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Politique

De Lhassa, Budapest, Pékin, Prague, à Téhéran: les tyrans tuent, les démocraties se taisent, Macina
24/06/2009

Une macabre rétrospective qui en dit long sur l’"efficacité" des appels des peuples écrasés à la solidarité des nations. (Menahem Macina).

 23/06/09

 

Téhéran, juin 2009


Elle s’appelait Neda Agha-Soltan, elle avait 27 ans. Elle est morte d’une balle en plein coeur...

 

« Nous en appelons à chaque Français pour appeler ses élus à demander l’ouverture des portes des ambassades et des consulats européens en Iran pour accueillir les blessés. Il est aussi nécessaire de nous aider à rédiger des manuels de premiers soins pour les blessés par armes blanches ou par balles, et aussi de nous indiquer des techniques de protection contre les différents types de gaz lacrymogènes utilisés par les forces anti-émeutes. Il faut aussi diffuser nos liens pour faire circuler l’information et battre les lobbyistes du régime : Aidez Nous ! Aidez les Iraniens. » (Iran-Resist, 23.06.09.)

 

 

 

Chine (Tien-an-Men), juin 1989

 

Massacre de la place Tien An Men, en juin 1989: Les chars sont partis. Onze morts gisent sur la chaussée. (Photo : 64memo.com) 

 

 

Au cours des années 1949-50, la Chine envahit le Tibet. En 1951, une petite délégation tibétaine, seule face aux autorités chinoises, est contrainte de signer, à Pékin, l’infâme Accord en 17 points  par lequel le Tibet renonce à sa souveraineté : un accord inique que dénonça aussitôt le Dalaï Lama. C’est la révolte, désespérée et sans aucune chance de victoire face à la machine de guerre chinoise. Le Tibet lance alors un appel à la communauté internationale, mais celui-ci reste vain; tout le monde a les yeux tournés vers la guerre de Corée…

 

 

Tchécoslovaquie (Prague, printemps 1968)



"Printemps de Prague" (1968): Poitrine nue contre canon de char...


 

Etant donné que nos nations sont arrivées au bord du désespoir, nous avons décidé d’exprimer notre protestation et de réveiller le peuple de ce pays de la manière suivante. Notre groupe est composé de volontaires décidés à s’immoler par le feu pour notre cause. J’ai eu l’honneur de tirer le numéro un et j’ai acquis ainsi le droit d’écrire les premières lettres et de devenir le premier flambeau. Voici nos exigences : 1. Abolition immédiate de la censure. 2. Interdiction de diffuser Zpravy (les Nouvelles). Au cas où nos exigences se seraient pas satisfaites dans un délai de cinq jours, c’est-à-dire le 21 janvier 1969, et si le peuple ne manifeste pas un soutien suffisant (c’est-à-dire ne décide pas une grève illimitée), alors, d’autres flambeaux s’enflammeront.

Le flambeau no 1. (Lettre de Jan Palach)


 

Budapest, novembre 1956


Budapest: une place dévastée par les chars soviétiques

 

 « Ici l’Union des écrivains hongrois ! À tous les écrivains du monde, à toutes les fédérations savantes, à toutes les académies et associations scientifiques, à l’intelligentsia du monde entier ! Nous demandons à chacun de vous votre aide et votre soutien. Il n’y a pas d’instant à perdre. Vous savez ce qui se passe, il est inutile d’en dire plus long. Aidez la Hongrie ! Sauvez les écrivains, les savants, les paysans de Hongrie et notre intelligentsia ! Au secours ! Au secours ! Au secours ! ». (4 novembre 1956, 5 h. 08 : ultime message de Radio Kossuth, qui cesse d’émettre, à 7h 25.)

 


Lhassa (Tibet, 1951-1954)



Tibétains rendant les armes

 

Au cours des années 1949-50, la Chine envahit le Tibet. En 1951, une petite délégation tibétaine, seule face aux autorités chinoises, est contrainte de signer, à Pékin, l’infâme Accord en 17 points  par lequel le Tibet renonce à sa souveraineté : un accord inique que dénonça aussitôt le Dalaï Lama. C’est la révolte, désespérée et sans aucune chance de victoire face à la machine de guerre chinoise. Le Tibet lance alors un appel à la communauté internationale, mais celui-ci reste vain; tout le monde a les yeux tournés vers la guerre de Corée…

 

 

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Souviens-toi, Israël : voilà ce qui attend tout peuple qui prend pour argent comptant les assurances des grands de ce monde.

 

 


L’objectif est d’amener la population visée à une pensée déconnectée de la réalité : «Peut-être arrêteront-ils si nous accédons à leur demande. Peut-être le problème est-il imputable à notre manière de gérer la crise. Peut-être sommes-nous trop exigeants. Peut-être y a-t-il moyen de raisonner ces gens. Peut-être devrions-nous nous abstenir de réagir, afin de donner une chance à la paix.»

Les citoyens, devenus de plus en plus passifs et troublés, aspirent avant tout à l’apaisement. Ce trouble est manifeste quand des bandits qui font l’apologie de la terreur, au lieu de mettre en cause ceux qui la perpètrent, la décrivent plutôt de manière abstraite comme un «cycle de la violence». Cette idée induit une équivalence morale entre le terroriste et ses victimes, en effaçant la réalité de la barbarie et de la psychopathie humaines.

Il est tellement plus agréable de vivre dans un monde d’abstractions, plutôt que dans un monde habité par... Arafat, Saddam et Ben Laden.

Depuis Oslo, Israël a connu un sort malheureux. C’est à cette époque que la gauche israélienne réécrivit les livres d’histoire israélienne, laissant tomber les références à l’Holocauste et à son rôle dans la création de l’Etat, aux attaques arabes de 1948, 1967 et 1973, à l’impuissance totale des démocraties libérales, telle la France, à sauver leurs Juifs (ce qui devint une justification majeure du sionisme). Ces [nouveaux historiens] proposèrent un point de vue palestinocentrique aux adolescents israéliens, ceux-là mêmes qui allaient devoir servir dans l’armée. Tandis que Shimon Peres démontrait, dans [son ouvrage] Le nouveau Moyen-Orient (un endroit où il n’y aurait plus d’antisémitisme), qu’un Etat juif ne serait bientôt plus nécessaire, le romancier David Grossman considérait comme un mal la notion d’une auto-défense des Juifs contre l’agresseur :


«On demande maintenant aux Juifs vivant en Israël de ne pas se contenter d’abandonner des territoires géographiques. Nous devons aussi prévoir un redéploiement, ou même un retrait total de régions entières de notre âme… Lentement, sur un grand nombre d’années, nous découvrirons que nous sommes en train d’y renoncer […] Renoncer à la force comme valeur. Renoncer à l’armée elle-même comme valeur […] Renoncer au «Il est beau de mourir pour son pays», renoncer au «Tout ce qu’il y a de mieux pour l’armée de l’air» […] renoncer au «Après moi!» (la doctrine qui veut que l’officier qui commande soit le premier à faire face aux situations de danger).

Et voici le message qui se répète au travers de ces incantations: Israël, laisse tomber ton épée. "


(
N. Doidge, "Le syndrome de Stockholm, maléfice de la terreur - L’avantage du mal sur la conscience".)

 

 

 

Menahem Macina

 

© upjf.org

 


Mis en ligne le 24 juin 2009, par
M. Macina, sur le site upjf.org