée] de gens qui avaient été déplacés de leur ancienne patrie et condamnés à errer de pays en pays en tant que nation exilée… rejoignent joliment les directives de l’historiographie sioniste dominante ».

D’après Sand, Hirschberg n’a jamais réussi à se libérer d’une « idéologie substantivement purifiante ». Cela ne vous semble-t-il pas familier ? Quand et où avez-vous entendu, pour la dernière fois, que le sionisme était un mouvement raciste ?


Des communautés dispersées


Je vais à présent me référer au lien entre les fondements conceptuels du livre et l’argument historique principal de l’auteur, à savoir, qu’avant la période moderne, les Juifs ne constituaient qu’un groupe de « communautés religieuses éparses ». Sand définit l’identité nationale dans l’esprit des idées de la Révolution française. Non seulement, il rejette le concept d’une identité ethnique indépendante de l’existence d’une entité politique confinée dans des frontières clairement définies, mais il rejette même une identité dont le possesseur affirme qu’elle est basée sur une entité culturelle ou politique qui n’est pas sujette à un contrôle ou à un encadrement par les officines du régime central. Selon son opinion, de telles identités ne sont guère plus que des « identités inventées » et il ne croit pas que les identités pré-modernes puissent survivre dans la période moderne. En fait, Sand soutient la position que l’on pouvait entendre à l’Assemblée Nationale française en décembre 1789 :

« Les juifs ne doivent pas être autorisés à constituer une entité politique spéciale, ni bénéficier d’un statut politique spécial. Au contraire, chaque juif doit être citoyen de France sur une base individuelle » [4].

Toutefois, alors que les champions de l’Emancipation, à Paris, reconnaissaient l’essence non religieuse de la nation juive pré-moderne, Sand, lui, ne la reconnaît pas.

Je n’ai pu trouver, dans le livre de Sand, la moindre innovation dans l’étude du nationalisme. L’auteur est coincé quelque part entre des historiens tels Eric Hobsbawm, Benedict Anderson et Ernest Gellner – une génération de théoriciens qui sont à l’origine de ce qui se passe aujourd’hui dans ce domaine. Pour autant que je puisse en juger, le livre ne contient même pas une idée qui n’ait pas été exposée antérieurement dans leurs livres et articles par ceux qu’il s’obstine à définir comme « les historiens autorisés », suspectés de « dissimuler la vérité historique ». Quand et comment le peuple juif fut inventé est un fabuleux mélange d’arguments clairement modernistes, tirés de l’héritage des Lumière européennes du XVIIIe siècle, avec un zeste, modéré mais troublant (en raison de sa superficialité), de discours foucaldien [5] d’une précédente génération.

Bien plus, le traitement par l’auteur des sources juives est embarrassant et humiliant.

·         Quel  lecteur sérieux, connaissant l’histoire de la littérature hébraïque moderne, peut prendre au sérieux les avis exprimés dans un livre qui définit Bohen tsadik (Enquête sur un homme vertueux), comme un travail satirique (de fiction !) de l’intellectuel galicien partisan de la Haskalah [NdT : les «Lumières juives»] Yosef Perl (1773-1839), comme quelque chose qui a été écrit par une personne nommée Yitzhak Perl et qui « contient 41 lettres de rabbins concernant divers aspects de la vie juive » ?

·         Qui se porterait garant de l’exactitude des faits d’une étude dans laquelle il est affirmé que l’historien Joseph Klausner (1874-1958) – un érudit qui n’a jamais été (malgré sa brûlante ambition de le devenir) professeur d’histoire à l’Université Hébraïque de Jérusalem, et qui, par contre, y a enseigné la littérature hébraïque – « était en fait le premier historien officiel de la "période du Second Temple" à l’Université Hébraïque de Jérusalem » ?

·         Un tel relâchement reflète-t-il l’attitude de l’auteur dans ses recherches ? Ou peut-être, puisque, de toute façon, tout est invention, il n’importe pas vraiment de savoir si « l’objet imaginé » est noir ou blanc ?


La triste combinaison israélienne d’une conceptualité unidimensionnelle agressive et d’un manque flagrant de respect pour les détails (mélange caractéristique chez les auteurs des deux extrêmes du spectre politique), séduira sans doute le cœur des cadres en relations publiques des médias électroniques. Mais, en ce qui nous concerne, nous, les historiens sceptiques, qui croulons sous des montagnes de livres et des piles de documents d’archives, nous ne pouvons que continuer à lire ce qui a réellement été écrit, et à écrire sur ce qui a été réellement lu.


Israel Bartal *
 


© Haaretz


* Le professeur Israel Bartal est doyen de la Faculté de Lettres de l’Université Hébraïque de Jérusalem
. Son livre, Cossack and Bedouin: Land and People in Jewish Nationalism [Cosaque et Bédouin : Terre et Peuple dans le Nationalisme Juif], a a été publié par Am Oved, dans sa collection Ofakim.

 

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Notes de Menahem Macina

 

[1] Sur ce courant idéologique iconoclaste, violemment critique de l’historiographie dite « sioniste », voir, entre autres, Emmanuel Navon, "Les « nouveaux historiens » d’Israël : l’état du débat".

[2] La formule n’est pas nouvelle ; cf., par exemple : L’invention de Jésus, de Bernard Dubourg ; et Paul et l’invention du christianisme, de Hyam Maccoby.

[3] Le professeur Bartal fait allusion à l’abus d’emprunts de termes étrangers dans la langue hébraïque moderne (phénomène intitulé "loazisme", en Israël, de "laaz", langue vernaculaire), il s’agit ici du mot "mainstream", courant principal, ou dominant, transposé tel quel en hébreu.

[4] Position résumée de manière lapidaire dans cette phrase attribuée au député Stanislas Clermont-Tonnerre, qui fut député de l’assemblée constituante, entre 1789 et 1791 : « Il faut tout refuser aux Juifs comme nation et tout accorder aux Juifs comme individus ».

[5] "Foucaldien" est un adjectif maladroitement forgé d’après le nom du philosophe Michel Foucault. Parmi les nombreux sujets auxquels ce savant appliqua sa réflexion, il ne fait guère de doute que ses théories générales concernant tant les relations complexes entre pouvoir et connaissance que l’expression du discours en relation avec l’histoire de la pensée occidentale, fort discutées et… disputées, ont influé sur la pensée de Sand. Et il me semble que la phrase suivante, extraite de l’article que consacre Wikipedia à Foucault, s’applique parfaitement à Sand, le génie en moins : « Son travail… est indissociable de ses prises de position sur l’actualité, et d’une problématisation permanente des identités collectives et des dynamiques politiques de mouvement… Il semble alors que, plus qu’à une "identité" par définition statique et objectivée, [il] s’intéresse aux "modes de vie" et aux processus de subjectivation. »

 

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[Textes anglais et français aimablement signalés par R. R.]


Mis en ligne le 6 mai 2009, par
M. Macina, sur le site upjf.org