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Barack Hussein Obama à la conquête du monde musulman, Freddy Eytan
06/06/2009

07/06/2009

 

Sur le site du CAPE, 3 juin

Les racines de Barack Hussein Obama sont profondément africaines et musulmanes. Sa famille paternelle est kényane depuis 12 générations, et il a passé sa tendre enfance dans le plus grand pays musulman au monde, l’Indonésie. Pour affirmer son attachement affectif avec cette partie du monde, le président Obama explique avec fierté qu’il dirige, lui aussi, un grand pays musulman de la planète, les Etats-Unis d’Amérique. 

Il s’agit évidement d’une métaphore pour pouvoir rappeler le fameux discours de J. F Kennedy à Berlin, dans lequel il a lancé la phrase : "Ich bin ein Berliner" ! Je suis un Berlinois"! 

C’est dans ce contexte qu’il faut situer la visite de Barack Hussein Obama au Proche-Orient et analyser son discours du Caire.  

Obama souhaite tourner une page tumultueuse et ouvrir un dialogue franc et direct avec le monde arabo-musulman. Jusqu’à ce jour, les Etats-Unis étaient considérés comme la puissance occidentale qui a humilié d’une manière outrageante les pays musulmans. L’Oncle Sam demeurait l’ennemi satanique. Lors des manifestations, les drapeaux américains ont été déchirés et brûlés sur les places publiques.

Pragmatique, adepte du compromis, et partisan de la realpolitik, Obama cherche la réconciliation et tente d’adopter une politique cohérente et respectueuse, surtout avec le monde sunnite modéré. Le moment est propice puisque le président américain  jouit d’une popularité sans précédent, le Congrès et la presse internationale lui sont très favorables.

Pourra-il relever ce grand défi ? Va-t-il "sacrifier" l’alliance avec Israël pour se rapprocher du monde musulman ? Les Israéliens suivent avec prudence et vigilance les pas et les discours du président américain. Nous demeurons inquiets, car les pressions se font déjà sentir sur le gouvernement Netanyahou.    

En fait, l’administration américaine se trompe d’adresse. Les pressions devraient être exercées plutôt sur les Palestiniens, sur le Hamas, sur le Hezbollah, et surtout sur l’Iran. Israël n’est pas un obstacle à la paix et ne s’oppose pas au rapprochement de l’Amérique avec le monde arabe. L’Etat juif est un allié privilégié, fidèle et stratégique des Etats-Unis et le seul pays démocratique de la région. L’Etat juif a accepté la Feuille de route et s’est retiré de toute la bande de Gaza sans que les Palestiniens fassent une seule concession. Cela dit, et pour prouver nos bonnes intentions, nous devons applaudir les efforts du président américain. Le renforcement du camp modéré et la formation d’une coalition de pays arabes et musulmans sont dans l’intérêt d’Israël. La  reconnaissance de l’existence de l’Etat juif par l’Arabie Saoudite et ses voisins renforcera l’ancrage d’Israël au Proche-Orient, permettra d’ouvrir un dialogue direct et sans conditions préalables, et n’isolera plus Jérusalem face à la menace nucléaire iranienne.

Le discours du Caire demeure symbolique, mais il pourrait déclencher un processus positif, fructueux et irréversible. Donnons donc à Barack Hussein Obama une chance de retrouver ses origines et de conquérir le monde musulman. Nous saurons, dans les mois à venir, si le nouveau messie noir venu d’Amérique a été capable de relever les grands défis dans la jungle du Proche-Orient.

 

Freddy Eytan  

 

© CAPE

 

[Article aimablement signalé par R. Lewin.]

 

Mis en ligne le 7 juin 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org