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Israël (Société - mentalités)
Israël Politique extérieure

Tsahal, une armée morale… jusqu’à l’excès ? Que ceux qui en doutent lisent ce qui suit, M. Macina
12/06/2009

12/06/09

Eretz okhelet aloufeïah (cf. Nb 13, 32)


Que n’a-t-on pas lu ou entendu, de la part d’écrivains, de journalistes, d’hommes politiques - et mieux vaut ne rien dire des militants des droits de l’homme et de leurs ONG systématiquement anti-israéliennes -, sur le laxisme dont feraient preuve, selon eux, tant l’échelon militaire que le pouvoir politique israéliens, à l’égard des manquements à l’éthique, ou des abus de pouvoir des gradés de Tsahal ! L’épisode qui suit les amènera-t-il à mettre un peu d’eau de vérité dans le fiel de leurs accusations arbitraires ? Il y a lieu d’en douter, hélas. Je le rapporte néanmoins, dans l’espoir qu’il contribuera à éclairer les consciences droites et à les rendre plus vigilantes à l’égard des affirmations haineuses et dénuées de tout fondement, largement relayées par les médias, et qui ont beaucoup contribué à accréditer la doxa, quasi universelle, selon laquelle les Juifs d’Israël se conduisent comme les bourreaux de leurs ancêtres, ou, pour faire bref : « Israël = SS ».

De quoi s’agit-il ?

Un général de brigade israélien, ancien commandant de la division de Gaza, dont la conduite au combat fut exemplaire, vient d’être condamné à trois mois de prison, et rétrogradé au rang de colonel !

Motif ?... Crime de guerre, violence contre des civils palestiniens, comportement immoral, agression sexuelle, insultes envers des subordonnés, refus d’obéissance ? – Rien de tout cela. En règle générale, une sanction militaire aussi sévère que la dégradation sanctionne une faute grave. Quelle « faute grave » a donc commis le général Moshe Tamir ? Un correspondant de presse résume brièvement les faits en ces termes (*) :

« …L’ancien commandant de la division de Gaza, le général Moshé (Chico) Tamir [a été condamné à] trois mois de prison avec sursis, au retrait de son permis de conduire pour trois ans et, le plus grave, à la rétrogradation au rang de colonel…

Il y a deux ans, le général Tamir avait permis à son fils de 14 ans, de conduire un véhicule militaire tout terrain. L’adolescent avait eu un accident et endommagé une voiture. Tamir avait dédommagé, de sa poche, le propriétaire de la voiture, mais, sur le formulaire décrivant l’incident, il avait écrit que le tout-terrain était conduit par son chauffeur personnel. Dans le cadre d’un accord avec le parquet, Tamir a plaidé coupable des chefs d’accusation d’utilisation illicite de matériel militaire, comportement indigne d’un officier et usage de documents militaires. Le parquet a renoncé au chef d’accusation d’entrave à la justice. »


Je ne sais pas ce que vous pensez de tout cela, chers internautes, mais, en ce qui me concerne, je suis stupéfait. Certes, l’armée ne badine pas avec les fautes des officiers censés être irréprochables, même si ces infractions peuvent paraître minimes aux yeux des civils, et ses critères ne sont pas les nôtres. Mais tout de même, rétrograder un général au grade de colonel pour une fausse déclaration sans conséquence, comme il s’en fait des milliers dans toutes les armées du monde - et mieux vaut ne rien dire de celles qui sont envoyées aux compagnies d’assurances -, voilà qui me semble être une punition disproportionnée.

Mais mon propos ici, n’est pas de remettre en cause le verdict d’un tribunal militaire - ce qui serait le comble de la prétention de ma part -, mais de tenter de discerner ce que traduit une telle rigueur.

Israël et son armée sont, quotidiennement et à longueur d’années, l’"objet du bavardage et de la calomnie des nations" (cf. Ez 36, 3). Un tel traitement tétaniserait n’importe qui. Et Israël et Tsahal, ce sont des citoyens, des hommes, des femmes, qui doivent vivre et combattre avec ce nouveau type d’étoile jaune : « Israël = SS », de quoi rendre paranoïaque n’importe qui…

Alors, quand une faute est constatée, et que le coupable est un haut gradé, on fait un exemple, en tapant tellement fort, qu’on en perd le sens de la mesure. La seule question qui me taraude après ce verdict extrême, humiliant, et démoralisant pour celles et ceux qui font partie de cette armée exemplaire, dont dépend la sécurité du pays et de ses habitants, est la suivante : N’avons-nous pas affaire à un verdict d’apaisement, au sens technique anglo-saxon du terme "appeasement" : mesure destinée à calmer ses ennemis, voire à se les concilier?

Si c’est le cas, l’ex-général - ci-devant colonel –, Moshe Tamir, aurait servi de calme-tempête, comme Jonas jeté à la mer. La différence étant que Jonas était volontaire, ce qui n’est pas le cas de Moshe !

A la lumière de ce qui précède, vous êtes maintenant, chers internautes, en mesure de comprendre – même si vous ne partagez pas l’exégèse que j’en fais – le titre de mon article : "Tsahal, une armée morale… jusqu’à l’excès…"

 

Menahem Macina

 

© upjf.org

 

 

(*) Reuven Weiss, de Yediot Aharonot ; voir aussi : Anshel Pfeffer and Yuval Azoulay, "Tribunal demotes top IDF officer who covered up son’s joyride", Haaretz, 11 juin ; et Yaakov Katz, "Tamir to appeal court ruling to demote him", Jerusalem Post, 11 juin.

 

 

Mis en ligne le 12 juin 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org