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Contentieux palestino-israélien

Erekat: Pas de Juifs dans l’Etat palestinien. L’AP ne doit pas se presser, Israël proposera plus
16/07/2009

Une fois de plus, c’est à notre traducteur bénévole (mais extrêmement compétent !), Jean Szlamowicz, que nous devons cette traduction. A défaut de commenter, comme ils le mériteraient, les propos époustouflants de S. Erekat, j’ai mis en rouge les passages qui méritent la honte, et qui, en tout état de cause, constituent un avertissement pour ceux qui prennent encore leurs désirs pour des réalités et se convainquent, à grand renfort de méthode Coué, que les dirigeants palestiniens sont des partenaires réalistes, à défaut d’être sincères et réellement épris de paix, et qu’ils seront bien obligés de modérer leurs exigences extravagantes. Je l’ai cru longtemps moi-même. Aujourd’hui, j’ai perdu toutes mes illusions, et ce texte, parmi d’autres mis en ligne récemment, n’est pas de nature à dissiper mon pessimisme. (Menahem Macina).


14 juillet 2009

Texte original anglais :  "PA’s Erekat: No Jews Allowed In Palestinian State - PA Need Not Hurry, Israel Keeps Offering More"


Traduction française : Jean Szlamowicz, pour upjf.org

Note aux responsables de sites et blogs: Cet article peut être librement reproduit, sous réserve de la mention - explicite et obligatoire - de son lien : http://www.upjf.org/propagande-anti-israelienne/article-16798-114-2-erekat-pas-juifs-letat-palestinien-lap-doit-pas-presser-israel-proposera.html


Le haut responsable de l’Autorité Palestinienne (AP) et chef de son service de négociations, Saeb Erekat, a déclaré, dans une longue interview donnée à un journal arabe, qu’aucun Juif ne serait autorisé à résider dans un Etat palestinien, que les Palestiniens ont « un droit absolu » sur la partie est de Jérusalem,  et que les positions d’Israël dans les négociations n’ayant cessé de faiblir, au fil des années, tandis que se multipliaient ses concessions, les Palestiniens ne doivent rien accepter aujourd’hui, mais laisser Israël céder encore davantage.

 

Quelques remarques d’Erekat dans le quotidien jordanien, Al-Dustour

 

·         [De la même façon], personne ne doit accepter que des colons juifs restent dans un Etat palestinien. Nous ne devons pas comparer un Palestinien, dont la famille vivait ici longtemps avant que Netanyahu ou ses ancêtres ne débarquent, et qui continue d’y vivre, à un colon qui vit sur le sol palestinien (et ne doit sa présence qu’à la coercition, l’oppression et un usage inacceptable de la force). Nous ne devons pas parler d’échange de terre avant d’avoir rétabli notre souveraineté dans les faits. Nous avons un droit absolu sur Jérusalem-est. Nous ne pouvons pas écouter ceux qui se posent la question de la gestion de Al-Aqsa. Nous révérons la sainte mosquée Al-Aqsa, comme l’église du Saint Sépulcre mais ces lieux ne sont pas fondamentalement différents de Rafah, Jéricho, ou du camp de réfugiés de Aqbat Jabr. Ces endroits ont été envahis par Israël et je ne fais pas de distinction entre eux. Personne n’a le droit de dire que Al-Aqsa doit être sous la responsabilité d’une instance « musulmane », ou « arabe » [plutôt que palestinienne].

·         Beaucoup de gens disent que les négociations israélo-palestiniennes des dix ou quinze dernières années ont été inutiles et n’ont rien donné, mais ce n’est pas vrai. En 1994 [c’est-à-dire pendant les négociations d’Oslo], le camp palestinien aurait pu capituler et obtenir quelque chose en moins d’un mois : nous aurions pu accepter de nous charger de la gestion du système d’éducation et de santé en Cisjordanie. De la même manière, Yasser Arafat aurait pu accepter ce qu’on lui proposait à Camp David [en 2000], au lieu de se laisser assiéger dans la Muqata’a, pour finalement se faire assassiner sans raison. Le président Mahmoud Abbas aurait pu accepter les propositions faites par Olmert, en décembre 2008, mais il a préféré attendre... Certains demandent ce que les négociations avec les Israéliens nous ont apporté. Au début, les Israéliens avaient dit que nous n’aurions le droit que de diriger les écoles et les hôpitaux. Ensuite, ils ont consenti à nous donner 66% des territoires occupés. A Camp David, ils nous ont offert 90%, et récemment, ils ont offert 100%. Pourquoi nous presser, après toutes les injustices dont nous avons eu à souffrir ? Un accord n’aurait de toute manière aucune stabilité s’il n’est pas fondé sur le droit international.

·         Le problème des réfugiés palestiniens n’est pas la conséquence d’une éruption volcanique, d’un tremblement de terre, ou d’une inondation : quelqu’un en est responsable. Avant de parler de droit international, nous devons montrer du doigt les responsabilités et Israël doit reconnaître sa responsabilité. Les responsables palestiniens n’ont pas le droit de décider du sort des réfugiés, seuls les réfugiés eux-mêmes peuvent décider de leur propre sort. Ce n’est pas non plus à la communauté internationale d’en décider. C’est au réfugié lui-même de choisir s’il veut retourner en Israël, en Palestine, ou rester là où il est. Dans tous les cas, il a droit à une compensation. On ne peut lui imposer de choisir entre droit au retour et compensation : il a droit aux deux. Si Israël devait reconnaître sa responsabilité et si la communauté internationale voulait résoudre ce conflit, il faudrait établir un mécanisme international permettant de débloquer une somme que j’estime à 140 milliards de dollars.

·         Nous ne considérons pas que l’Iran soit une menace pour nous. Nous sommes parfois en accord et parfois en désaccord avec l’Iran. Je veux que l’Iran soutienne la cause palestinienne sans prendre parti pour un camp contre l’autre [le Hamas contre l’OLP/Fatah]. Mais l’Iran n’est pas une menace pour la région : il ne s’agit là que d’une invention de Netanyahu pour convaincre le reste du monde. »

·         Obama doit annoncer son initiative pour relancer le processus de paix le plus tôt possible, sinon la région s’embrasera et connaîtra violence, chaos et extrémisme. C’est un vrai problème, qui doit être résolu.

(MEMRI: Saeb Ereqat: Over the Years, Israël Has Gradually Withdrawn from Its Positions; Therefore, We Have No Reason to Hurry, Middle East Media Research Institute - MEMRI, July 13, 2009).

 

Morton A. Klein, président de ZOA a déclaré :

Saeb Erekat démontre que l’AP reste opposée au droit à l’existence d’Israël en tant qu’Etat juif. Il apporte ainsi la preuve, s’il en était encore besoin, que la doctrine palestinienne officielle est de faire de la Judée, de la Samarie et de Jérusalem-est des zones judenrein. Parallèlement, il démontre aussi que les propos, en anglais, du représentant de l’AP, Salaam Fayyad, devant un public américain, où il semblait dire que les Juifs seraient autorisés à vivre dans un futur Etat palestinien, étaient des mensonges.

Si les Palestiniens sont incapables d’accepter une présence juive dans un futur Etat palestinien, ce fait, à lui seul, montre qu’ils ne sont pas prêts à vivre en paix avec Israël. Comment pourrait-on soutenir qu’un peuple qui tient tellement à expulser les Juifs de ses frontières, qui fait de la vente de terrain à un Juif un délit, et qui procède au lynchage de toute personne jugée coupable de "collaboration" avec des Juifs, en cas de vente de terre, est réellement prêt à vivre en paix avec un Etat juif comme Israël ?

Erekat montre aussi que l’AP a l’habitude d’obtenir des concessions israéliennes sans jamais rien céder en retour. La franchise de ses propos sur ce sujet souligne à quel point Israël s’est mutilé en ne cessant de faire à des concessions, souvent unilatérales, sans exiger des Palestiniens qu’ils respectent leurs engagements - signés lors des accords d’Oslo, ou lors de la feuille de route de 2003 - de mettre un terme aux actes terroristes, de les décréter hors-la-loi, et de mettre fin aux incitations à la haine et au meurtre, dans les médias, les mosquées, les écoles et les camps de jeunesse, contrôlés par l’AP, appels qui ne cessent d’alimenter le terrorisme.

·         En exigeant un prétendu « droit au retour » pour les réfugiés palestiniens de la guerre de 1948 et leurs millions de descendants ;

·         en demandant que le coeur du peuple juif et du judaïsme – Jérusalem  – soit démantelé et remis aux mains d’un régime palestinien qui n’a jamais dirigé la ville, laquelle n’a jamais été sa capitale ;

·         en faisant comme si l’Iran ne constituait pas une menace pour Israël, pour la région ou pour les Etats-Unis ;

·         et en évoquant même le scandaleux mensonge selon lequel Yasser Arafat aurait été assassiné par Israël,

Erekat fournit des indices clairs du refus palestinien d’Israël en tant qu’Etat juif, et de ses prétextes et différentes stratégies pour délégitimer Israël.

 

© ZOA

 

[Texte aimablement signalé par IMRA.]


Mis en ligne le 15 juillet 2009, par
M. Macina, sur le site upjf.org