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Israël: troubles en vue pour l’évacuation d’avant-postes par la police et l’armée, Pfeffer & Lis
23/07/2009

22/07/2009

Haaretz

Texte original anglais : "Police set up operations unit ahead of outpost evacuation"

 

Traduction française : Menahem Macina, pour upjf.org

Note aux responsables de sites et blogs: Cet article peut être librement reproduit, sous réserve de la mention - explicite et obligatoire - de son lien : http://www.upjf.org/societe-israelienne/article-16835-130-5-israel-troubles-en-vue-evacuation-avant-postes-police-armee-pfeffer-lis.html

 

Le district de police de Shai, qui est responsable pour la Cisjordanie, a mis en place un poste de commandement spécial pour s’occuper des préparatifs d’une évacuation de grande envergure d’avant-postes illégaux.

Le gouvernement n’a pas encore formellement ordonné au ministère de la Défense de commencer les préparatifs, aussi l’ordre n’a pas encore été donné officiellement. Toutefois, les habitants des implantations ont déjà mis en place leur propre "contre-commandement" pour organiser la résistance aux évacuations prévues.

La nouvelle unité sera dirigée par le général de brigade, Amitai Levy, commandant des forces de la police des frontières en Cisjordanie. Elle suivra le modèle des commandements spéciaux créés dans la Bande de Gaza et en Cisjordanie septentrionale avant l’évacuation des implantations de ces régions, au cours du désengagement de 2005.

Bien que le commandement ait été mis en place par la police, toutes les opérations de police en Cisjordanie sont formellement placées sous l’autorité des forces de Défense d’Israël. Par conséquent, dès que le gouvernement donnera l’ordre de commencer les préparatifs, toutes les unités de Tsahal impliquées dans les évacuations seront vraisemblablement rattachées au commandement.

Comme Haaretz l’a relaté, mardi, le premier exercice dirigé par le nouveau commandement a eu lieu, il y a deux semaines, dans une base de l’armée. Cet exercice, qui a simulé l’évacuation simultanée de plusieurs avant-postes, a été réalisé par trois compagnies de la police des frontières et différentes unités de police - dont un groupe de policiers à cheval et un autre appartenant à l’unité d’élite anti-terroriste, Yamam -, ainsi que par certaines forces militaires, dont un groupe du Corps médical de Tsahal.

Bien que toute les opérations de police de Cisjordanie aient lieu sous l’égide de Tsahal, et du chef du Commandement Central, Gadi Shamni, ainsi que du général de brigade, Noam Tibon, et que le commandant des forces de Tsahal pour la Cisjordanie ait supervisé l’exercice, l’armée tente de minimiser sa participation aux évacuations des avant-postes. Le chef d’Etat-major de Tsahal, Gabi Ashkenazi, a affirmé publiquement, et à plusieurs reprises, ces derniers mois, qu’il croit que c’est aux policiers d’évacuer les avant-postes, tandis que les soldats ne doivent être responsables que de garder le périmètre du secteur évacué. S’occuper des civils est la tâche de la police, argue Ashkenazi, alors que celle de l’armée est d’assurer la sécurité.

Pour cette raison, l’armée n’apprécie guère le plan en cours de mise au point par les milieux de la Défense, pour l’évacuation simultanée des 23 avant-postes créés après mars 2001, et qu’Israël a promis, à plusieurs reprises, à Washington, de démanteler.

Du fait que la police n’a pas assez de personnel pour évacuer elle-même 23 avant-postes, ce plan nécessitera aussi la participation physique de soldats à l’expulsion des habitants des implantations.

Mais les préoccupations de l’armée n’ont pas seulement trait à la définition formelle de sa mission. Sa véritable crainte est que cette participation de Tsahal à un nouveau round d’évacuations de grande ampleur ne suscite, chez les habitants des implantations, une vague massive de refus de servir, et peut-être même des affrontements physiques entre les forces d’évacuation et les soldats et les officiers qui résident eux-mêmes dans des avant-postes.

Au bureau du ministre de la Défense, Ehud Barak, tout le monde n’apprécie pas la position d’Ashkenazi. « Les décisions seront prises par le gouvernement, et ce n’est pas l’armée qui décide de ses missions », a-t-on dit.

Pour mémoire, cependant, le bureau de Barak a insisté sur le fait que « le ministre de la Défense et le chef d’Etat-major voient les choses du même oeil dans cette affaire ».

Le plan d’évacuation simultanée pose un problème plus technique, à savoir : que les chances pour que l’armée puisse la tenir cachée aux habitants des implantations, afin de les empêcher de mobiliser leurs forces et ainsi réduire au minimum les affrontements, sont à peu près nulles. L’exercice exécuté il y a deux semaines avait été révélé aux habitants des implantations par un policier des frontières qui y participait, et le plan du nouveau commandement est, lui aussi, rapidement venu à la connaissance des avant-postes.

Il y a quelques jours, des avertissements ont été affichés sur des routes de Cisjordanie appelant quiconque décèle un mouvement suspect des forces de l’ordre, ou entend parler d’une évacuation prévue, à appeler une ligne directe des avant-postes qui fonctionnera 24 heures sur 24, et ce même - sur autorisation spéciale de Rabbi Dov Lior, de Kiryat Arba - durant le Shabbat, quand la loi juive interdit normalement l’utilisation du téléphone. Dès réception d’une information qu’une évacuation se prépare, des activistes mobiliseront des milliers de personnes qui viendront dans les avant-postes combattre l’évacuation, tandis que d’autres bloqueront des routes et s’engageront dans d’autres actions de protestation à l’intérieur de la Ligne Verte.

En vue de ce jour, les activistes ont choisi de ne pas s’épuiser à affronter les forces de sécurité pour toute évacuation mineure de quelques caravanes, ici ou là. Par contre, ils ont opté pour une politique "d’affichage de prix", c’est-à-dire, des attaques de Palestiniens ou de leurs biens, en représailles pour ces évacuations.

Mardi, cependant, des habitants de Bat Ayin, la plus ancienne implantation de Cisjordanie, s’en sont pris à des policiers venus arrêter deux habitants suspectés de troubler l’ordre public. Un colon a été légèrement blessé et un autre a été arrêté.

 

Anshel Pfeffer et Jonathan Lis

 

© Haaretz

 

Texte signalé par IMRA - Independent Media Review and Analysis

 

Mis en ligne le 22 juillet 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org