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Tough love, ou le sermon "humaniste et multiculturel", Albert Soued
11/06/2009

10/06/09

Sites Symbole et Nuit d’Orient

 

"Tough love" [amour exigeant] est l’expression inventée par l’équipe qui conseille Obama, pour définir l’attitude future des Etats-Unis à l’égard d’Israël ; le président l’a vite adoptée.

"The United States special relationship with Israel requires some tough love".

Comprenez: Les relations spéciales des Etats-Unis avec Israël requièrent une certaine affection, et l’usage d’un bâton.

Barack Obama a confirmé cet amour associé aux coups, dans son discours du Caire, le 4 juin. Il a passé plus de temps à parler de quelques baraques sur des collines dénudées de Judée et de Samarie que de la menace nucléaire de l’Iran sur le monde, comme s’il était plus important de dépouiller Israël de quelques arpents de terre en Judée/Samarie, sa terre ancestrale, que d’empêcher l’Iran de parvenir à l’arme nucléaire et à l’hégémonie sur le Moyen-Orient !

Avec son charisme et sa popularité, le nouveau prêcheur "à la Jeremiah Wright", son ancien pasteur à Chicago, dont il a fréquenté l’Eglise pendant plus de 20 ans, cherche à rétablir une justice inspirée par ce pasteur, antiaméricain notoire. Le discours d’Obama était truffé d’inexactitudes, voire de mensonges. Qu’importe! Il a été applaudi et diffusé dans le monde entier, et cela devient la vérité de la rue. Ces nouveaux prêches, qui sonnent comme ceux du muezzin indonésien qu’Hussein Obama écoutait, matin et soir, et qui ont imprégné son âme, font de lui un homme qui pourrait être dangereux pour son pays.

Avant de passer au sujet principal, les quelques hectares qu’Israël doit évacuer pour "faire la Palestine", je voudrais revenir sur quelques inexactitudes et anomalies, sans doute voulues par le président américain, dans son discours du Caire.

  • Il n’y a pas 7 millions de musulmans américains, mais entre 3 et 4 millions.
  • Les Musulmans n’ont pas inventé le compas et l’imprimerie, ni l’algèbre, ni la médecine qu’ils n’ont fait que propager.
  • La Shoah n’est pas à mettre au même niveau que les dites "souffrances des Palestiniens" qu’il ne faut pas exagérer et qu’il faut comparer plutôt aux souffrances "muettes" du million de juifs chassés des pays arabes.
  • Israël a contrôlé la Cisjordanie pendant 28 ans et non pas 60 ans, et aujourd’hui il n’y a que quelque 10% de Palestiniens sous contrôle israélien, les autres sont gouvernés par l’Autorité Palestinienne ou le Hamas.
  • Ces Palestiniens sont-ils asservis comme l’étaient les Noirs américains, par le fouet?

Les comparaisons d’Obama sont indignes.

Par ailleurs, Obama encourage, dans ses propos, le port du voile, l’institution d’un système financier islamique aux Etats-Unis et, en fait de démocratie, il n’a pas dit un seul mot en faveur des Arabes courageux qui luttent pour la liberté et pour les droits de l’homme au Moyen-Orient. Mais il ne critique nullement la ferme volonté de l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire, le mettant dans le même sac qu’Israël. Organisation reconnue comme terroriste par son pays, le Hamas est devenu, pour lui, un interlocuteur valable à qui on demande de contribuer à l’unité palestinienne. Sous l’égide de qui ?

 

La Palestine

Soyons sérieux. La très grande majorité des Palestiniens se sont installés en Palestine à la suite de l’immigration des Juifs d’Europe et d’Orient, à la fin du 19ème siècle et au 20ème siècle, venant de tout l’empire ottoman et d’Afrique.

Ce n’est pas la Shoah qui a provoqué la création de l’Etat d’Israël, mais le mouvement sioniste de Herzl qui a canalisé le vœu millénaire de tout juif de "monter à Jérusalem", et que tout juif répétait sans cesse dans ses prières et dans son cœur. Déjà enfant, moi-même, mon vœu le plus cher était de rejoindre la terre de mes ancêtres, et c’était dans les années 30.

Cette terre nous l’avons payée très cher, en sang, en larmes, en sueur, et en espèces sonantes et trébuchantes, et les hurlements sauvages des antisionistes n’y changeront rien.

Après l’envahissement, par cinq armées arabes, de l’Etat d’Israël naissant, au petit matin du 15 mai 1948, une guerre difficile s’ensuivit. Après un armistice, de 1949 à 1967, la Jordanie a occupé une partie de la Palestine et l’Egypte a occupé la bande de Gaza. Au bout de 18 ans d’occupation, après une deuxième guerre imposée, ces territoires ont été récupérés par Israël dans un état effroyable. Et des Juifs courageux se sont mis à cultiver des terres rocailleuses et incultes depuis des centaines d’années. Aujourd’hui, Israël n’occupe qu’une petite partie de la Cisjordanie habitable (1), le reste étant sous l’autorité de l’Autonomie Palestinienne. Et le Hamas est chez lui dans 100% de la bande de Gaza. Avec l’accord écrit de la précédente administration américaine, entre 5 à 10 % de la Cisjordanie a été annexé par Israël, pour des raisons de sécurité. Israël s’est déclaré prêt à rétrocéder à l’Autonomie Palestinienne un territoire équivalent. En dehors de quelques implantations et avant-postes isolés pour lesquels le sieur Obama a consacré quelques bonnes minutes dans son discours en faveur de l’islam, je demande où sont les soi-disant territoires occupés ? Sont-ce les versants est, inhabités et dénudés, des monts de Judée et de Samarie qui bordent le Jourdain et la Mer Morte ? Ou l’Etat d’Israël lui-même ?

Bien que son litige avec Israël soit existentiel et non territorial, la Palestine ne pourra être constituée que de deux petits territoires non contigus, non viables politiquement ni économiquement:

- l’un, Gaza, imprégné de tout temps par l’Egypte, occupé par elle et aujourd’hui fanatisé à la fois par le Hamas, qui nie le droit à Israël d’exister, et par les Frères Musulmans, qui renient à tout non-musulman le droit d’exister. Armé par l’Iran, financé par l’Arabie Saoudite et par l’Onu, ce territoire est une poudrière qu’il faut pacifier. En aucun cas, il ne s’entendra avec le Fatah qui gouverne en Cisjordanie, les affrontements entre Hamas et Fatah étant quotidiens dans les deux territoires.

- l’autre, la majeure partie de la Cisjordanie habitable, est le fief du Fatah devenu l’Autorité Palestinienne depuis 1995. Ce territoire est en cours de pacification grâce aux unités formées par le général Dayton. Néanmoins, si ce territoire ne bascule pas dans les bras du Hamas, c’est grâce aux interventions des services secrets israéliens et de Tsahal. Conditionnée dans les écoles, et par les sermons des mosquées, par les médias palestiniens et arabes, la population palestinienne croit toujours qu’elle pourra vaincre l’Etat d’Israël et reste opposée à toute solution pacifique qui ne lui permette pas de s’emparer de son voisin.

En fait, le refus des Palestiniens de reconnaître un Etat juif, malgré la déclaration Balfour de 1917 et malgré le plan de partage de l’Onu, 30 ans après, reconnaissant tous les deux la création d’un foyer juif en Palestine, vient tout simplement du fait d’une préférence à demeurer "une victime" sans Etat, situation forte sur le plan international et très confortable matériellement, alors que gérer un Etat posera inévitablement de graves problèmes. Et dans le meilleur des cas, cet Etat ne pourra pas être totalement souverain (2).

S’il y a aujourd’hui 7 millions de personnes qui se considèrent comme palestiniennes, moins de la moitié d’entre elles se trouvent dans les deux territoires cités. Les autres sont intégrées dans un pays arabe, la Jordanie surtout, ou travaillent dans un pays arabe, ou sont maintenues dans des camps de l’Onu (Liban, Jordanie, Gaza, Cisjordanie, pour l’essentiel). 

Comment voulez-vous créer un Etat palestinien avec des entités ayant des intérêts aussi divergents et un sentiment national créé de toutes pièces par feu l’égyptien Arafat et par l’ONU, qui a créé des camps de réfugiés éternels, gérés par l’UNRWA ?

Quand le président américain Obama insiste en disant qu’il va s’occuper personnellement de créer un Etat palestinien, il faudrait qu’il vienne s’installer quelque temps dans la région pour comprendre la situation, et qu’il retrousse ses manches.

Si Israël a édifié un mur de séparation avec la Cisjordanie et des points de passage contraignants, c’est pour mettre fin à une hécatombe de bombes humaines qui ont pris la vie de 1100 Israéliens innocents et traumatisé dix fois plus de gens. Si Israël a mené l’opération "Plomb [fondu]" et s’il maintient le blocus de Gaza, c’est pour dissuader les Palestiniens de lancer sur les villes israéliennes des missiles qui traumatisent ses habitants, depuis huit ans.

Alors le slogan "deux Etats pour deux peuples", aussi beau soit-il sur le plan humaniste, doit être mis en application d’une façon durable, sans arrière-pensées, sans haine et sans mise en péril de l’existence de l’Etat d’Israël. Comme l’a dit un journaliste israélien, nous sommes à des années-lumière de ces conditions.


©
Albert Soued

 

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Notes


(1) La Judée/Samarie est appelée Cisjordanie, par opposition à la Transjordanie, à l’est  du Jourdain, qui est appelée Jordanie. La Jordanie a une population qui est palestinienne à 60/70 %. Ces Palestiniens sont des citoyens du pays et ont tous les droits. La Judée/Samarie a une superficie de l’ordre de 6 000 km2, soit l’équivalent d’un département français. Plus d’un tiers de cette superficie est désertique, escarpée et inhabitable. 2 millions de Palestiniens et 0,3 million de Juifs Israéliens y vivent. Densité utile: 575 hab/km2. Les 7 millions d’Israéliens dont 1,5 million d’Arabes vivent sur 21 000 km2, dont la moitié de la superficie est désertique. Densité utile: 635 hab/km2.

 (2) Un Etat palestinien en Judée/Samarie ne peut pas être totalement souverain: il devra être démilitarisé, et ne pourra pas signer d’accords de défense avec des pays ennemis d’Israël. Son économie dépendra étroitement de celle de ses voisins. Le partage des eaux pourrait être une source de conflit permanent. La seule solution viable serait une fédération immédiate de la partie non juive de la Judée/Samarie avec la Jordanie, avec un contrôle militaire conjoint jordano-israélien. Les réfugiés devraient être intégrés là où ils se trouvent actuellement, en pays arabe. En tout état de cause, toute solution viable ne pourra pas prévoir de déplacer les populations, contrairement à l’évacuation totale de la population juive de  Gaza qui a montré ses limites et ses conséquences désastreuses.

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Mis en ligne le 10 juin 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org