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Revirement-éclair et rude de l’administration américaine contre Israël, D. Pipes
06/06/2009

06/06/09


Daniel
 Pipes

Liste de diffusion de Daniel Pipes
6 juin 2009

 
  
 

Revirement éclair et rude contre Israël

par Daniel Pipes
Jerusalem Post
4 juin 2009

http://fr.danielpipes.org/6397/revirement-eclair-et-rude-contre-israel

Version originale anglaise: A Rapid and Harsh Turn against Israel

Adaptation française: François de Champvert

La rencontre tant attendue entre Barack Obama et Benyamin Netanyahu, le 18 mai, s’est déroulés sans problèmes, quoique un peu tendue, comme prévu . Chacun s’est conduit de son mieux et l’événement a suscité si peu d’attention que le New York Times l’a relaté en page 12.

Comme on pouvait le prévoir, cependant, c’est immédiatement après qu’on a cessé de prendre des gants à l’égard d’une série de sévères exigences américaines, en particulier, l’insistance de la secrétaire d’Etat des Etats-Unis, Hillary Clinton, le 27 mai, à vouloir que le gouvernement Netanyahu mette fin à la construction de résidences d’habitation pour Israéliens en Cisjordanie et à Jérusalem-est.

Cela a suscité une réaction de défi. Le président de la coalition israélienne au pouvoir a fait remarquer l’erreur des « dictats américains » antérieurs qui ont été imposés; un ministre a comparé Obama à un pharaon, et le directeur du bureau de presse du gouvernement a fait semblant d’admirer, avec insolence, « les habitants du territoire des Iroquois qui sont en train de s’arroger le droit de déterminer où les Juifs pourraient vivre à Jérusalem. »

Si les détails de « Qui vit où » ont peu d’importance stratégique, le revirement rapide et dur contre Israël, de l’administration Obama peut revêtir une grande signification. Non seulement l’administration a cessé de se focaliser sur les changements réalisés par George W. Bush du côté palestinien, mais elle méconnaît même les accords oraux que Bush avait conclus avec Ariel Sharon et Ehud Olmert.

Yasser Arafat sourit [dans son cadre] tandis que Barack Obama rencontre Mahmoud Abbas en juillet 2008.

Un article de Jackson Diehl du Washington Post capte ce changement et le met en évidence de façon brillante. Diehl observe, en se basant sur un entretien avec Mahmoud Abbas, [président] de l’Autorité palestinienne, que, publiquement et à maintes reprises, ce dernier a souligné la nécessité d’un gel sans exception de la construction israélienne en Cisjordanie.

Obama a « fait revivre un fantasme palestinien, latent depuis longtemps, à savoir que les Etats-Unis n’ont qu’à forcer Israël à faire des concessions décisives, que son gouvernement démocratique soit ou non d’accord, pendant que les Arabes regarderaient sans réagir et applaudiraient. « Les Américains sont les maîtres du monde. Ils peuvent user de leur puissance auprès de quiconque dans le monde. Il y a deux ans c’est contre nous qu’ils ont utilisé leur pouvoir. Maintenant, ils devraient dire aux Israéliens « Vous devez respecter les conditions. »

Bien sûr, le dire aux Israéliens est une chose, et obtenir qu’ils s’y conforment en est une autre. A cela, Abbas a aussi une réponse. S’attendant à ce que l’acceptation par Netanyahu d’un gel complet de la construction se traduise par la fin de la coalition, Diehl explique que Abbas prévoit de « prendre du recul et de regarder, les bras croisés, pendant que les Etats-Unis feront pression doucement pour évincer le premier ministre israélien du bureau [du gouvernement]. » Un fonctionnaire de l’Autorité palestinienne avait prédit que cela se passerait dans les « deux ans », exactement le laps de temps qu’Obama a dit attendre pour la mise en place d’un Etat palestinien.

Pendant ce temps, Abbas envisage de ne pas bouger. Diehl explique sa façon de penser. Abbas rejette l’idée selon laquelle il devrait faire une concession d’importance comparable - telle la reconnaissance d’Israël comme Etat juif, ce qui impliquerait la renonciation à grande échelle au peuplement par les réfugiés. Au lieu de cela, il affirme qu’il restera passif. « Je vais attendre qu’Israël gèle les colonies de peuplement », a-t-il dit . « Jusque-là, en Cisjordanie, nous avons de bonnes conditions de vie... les gens mènent une vie normale. »

Concernant cette idée d’Abbas de « vie normale », il conviendrait d’ajouter qu’elle est due, en grande partie, à Washington et à ses alliés. Les Palestiniens de Cisjordanie bénéficient de l’aide provenant de l’étranger, qui est de loin la plus élevée par habitant, si l’on envisage n’importe quel groupe dans le monde. Dans le seul « colloque des donateurs » , en décembre 2007, par exemple, Abbas a obtenu des engagements pour plus de 1800 dollars par an pour chaque Cisjordanien.

Diehl conclut alors laconiquement : « Sous l’administration Obama, jusqu’à présent, il est facile d’être Palestinien. »

Même si l’on ne tient pas compte de la stupidité folle qu’il y a à se concentrer sur l’ajout par les Hiérosolymitains [habitants de Jérusalem] de salles de loisir à leur maison, plutôt que sur l’ajout, par les Iraniens, de centrifugeuses à leur infrastructure nucléaire, et même si l’on néglige l’évidente contre-productivité qu’il y a à aider Abbas à se sortir d’une situation difficile – la nouvelle approche des Etats-Unis est vouée à l’échec.

Tout d’abord, la coalition au pouvoir menée par Netanyahu devrait se révéler indifférente à la pression américaine. Quand il a formé le gouvernement en mars 2009, elle comprenait 69 parlementaires sur les 120 membres de la Knesset, bien plus que les 61, minimum exigé. Même si le gouvernement américain réussissait à diviser les deux partis les moins acquis aux objectifs de Netanyahu, le parti du Travail et le Shas, le Premier ministre israélien pourrait les remplacer par l’extrême droite et les partis religieux pour conserver une solide majorité.

Deuxièmement, les événements passés montrent que Jérusalem ne prend « des risques pour la paix » que lorsqu’elle a une entière confiance dans son allié américain. Une administration américaine qui sape cette confiance fragile fera probablement face à une direction israélienne prudente et peu enthousiaste.

Si Washington persiste dans cette direction, le résultat pourrait bien être un spectaculaire échec politique qui réussirait à affaiblir le seul allié stratégique de l’Amérique au Moyen-Orient, outre qu’en même temps, il aggraverait les tensions existant entre Israéliens et Arabes.

Thèmes connexes:  Conflit et diplomatie israélo-arabes, Politique étrangère américaine

 

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Mis en ligne le 6 juin 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org