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Israël (Société - mentalités)

Mystère à Jérusalem : où est passé l’argent des Français ? Doron Bar-Gil
12/07/2009

"De riches Juifs français ont contribué, à hauteur d’un quart de million de dollars, à un événement festif organisé en 2002 par celui qui était alors maire de la ville de Jérusalem, Ehud Olmert. L’argent, affirment-ils, était destiné à la construction d’un centre pour les victimes du terrorisme, lequel n’est jamais sorti de terre. Sur le point d’intenter un méga-procès, ils posent à nouveau la question : Où est notre argent ?" (The Marker).

12 juillet 2009

Maariv, 11 juillet


Original hébreu : "Ta’alumah birushalaim : le’an ne’elam hakesef shel hatsarfatim"


Traduction française : Menahem Macina, pour upjf.org

Note aux responsables de sites et blogs: Cet article peut être librement reproduit, sous réserve de la mention - explicite et obligatoire - de son lien : http://www.upjf.org/contributeurs-specialises/article-16782-145-7-mystere-jerusalem-est-passe-largent-francais-doron-bar-gil.html



Où est le quart de million de dollars, versé, en 2002, au "Nouveau Fonds pour Jérusalem" par de riches Juifs de France ? Telle est la question que se posent quelques-uns des donateurs qui assistaient [cette année-là] à un événement festif [à Jérusalem] et qui veulent à présent savoir ce qu’on a fait de leur argent.



Ehud Olmert - Photo Raanan Cohen


Selon eux, en 2002, à l’apogée de la deuxième Intifada, ils ont été invités personnellement en Israël par Ehoud Olmert, alors maire de Jérusalem, à un concert géant de bienfaisance. Au cours du concert, qui eut lieu au centre Davidson, près du Kotel, ils firent, affirment-ils, un don collectif de 250 000 dollars.

Selon eux, on les informa que l’argent serait consacré à la construction d’un Centre pour les victimes du terrorisme, dans le quartier de Nayot. Leur venue en Israël avait été organisée par l’Union des Juifs de France : "UPJF".

Selon l’un des donateurs, après un certain temps, il s’avéra que le centre n’avait jamais été construit. « J’étais en état de choc. J’ai cru que j’entendais mal », a-t-il dit, cette semaine, dans un hébreu maladroit. « J’ai versé 18 000 dollars, et, au final, ils n’ont pas construit  le centre ? Mais comment est-ce possible ? »


« On nous a dit de ne pas nous inquiéter »

Les Françaix décidèrent de ne pas se taire et de se mettre à enquêter sur l’affaire. Ils demandèrent à rencontrer les responsables de l’UPJF, qui, selon eux, les rassurèrent et les informèrent que l’argent avait été remis entre de bonnes mains. Mais les plaignants ne se contentèrent pas de cela et envoyèrent des lettres au "Nouveau Fonds pour Jérusalem" pour demander ce qu’il en était de l’argent dont ils avaient fait don.

Selon eux, leur lettre ne retint pas du tout l’attention du "Nouveau Fonds". Par contre, on leur téléphona, en urgence, de l’UPJF, et on leur demanda pourquoi ils avaient écrit. Un des donateurs raconte : « "Dites, vous rendez-vous compte de ce que vous faites ? Comment osez-vous faire une telle chose ?", voilà ce que m’a dit quelqu’un de très haut placé dans l’Association, quand il apprit que j’avais envoyé une lettre au "Nouveau Fonds". »  

Finalement, une rencontre eut lien entre des représentants de l’Union [UPJF] et quelques Français en colère. « Ils nous dirent de ne pas nous inquiéter, que l’argent n’avait peut-être pas été versé pour [la construction] du centre [pour les victimes de la terreur] mais qu’il avait été affecté à d’autres bonnes causes, et que le plus important était qu’ils aient versé de l’argent à l’Etat d’Israël. Moi, cela ne m’a pas satisfait. Je veux savoir ce qu’ils ont fait avec cet argent. » En fin de compte, une autre lettre fut envoyée au "Nouveau Fonds", mais cette fois encore, il n’y eut aucune réponse, ni la moindre indication sur ce qu’était devenu l’argent.

Il y a environ deux ans, le président du "Nouveau Fonds", Pinchas Weil, nommé du temps de [l’ancien maire de Jérusalem], Ouri Loupolianski, tenta de fournir des explications aux Français. « Je me souviens que Weil est venu nous dire : "Je suis nouveau dans ce poste. Laissez-moi du temps, je vérifierai où est allé l’argent", alors j’ai accepté d’attendre. J’espérais que je saurais maintenant ce qu’il en est », a déclaré, cette semaine, l’un des donateurs. A propos, Loupolianski, selon les dires des donateurs, ne savait pas du tout de quoi ils parlaient, ni de quel argent il était question.


Tous récusent quelque responsabilité que ce soit

Selon les donateurs, une lettre leur est parvenue du "Nouveau Fonds", il y a un an, par laquelle on les informait, de manière officielle, qu’en effet, l’argent n’avait pas été affecté au but pour lequel il avait été versé. Toutefois, était-il écrit, l’argent a été dédié à une série d’autres projets. Les Français ne s’estimaient pas satisfaits. Ils voulaient savoir pour quels projets précis l’argent avait été versé. Quand ils s’adressèrent à nouveau à cette institution, leur lettre resta sans effet.

En fait, jusqu’à ce jour, les Français n’ont obtenu aucune réponse à leurs plaintes, et il se peut qu’il soit trop tard. Le Nouveau Fonds est fermé et, aujourd’hui, le Fonds pour Jérusalem est, de facto, le fonds majeur de la ville.

Les bureaux du "Nouveau Fonds" sont fermés. Le dernier porte-parole du Fonds affirme qu’il n’est pas habilité à réagir du fait que « eh bien, il n’existe plus de "Nouveau Fonds" », et le directeur général, Pinchas Weil ? Son téléphone n’est accessible qu’à ceux qui connaissent son code secret.

De hauts responsables qui ont travaillé, en son temps, au Nouveau Fonds, réfutent les assertions des Français. « C’est pure invention », affirme, cette semaine, Tzvi Raviv, qui fut, en son temps, directeur général du Nouveau Fonds, avant que Weil lui succède dans ce poste.

Selon Raviv, les Français ont versé le quart de million de dollars, de leur poche, pour l’organisation du concert de bienfaisance lui-même, qui a coûté, à l’en croire, quatre cent mille dollars. A part cela, Raviv affirme qu’il n’a jamais entendu parler d’un projet comme celui de la création d’un centre pour les victimes du terrorisme. « L’argent donné par les Français, l’a été pour un seul objet : sponsoriser le concert, et c’est ce qui s’est fait », déclare Raviv.

Comme on l’a dit, il n’a pas été possible d’obtenir une réaction de Weil, ni, comme dit également, du Fonds de Jérusalem. Le porte-parole du Fonds a déclaré qu’il fallait demander la réaction de la mairie.

Mais, à la mairie de Jérusalem, on affirme qu’il ne s’agit pas d’une affaire qui est du ressort de la mairie. En cette matière, il y a lieu de souligner que l’actuelle direction de la mairie, sous l’autorité de Nir Barkat [nouveau maire de Jérusalem], n’a aucun lien avec cette affaire.

Le bureau de l’Ancien Premier ministre, Ehud Olmert fait savoir, à ce propos : Monsieur Olmert est aujourd’hui un simple citoyen et il n’a pas de raison de réagir à cette affaire.


Doron Bar-Gil

 

© Maariv

 

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Note du traducteur :

Pour en savoir plus sur les difficultés structurelles et financières du "Nouveau Fonds pour Jérusalem", se reporter à l’article, long et très fouillé, de Shuki Sadeh, "haqeren hahadashah liroushalaim : mo’adon hahaverim shel ehud olmert" [Le Nouveau Fonds pour Jérusalem : club des amis de Ehud Olmert], paru le 13 juin 2008 sur le site The Marker.

Les sites du Nouveau Fonds (en hébreu et en anglais) sont toujours en ligne.


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Mis en ligne le 12 juillet 2009, par
M. Macina, sur le site upjf.org