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Christianisme

Trois initiatives pionnières en matière de relations entre chrétiens et Juifs
25/06/2009

Ces textes - très anciens mais qu’il est toujours utile de consulter - sont à verser au dossier des relations entre chrétiens et juifs et serviront de références aux articles, plus ou moins bien informés, qui fleurissent, depuis quelques années sur ce thème. (Menahem Macina)

24/06/09

1. Les Amis d’Israël (Amici Israel) (1927-1928)

Le 24 février 1926, était créée, à Rome, une pieuse association de prêtres, dénommée Opus sacerdotale Amici Israel, dont les membres se vouaient à la prière pour les Juifs et à l’apostolat en vue de leur conversion. Cette initiative n’était pas la seule de son espèce, et elle n’aurait probablement jamais retenu l’attention des chercheurs si elle n’avait été abolie, de manière expéditive et apparemment arbitraire, dès 1928, soit deux années seulement après sa fondation officielle, et ce malgré le nombre et la qualité de ses adhérents, au rang desquels figuraient de nombreux membres de la hiérarchie ecclésiastique, comme en témoigne le  Status operis pro anno exacto (situation de l’œuvre pour l’année écoulée), document publié, début 1927, par les responsables de l’œuvre. Y sont recensés dix-huit cardinaux, deux cents archevêques et évêques et deux mille prêtres. Parmi les cardinaux, on remarque des noms connus : van Rossum, Gaspari, Faulhaber, etc. La totalité de l’épiscopat des Pays-Bas avait adhéré à l’Association, ainsi qu’un nombre impressionnant d’évêques du monde entier. Le comité de patronage était présidé par le Père Abbé bénédictin Dom Benoît Goriador, Mgr Vanneuville en était le vice-président, et le Père van Asseldonk, procureur général, à Rome, de l’Ordre des Croisiers, le secrétaire ; parmi les membres de ce Comité figuraient les Pères Garrigou-Lagrange, dominicain, Damien, de l’Ordre des Croisiers, Himmelreich, de l’Ordre des Franciscains, et Dom Chuard, chanoine régulier de l’Immaculée Conception. À l’époque de la dissolution (mars 1928), avaient adhéré à l’Association : dix-neuf cardinaux (dont Merry del Val, van Rossum, Früwirth, Pompili et Perosi, membres du Saint-Office), près de trois cents évêques et environ 3.000 prêtres.


On ne traitera pas ici des circonstances ni des raisons de la suppression brutale d’Amici, mais il ne sera pas inutile d’énumérer les principes préconisés par le mouvement. En effet, le «nouveau regard» avant la lettre (et tout à fait révolutionnaire pour l’époque), qu’il portait sur le peuple juif, annonçait, plus de vingt ans à l’avance, «l’enseignement de l’estime», dont Jules Isaac fut l’un des pionniers, et qui a trouvé sa première expression dans les «Dix points de Seelisberg», avant de devenir la norme dans l’Eglise d’aujourd’hui. Les douze points suivants constituaient la charte du rapport chrétien avec les Juifs, que les Amici rêvaient d’acclimater en Chrétienté :

 

«Que l’on s’abstienne de parler

·         du peuple déicide ;

·         de la cité déicide ; 

·         de la conversion des juifs - que l’on dise plutôt «retour», ou «passage » ;

·         de l’inconvertibilité du peuple juif ;

·         des choses incroyables que l’on raconte à propos des Juifs, spécialement «le crime rituel» ;

·         de parler sans respect de leurs cérémonies ;

·         d’exagérer ou de généraliser un cas particulier ;

·         de s’exprimer en termes antisémites.

 

Mais que l’on souligne 

·         la prérogative de l’amour divin dont bénéficie Israël ;

·         le signe sublime de cet amour dans l’incarnation du Christ et sa mission ;

·         la permanence de cet amour, mieux : son augmentation du fait de la mort du Christ ;

·         le témoignage, la preuve de cet amour, dans la conduite des Apôtres.»

2. Les ’Dix Points’ de Seelisberg (1947)

Précédée par la Rencontre du Savoy Hotel (1943) et la Conférence d’Oxford (1946), une «Conférence internationale extraordinaire pour combattre l’antisémitisme» se réunit, du 30 juillet au 5 août 1947, à Seelisberg (Suisse) sous les auspices de l’«International Council of Christians and Jews». Elle approuva une série de thèses concernant l’enseignement religieux chrétien. Émue par les souffrances du peuple juif, la Commission, au cours d’une franche et cordiale collaboration entre ses membres juifs et chrétiens, reconnut que certaines conceptions inexactes au point de vue théologique, et certaines présentations fausses des Évangiles, tout à fait contraires à l’esprit du christianisme avaient contribué au développement de l’antisémitisme.

Jules Isaac avait préparé une première série de thèses, qui servit de base à l’élaboration, par les membres chrétiens de la Commission et après consultation des participants juifs à la Conférence, d’un « Appel adressé aux Eglises », lequel fut largement diffusé (mais pas édité). Il est difficile d’en évaluer l’impact, mais on s’accorde à estimer que, conjointement avec le livre de J. Isaac, Jésus et Israël, qui parut l’année suivante, ce document exerça une influence non négligeable sur un certain nombre de consciences chrétiennes, même s’il ne fit pas l’objet d’une approbation officielle des autorités religieuses chrétiennes. Jusqu’au Concile Vatican II, ce fut le seul document international auquel les chrétiens pouvaient éventuellement se référer ; mais peu d’entre eux le connaissaient.

 

"Nous venons d’assister à une explosion d’antisémitisme qui a conduit à la persécution et à l’extermination de millions de juifs vivant au milieu des chrétiens.

Malgré la catastrophe qui s’est abattue sur les persécutés et sur les persécuteurs, catastrophe qui nous fait mesurer l’angoissante gravité et l’urgence du problème juif, l’antisémitisme n’a non seulement rien perdu de sa force, mais menace d’atteindre des parties de plus en plus étendues de l’humanité, d’empoisonner l’âme des chrétiens et de les entraîner dans une faute grave aux conséquences désastreuses.

Sans doute les Églises chrétiennes ont-elles souvent affirmé le caractère antichrétien de l’antisémitisme, mais nous constatons avec consternation que deux mille ans de la prédication de l’Évangile de l’Amour ne suffisent pas à empêcher l’éclosion parmi les chrétiens, sous des formes diverses, de la haine et du mépris à l’égard du peuple de Jésus.

Cela serait impossible si tous les chrétiens étaient fidèles au message de Jésus-Christ sur la miséricorde de Dieu et l’amour du prochain. Mais cette fidélité doit comporter la volonté clairvoyante d’éviter toute présentation ou toute conception du message chrétien qui favoriserait l’antisémitisme sous quelque forme que ce soit. Nous devons reconnaître que, malheureusement, cette volonté en éveil a souvent manqué.

Nous nous adressons donc aux Églises pour attirer leur attention sur cette situation alarmante. Nous avons le ferme espoir qu’elles auront à cœur d’indiquer à leurs fidèles comment exclure toute animosité à l’égard des juifs, que pourraient faire naître des présentations et des conceptions fausses, inexactes ou équivoques dans l’enseignement et la prédication de la doctrine chrétienne, et comment tout au contraire promouvoir l’amour fraternel à l’égard du peuple de l’Ancienne Alliance, si durement éprouvé. Rien, semble-t-il, ne saurait être plus propre à conduire à cet heureux résultat que d’insister davantage sur les points suivants :

 

1. Rappeler que c’est le même Dieu Vivant qui nous parle à tous dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament.

2. Rappeler que Jésus est né d’une mère juive, de la race de David et du peuple d’Israël, et que son amour éternel et son pardon embrassent son propre peuple et le monde entier.

3. Rappeler que les premiers disciples, les apôtres et les premiers martyrs étaient juifs.

4. Rappeler que le précepte fondamental du christianisme, celui de l’amour de Dieu et du prochain, promulgué déjà dans l’Ancien Testament et confirmé par Jésus, oblige chrétiens et juifs dans toutes les relations humaines, sans aucune exception.

5. Éviter de rabaisser le judaïsme biblique ou post-biblique dans le but d’exalter le christianisme.

6. Éviter d’user du mot «juifs» au sens exclusif de «ennemis de Jésus» ou de la locution «ennemis de Jésus» pour désigner le peuple juif tout entier.

7. Éviter de présenter la Passion de telle manière que l’odieux de la mise à mort de Jésus retombe sur tous les juifs ou sur les juifs seuls. En effet, ce ne sont pas tous les juifs qui ont réclamé la mort de Jésus. Ce ne sont pas les juifs seuls qui en sont responsables, car la Croix, qui nous sauve tous, révèle que c’est à cause de nos péchés à tous que le Christ est mort.

Rappeler à tous les parents et éducateurs chrétiens la grave responsabilité qu’ils encourent du fait de présenter l’Évangile et surtout le récit de la Passion d’une manière simpliste. En effet, ils risquent par là d’inspirer, qu’ils le veuillent ou non, de l’aversion dans la conscience ou le subconscient de leurs enfants ou auditeurs. Psychologiquement parlant, chez des âmes simples, mues par un amour ardent et une vive compassion pour le Sauveur crucifié, l’horreur qu’ils éprouvent tout naturellement envers les persécuteurs de Jésus tournera facilement en haine généralisée des juifs de tous les temps, y compris ceux d’aujourd’hui.

8. Éviter de rapporter les malédictions scripturaires et le cri d’une foule excitée : «Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants», sans rappeler que ce cri ne saurait prévaloir contre la prière infiniment plus puissante de Jésus : «Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font.»

9. Éviter d’accréditer l’opinion impie que le peuple juif est réprouvé, maudit, réservé pour une destinée de souffrances.

10. Éviter de parler des juifs comme s’ils n’avaient pas été les premiers à être de l’Église.

 

En pratique, nous nous permettons de suggérer:

 

·         d’introduire ou de développer, dans l’enseignement scolaire et extra-scolaire à tous les degrés, une étude plus objective et plus approfondie de l’histoire biblique et post-biblique du peuple juif ainsi que du problème juif;

·         de promouvoir, en particulier, la diffusion de ces connaissances par des publications adaptées aux différents milieux chrétiens;

·         de veiller à rectifier dans les publications chrétiennes, surtout dans les manuels d’enseignement, tout ce qui s’opposerait aux principes énoncés plus haut.

 

Nous plaçons notre effort commun sous le signe de la parole de saint Paul : «Ils sont bien-aimés à cause de leurs pères, car les dons et l’appel de Dieu sont sans repentance.» (Rm 11, 28-29)".

 

 

 

 

3. Les thèses de Bad Schwalbach (mai 1950)

 

En mai 1950, à Bad Schwalbach (Allemagne), un groupe de théologiens protestants et catholiques (dont le pasteur Freudenberg et Karl Thieme) se réunit en vue de préciser les fondements bibliques des Dix Points de Seelisberg. Le texte de ceux-ci avait été soumis auparavant à différentes associations judéo-chrétiennes. Les thèses de Schwalbach ont reçu, en juillet 1950, l’approbation de la hiérarchie catholique, en la personne de l’évêque de Fribourg-en-Brisgau. Moins connues que les Points de Seelisberg, qui ont servi de charte aux diverses associations d’Amitié judéo-chrétienne, les thèses de Bad Schwalbach, qui les complètent, sont d’une grande importance, car elles fournissent les bases de la réforme de l’enseignement chrétien, réclamée par la conférence de Seelisberg. On remarquera que ce document contient déjà l’essentiel de ce qui figurera dans les documents officiels postérieurs relatifs au "nouveau regard", que l’Eglise porterait désormais sur le peuple juif.

 

1. Un seul et même Dieu parle à tous les hommes dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament. Ce Dieu unique, c’est le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, de Moïse et des Prophètes. Si nous chrétiens ne croyons pas en ce Dieu unique, nous adorons un faux dieu, même si nous l’appelons le Père de Jésus-Christ : cela fut déjà l’hérésie de Marcion au 1er siècle.


2. Jésus est né du peuple d’Israël, d’une mère juive, de la race de David. Par lui, le fils de David, l’Oint de Dieu, nous avons part à la rédemption, liée pour Israël à la venue du messie, et déjà promise à tous les autres peuples dans la bénédiction donnée à Abraham. S’il est sûr, pour notre foi, qu’en la personne de Jésus de Nazareth est venu le Sauveur qui accomplit toute promesse de salut, il n’en reste pas moins certain que nous attendons encore le jour à venir où nous contemplerons la manifestation de cet accomplissement.


3. L’Église, fondée par l’Esprit Saint, est composée de juifs et de païens réconciliés dans le Christ et rassemblés pour former le nouveau Peuple de Dieu. Nous ne devons jamais oublier qu’une partie importante de cette Église est formée de juifs, et que les apôtres et les premiers témoins de Jésus étaient des juifs.


4. Le précepte fondamental du christianisme, celui de l’amour de Dieu et du prochain, promulgué déjà dans l’Ancien Testament et confirmé par Jésus-Christ, oblige donc juifs et chrétiens dans toutes les relations humaines sans exception.


5. Parce que le juif, comme le chrétien (Mc 12, 33 ss.; Rm 13, 8-10), est soumis à la même Loi d’amour sans limites, c’est pécher que de rabaisser orgueilleusement les juifs de l’époque biblique et post-biblique par rapport aux chrétiens, et c’est méconnaître ainsi l’Évangile comme accomplissement de la Loi.


6. Il n’est pas conforme à l’Écriture d’assimiler « les juifs » aux « ennemis de Jésus »; car précisément l’évangéliste Jean auquel cet usage se réfère - même là où il semble les identifier l’un à l’autre, ne désigne pas, en parlant des « juifs », la totalité du peuple juif, même pas à Jérusalem (7, 12s), mais la grande partie des chefs politiques et religieux influents à ce moment-là (7, 48 ss). C’est pourquoi, en parlant de la Passion, on ne devra pas omettre de rappeler «ces foules» qui pleuraient sur Jésus (Lc 23, 27) et qui après sa crucifixion «s’en retournaient en se frappant la poitrine» (Lc 23, 48).


7. Avant tout, il n’est ni biblique, ni chrétien de regarder et de présenter la Passion du Christ, à qui nous devons notre salut, dans une lumière partielle, en l’attribuant à la faute d’hommes déterminés historiquement ou à celle d’un peuple précis. Autant que des hommes peuvent en juger, et en se basant sur les données du Nouveau Testament, on peut distinguer clairement, parmi les contemporains de Jésus, trois attitudes « coupables » à des degrés divers :

a) La conduite de quelques-uns, relativement peu nombreux qui, d’une manière ou d’une autre, ont été impliqués dans la crucifixion, depuis les instigateurs de la mort du Christ, poussés par l’ambition politique ou le fanatisme religieux, jusqu’aux fonctionnaires ou aux disciples qui ont failli par lâcheté.

b) Le comportement de cette multitude qui ne pouvait se résoudre à croire en la Résurrection de Jésus, annoncée par les apôtres et reliée aux preuves scripturaires de sa messianité, et qui se laissait plutôt convaincre par les arguments qui semblaient accuser un condamné à mort de blasphème et de soulèvement du peuple (cf. Ac 17, 11, mais aussi Lc 5, 39!).

c) La haine d’un assez grand nombre qui poursuivaient et calomniaient les disciples de Jésus (Ac 13, 50; 14, 19; 17, 5ss; 18, 12ss). Il ne faudrait pas oublier cependant que, dès le Moyen Age, avec Maïmonide, les autorités juives modifient de plus en plus leur attitude et, à l’encontre de leurs prédécesseurs, reconnaissent le païen baptisé comme un adorateur du vrai Dieu. En tout cela, nous chrétiens, nous ne devons jamais oublier que nous nous rendons bien plus coupables si, en dépit des grâces reçues, nous nous livrons au messianisme politique et social et crucifions ainsi, à nouveau, le Seigneur, nécessairement et finalement dans ses membres; nous nous contentons de confesser des lèvres la Révélation de Dieu, au lieu de consentir à l’opprobre de la croix, comme le Seigneur mort et ressuscité pour nous a le droit de l’exiger de notre vie entière; nous devrions plutôt être attentifs aux avertissements et aux promesses qu’il nous a donnés comme signes alors que, entre 1933 et 1945, pour la première fois dans l’histoire, des juifs et des chrétiens furent persécutés ensemble; nous refusons de respecter le croyant sincère qui ne partage pas notre foi.


8. La signification de la crucifixion du Christ dans l’alliance de Dieu avec Israël est un mystère caché à l’intérieur de la fidélité inébranlable de Dieu pour son Peuple. Et même la partie centrale de l’épître aux Romains (chap. 9-11) ne nous le révèle dans ses traits principaux que par allusion. Comme partout ailleurs dans l’histoire de ce peuple unique, il ne peut être question ici de malédiction, mais bien plutôt d’une bénédiction que Dieu veut accorder finalement à son Peuple, et avec lui, à tous les peuples. Seul - d’après Gn 12, 3 - s’en exclut celui qui par légèreté ou par malice porte atteinte à cette alliance pleine de promesses. Le chrétien se souvient, en outre, de la parole du Christ en croix : «Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font!» Le cri d’une foule excitée : «Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants !» doit être tourné par nous en prière, et exprimer que ce sang sauve finalement ceux pour qui il a été d’abord répandu. Jamais nous ne devrons abuser de ce cri pour présenter l’effusion de sang juif comme une sorte de juste punition, d’autant plus que la chrétienté primitive a vénéré avec une ferveur particulière des martyrs d’origine juive.

 

9. L’unique passage du Nouveau Testament où au mot «rejet» appliqué au destin des juifs est opposée immédiatement «l’assomption» future du peuple de l’ancienne Alliance dans l’Alliance nouvelle et définitive, en Rm 11, 15, doit être la norme d’interprétation de toutes les affirmations néo-testamentaires concernant le rejet. Il n’est pas conforme à la Révélation d’annoncer uniquement l’aspect provisoire du double jugement donné par l’ensemble de la Bible, sans évoquer en même temps, l’autre aspect - définitif - qui le supprimera en le dépassant. Le oui des juifs à Jésus est promis par Dieu comme dernier mot de leur histoire; et cette promesse est la garantie de son oui aux juifs. Ce doit être aussi le dernier mot de la prédication chrétienne

 

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Mis en ligne le 24 juin 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org