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« Que les Juifs aillent se faire f….. » : James Baker Mars 1992, Obama 4 Juin 2009
06/06/2009

07/06/09

 

Sur le site Géopolitique biblique, 5 juin.

Rassurez-vous : Obama n’a jamais utilisé ces termes, en public du moins ; ils sont attribués à James Baker, Secrétaire d’Etat sous Bush père, qui aurait dit à un ami qui s’inquiétait de l’influence du Lobby juif: de toutes façons les juifs ne votent pas pour nous (Républicains) donc, Fuck them.  Il n’empêche que l’on pourrait  résumer le discours d’Obama de la même expression elliptique qui signifie "les Juifs, on n’en a rien à cirer"  (j’ai décidé de modérer mon langage).

Mais les circonstances et les raisons du "Fuck the Jews" ne sont pas les mêmes pour Obama que pour Baker.

Hussein Osama - j’ai décidé d’abandonner le prénom Barak - qui, en arabe, connote la "chance" et de transformer OBAMA en OsSAMA pour des raisons calligraphiques qui ont été évoquées dans un précédent article - a d’autres raisons de considérer  les Israéliens comme quantité négligeable. Elles sont essentiellement d’ordre arithmétique. Qu’est ce que 6 millions de juifs qui vivent en Israël par rapport à 1.5 milliards d’Arabes dispersés sur toute la planète, dont 7 millions vivent aux États-Unis ? A ce propos, Hussein Osama souligne que les Arabes américains sont des citoyens plus que modèles, puisque leur niveau de revenu est supérieur à la moyenne américaine. Voilà un argument de choc !

Autre raison - historique cette fois -, c’est l’apport considérable des Arabes, dans le passé, à la Civilisation : algèbre, imprimerie… et j’en passe. La meilleure preuve, c’est l’âge d’or arabe en Andalousie, et Osama, pour prouver sa culture, nous cite Cordoue. Bien vu. Il est vrai que, en comparaison, l’apport des Juifs à l’humanité est bien ridicule. Pour renforcer son argument historico-culturel, Osama nous cite je ne sais quel prix Nobel musulman. Là encore les Juifs devraient faire un effort.

Pour rester dans le registre culturel, Osama, qui se veut impartial, nous explique que les pauv’ Juifs comme les pauv’ Palestiniens, qui ont tant souffert, méritent une récompense,  et de citer l’Holocauste comme raison de la création de l’Etat juif. Même les plus ignares des ignares ont cessé, depuis belle lurette, d’attribuer la création de l’Etat à la tragédie de la Shoah.

Pour en revenir aux temps modernes, Osama n’utilise à aucun moment le terme "terroriste", qui figure pourtant dans les textes officiels américains s’appliquant au Hamas et à quelques autres organisations turbulentes. Oublié, dans le lexique osamien.  Pour ce qui est de l’Iran nucléaire, il fait carrément l’impasse, se contentant d’évoquer un Proche-Orient idyllique, où aucun Etat - suivez mon regard - ne disposera de bombinettes atomiques. Pas un mot non plus sur les Chiites; il est vrai qu’il discourait dans une université sunnite. A ce propos, il convient de rapporter les remarques qui lui ont été faites par le Roi d’Arabie, car leur conversation, la veille de son discours au Caire, n’a pas été pas aussi idyllique qu’une certaine presse se complaît à le dire. Le roi Abdallah lui aurait fait part de ses vives inquiétudes quant à un Iran nucléaire, traitant Osama de grand naïf, pour croire, que grâce à sa rhétorique et à sa bonne volonté, il pourrait amener l’Iran à changer d’avis ; il lui aurait fait part aussi de ses angoisses quant à un Irak chiite contrôlé par l’Iran, ce qui ne manquera pas de se produire dès que le dernier G.I. aura quitté le sol irakien, soit en 2012, d’après l’engagement d’Osama.

Mais les faits, les individus et la réalité sont têtus et imperméables au discours du chef-scout Osama. L’Iran, comme le craint le roi Abdallah, qui, à 85 ans connaît quand même mieux la région que son protégé, fera un grand bras d’honneur au Président américain. Les Talibans et Al Qaïda continueront à se rapprocher d’Islamabad et arriveront un jour ou l’autre à s’emparer du Pakistan atomique. Le Hamas n’aura de cesse d’éradiquer le Fatah de Cisjordanie, comme il a si bien su le faire à Gaza. Les Frères Musulmans, tapis dans l’ombre, attendent que le règne de Moubarak s’achève pour prendre le pouvoir. Le Hezbollah gagnera les élections très démocratiques au Liban. Et ainsi de suite.

Ce discours en fait, est destiné à expliquer que les Israéliens ont changé de statut  dans l’ordre des priorités américaines ; pour des raisons qui relèvent de la Real Politik. "Les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts", disait le Général de Gaulle, Osama tente de reprendre la formule à son compte. L’ennui c’est qu’il se trompe pour ce qui est des intérêts de son pays. Toutes les puissances, qui de tous temps, ont persécuté les Juifs ou les ont chassés, ont, tôt ou tard, périclité. A commencer par l’Egypte pharaonique, l’Assyrie,  Babylone, Rome, l’Espagne médiévale, et j’en passe. L’Amérique ne fera pas exception à la règle, du moins l’Amérique d’Osama.

Par ailleurs, Osama devrait se faire expliquer que ce n’est pas le nombre qui compte mais la qualité et la force de frappe, pour parler vulgairement. Et que son choix de mettre Israël au rancart est une décision stratégique erronée.

Pour ce qui le concerne d’abord. Les Israéliens et certains juifs américains ne vont pas oublier de sitôt son choix délibéré de privilégier l’islam au détriment des Juifs. Les Juifs sont peu nombreux, mais ils conservent encore quelques moyens de pression, qui, je n’en doute pas, seront mis en œuvre. Sa carrière politique risque fort d’en pâtir.

Sur le plan militaire, Israël est incontournable pour les États-Unis, au Proche et Moyen-Orient. L’Etat hébreu a toujours été un allié fidèle et efficace des Américains et on ne jette pas un allié à la poubelle comme un Kleenex sale, surtout quand on risque d’en avoir besoin. En fait, le seul et unique moyen de pression efficace dont dispose Obama pour contraindre Israël à "marcher droit",  réside dans l’embargo sur  les pièces détachées des avions et autres babioles largement utilisées par Tsahal et fabriquées aux USA. Les concessions qui seront faites par l’Etat hébreu seront fonction  de l’ampleur du chantage qui sera exercé par les Etats-Unis. J’ose espérer  qu’Israël trouvera une parade pour s’en sortir sans trop de casse, quitte même à s’équiper en Rafale [avion français]. Je suis sur que Sarkozy lui fera un prix, ne serait-ce que pour enquiquiner Obama.

Je sais que certains vous diront que le discours d’Obama est, somme toute, équilibré. Ne les croyez pas : c’est un revirement d’alliance, tel  qu’on n’en a pas connu depuis le Pacte Germano-Soviétique, concocté par les sieurs Hitler et Staline; j’exagère à peine.

 

© Géopolitique biblique

 

[Texte aimablement signalé par A. Moisan.]

 


Mis en ligne le 7 juin 2009, par
M. Macina, sur le site upjf.org