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Au Caire, Obama a parlé en musulman militant, Elisseievna
25/06/2009

Celles et ceux qui suivent régulièrement notre site auront sans doute remarqué qu’y figurent nombre d’articles de cette auteure; c’est dire le crédit que j’accorde à ses analyses. On trouvera d’ailleurs, après son article reproduit ci-après, une liste de quelques-uns de ses articles mis en ligne sur notre site, ainsi que celle d’articles récents consacrés aux commentaires du discours d’Obama au Caire. (Menahem Macina).

24/06/09

 

Texte repris du site Riposte laïque, n° 94, 22 juin 2009

 


Le discours d’Obama au Caire le 4 juin aurait pu être celui d’un Président des Etats-Unis soucieux de favoriser la paix avec le monde musulman. Or Obama a tenu au Caire un discours de musulman, de musulman militant. Obama fait tout au long de son discours l’apologie de l’islam sur les plans théorique et historique; entre autres, de la vision islamique de l’égalité des sexes, alors qu’il n’hésite pas à tenir des propos insultants pour les chrétiens et calomnieux pour les juifs. Il annonce des mesures répressives en faveur de l’islam, c’est-à-dire en application de la charia qui condamne les opposants au djihad. Il énonce des exigences menaçant la souveraineté juive en Israël, souveraineté inconcevable pour l’islam.

 

A - Obama et le Coran

Obama se félicite tout d’abord d’être reçu à Al-Azhar et l’Université du Caire, comme si la place d’un président des Etats-Unis était dans ces deux lieux d’enseignement de la loi islamique et du djihad.

 

1 - Sourate 9

Obama commence son discours en affirmant qu’il cherche au Caire un « nouveau commencement entre les Etats-Unis et les musulmans du monde », et qu’il est venu pour dire la vérité. Il leur adresse « un souhait de paix [de la part] des communautés musulmanes de mon pays, assalaamu alaykum ». Or, à l’appui de cette affirmation, il cite un passage extrait de la sourate … la plus guerrière du Coran, « le Repentir », celle qui contient le verset dit « du sabre » (9.5), une citation dont il donne une traduction … fausse.

Obama dit « Comme le dit le Saint Coran « Soyez conscient de Dieu et dites toujours la vérité ». En réalité la phrase signifie « Croyez en Dieu et soyez avec les véridiques, les justes », ces derniers étant ceux qui font la guerre avec Mahomet, et sont « durs avec les mécréants », au lieu de fuir le combat.

Voici le passage cité (9.119 ou 9.120) dans la traduction de Kasimirski : 20

112. Dieu a acheté des croyants leurs biens et leurs personnes pour qu’il leur donnât en retour le paradis ; ils combattront dans le sentier de Dieu, ils tueront et seront tués. La promesse de Dieu est vraie : il l’a faite dans le Pentateuque, dans l’Évangile, dans le Coran ; et qui est plus fidèle à son alliance que Dieu ? Réjouissez-vous du pacte que vous avez contracté, c’est un bonheur ineffable. (…)

118. Dieu retourna (…) aussi à ces trois d’entre eux qui étaient restés en arrière. Toute vaste qu’elle soit, la terre devint étroite pour eux : leurs propres corps leur semblèrent trop à l’étroit, et ils pensaient que pour se sauver devant la colère de Dieu, ils n’avaient qu’à chercher un asile chez lui. Il revint à eux, afin qu’eux aussi revinssent à lui, car Dieu aime à revenir, et il est miséricordieux.

120. 0 croyants ! Craignez Dieu et soyez avec les justes.

121. Quelle raison avaient les habitants de Médine et les Arabes nomades d’alentour de se séparer de l’Apôtre de Dieu, et de préférer leurs vies à la sienne ? Quelle raison avaient-ils d’en agir ainsi, quand ni la soif, ni la fatigue, ni le besoin ne pouvaient les atteindre dans le sentier de Dieu, quand ils ne faisaient aucun pas capable d’irriter les infidèles, quand ils n’essuyaient de la part de l’ennemi aucun dommage sans qu’on leur en tînt compte ? Certes Dieu ne laisse point périr la récompense de ceux qui font le bien.

122. Ils ne feront pas une aumône petite ou grande ; ils ne franchiront pas un torrent sans que tout soit inscrit, afin que Dieu leur accorde la plus magnifique récompense de leurs actions.

123. Il ne faut pas que tous les croyants marchent à la fois à la guerre. Pourquoi ne marcherait-il pas plutôt un détachement de chaque tribu, afin que, s’instruisant dans la foi, les uns puissent instruire à leur retour leurs concitoyens, et afin que ceux-ci sachent se prémunir ?

124. 0 croyants ! Combattez les infidèles qui vous avoisinent ; qu’ils vous trouvent toujours sévères à leur égard. Sachez que Dieu est avec ceux qui le craignent.

Texte arabe et translittération : Ya ’Ayyuha Al-Ladhina ’Amanu AttaqA B Allaha Wa Kunu Ma`a As-Sadiqina

[9.119] vous qui croyez ! Craignez Allah et soyez avec les véridiques.

 

2 – Sourate 5

Obama explique, plus loin, que l’islam sert la paix, en disant : « Le Saint Coran enseigne que quiconque tue un innocent, c’est comme s’il avait tué l’humanité, et quiconque sauve une personne, c’est comme s’il avait sauvé l’humanité ».

Las! là encore, le texte signifie exactement le contraire du sens qu’Obama veut nous faire croire, et on le voit adopter - une première ! - l’attitude islamique du déni de l’existence de l’autre, déni grave puisqu’il est un premier pas vers la tentative de l’extermination de l’autre. Obama utilise le même texte qu’a utilisé l’UOIF dans sa « fatwa », au cours des émeutes de 2005 en France, faisant mine de condamner les émeutiers « semeurs de désordre », alors que le texte coranique ne fait que désigner comme coupables… les Juifs.

La citation coranique est en effet un plagiat et une déformation du Talmud, ce qu’Obama se garde de mentionner. Selon le Talmud « Celui qui sauve une vie, sauve l’humanité, et celui qui prend une vie, c’est comme s’il tuait le monde entier » (Traité Sanhédrin 37).

En effet, selon Mishna Sanhédrin, 4, 5 :

" Dans les affaires criminelles, on effrayait les témoins […] en leur rappelant que contrairement aux affaires civiles, où l’accusé n’avait qu’à rembourser les dommages pour être pardonné, le sang de la personne exécutée, et celui de ses descendants jusqu’à la dernière génération, seraient « attachés » au responsable de son exécution, ainsi qu’on le trouve dans le cas de Caïn qui avait assassiné son frère (Genèse 4:10) : « la voix des sangs ( DMY, Deméy) de ton frère etc. », le sang et le sang des descendants. (Selon d’autres, “sangs” est au pluriel, car son sang s’était éparpillé sur les arbres et les pierres). C’est pourquoi l’homme a été créé unique, afin d’enseigner que celui qui détruit une vie, c’est comme s’il avait détruit le monde, et celui qui sauve une vie, c’est comme s’il avait sauvé le monde. Et aussi pour la paix parmi les créatures, afin qu’on ne dise pas : ‘mon père était plus grand que le tien’ ; et aussi afin que les Minim ne disent pas qu’il y a plusieurs créateurs dans les cieux ; et aussi pour proclamer la gloire du Saint, béni soit-Il, car, alors que l’homme frappe beaucoup de pièces de son sceau et que toutes sont pareilles, le Roi des rois, le Saint, béni soit-Il, a apposé sur chaque homme le sceau du premier Adam, et pourtant, nul n’est semblable à son prochain. C’est ainsi que chacun peut dire : Le monde a été créé pour moi, je dois donc être droit, juste […] " (Traduction “Inyan”).

Pour sa part le Coran indique (traduction de Kasimirski) :

Sourate 5, 30 : « Raconte-leur l’histoire véritable de ceux des fils d’Adam qui présentèrent leurs offrandes. L’offrande de l’un fut acceptée, celle de l’autre fut rejetée. Ce dernier dit à son frère : Je vais te tuer. Dieu, répondit l’autre, ne reçoit des offrandes que des hommes qui le craignent (…)

33. La passion subjugua l’injuste ; il tua son frère, et fut au nombre des malheureux.

35. C’est pourquoi nous avons donné ce précepte aux enfants d’Israël : Celui qui aura tué un homme sans que celui-ci ait commis un meurtre, ou exercé des brigandages dans le pays, sera regardé comme le meurtrier du genre humain ; et celui qui aura rendu la vie à un homme sera regardé comme s’il avait rendu la vie à tout le genre humain.

36. Nos envoyés ont paru au milieu d’eux accompagnés de signes évidents ; mais, en dépit des signes, la plupart des hommes ont été prévaricateurs.

37. Voici quelle sera la récompense de ceux qui combattent Dieu et son Apôtre, et qui emploient toutes leurs forces à commettre des désordres sur la terre : vous les mettrez à mort ou vous leur ferez subir le supplice de la croix ; vous leur couperez les mains et les pieds alternés ; ils seront chassés de leur pays. L’ignominie les couvrira dans ce monde, et un châtiment cruel dans l’autre.

38. Sauf ceux qui se seront repentis avant que vous les ayez vaincus ; car sachez que Dieu est indulgent et miséricordieux.

39. 0 croyants ! Craignez Dieu : efforcez-vous de mériter un accès auprès de lui ; combattez pour sa religion, et vous serez heureux.

Or, qui sont les « semeurs de corruption » que l’on peut tuer parce qu’ils sont coupables ? La suite de la sourate 5 l’indique :

56. 0 croyants ! Ne prenez point pour amis les juifs et les chrétiens ; ils sont amis les uns des autres. Celui qui les prendra pour ami finira par leur ressembler, et Dieu ne sera point le guide des pervers.

69. Les mains de Dieu sont liées, disent les juifs. Que leurs mains soient liées à leur cou, qu’ils soient maudits pour prix de leurs blasphèmes. Loin de là, les mains de Dieu sont ouvertes ; il distribue ses dons comme il veut, et le don que Dieu t’a fait descendre d’en haut ne fera qu’accroître leur révolte et leur infidélité. Mais nous avons jeté au milieu d’eux l’inimitié et la haine, qui durera jusqu’au jour de la résurrection. Toutes les fois qu’ils allumeront le feu de la guerre, Dieu l’éteindra. Ils parcourent le pays pour le ravager et y commettre des désordres. Mais Dieu n’aime point ceux qui commettent le désordre.

 

L’UOIF écrivait le 6 novembre 2005 :

« Dans plusieurs versets du Saint Coran, Dieu blâme la destruction et le désordre et rejette ceux qui les accomplissent. Il dit au verset 64 de la Sourate 5 « Allah n’aime pas les semeurs de désordre » ; il dit au verset 60 de la Sourate 2 « Ne semez pas de troubles sur la terre comme des fauteurs de désordre ». (Voir également 2/27 ; 2/205 ; 7/56 ; 28/77 etc.). (…) Avec la multiplication et la gravité des événements qui agitent plusieurs quartiers de la banlieue parisienne … ‘Dar el Fatwa’ édicte la Fatwa suivante. : « Il est formellement interdit à tout musulman recherchant la satisfaction et la grâce divines de participer à quelque action qui frappe de façon aveugle des biens privés ou publics ou qui peuvent attenter à la vie d’autrui (…) »

 

3 - Sourate 17

Obama, abordant les problèmes particuliers, propose une paix entre Israéliens et Palestiniens. A ce propos il cite : « L’histoire d’Isra, quand Moïse, Jésus et Mahomet (que la paix soit sur eux) se sont joints dans la prière. »

 

Obama aurait pu se contenter de parler de fraternité - ou même sororité - des êtres humains entre eux, mais non, il fait appel au Coran, à la vision coranique de la fraternité, une vision assez limitée si l’on se réfère à la dernière sourate, 49, qu’il va mentionner. On note aussi qu’il obéit à la règle musulmane [consistant à] faire suivre le nom de Mahomet d’une bénédiction ; du coup, il étend cette bénédiction à Moïse et Jésus, qui sont, d’ailleurs, d’après l’islam… des musulmans ! Ici encore, Obama adopte l’attitude musulmane du déni de l’existence de l’autre.

La sourate 17 « Al Isra » « Le voyage nocturne » dit :

1. Louange à celui qui a transporté, pendant la nuit, son serviteur du temple sacré de La Mecque au temple éloigné de Jérusalem, dont nous avons béni l’enceinte pour lui faire voir nos merveilles. Dieu entend et voit tout.

 

Curieuse façon de parler de la paix en parlant du déplacement de Mahomet de la Mecque à Jérusalem, quand les musulmans successeurs de Mahomet sont venus de la Mecque à Jérusalem en conquérants.

 

4 – Sourate 49

Obama achève son discours en disant : « Les peuples du monde peuvent vivre en paix ». Il fait précéder ces mots de trois citations, comme s’il mettait sur le même plan trois religions : « Le Saint Coran nous dit : "O humains ! Vous avez été créés hommes et femmes, et nous vous avons rassemblés en nations et tribus afin que vous vous connaissiez les uns les autres". Le Talmud dit : « Toute la Tora a pour but la paix. La Sainte Bible dit : "Bénis soient les hommes de paix, ils seront appelés les fils de Dieu". »

Le fait de présenter le Talmud comme s’il était « le Livre » des juifs alors que le Coran est celui des musulmans et la bible celui des chrétiens, correspond à la thèse du coran selon laquelle juifs et chrétiens ont falsifié le livre qui leur avait été donné et produit des faux, par exemple, le Talmud juif (alors que, pour les juifs, la Bible est … la Bible, et non le Talmud).

A ne lire que la citation faite par Obama, on pourrait croire que le Coran, lui aussi, « a pour but la paix ». Or, de la paix et de la fraternité, la sourate 49, comme la sourate 5 (verset 56, selon Kasimirski) ont une conception pour le moins étonnante :

10. Car les croyants sont tous frères ; arrangez donc le différend de vos pères, et craignez Dieu, afin qu’il ait pitié de vous.

15. Les vrais croyants sont ceux qui ont cru en Dieu et à son Apôtre, et qui ne doutent plus, qui combattent de leurs biens et de leur personne dans le sentier de Dieu. Ceux-là seuls sont sincères dans leurs paroles.

Ainsi, la fraternité se limite aux croyants et l’appel du coran à la paix passe … par la guerre. Selon l’islam en effet la paix n’est permise que lorsque la loi islamique règnera sur le monde : voir par exemple les passages cités plus haut de la sourate 9 condamnant ceux qui refusent le combat.

 

Conclusion : Il est difficile de croire, au vu du choix des sourates, fait par Obama, qu’il ne tient pas un double langage : l’un, apparent, à l’attention des Occidentaux qui ignorent les textes islamiques, et l’autre à l’attention des musulmans, qui se basent sur leurs références islamiques. Ce soupçon se renforce en lisant ses propos sur l’histoire.

 

B – Obama et l’histoire

Le discours d’Obama multiple les déformations historiques, toujours à la gloire de l’islam. Il serait trop long de les réfuter toutes, mais voici les principales.

Un passage du discours relève presque de la farce : « L’islam a une fière tradition de tolérance ». Obama ajoute : « Nous le voyons dans l’histoire de l’Andalousie et de Cordoba pendant l’Inquisition ».

Disons qu’il y a ici un léger décalage dans la chronologie : l’occupation de l’Espagne par les musulmans s’étant étendue de 712 à 1492, le califat de Cordoue de 929 à 1031, l’inquisition est créée en 1231, et n’a été instaurée en Espagne qu’en 1478, pour des raisons d’ailleurs liées à la Reconquista, c’est-à-dire à la libération des Espagnols du joug islamique, auquel seule l’expulsion des derniers musulmans pourra mettre fin en 1492.

Obama parle de « co-existence mais aussi de guerres pendant des siècles entre l’Occident et les musulmans », et de « tensions nourries récemment par la colonisation ».

On peut souligner ici un léger oubli de sa part concernant les causes des croisades et de la colonisation : l’impérialisme fulgurant de l’islam, qui atteint Poitiers, envahit Jérusalem, met à sac Rome (846), [commet des actes de] pirate[rie contre] les flottes occidentales, depuis les rives du sud de la Méditerranée… Selon Obama, c’est l’islam qui a « porté la lumière de l’enseignement pendant de nombreux siècles, ouvrant la voie à la Renaissance et aux Lumières ».

Il est bien certain que l’incendie de la bibliothèque d’Alexandrie a fortement contribué à la conservation des écrits antiques… Comme l’expliquait, en 1994, Jacqueline de Romilly : « Les textes grecs sont revenus en Occident par Constantinople. Si nous n’avions que ce que les Arabes ont gardé, cela ne vaudrait pas la peine de conserver des classes ! C’est insignifiant à côté de la transmission latine d’abord, et puis directe, et puis par les papyrus d’Égypte. »


Les propos sur Israël, qui reprennent la vision islamique du conflit, sont particulièrement odieux. Pour Obama, les « Palestiniens » sont « les chrétiens et les musulmans », comme si les Juifs n’avaient pas de tout temps vécu en Israël, majoritaires dans les principales villes. Obama ose comparer la situation des « Palestiniens » et [celle des autochtones d’]Afrique du Sud, reprenant l’idée sionisme=racisme, fille de l’accusation du judaïsme lui-même comme racisme. Pour Obama, la création d’Israël est due aux persécutions en Europe, comme si les Juifs n’avaient pas été persécutés dans le monde musulman, comme si, par exemple, les habitants d’Hébron n’avaient pas été victimes d’un pogrom en 1927. Ce sont des Juifs yéménites qui se sont installés sur des terres pierreuses à Gush Etsion en 1926 (ici ).

Et Obama ose parler de « colonisation » [à propos des territoires] de l’ouest du Jourdain ! Après quoi il ira à Buchenwald, lui qui pratique le négationnisme des persécutions et massacres commis contre les séfarades par les musulmans, pour dénoncer le nazisme et le négationnisme du nazisme, ces deux péchés… occidentaux.

Voilà comment Elena Bonner décrit la solution qu’il propose :

« Ainsi, créé à côté d’Israël, et il y aurait un État palestinien "nettoyé" de Juifs, parce qu’en plus de la demande du retour des réfugiés palestiniens en Israël, il y a aussi la demande que l’on "nettoie" la Judée et Samarie de [leurs] Juifs et qu’on la rende aux Palestiniens, tandis qu’à Gaza, aujourd’hui, il n’y a plus désormais un seul Juif. Le résultat est à la fois étrange et terrifiant, parce qu’Israël sera véritablement détruit (...) la formule, « deux États pour deux peuples », c’est la création d’un État, ethniquement nettoyé de Juifs et d’un deuxième État, candidat potentiel au même nettoyage. Une Terre Sainte Judenfrei [libre de Juifs] - le rêve d’Adolphe Hitler ! - se réalise enfin. Alors - que ceux qui sont encore capables de réfléchir le fassent -, quelle est la partie qui porte en elle les germes du fascisme, aujourd’hui ? » (Elena Bonner, Jerusalem Post, 24 mai 2009 [traduction française sur le site de l’UPJF].)

Ce que Obama oublie fondamentalement, dans sa description de l’histoire, ce sont les lois de l’islam - les lois du combat pour imposer l’islam - qui justifient l’impérialisme musulman, le « racisme de la dhimmitude - loi basée sur la charia, qui édicte que les chrétiens et les Juifs sont [des citoyens] de qualité inférieure et doivent être supprimés. » (Wafa Sultan [traduction française sur le site de l’UPJF], qui mène, par exemple, la rue arabe palestinienne à défiler en 1920 aux cris de « al-yahudna kalabna » - Les Juifs sont nos chiens - (Nathan Weinstock - Histoire de chiens [Histoire de chiens. La dhimmitude dans le conflit israélo-palestinien] – éditions Mille et une nuits.

 

Lorsque Obama dit « L’Amérique n’est pas – et ne sera jamais – en guerre avec l’islam », c’est ce déni de l’idéologie du djihad qu’il pratique : l’islam, lui, est en guerre avec tout État qui refuse de se soumettre à l’islam, ou bien ce n’est plus l’islam…

 

C – Quand Obama annonce qu’il va appliquer la Charia

En plus du cas d’Israël, où manifestement Obama choisit une solution visant à restaurer la souveraineté islamique, il annonce trois mesures d’application de la charia :

  • La punition de ceux qui s’opposent au port du voile : « Le gouvernement des Etats-Unis est allé en justice pour protéger le droit des femmes et des filles de porter le hijab, et pour punir ceux qui le dénieraient. »
  • La lutte contre les « stéréotypes [à l’égard de] l’islam » : « Je considère [qu’il est de] ma responsabilité, [en tant que] Président des Etats-Unis, de lutter contre les stéréotypes négatifs [à l’égard de] l’islam, à chaque fois qu’ils se manifestent », ce qui rejoint les exigences des États islamiques d’une répression de la « diffamation de l’islam », diffamation criminelle selon la charia,
  • La modification de la législation des Etats-Unis pour permettre aux musulmans d(acquitter l’impôt islamique : « Aux Etats-Unis les lois sur les dons de charité rendent difficile pour les musulmans [l’accomplissement de] leurs obligations religieuses. Je suis en train de travailler avec des musulmans américains pour qu’ils puissent accomplir la zakat. »

Obama reprend exactement le point de vue musulman lorsqu’il affirme « Je rejette la vision de certains, à l’Ouest, [selon laquelle] une femme qui choisit de couvrir ses cheveux est, [en quelque manière], moins égale, je pense [au contraire] qu’une femme à qui l’éducation est déniée se voit dénier l’égalité ». Et « Il est important que les Etats occidentaux évitent d’empêcher les musulmans d’appliquer leur religion, par exemple, en dictant les vêtements qu’une femme musulmane doit choisir ».

C’est exactement la rhétorique des ouvrages islamiques prétendant que les femmes ne sont pas inégales aux hommes, même si le Coran commande de les frapper en cas de désobéissance et permet d’en épouser quatre, dès lors qu’elles bénéficient d’une éducation …ce qui n’est pas en effet interdit par le coran, du moins tant que cet enseignement ne critique pas le coran et ses lois inégalitaires. Obama reprend aussi la notion de « dictature », chère aux militants pro-charia pour qui tous les États qui n’appliquent pas la charia sont des dictatures.

Obama applique ici, en luttant contre ceux qui s’opposent au voile, les préceptes de Abd Al-Wahhab Khallaf : « Pour préserver la religion et la protéger de toute atteinte, Dieu a prescrit le djihad contre ceux qui s’opposent à la diffusion de l’islam. » (Abd Al-Wahhab Khallaf (1888-1956), magistrat et professeur à la faculté de droit de l’université du Caire, « Les fondements du droit musulman – Ilm Ousoul al-Fiqh » (Edition Al-Qalam 1997, 2008), etc.

Obama s’appuie sur la liberté religieuse pour défendre ces mesures : « la liberté de religion est centrale dans l’[aptitude] des peuples à vivre ensemble », dit-il. Répondons-lui par notre déclaration de 1789, qui n’était pas si athée que cela, puisqu’elle énonçait les "droits naturels, inaliénables et sacrés de l’homme", « en présence de l’Être Suprême : art 10 « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi. »

 

Conclusion

Obama affirme qu’il faut s’appuyer, pour faire la paix, sur ce que les humains ont en commun et non sur ce qui les sépare. On ne peut que partager ce point de vue. Mais si l’on veut parler des points communs aux Occidentaux et aux musulmans, on peut le faire en parlant de vertus telles que la charité, l’honnêteté, la politesse, etc., points [sur lesquels] les morales musulmane et judéo-chrétienne, ou humaniste, se rejoignent, mais pas en mentant sur des sujets tels que l’égalité et la tolérance.

Avant son discours du Caire, le 2 juin, Obama a déclaré à Canal + : « Les États-Unis et le monde occidental doivent apprendre à mieux connaître l’islam ». Mais, Barack, si vous commenciez par ne pas leur mentir sur l’islam… Il ajoutait : « d’ailleurs, si l’on compte le nombre d’Américains musulmans, on voit que les États-Unis sont l’un des plus grands pays musulmans de la planète ». Certains se sont demandé s’il prenait son rêve pour la réalité, la population indonésienne étant jusqu’à présent largement supérieure à la population musulmane aux Etats-Unis.

Le 4 juin il dit : « La vérité est que les Etats-Unis et l’islam ne [s’excluent pas l’un l’autre] ». On a alors trop peur de bien comprendre : ’que les Etats-Unis ne soient pas incompatibles avec l’islam’ ; c’est bien ce que pensent les militants [islamistes] qui veulent que l’islam règne sur les Etats-Unis comme ailleurs, en en faisant « le plus grand pays musulman de la planète »...

 

Elisseievna


© Riposte Laïque

 

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Quelques références aux discours d’Obama et aux articles d’Elisseievna sur le site de l’
UPJF

 

Obama :

 

11/06/2009 : Le discours d’Obama et ses implications pour l’Amérique: un point de vue d’historien, J. Fishman  ;11/06/2009 : Revue des éditoriaux israéliens suite au discours d’Obama au Caire (11 juin 2009) ; 11/06/2009 : Le discours qu’Obama aurait dû faire, Elie Kling ; 10/06/2009 : Obama : la stupéfiante insulte faite à Israël et aux Juifs, Anne Bayefsky ; 10/06/2009 : En un seul discours, Obama vient de renforcer l’emprise islamiste sur l’islam, LSA Oulahbib ; 10/06/2009 : Suite de la revue des éditoriaux israéliens relatifs au discours d’Obama et autres infos (9 juin 2009) ; 10/06/2009 : Revue des éditoriaux israéliens suite au discours d’Obama au Caire (9 juin 2009) ; 11/06/2009 : La laïcité offusquée, [Réflexions et précisions à propos du discours d’Obama] , Michel-Louis-Lévy ; 09/06/2009 : Le directeur d’"Israël Magazine" exprime son scandale face au revirement d’Obama ; 09/06/2009 : Egypte : la forfaiture d’Obama, qui défend le voile, la trahison d’HillaryClinton, qui le porte ; 10/06/2009 : Président Obama, veuillez reconsidérer votre position… Eli H. Hertz ; 08/06/2009 : Malheur au monde libre dont un des dirigeants est Obama, Yossi Blum-Halévy ; 08/06/2009 : D’un Juif de Netanya à un Juif des Etats-Unis, «l’un des plus grands pays musulmans de la planète» ; 07/06/2009 : Les rêveries arabes d’Obama, Caroline B. Glick ; 08/06/2009 : Pour prôner la paix et le bien commun, Obama se réfère à un verset du Coran qui appelle à la guerre ; 07/06/2009 : Barack Hussein Obama à la conquête du monde musulman, Freddy Eytan.

 

Elisseievna :

 

"L’enseignement aux jeunes musulmans en France de la haine antisémite et de la ’lutte au nom de la seule religion’" ; "Réponse aux articles de Dounia Bouzar" ; "Ce qu’enseigne à un jeune musulman un livre de l’UOIF" ; "Le droit musulman et le Jihad judiciaire" ; "Essentialisme et islamophobie : Même sophisme" ; " «Harlem Désir et ses erreurs magistrales», suivi de textes islamistes hallucinants" ;


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[L’article d’Elisseievna nous a été aimablement signalé par Victor Perez.]

 

Mis en ligne le 24 juin 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org