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Obama n’y est pas. [L’arrogance de qui prétend résoudre un problème dont il ignore tout], G. Bekhor
25/06/2009

Un article remarquable. Limpide, lapidaire, il dit tout en s’en tenant à l’essentiel. Un must à lire. A diffuser largement. (Menahem Macina).
24/06/09

 

Ynet News

 

Texte original : "Obama doesn’t get it", 22 juin.


Traduit et adapté par Artus pour www.nuitdorient.com


Quand j’ai lu que le Président Obama demanderait la normalisation des liens entre le monde arabe et Israël, dès le début de son "plan de paix", j’ai haussé les épaules. Mais quand j’ai lu qu’il s’apprêtait à installer les réfugiés palestiniens dans les pays arabes où ils vivent déjà (1) et à leur donner une compensation financière, j’ai beaucoup ri.

Des rêves, des illusions, tout autant que la vision de la "démocratie arabe" de son prédécesseur, qui s’est effondrée avec bruit amenant un désastre dans la région. C’est vraiment le plan d’un ignare qui croit que le conflit arabo-israélien peut être résolu par un geste rapide et arrogant. Il est évident que celui qui propose un tel plan ne comprend pas bien l’histoire, la démographie et surtout les appréhensions dans la région (2).

Les Etats arabes ne renonceront jamais à leur demande de renvoyer les réfugiés palestiniens en Palestine, c’est-à-dire en Israël, et peut-être, pour quelques-uns, dans les territoires autonomes. Pourquoi ? Parce que c’est un sujet sacré. Ces réfugiés sont le symbole des aspirations du monde arabe, en politique comme en religion, auxquelles personne ne peut renoncer. Cette obstination à demander le retour des réfugiés "chez eux", c’est le dénominateur commun qui relie le Hezbollah et les Chrétiens du Liban, l’Arabie saoudite et l’Iran, et cela vaut plus que de l’or. La classe politique arabe exige le "droit du retour", non pas pour le bien des Palestiniens – ne plaise a Dieu ! Car ils sont haïs en pays arabe – mais pour affaiblir l’Etat juif, pour le détruire de l’intérieur et le noyer dans la marée palestinienne. Le sort des Palestiniens ne préoccupe nullement le monde arabe, ce qui les intéresse au plus haut point, c’est le problème palestinien, car autant ils haïssent le peuple palestinien, autant ils adorent le problème palestinien, ils détestent les réfugiés, mais ils aiment "leur droit au retour". Les pays arabes n’ont pas créé et maintenu ce problème des réfugiés, depuis 61 ans, pour l’abandonner maintenant.

 

Indifférence aux craintes locales

Au fur et à mesure que le temps passe, la notion du "droit au retour" est devenue sacrée dans le monde arabe et un sujet tabou. Comme une religion. Quand Mahmoud Abbas a visité Beyrouth en 2005, il a rencontré des représentants des réfugiés et leur a promis qu’ils rentreraient "chez eux", dans leurs villages et leurs maisons, comme si ceux-ci existaient encore, et comme si Israël n’existait pas. C’est le cœur du problème, car, pour les Arabes il s’agit d’un sujet métaphysique, qui dépasse l’existence, puisque dans leur credo, les réfugiés ne reviennent pas en Israël, mais aux origines, 1948, début de leur départ.

De plus les Libanais ont ajouté une clause problématique à l’initiative du plan de paix saoudien : ils ont décidé que les réfugiés ne doivent pas être réinstallés en pays arabe. Car, si les Palestiniens sunnites recevaient la citoyenneté libanaise, l’équilibre politique changerait totalement, au détriment des chrétiens et des shiites. Aucun chrétien et aucun shiite ne l’accepterait. Or, 700 000 réfugiés vivent au Liban sans carte d’identité, sans permis de travail et sans citoyenneté.

La Syrie les abrite mais n’en veut pas, de même pour l’Egypte. Le Koweit a déjà chassé 250 000 Palestiniens après la première Guerre du Golfe. L’Irak shiite souhaiterait qu’ils disparaissent, et, en fait, une forme de "nettoyage ethnique" est en cours. Seule la Jordanie leur a donné la citoyenneté, et ils sont pleinement Jordaniens (1).


Alors, qu’offre Barack Obama ? Une solution illusoire qui contribue uniquement à ses propres objectifs, sans tenir compte des appréhensions de la région, et faisant preuve d’ignorance et de prétention (2). Tout comme [ce fut le cas des] accords Sykes-Picot, signés au siècle dernier, après la Première Guerre mondiale, quand les frontières ont été tracées sans tenir compte des gens, des tribus et des religions, avec les conséquences que l’on sait; la même chose pourrait se produire maintenant.

Comme d’habitude, un prix amer sera payé par le Moyen Orient, en sang autochtone.


Guy Bechor

 

© Ynews

 

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Notes de www.nuitdorient.com


(1) Statistiques de l’UNRWA, organisme créé en 1949 à l’instigation des pays arabes pour perpétuer le problème des réfugiés. 

Théâtres d’opérations

Camps

 

 

Nombre de
réfugiés
dans les camps

Nombre de réfugiés
inscrits

Jordanie

10

 

338,000

1,951,603

Liban

12

 

222,776

422,188

Syria

9

 

125,009

461,897

Cisjordanie

19

 

193,370

762,820

Bande de Gaza

8

 

495,006

1,073,303

Total des chiffres de l’Agence

58

 

1,373,732

4,671,811

(2) Ou fait semblant de ne pas comprendre, parce qu’il poursuit un objectif particulier.


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[Texte aimablement signalé par Louise Minnaert.]


Mis en ligne le 24 juin 2009, par
M. Macina, sur le site upjf.org