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Israël (Société - mentalités)
Israël-Palestine (conflit)

Les véritables obstacles à la paix, Moshe Elad
23/07/2009

23/07/09

Ynet News, 11 juillet

Titre anglais original : The real obstacles to peace 


Traduction française
: Objectif-info

 

Le chaos palestinien et l’approche occidentale sont à la racine de l’échec dans la résolution du conflit


L’engagement du ministre de la défense d’évacuer 23 avant-postes non autorisés est intervenu au bon moment, et sa mise en œuvre devrait réduire, pour un temps, l’intensité des pressions internationales sur Israël.

L’engagement a été pris par Barak, avec l’envoyé spécial américain, à l’issue une incroyable campagne occidentale dûment coordonnée. Quand des dirigeants occidentaux se permettent de sermonner Israël sur la question des implantations et des avant-postes, et quand les critiques d’Obama, de Brown, de Sarkozy et de Merkel se révèlent quasiment identiques, il nous faut réévaluer la sincérité de l’attitude occidentale vis-à-vis de nous.

Des déclarations aussi hypocrites ravalent "les intermédiaires loyaux" à un statut proche de celui de la commission d’enquête, exclusivement préoccupée par les "crimes d’Israël" au cours de l’opération Plomb fondu. Même les Israéliens qui croient qu’un compromis douloureux sur la Cisjordanie est une nécessité, commencent à être excédés par la tendance des dirigeants occidentaux à voir le conflit israélo-palestinien au seul prisme des implantations.

J’ai bien peur qu’une fois parvenus à l’étape où les implantations seront démantelées, les conseillers pour le Moyen-Orient d’Obama et de ses collègues ne se demandent : « dans quel enfer sommes-nous, à présent ? »

Les responsables occidentaux ont pratiquement forcé Netanyahou à prononcer les cinq mots "deux Etats pour deux peuples." Génial ! Pourtant, ont-ils observé que l’une des deux parties, le peuple palestinien, se décompose sous leurs yeux, et que cela n’a rien à voir avec les implantations ? Sont-ils conscients du fait que le véritable obstacle à la paix est la haine intense qui déferle sur la société palestinienne ; le genre de haine qui compromet totalement l’émergence d’un leadership palestinien responsable ?

Cette haine est apparue dans la seconde moitié des années 90. Arafat utilisa, à l’époque, un procédé hautement humiliant en ordonnant de raser les barbes des hommes du Hamas à Gaza. Elle a connu son apogée en juin 2007, à Gaza encore, avec un massacre brutal, nourri par la vengeance, commis par le Hamas contre les hommes du Fatah. Cette haine apparue au sein des "territoires" a produit une société divisée et déchirée ; les tentatives égyptiennes pour la réunir ont explosé, maintes et maintes fois, aux visages d’Omar Suleiman et de Hosni Moubarak.

Du fait de cet échec, les Égyptiens ont essayé, avec la coopération de l’Europe, d’appâter les deux parties moyennant de grosses sommes d’argent affectées à "la réhabilitation de Gaza", pour autant qu’un gouvernement d’unité nationale soit formé. Un gouvernement d’unité ? Qui peut réunir le bourreau et ses victimes ?

L’Occident invoque fréquemment son soutien à la création d’un Etat palestinien. Un Etat ? Qui exactement le dirigera ? Mahmoud Abbas, un homme politiquement sans pouvoir, qui est en exil dans son propre pays, ou Khaled Mashaal, un fondamentaliste islamique ? Après tout, il est évident que le véritable obstacle à la paix réside dans l’absence d’une direction palestinienne sérieuse et d’un partenaire autorisé, dont la parole sera tenue et dont la signature au bas des accords sera pleinement honorée.

La source inépuisable des fonds d’assistance

L’histoire n’est pas accommodante avec les Palestiniens sur ce terrain : depuis 1948, Yasser Arafat, le seul chef qui soit parvenu à recueillir l’appui de la majorité dans les "territoires" est retourné au terrorisme et à la lutte armée à un moment de vérité. Depuis son départ, les Palestiniens portent de jolis costumes, mais ils demeurent une collection de groupes terroristes sans un berger responsable à leur tête.

Par conséquent, le véritable obstacle à la paix se déplace sur un axe qui va de la doctrine de Tzipi Lvni - "nous parlons avec qui est en face de nous," - à "attendons le prochain dirigeant", selon le point de vue du ministre Bogi Yaalon.

Un autre obstacle est la source inépuisable des fonds d’assistance aux Palestiniens. Depuis les années 90, ils ont gaspillé des milliards de dollars et d’euros versés par "les Etats donateurs". Les dirigeants du Japon, de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne, des Etats scandinaves, et des États-Unis devraient être assez courageux pour regarder dans les yeux les contribuables de leur pays et admettre que leurs contributions n’ont fait que renforcer les groupes terroristes de notre région. D’ailleurs, ils ont fait des "territoires", un endroit où la population travaillait dur et avec efficacité, une « Autorité » mendiante, intoxiquée par les dons, et sans perspective de réhabilitation.

N’importe où dans le monde, les fonds versés à l’Autorité palestinienne auraient été suffisants pour développer une infrastructure industrielle, fournir des emplois, des logements, et une voiture pour chaque travailleur. Mais, dans les "territoires" ces fonds ont été engloutis pour l’armement du terrorisme, les comptes personnels, et les usines incapables de fonctionner. La seule chose qui importe, c’est que l’Occident se lave les mains du problème, tout en s’imaginant qu’il favorise la paix dans notre région.

Ce qui fait obstacle à la paix n’est pas indépendant non plus de l’approche occidentale de notre conflit. Il s’agit de son attitude partisane ; de l’indifférence avec laquelle il accepte l’enlèvement de Gilad Shalit ; de ses égards exagérés envers le Fatah corrompu ; de la compréhension témoignée aux exigences des terroristes du Hamas, tout en se disant strict et impartial à l’égard de notre démocratie assiégée.

Un autre obstacle découle de l’incapacité des experts du Moyen-Orient à comprendre la situation ; par exemple, l’excitation provoquée par les rapports du Général Dayton, qui fanfaronne sur les forces du Fatah entraînées pour combattre le terrorisme en Cisjordanie. Laissons-les faire un essai face au Hamas, avant de retirer les troupes israéliennes de la zone. Les États-Unis doivent se prendre par la main et faire ce genre d’expérience en Corée du Nord, pas ici.

Le jour où Israël aura achevé l’évacuation du 23ème avant-poste, il doit exiger des dirigeants occidentaux une réévaluation de la suite du processus. L’Occident ne doit pas interpréter le signe de bonne volonté d’Israël quand il démantèle des avant-postes comme un simple "commencement." Les dirigeants occidentaux ne devront pas déclamer un si prévisible : "C’est un bon début, mais ce n’est pas assez." Ils devraient réserver cette réponse aux Palestiniens, et en même temps exiger d’eux une série d’actions dans la direction qu’ils souhaitent poursuivre.

 

Moshe Elad

 

© Ynet News

 

* Colonel de réserve, Moshe Elad, a occupé des postes à responsabilité en Judée et en Samarie. Aujourd’hui il enseigne à l’Academic College, en Galilée occidentale.

 

Mis en ligne le 23 juillet 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org