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Israël (Société - mentalités)
Israël (boycott d')

Campagne Dexia, Nous avons fait un pas en avant, et poursuivons la campagne, J. Da Fonseca
16/06/2009

J’ai été très surpris de m’entendre mettre en garde contre ma pratique consistant à mettre sous les yeux de tous les actes et les arguments des adversaires d’Israël. On estime, en effet, que je leur fais - involontairement, bien sûr - de la publicité. A ce compte, il faudrait reprocher aux enquêteurs de la police, aux psychologues, aux avocats, aux journalistes, et aux militants qui luttent contre la pédophilie, de révéler publiquement des détails sordides, au prétexte qu’ils incitent précisément au vice qu’ils traquent et dénoncent. Je suis prêt à changer de méthode si quelqu’un m’en propose une autre qui soit plus efficace. Il va de soi que la première étape de l’offensive contre les menées illégales des boycotteurs, peut leur faire de la publicité. Mais, il faut bien exposer l’objet du délit pour le combattre, ou au moins susciter des réactions chez ceux et celles dont la conscience n’est pas dévoyée. Que ceux que choque cette méthode fassent preuve de patience. Après l’exposition des turpitudes, la contre-offensive viendra. C’est parce que j’ai estimé que l’objection valait qu’on la prenne en considération, que j’y ai répondu aussi longuement. Personne ne doit se sentir offusqué et encore moins visé. La mahloquet, ou divergence d’opinions, fait partie de la vie, en général, et de la vie juive en particulier. Demandez à nos Sages. L’essentiel est de ne pas en faire une question personnelle et d’éviter de blesser le contradicteur. Je n’ai pas toujours été irréprochable sur ce point, je le confesse. Mais la conversion est toujours possible. (Menahem Macina).

14/06/09

Sur le site Intal, 9 juin

Suite aux réponses des administrateurs du groupe Dexia, formulées lors de l’Assemblée Générale, qui s’est tenue ce 13 mai 2009, il est temps de faire un premier bilan de la campagne «Palestine Occupée - Dexia Impliquée» et d’envisager sa poursuite.


La campagne avance

Les actions menées par les membres de la plate-forme ont eu un effet remarquable. Jean-Luc Dehaene et Pierre Mariani ont dû reconnaître que les crédits accordés aux colonies israéliennes étaient contraires à la charte éthique de « leur groupe ». Ils ont reçu des représentants de la plate-forme et ont admis que les pressions exercées sur « leur banque » étaient réelles. Au terme de la discussion, notre délégation a pris note de la volonté explicite de Dexia de ne plus financer les colonies.

Ces déclarations mettent-elles un terme à la campagne? La réponse est non.

La plate-forme s’oppose au fait qu’Israël et son armée occupent, annexent et pillent les terres palestiniennes en y implantant ou en élargissant des colonies. Notre but, en tant que militants est que nos gouvernements, nos concitoyens et en l’occurrence [sic], le groupe Dexia refusent cette occupation, la boycottent, s’y opposent au lieu de la soutenir et de participer à sa normalisation.


Ce qu’a dit le président du CA de Dexia

Le 13 mars 2009, le groupe Dexia a tenu son Assemblée Générale. Voici la retranscription des réponses données par Mr Dehaene aux questions d’un membre de la plate-forme, Mr Philippe Pourbaix.

« [...] Il est clair que dans le passé, il y a eu des emprunts aux entités contestées [sic]. Vous avez demandé le montant : il est de cinq millions d’euros. Depuis 2008 [sic], aucun crédit n’a été accordé.

J’ajoute, pour répondre à votre question, que le crédit accordé à Jérusalem n’est pas compris dans ces cinq millions, mais il n’est pas cont... Il ne peut pas être contesté sur les mêmes bases.

Ces crédits ont été accordés en tant qu’institution bancaire. Il est donc difficile d’y mettre un terme du jour au lendemain. Il y a là un lien contractuel. Il est néanmoins en ’runoff’ et ne sera pas prorogé car, comme je vous l’ai dit, depuis septembre 2008 [sic], nous n’avons pas accordé de nouveaux crédits et nous n’avons pas l’intention de le faire. Et cela en accord avec le code éthique que nous voulons effectivement respecter. »


Peut-on être satisfait?

«Il est clair que dans le passé, il y a eu des emprunts aux entités contestées».
Mr Jean-Luc Dehaene refuse d’employer le terme «colonie», pourtant utilisé par les Nation [sic] Unies dans leurs diverses résolutions. Soit! Va pour le terme «entité» .

Pour Monsieur Dehaene, ces entités sont seulement «contestées». C’est à dire que certaines personnes refusent de reconnaître leur validité, qu’il y a matière à débat autour de leur statut. Rien de plus...

Pourquoi invoquer le terme «constesté»? Pour l’écrasante majorité de la planète, ces colonies sont illégales, contraires au droit international et on appelle à leur démantèlement. La résolution 446 du Conseil de Sécurité des Nations Unies est on ne peut plus clair [sic] à ce sujet. Il ne s’agit pas d’une simple contestation. Nous ne parlons pas d’un penalty octroyé lors d’un match de football. Le débat est beaucoup plus fondamental. Durant l’apartheid en Afrique du Sud, certains parlaient de ce régime en le qualifiant d’illégal (et ce conformément à la résolution 191 du Conseil de Sécurité des Nations Unies), d’autres le désignait [sic] en invoquant son caractère «contesté..». Dans quel camp, le groupe Dexia se serait-il rangé?

Pour parler des colonies, le Président du CA de Dexia adopte le langage de l’occupant. Sur le site du Ministère israélien des Affaires étrangères, la présence israélienne en Cisjordanie est qualifiée de « disputed ».

Selon Jean-Luc Dehaene, la présence israélienne à Jérusalem ne peut «pas être contestée de la même façon».

Une nouvelle fois, ces propos sont inexactes [sic]. Pour Israël, l’etat [sic] sioniste occupe (ou administre pour reprendre son langage) la Cisjordanie, mais il a annexé l’Est de Jérusalem en 1967. Pour lui, la partie orientale de la ville fait partie de sa capitale éternelle et indivisible... Mais cette annexion n’est reconnue ni par le droit international, ni par les associations de défense des droits de l’Homme ni, bien entendu, par les Palestiniens.

Les Nations Unies comdamnent [sic] l’occupation de tous les territoires palestiniens situés au-delà de la ligne verte, y compris la partie orientale de la ville de Jérusalem. Les résolutions 476 et 478 ne laissent planer aucun doute à ce sujet. Jean-Luc Dehaene et Pierre Mariani campent-ils aux côtés des colons ou d’une large majorité d’etats [sic], d’association [sic], d’individus, d’institutions internationales qui comdamnent (sans nécéssairement [sic] agir en conséquence, il est vrai) l’occupant israélien?

Pour finir, Mr Dehaene explique que les crédits accordés avant septembre 2008 ne peuvent pas être rompus du jour au lendemain. Néanmoins, si la partie qui bénéficie de ces investissements est une collectivité dont l’existence et les activités sont illégales au regard du droit international n’est-il pas légitime de mettre un terme aux contrats qui l’unisse [sic] à Dexia? Le droit international et le droit à l’autodétermination ne priment-ils pas sur les autres formes de droit?


Ce que nous demandons

Lors de la réunion du 19 mai, la plate-forme a décidé de poursuivre sa campagne jusqu’à ce que le groupe Dexia et ses administrateurs :

1.                  reconnaissent que les colonies israéliennes implantées dans les territoires occupés palestiniens sont illégales et constituent un obstacle à la paix.

2.                  reconnaissent que la municipalité de Jérusalem, telle qu’instituée par les Israéliens, est illégale car elle comprend la partie Est de la ville. Cette zone ne doit donc pas recevoir de financement du groupe Dexia.

3.                  reconnaissent qu’avoir permis à une de ses filiales de financer les colonies israéliennes était une faute inadmissible présentent ses excuses pour les torts que ces financements ont causés.

4.                  rompent ses liens (contractuels ou non) avec toutes les collectivités, communes, entreprises, particuliers, etc... qui collaborent à l’occupation israélienne de la Palestine.

5.                  fournissent les preuves permettant de vérifier le caractère irréprochable des activités de sa filiale israélienne.

Par ailleurs, la plate-forme exige qu’en tant qu’actionnaires du groupe Dexia, les pouvoirs fédéraux, régionaux et communaux belges, prennent toutes les mesures pour que les changements susmentionnés soient réalisés dans les plus brefs délais.

 

© Intal

 

 

[Texte aimablement signalé par R. Lewin.]

 

Mis en ligne le 14 juin 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org