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La plainte contre Obama, Isy Leibler
20/07/2009

19/07/09

The Jerusalem Post, 15 juillet

Texte original anglais : "The case against Obama"


Traduction française : Menahem Macina, pour upjf.org

Note aux responsables de sites et blogs: Cet article peut être librement reproduit, sous réserve de la mention - explicite et obligatoire - de son lien : http://www.upjf.org/contributeurs-specialises/article-16822-145-7-plainte-contre-obama-isy-leibler.html


Avant les élections, de nombreux Juifs partisans habituels du Parti Démocrate, étaient inquiets de l’attitude, initialement négative, de Barack Obama, à l’égard d’Israël, et de sa troublante association avec des gens comme
Rashid Khalidi, l’idéologue de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), et le pasteur antisémite, Jeremiah Wright. Mais après avoir agressivement répudié ses orientations initiales, Obama avait convaincu la plupart des Juifs qu’il n’abandonnerait jamais l’Etat Juif. Hélas, les récents événements suggèrent le contraire.

Le Président Obama excelle dans l’art d’émouvoir le petit cœur de ses électeurs juifs, dont beaucoup semblent comme hypnotisés par lui, comme leurs ancêtres l’ont été par Franklin D. Roosevelt. Il a maintes fois exprimé clairement sa détermination de garantir la sauvegarde d’Israël et son admiration pour le monde juif américain.

Mais si l’on gratte le vernis de bonhomie et qu’on analyse la teneur de ses politiques, elles reflètent une régression sans précédent dans les relations envers Israël, et montrent des signes indiquant que le pire est encore à venir. Obama l’a confirmé lors de sa récente rencontre avec des dirigeants juifs (parmi lesquels figuraient des représentants des franges extrêmes, tels La Paix Maintenant et J Street [*], mais dont étaient exclus ceux qui étaient vraisemblablement critiques de son approche). D’une manière exceptionnellement hautaine, tandis que ses aides rayonnaient en l’écoutant, il a dit aux Israéliens qu’il leur fallait « s’engager dans un examen intérieur », en leur laissant clairement entendre qu’il croyait avoir une meilleure compréhension que leur gouvernement démocratiquement élu, de ce qui était le mieux pour eux. Hélas, à l’exception de Malcolm Hoenlein et Abe Foxman, il semble que la majorité des autres aient approuvé sa position ou soient restés silencieux. Pourtant, à peine quelques jours auparavant, un fervent démocrate tel que Alan Dershowitz a exprimé sa préoccupation de ce « que les changements à venir dans les politiques de l’administration Obama puissent affaiblir la sécurité de l’Etat juif ».

Cet éditorial est une réponse à des Juifs américains fidèles à Israël, qui sont encore sous le charme charismatique de leur Président et m’ont mis au défi de démontrer en quoi ses politiques font du tort à Israël.

L’important discours d’Obama au Caire comportait une exubérante louange de l’islam ; il soulignait les lacunes de l’Occident, mais omettait de mentionner le djihad mondial et le fondamentalisme islamique. Il a également légitimé le narratif arabe ainsi que ses malveillantes et fausses analogies historiques. En prétendant que l’Etat d’Israël était un sous-produit de l’Holocauste, le Président des États-Unis a nié 3 500 ans d’histoire juive et le rôle central de Jérusalem dans le judaïsme. Il a repris à son compte le mantra d’Arafat selon lequel Israël a été imposé aux Arabes par les Européens en réparation de l’Holocauste, suggérant même qu’il y a équivalence entre la souffrance juive et la souffrance arabe. Obama a ignoré le rejet arabe, les guerres continuelles et les vagues d’attentats terroristes, dirigées contre l’Etat juif depuis le jour de sa création. Il a aussi comparé les Palestiniens au mouvement américain de lutte pour les droits civiques. Quand le président de la plus grande superpuissance du monde donne l’imprimatur à un narratif aussi faux, cela constitue une grande avancée pour ceux qui cherchent à délégitimer Israël.

Le discours d’Obama au Caire devrait être considéré comme le prolongement d’un calcul politique visant à se concilier le monde arabe en étant dur avec Israël. La réponse d’Obama aux représailles de gangsters du régime iranien contre son propre peuple a été d’une retenue excessive. Il s’est comporté de manière servile à l’égard des Saoudiens. Il a renoué sans conditions les relations diplomatiques avec les Syriens, et s’est abstenu de répondre aux récents et insolents lancements de missiles nord-coréens. Ses "fiançailles" et son aimable relation avec des régimes arabes corrompus et despotiques contrastent fortement avec les rudes diktats imposés à Israël.

L’affrontement avec Israël va bien au-delà de l’épineuse question des implantations, qui a été abusivement liée à la limitation des ambitions nucléaires iraniennes et a été montée en épingle de manière totalement disproportionnée.

Israël a souscrit à la Feuille de Route, et le Premier ministre [Benyamin] Netanyahu s’est engagé sans équivoque à geler l’expansion des colonies ailleurs qu’à l’intérieur des blocs d’implantation, dont l’Administration Bush avait implicitement accepté qu’ils demeureraient sous souveraineté israélienne. Même dans ces derniers, Netanyahou s’est engagé à limiter la croissance "permettant une vie normale". Mais, soit par ignorance, soit par cynisme, Obama a abrogé les accords conclus avec l’ancienne administration ; ses exigences ont même dépassé celles d’Arafat, à l’époque où les accords d’Oslo de 1993 avaient été négociés.

Aujourd’hui, à l’exception du monde islamique, aucune ville ne refuse aux Juifs le droit de résidence. Pourtant, Obama demande que, pour la première fois depuis 1967, les Juifs n’aient plus la possibilité de construire une seule habitation au-delà des anciennes lignes d’armistice, y compris dans les quartiers juifs de Jérusalem et les zones contiguës, comme Maale Adumim. Aucun gouvernement israélien, quelle que soit sa composition politique ne pourrait accepter une telle exigence, que même les porte-parole du parti d’opposition Kadima ont condamnée comme constituant carrément un « chantage ».

Il n’est pas surprenant que les Palestiniens et les Arabes aient été ravis de l’humiliation infligée à Israël par Obama. Saeb Erekat, le négociateur en chef de l’Autorité Palestinienne, a proclamé que les Palestiniens n’avaient pas besoin de faire des concessions, parce que plus le processus durerait, plus ils bénéficieraient d’autres concessions unilatérales d’Israël. Le journaliste du Washington Post, Jackson Diehl, qui ne passe pas pour être un supporter d’Israël, remarquait :

« [Obama] a redonné vie à une rêverie, depuis longtemps en sommeil : [à savoir] que les Etats-Unis forcent carrément Israël a faire des concessions cruciales, que son gouvernement démocratiquement élu les accepte ou non, tandis que les Arabes observent passivement et applaudissent. »

La réalité est que ce qui préoccupe les Arabes ce ne sont ni les implantations ni les frontières. Tant Arafat que Mahmoud Abbas ont rejeté des offres faites par Israël de restituer pratiquement tous les territoires conquis lors de la guerre en 1967, lancée par les Arabes pour détruire l’Etat juif. « Les différences [par rapport à nos attentes] sont trop grandes » avait dit Abbas, après qu’Olmert lui eut offert l’équivalent de tous les territoires situés au-delà de la Ligne Verte, y compris un contrôle conjoint du Mont du Temple. Ils ont catégoriquement exigé le droit de retour pour les réfugiés arabes, ce qui aurait pour effet de mettre fin à l’Etat juif. A l’évidence, l’objectif prioritaire de l’Autorité Palestinienne, de même que celui du Hamas, demeure non pas deux Etats, mais deux étapes menant au décès de l’Etat juif. Dans les dernières semaines, il y a eu, dans les médias officiels contrôlés par l’Autorité Palestinienne, une avalanche de déclarations du Fatah présentant avec impudence les négociations comme un instrument pour détruire Israël.

« La paix est un moyen, non un but. Notre but, c’est toute la Palestine »,

a déclaré la militante du Fatah, Kifah Radayeh, à la télévision de l’Autorité Palestinienne, affirmant également que « la lutte armée » est toujours possible.

Si Obama était vraiment impartial, il insisterait auprès des Palestiniens "modérés" pour qu’ils reconnaissent Israël comme un Etat juif. Il dirait clairement que les Etats-Unis ne soutiendront jamais le rapatriement des descendants des réfugiés arabes en Israël. Obama devrait appeler Abbas à cesser de canoniser les "martyrs" et à donner à des rues, des équipes sportives et d’autres projets (dont certains sont patronnés par les Etats-Unis) les noms de tueurs et de meurtriers-suicide palestiniens, et il devrait insister pour que l’Autorité Palestinienne réprime ses groupes armés et cesse ses actions terroristes.

Mais, pour l’heure, la politique d’Obama peut être résumée sommairement ainsi : « Israël doit donner, et les Palestiniens doivent prendre ». Ce qui revient à se concilier les Arabes, à humilier Israël, et, ce faisant, à affaiblir la sécurité de l’Etat juif.

Israël n’est pas une superpuissance et il a besoin de conserver le soutien des Etats-Unis, sans lequel les Nations Unies, les Européens et toute la communauté internationale se ligueraient contre l’Etat juif. Ce n’est pas un hasard si, alors qu’il est sur le point de prendre sa retraite, Javier Solana, le chef de la politique étrangère de l’Union Européenne, a pressé l’ONU de décider des frontières finales, du statut de Jérusalem, et de la résolution du problème des réfugiés et d’imposer leur solution [à Israël]. Le fait que le Gouvernement britannique vienne juste d’annoncer ce qui équivaut à un boycott partiel des livraisons d’armes à Israël [2], est un autre exemple.

Netanyahu fait de son mieux pour parvenir à un compromis, et il a déjà proposé de geler totalement toute activité d’implantation au-delà de Jérusalem et des principaux blocs d’implantation, dont la grande majorité des Israéliens estiment qu’il faut les garder. Mais si les Américains continuent à lui rendre la vie difficile et refusent un compromis, Netanyahu restera ferme sur cette question et sera massivement soutenu par les gens qui sont outrés par la politique de deux poids deux mesures qui leur est imposée.

En attendant, les réprimandes et les humiliations publiques déjà en cours dégradent la relation États-Unis-Israël et ont une incidence sur le soutien public américain à Israël, dont les sondages indiquent qu’il est en chute libre.

Les Juifs américains qui ont massivement voté pour l’élection d’Obama ne doivent pas garder le silence. Ils ont le droit d’insister pour qu’il se conforme à son engagement et traite l’Etat juif avec équité. Avec d’autres amis d’Israël, ils doivent dissuader leur Président d’offrir Israël comme l’agneau du sacrifice sur l’autel de la conciliation avec les Arabes. En pressant Obama de ne pas abandonner Israël, ils favoriseront aussi l’intérêt national américain. L’histoire ne fournit pas un seul exemple de ce que la conciliation avec les djihadistes et les tyrans ait jamais été fructueuse.


Isy Leibler

 

© The Jerusalem Post


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Notes du traducteur

 

[1] Parmi les membres du comité directeur de J Street (Americans for Middle East Peace and Security), on trouve les deux principaux représentants d’Americans for Peace Now (le pendant américain du groupe de gauche israélien du même nom), un ancien candidat démocrate à la mairie de New York et un ancien sénateur républicain devenu indépendant et démocrate et pro-Obama après sa défaite en 2006Au nombre des supporteurs israéliens, on compte des figures comme l’historien de gauche et ancien ministre des affaires étrangères, Shlomo Ben-Ami, un ancien président de la Knesset (parlement israélien), la fille du défunt Premier ministre Itzhak Rabin et certains responsables militaires à la retraite, méconnus du grand public. Bien que les membres de J Street adhèrent au vaste consensus de la création d’un État palestinien, il n’est nulle part fait mention que cet État devrait reconnaître tangiblement le droit à l’existence et à la sécurité d’Israël… J Street fait la promotion d’une solution diplomatique à la menace militaire et nucléaire iranienne. (D’après "Un lobby pro-israélien et anti-AIPAC", mis en ligne le 9 juin 2008, sur le Blogue Majorité silencieuse.net).

[2] Voir : Barak Ravid, "La Grande-Bretagne a décrété un embargo partiel en raison de la guerre de Gaza".

 

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Mis en ligne le 19 juillet 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org