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Christianisme

Primo Lévi et Auschwitz instrumentalisés par un croisé catholique du repos dominical, M. Macina
06/06/2009

Pour comprendre de quelle nature sont les poux qu’on m’accusera sans doute de chercher sur la docte tête de cet auteur, je renvoie d’emblée à son article (*), dont j’ai le toupet de prédire qu’il fera date dans les annales du mauvais goût académique et littéraire. Qui suis-je donc pour oser faire la leçon à un agrégé de l’université française? se demandera-t-on peut-être. Tout simplement un homme ordinaire qui ne supporte pas cette instrumentalisation - aussi perverse que ridicule - de l’extermination des Juifs, dans le but d’exalter la sainteté du dimanche chrétien. (Menahem Macina).

[*] "Le dimanche… même dans les camps de concentration !".

07/06/09

S’appuyant sur un passage du chef-d’œuvre de Primo Lévi, Si c’est un homme -, c’est à un raisonnement a fortiori peu banal que recourt, dans un article récent (1), un professeur agrégé d’histoire, dans le but de vilipender le travail dominical dans une France, outrageusement déchristianisée à son goût.

Je le dis d’emblée et sans ménagement : la comparaison que fait l’auteur est répugnante et indécente. Elle prend appui sur les deux phrases que voici (parmi les milliers que comptent les 227 pages du récit de Primo Lévi, en livre de poche) :

"Un dimanche sur deux est un jour de travail. Et comme les dimanches dits fériés se passent en réalité à travailler à l’entretien du Lager [camp] au lieu de travailler à la Buna, les jours de repos effectif sont extrêmement rares."

Pourtant, il semble que cette remarque, purement factuelle, de Lévi, ait eu sur le psychisme de ce fervent croisé de la sainteté dominicale, l’effet d’une révélation. Pensez donc, il y est question du dimanche ! – « de notre dimanche chrétien », a dû se dire notre homme. Et d’en déduire, avec un « génie du christianisme » inversement proportionnel à celui de l’auteur du livre du même nom (2), mais dont il est visible qu’il est comme "transporté" :

"…. La remarque de Lévi à propos du dimanche… suppose implicitement que le repos dominical est bien la norme de référence [au camp], sinon comment expliquer l’allusion à « un dimanche sur deux »."

Pour un peu, notre savant dominicolâtre se ’shooterait’ à l’eau bénite. Un déporté – célèbre, de surcroît – qui parle du dimanche des chrétiens, quelle aubaine ! Et l’agrégé (excusez du peu !) d’émettre cette géniale déduction:

"La remarque suivante de Lévi, à propos des « dimanches dits fériés » est encore plus intéressante, car elle nous ramène à l’actualité la plus brûlante : le gouvernement… ne cesse de défendre son projet d’ouverture dominicale en jurant ses grands dieux qu’il n’entend pas remettre ainsi en cause le « principe du repos hebdomadaire »..."

Enfin, c’est l’apothéose :

"Le gouvernement, au sein duquel ne siège aucun nazi… utilise pourtant le même argument que ces derniers : comme en témoigne Lévi, les nazis reconnaissaient en effet un caractère férié au dimanche, s’étant empressés de contourner cette difficulté en justifiant des accrocs à la règle par les nécessités de « l’entretien du Lager [camp] »."

Si vous n’avez pas compris je mets le point sur l’i de ce dimanche hypostasié par le très catholique Fauquier :

Les nazis, "contournaient" déjà la (dure) loi du repos dominical, et "justifiaient les accrocs à la règle par les nécessités de « l’entretien du Lager »" [camp]. De même, "de nos jours, la nécessité invoquée [pour escamoter le repos dominical], est celle du commerce, et on entend des arguments pour justifier l’injustifiable qui résonnent comme le sinistre Arbeit macht frei. »

Croyez-vous que je vais crier au négationnisme ou à l’antisémitisme ? Pas du tout ! Pas du tout ! C’est de cuistrerie (3) et, à la limite, de crétinisme, qu’il s’agit ici.

Que le Dieu des Juifs et des chrétiens préserve la jeune génération de la désagrégation intellectuelle et morale que préparent les agrégés de cet acabit.

Lachen macht frei ! (4)

 

Menahem Macina

 


© upjf.org

 

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(1)
Michel Fauquier, "Le dimanche… même dans les camps de concentration !".


(2) Il s’agit de l’ouvrage intitulé
Génie du Christianisme ou Beautés de la Religion chrétienne, (1802)  de l’écrivain romantique Français, François-René de Chateaubriand (1768 – 1848).

(3) Cuistre : "Personne qui fait un étalage intempestif d’un savoir souvent mal assimilé, qui tranche avec une assurance excessive. Pédant vaniteux et ridicule." (Wiktionary).

(4) © M. Macina : Rire rend libre.


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Mis en ligne le 7 juin 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org