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Israël (Société - mentalités)
Appeasement

Obama ou la dernière carte du politiquement correct, Lucien SA Oulahbib
05/06/2009

4/6/2009

 

Sur le site Résilience

L’idéalisme, (souligné d’ailleurs par la représentante palestinienne en France), préfère continuer son jeu de somnambule à la façon d’un personnage de bande dessinée qui mouline dans le vide et y réussit grâce ses illusions en guise de pales d’hélice, par exemple sur la volonté palestinienne d’une paix réelle alors que jamais sous Bill Clinton (qui est loin d’être d’extrême droite) la paix n’avait été aussi proche. Et pourtant, il suffit de lire ses mémoires (My Life) pour apprendre en quoi il y a eu bien plus un refus systématique de la part d’Arafat que de [Ehoud] Barak, le Premier ministre israélien de l’époque. C’est un fait (fact) pas une opinion. Demandez à Clinton. Mais personne ne le fait. Ce qui est curieux.

Il est d’ailleurs également symptomatique que, par une amnésie incroyable, les conditions de la création de l’État d’Israël soient tout autant escamotées, il suffit d’observer la manière dont certains spécialistes, y compris français, nient cette réalité en propageant la propagande mensongère qui prétend que les Israéliens auraient expulsé les Palestiniens, ce qui est historiquement faux, comme on le sait, puisque selon les documents de l’époque et hormis quelques rares cas, ce sont plutôt les dirigeants arabes qui, en refusant le partage de 1947 – pourtant accepté par les Juifs -, ont exigé que leurs ouailles refusent, elles, l’indépendance juive, si minime soit-elle, puis, qu’elles se tiennent à l’écart, le temps de la guerre qu’ils prévoyaient de gagner. D’ailleurs, tant qu’une véritable enquête historique sur les conditions réelles de ce qui s’est passé n’aura pas lieu de manière incontestable, il y aura toujours suspicion et recherche d’un bouc émissaire.


Le discours d’Obama pousse en réalité jusque dans ses dernières conséquences l’idée que le problème viendrait principalement de l’Occident, d’une mauvaise compréhension de l’islam par l’Occident, d’un islam qui aurait tant apporté qu’il n’a, pourtant, pas pu ou su se le donner à lui-même, ce qui est étrange. Pourquoi les Lumières [censées avoir] été apportées par l’islam, selon le nouveau président américain, n’ont-elles pu être acclimatées dans les pays dominés par l’islam ? En trouver la cause dans la colonisation du 19ème siècle, ou dans les croisades ne tient pas historiquement. D’autres peuples ont été conquis, détruits, cela ne les empêche pas d’être aujourd’hui bien présents, comme l’Allemagne et le Japon. Et puis, comme l’islam a une civilisation qui a pu, paraît-il, engendrer celle de l’Occident, on ne voit pas pourquoi elle n’aurait pas pu renaître, elle aussi, de ses cendres, même si cela concernerait plutôt l’empire Ottoman que l’Europe, puisque c’est lui et non elle qui a dominé cet Orient-là durant six siècles. Sauf que, de façon également étrange, on n’en parle guère.

Il est vrai qu’il s’agit d’un discours diplomatique et qu’il est donc préférable de ne surtout pas remettre en cause, ou si peu, les régimes dominés par l’islam. D’ailleurs, comment se fait-il, s’ils ont bien été à l’origine des lumières européennes, que, dans la plupart des pays islamistes, la femme musulmane n’ait pas le droit de refuser de porter le voile ? Le nouveau président américain est ainsi prêt à donner de grandes leçons de tolérance, alors que les droits de la femme musulmane sont bien plus défendus dans les pays qui séparent le religieux du politique, que dans les pays où leur confusion oblige les femmes à se voiler contre leur gré. Mais il est vrai que c’est un discours diplomatique, de la meilleure venue, paraît-il.

En fait, il s’agit du chant du cygne de la prétention irréaliste consistant à vouloir faire boire un âne qui n’a pas soif. Néanmoins, la question n’est pas tant de fermer toute porte à la diplomatie que de lui donner de réels moyens d’agir. Or, il ne semble pas que le discours d’Obama aille dans ce sens. Parce que toute la philosophie du politiquement correct exclut, par essence, que l’autre, puisse refuser le dialogue, en réalité.

L’idéal serait de se tromper dans ce diagnostic.


Lucien SA
Oulahbib


© Résilience

 

Mis en ligne le 5 juin 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org