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Clarification d’Obama : C’est Israël qui pose problème, pas les Palestiniens
19/07/2009

19/07/09

Sur le site One Jerusalem, 15 juillet


Texte original anglais: "Obama Clarifies: Israel Is The Problem Not The Palestinians"


Traduction française : Menahem
Macina, pour upjf.org

Note aux responsables de sites et blogs: Cet article peut être librement reproduit, sous réserve de la mention - explicite et obligatoire - de son lien : http://www.upjf.org/actualitees-upjf/article-16824-145-7-clarification-dobama-cest-israel-pose-probleme-pas-palestiniens.html

 

Le Président Obama a invité un groupe très restreint de dirigeants juifs à la Maison Blanche. Comme dans toutes ses rencontres, Obama s’assure que ses supporters soient majoritaires dans la pièce. Flanqué des membres de son équipe, Rahm Emmanuel et David Axelrod, Obama a truffé la liste des invités de Juifs américains de Gauche. Des groupes comme La Paix Maintenant, Le Conseil National Juif Démocrate, et La Rue Juive, tous opposés au gouvernement élu de Benjamin Netanyahu, faisaient partie des "grandes organisations juives" emblématiques. Obama avait fait en sorte que les groupes soutenant l’aile droite du gouvernement de Benjamin Netanyahu constituent une minorité distincte.

A partir des quelques comptes-rendus publiés et d’autres sources, One Jerusalem, a réalisé une photographie de ce qui s’est passé lors de cette rencontre. En résumé, Obama a dit clairement qu’il éprouvait la nécessité de pousser Israël à traiter avec les Palestiniens. Ce qui signifie qu’Obama envisage d’obliger Israël à faire des compromis sur Jérusalem, les implantations, la Cisjordanie, et peut-être le droit de retour. La réalité du terrain ne le dissuadera pas (on y reviendra plus loin), et il voit une équivalence morale entre la situation difficile des Palestiniens et la détresse de l’Etat d’Israël [1].

Quand Malcom Hoenlein, de la Conférence des Présidents des Grandes Organisations Juives Américaines, plaida que le progrès sur le front palestinien se produirait quand il n’y aurait plus "d’ombre" entre les politiques des Etats-Unis et d’Israël, Obama répliqua que malgré l’intense soutien du Président Bush, aucun progrès n’a été accompli. Quand Hoenlein mit l’accent sur le fait qu’Israël avait pris l’initiative considérable de se retirer de Gaza (One Jerusalem était opposé à cette opération), et qu’auparavant, sous d’autres Administrations cordiales, Israël avait fait un énorme effort, comme par exemple celui d’accepter la Feuille de Route; mais malgré ces faits Obama refusa de changer d’avis.

Notre ami, Rick Richman, a fait un travail superbe en répondant à Obama.


Ce qui suit constituera ma récapitulation des progrès accomplis [par Israël] durant les huit années écoulées, et qu’Obama a apparemment négligés dans sa réponse au groupe :

  • Après que les Palestinien aient rejeté l’offre d’un Etat, à Camp David, en 2000, les Paramètres de Clinton en 2001, et mené une guerre terroriste contre des civils israéliens de septembre 2000 à 2002, Israël a néanmoins accepté, en 2003, la "Feuille de Route basée sur les réalisations", en vue de la création d’un Etat Palestinien, malgré les réserves concernant la manière dont ce plan serait mis en œuvre.
  • En 2003 et par la suite, Israël a cessé toute création d’implantation – selon sa compréhension des obligations de la Phase I de la Feuille de Route (pas de nouvelles implantations ; pas de constructions au-delà des limites des implantations) – croyant que les responsables américains étaient d’accord avec son interprétation de cette obligation.
  • En 2004, bien que l’Autorité Palestinienne ait omis de remplir ses propres obligations de la Phase I de la Feuille de Route (efforts soutenus pour démanteler les groupes et les infrastructures terroristes) Israël n’en a pas moins offert de démanteler toutes les implantations existantes à Gaza (pas seulement les "avant-postes"), de retirer tous les soldats israéliens, et de remettre toute la région à l’Autorité Palestinienne, en échange d’un engagement écrit américain pour des frontières défendables et la conservation des grands blocs d’implantations nécessaires à leur sécurité.
  • En 2005, après avoir obtenu l’engagement américain, Israël procéda au désengagement de Gaza, malgré le bouleversement politique et social qu’il causait, dont la dislocation du parti au pouvoir et des manifestations dans tout le territoire national, et – sur l’insistance du Département d’Etat – il démantela encore quatre implantations (pas seulement des "avant-postes"), en Cisjordanie également, pour démontrer que le désengagement concernerait "Gaza d’abord", et non "Gaza en dernier".
  • En 2006, après l’élection, par les Palestiniens, de leur premier groupe terroriste à la tête de leur gouvernement, les Israéliens n’en réélirent pas moins Kadima sur un programme de "convergence" (nouveau nom du retrait de Cisjordanie) [2], qu’ils auraient réalisé si ne s’étaient produites les attaques du Hamas à partir de Gaza, et celle du Hezbollah à partir du Liban, qui entraînèrent deux guerres et convainquirent finalement que les retraits étaient une folie.
  • En 2007, malgré la non-implémentation palestinienne de sa Phase I de démantèlement [des organisations terroristes] et son rejet catégorique de la Phase II (un Etat avec souveraineté provisoire avant les négociations du statut final de la Phase III), Israël accepta d’entrer immédiatement en négociation sur le statut final, une fois de plus, selon le "Processus d’Annapolis" [3].
  • Tout au long de 2008, Israël a négocié avec son "partenaire pour la paix", selon un processus accéléré, et a proposé 100 % de la Cisjordanie (après des échanges de territoires), pour un Etat [palestinien], en faisant des concessions sur des questions importantes ; mais le tout a été rejeté.
  • Durant cette période de huit ans, les concessions palestiniennes (également connues sous l’expression de "progrès" réciproque), peuvent être énumérées plus brièvement : zéro.


Mais Obama a réitéré son engagement de contraindre Israël à donner aux Palestiniens ce qu’ils veulent. En d’autres termes, malgré les faits, il refuse de se laisser détourner de ses idées préconçues.

One Jerusalem a averti les partisans d’Israël de ce que l’Administration Obama est fermement décidée à user de tout son pouvoir pour forcer Israël à céder, même si cela implique de diviser Jérusalem et d’affaiblir la sécurité [de l’Etat d’Israël]. Nous devons continuer à enrôler des gens dans la campagne de défense d’Israël et de Jérusalem. Signer notre pétition pour Jérusalem est un moyen sûr de rester informé des nouvelles importantes que vous n’obtiendrez probablement pas ailleurs, et de bénéficier des analyses d’initiés.

A mesure que les problèmes intérieurs d’Obama se multiplient, attendez-vous à ce qu’il fasse preuve d’autorité en dénigrant Israël. Nous devons être prêts à riposter.

 

© upjf.org


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Notes du traducteur

 

[1] Anne Bayefsky, a très bien épinglé ce phénomène, dans son article du 9 juin, "Obama : la stupéfiante insulte faite à Israël et aux Juifs" : "Obama a recherché l’approbation arabe en faisant une équivalence morale entre ceux qui ont rejeté Israël dès le début - et qui aspirent encore à sa destruction, ou à un « droit au retour » qui signifierait la fin d’une majorité juive - et les Juifs, qui se défendent depuis le 14 mai 1948. A en croire Obama : « il y a une impasse : deux peuples aux aspirations légitimes, chacun étant porteur d’une histoire douloureuse (…) Il est facile de montrer l’autre du doigt, les Palestiniens soulignant les déplacements [de populations] causés par la création d’Israël, et les Israéliens soulignant l’hostilité et les agressions constantes. » […] Il se trouve que les Israéliens occupent des territoires à la suite de guerres menées par les Arabes, lesquelles avaient pour but l’annihilation d’Israël. Mais Obama a procédé à une mise en équivalence des « humiliations quotidiennes (des Palestiniens), qui sont celles de l’occupation », et « l’humiliation de la ségrégation » subie par les esclaves noirs aux Etats-Unis, et « l’autorité morale du peuple d’Afrique du Sud ». Le public arabe du président des Etats-Unis n’a pu manquer de remarquer ce clin d’œil appuyé à l’un des arguments diffamatoires les plus puissants contre l’Etat hébreu aujourd’hui : l’allégation selon laquelle Israël serait un Etat raciste fonctionnant selon un régime d’apartheid."

[2] Je reprends ici la note de Gérard Eizenberg, traducteur, pour le site La Paix Maintenant, d’un article d’Amira Hass, extrêmement critique de ce plan ("De la « convergence » à une frontière de confort") : " « Convergence » traduit assez mal le mot hébreu "hitkansout", qui signifie plutôt le fait de se réunir (entre soi). Derrière ce mot, il y a l’idée d’évacuer les colons qui se trouvent au-delà du Mur de séparation, et de les installer dans les gros blocs de colonies (Maale Adoumim, Ariel, Goush Etzion) qui seraient annexés, dans le cadre de la fixation unilatérale, par Israël, de ses « frontières définitives »." Voir (en anglais) une notice plus technique, quoique brève, de Wikipedia : "Realignment plan". Voir aussi le bref article neutre, mis en ligne par Desinfos.com : "Le « plan de convergence » pour déterminer les frontières d’Israël". Voir enfin l’article ironiquement critique de D. Schwammenthal, "Les règles de l’histoire ne s’appliquent pas aux Palestiniens".

[3] Article factuel, en anglais, de Wikipedia, "Annapolis Conference". Voir aussi, plus critique et pro-israélien, Dimitri Delalieu (ESISC), "Conférence d’Annapolis : Chronique d’un échec annoncé".


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Mis en ligne le 19 juillet 2009, par
M. Macina, sur le site upjf.org