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Israël (Société - mentalités)
Israël-Palestine (conflit)

Le secret d’un échec, Ze’ev B. Begin
05/07/2009

"Au cours des négociations [de 2008], il a été demandé explicitement aux négociateurs de l’OLP si, après qu’un accord, satisfaisant pour eux, ait été conclu, ils accepteraient d’y inclure une clause spécifique déclarant que cet accord met fin au différend et exclut toute exigence supplémentaire. Le gouvernement n’a pas rendu public le fait qu’à cette simple question, la direction palestinienne a sinistrement répondu par la négative." (Z.B. Begin].

05/07/09

The Jerusalem Post

Texte original anglais : "The secret of failure", 2 juillet

Traduction française : Menahem Macina pour upjf.org


Note aux responsables de sites et blogs: Cet article peut être librement reproduit, sous réserve de la mention - explicite et obligatoire - de son lien : http://www.upjf.org/contributeurs-specialises/article-16738-145-7-secret-dun-echec-ze-ev-b-begin.html

 

Même à l’ère des flux rapides d’informations qui titillent la curiosité, l’échec des négociations entre Israël et l’Autorité Palestinienne, en 2008, n’a pas donné lieu à un débat public. Mais, à l’heure où l’effort diplomatique pour la paix reprend vie, une fois de plus, il est vital de tenter de comprendre les raisons de cet échec, en se basant sur les faits connus.

Jamais les conditions n’avaient été aussi favorables à l’obtention d’une solution permanente entre le gouvernement d’Israël et l’Autorité Palestinienne, qu’en 2008. Les accords d’Oslo étaient définis, depuis le début, comme provisoires, et la responsabilité de l’échec des négociations sur le statut permanent, en 2000, pouvait incomber à Yasser Arafat, lauréat du Prix Nobel de la Paix, qui n’avait jamais changé ses critères. Pourtant, en 2008, des négociations eurent lieu entre des dirigeants de l’OLP, réputés très modérés, et un gouvernement israélien qu’on savait prêt à continuer à aller de l’avant sur la voie de la paix. En fait, le Hamas s’empara de Gaza en juin 2007, mais même cela ne détourna pas les négociateurs de leur but ; il avait été décidé de parvenir à un accord entre Israël et l’OLP et d’en remettre l’exécution à plus tard, quand les conditions seraient mûres.

Comme l’échec de ces négociations n’était pas considéré comme un scandale public, il ne donna pas lieu à un débat public, ni à quelque tentative que ce soit d’en explorer les raisons en profondeur ; ce n’est que dernièrement que quelques rapports inquiétants ont fait surface. Le Washington Post du 25 mai relatait que, selon le Président de l’OLP, Mahmoud Abbas (Abu Mazen), le Premier ministre Olmert avait accepté le principe du "droit de retour" et offert de réinstaller des milliers de réfugiés en Israël. Abbas dit aussi que Olmert lui avait offert 97% de la Judée et de la Samarie (après qu’Israël se soit déjà retiré de Gaza, en 2005). De plus, la semaine dernière, Newsweek rapportait qu’Olmert lui avait dit qu’il proposait qu’Israël renonce à sa souveraineté sur le saint Mont de Jérusalem, et suggéré qu’il soit géré conjointement par l’Arabie Saoudite, la Jordanie, l’OLP, Israël et les Etats-Unis ; ce qui a été confirmé par le négociateur palestinien, Saeb Erekat.

Alors, pourquoi les dirigeants modérés de l’OLP n’ont-ils pas saisi une offre israélienne aussi extrême ? La réponse donnée par Abbas au Washington Post en a surpris beaucoup : « Les écarts étaient trop grands ». Pourtant, il est aussi tout à fait surprenant qu’un mois entier se soit écoulé depuis l’interview sans qu’une négociation publique ait eu lieu pour tenter d’examiner la signification de cette affirmation et de comprendre ce qu’Israël doit encore faire pour combler ces manques et contribuer à un résultat des négociations, qui soit couronné de succès.

LA VERITE EST, bien entendu, qu’Israël ne peut rien faire de plus. Sans le vouloir, Olmert a enlevé le voile de modération de la face de l’OLP. Quand on affirme que l’OLP se contenterait en fait d’un geste symbolique concernant l’épineux problème des réfugiés, son refus d’accepter les propositions d’Olmert prouve que l’OLP a bel et bien l’intention d’appliquer le "droit de retour" des réfugiés dans leurs lieux de résidence originaux à Haïfa, Lod et Beersheva. Le dirigeant de l’OLP, Ahmed Qureia (Abu Ala) expliquait dernièrement à Haaretz qu’il n’était « pas honnête de demander que nous vous [Israël] reconnaissions comme l’Etat du peuple juif, parce que cela préjuge… de l’avenir des réfugiés avant que les négociations soient terminées. Notre refus est inflexible. » Pour éviter tout malentendu, Mahmoud Abbas, lors de son interview par le Washington Post, a rejeté la possibilité que l’OLP reconnaisse Israël en tant qu’Etat juif, parce que cela impliquerait la renonciation à une réinstallation massive de réfugiés.

Quoique l’Initiative Arabe de Paix contienne deux articles traitant explicitement du "droit de retour", il faudra reconnaître que la réinstallation de réfugiés en Israël n’est pas le but, mais l’instrument. Tous les signaux indiquent que le but est la suppression d’Israël en tant qu’Etat souverain en Palestine, et que c’est la source du refus inflexible opposé par l’OLP à l’acceptation d’Israël comme l’Etat-nation du peuple juif. En conséquence, même le retrait d’Israël sur la ligne de démarcation de l’armistice de 1949 – y compris celle qui traverse Jérusalem – et même son acceptation d’admettre une responsabilité pour le sort malheureux des réfugiés, et de réinstaller des milliers d’entre eux en Israël, n’aboutira pas à la cessation du combat, mais conduira, au contraire, à un nouveau chapitre d’une hostilité prolongée.

Le véritable différend ne concerne pas la croissance naturelle d’Ariel (en Samarie), mais le droit naturel du peuple juif à la souveraineté sur Carmiel (en Galilée).

CE N’EST PAS un débat théologique futile, mais une question pratique et vitale. Sa grave signification a été prouvée l’an dernier, quand, au cours des négociations, il a été demandé explicitement aux négociateurs de l’OLP si, après qu’un accord, satisfaisant pour eux, ait été conclu, ils accepteraient d’y inclure une clause spécifique déclarant que cet accord met fin au différend et exclut toute exigence supplémentaire. Le gouvernement n’a pas rendu public le fait qu’à cette simple question, la direction palestinienne a sinistrement répondu par la négative.

Aussi, la conclusion qui s’impose est que l’organisation modérée pour la libération de la Palestine de la souveraineté juive, n’est pas intéressée par la "solution à deux Etats", mais plutôt à une "solution en deux étapes". Dans la première phase, un Etat arabe sera créé à côté d’Israël ; et, dans la seconde, après une réinstallation de réfugiés à l’intérieur d’Israël, un Etat arabe sera créé, qui s’étendra du Jourdain à la Mer Méditerranée.

Dans une tentative de tester cette conclusion jusqu’au bout et de la réfuter, les gouvernements israéliens ont recouru à toutes les expériences politiques possibles. Maintenant, tous les prétextes ont été utilisés. Autrement dit, en tant que mécanisme destiné à établir une paix permanente à l’ouest du Jourdain, la "solution de deux Etats" ne peut être implémentée. Il n’y aura pas de fin à ce lamentable conflit centenaire, tant que la position des dirigeants arabes de Samarie, de Judée et de Gaza ne change pas fondamentalement.

 

Ze’ev B. Begin *

 

© The Jerusalem Post

 

* L’auteur est ministre Likoud du Cabinet.

 

Mis en ligne le 5 juillet 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org