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Israël (Société - mentalités)
Jérusalem

La crise de l’habitat juif à Jérusalem
23/07/2009

23/07/09


Éditorial du Washington Times, 21 juillet

Titre anglais original : Jewish housing crisis

 

Traduction française : Objectif-info

 

Le Département d’Etat ne voit pas les deux faces du conflit du Moyen-Orient


La dernière menace pour la paix au Moyen-orient n’est pas le tir d’une roquette en provenance de Gaza, ni un attentat terroriste. C’est un projet de construction d’appartements à Jérusalem, du moins aux yeux du ministère des Affaires étrangères [1].

La semaine dernière, le Département d’État a demandé à l’ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis, Michael Oren, de faire en sorte que soit stoppée la construction de 20 logements résidentiels sur l’emplacement du Shepherd Hotel, à proximité d’une banlieue arabe de Jérusalem-est.

L’accès de colère provoqué au Département d’État par ces 20 nouvelles unités contraste avec le silence officiel des Etats-Unis sur les innombrables logements palestiniens construits illégalement à Jérusalem. Selon l’ouvrage de Justus Reid Weiner, publié en 2003, "Les constructions illégales à Jérusalem" [2], un responsable palestinien s’est vanté de ce que 6 000 habitations avaient été construites sans permis en quatre ans. Certaines d’entre elles ont été financées par des sources étrangères qui sont peu intéressées à promouvoir la paix.

Dimanche, Yuval Diskin, le chef du Shin Bet, révélait que Youssouf Qaradawi, un cheikh vivant au Qatar, avait fait un don de 21 millions de dollars à une institution de charité fondée par le Hamas pour acheter des terrains et construire des habitations à Jérusalem. M. Qaradawi, de nationalité égyptienne, est un soutien de longue date du Hamas, qui estime que les attentats-suicide sont "la preuve de la justice de Dieu." Le 9 janvier 2009, dans un sermon diffusé sur Al Jazeera il disait : « Ô Allah, occupe-toi de cette bande d’oppresseur juifs sionistes. Ô Allah, n’épargne pas un seul d’entre eux. Ô Allah, dénombre-les, et tue-les jusqu’au tout dernier. »

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a apporté sa contribution à la polémique en clamant que « la Ville Sainte fait face aujourd’hui à de vrais dangers, à une tentative de la transformer en une ville exclusivement juive en gommant ses origines historiques, islamiques et chrétiennes ». M. Abbas devrait étudier davantage l’histoire. Jérusalem est plus facile d’accès et religieusement libre sous administration israélienne qu’elle ne l’a jamais été auparavant. Les lieux saints de toutes les religions sont également protégés par la loi, ce qui n’était pas le cas avant l’unification de la ville, il y a 40 ans. Selon Abdallah el-Tal, commandant de la Légion arabe, les troupes arabes avaient transformé le quartier juif de Jérusalem-est en "cimetière", quand elles l’avaient envahi, en 1948 [3].

Aujourd’hui, dans la Jérusalem réunifiée, des centaines de musulmans se recueillent, chaque vendredi, à la mosquée Al-Aqsa, sur le Mont du Temple, pour prier sans se cacher, en toute liberté. On peut bien se demander où, dans le monde arabe, des centaines de juifs seraient autorisés à prier publiquement, surtout dans un lieu saint musulman. Puisqu’il en est question, on peut bien se demander aussi où il y a encore des centaines de Juifs dans le monde arabe.

La dernière controverse fait suite aux avertissements de la secrétaire d’Etat, Hillary Rodham Clinton, pour qui "la croissance naturelle"- euphémisme qu’elle emploie pour parler des nouveaux-nés juifs -, n’est pas autorisée en Cisjordanie. Mais il n’y a aucune déclaration des personnalités officielles sur le droit des Palestiniens de se reproduire en Israël. Cette approche déséquilibrée du processus de paix a provoqué de lourdes suspicions chez les Israéliens. Un sondage publié le mois dernier dans le Jerusalem Post, a apporté la preuve que seuls 6 pour cent d’entre eux pensent que la politique du président Obama est favorable à Israël, alors que 50 pour cent l’estiment pro-palestinienne.

La semaine dernière, M. Obama a réuni d’importants dirigeants juifs américains pour leur assurer qu’il est un ami d’Israël. Mais comme dit l’adage, avec de tels amis… [4]

 

© The Washington Times


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Notes de Menahem Macina


(1) Littéralement "Foggy Bottom", dépression brumeuse, parce que, avec d’autres services importants, ce ministère se trouve dans ce quartier de Washington, qui date du XIXe siècle, et est ainsi nommé, dit-on, parce que sa très faible altitude était cause que des couches de brouillards le recouvraient souvent (voir Wikipedia).

[2] On peut consulter un résumé de ce livre sur le site du JCPA "Les constructions illégales à Jérusalem", qui fournit plusieurs graphiques statistiques montrant le développement effarant des constructions arabes dans la Vieille Ville de Jérusalem, depuis 1967.

[3] Voir le récit de Joseph I. Ungar, "Arab Cleansing of the Old City – 1948".

[4] Avec de tels amis, qui a besoin d’ennemis ?


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Mis en ligne le 23 juillet 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org