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Israël (Société - mentalités)
Sionisme

Akadem : "Les chemins de la paix - Sionismes pluriels", avec I. Greilsammer, E. Barnavi, D. Charbit
19/07/2009

« Qu’avons-nous besoin d’ennemis quand Akadem, le site "culturel" du FSJU [Fonds Social Juif Unifié] devient une tribune privilégiée pour intellectuels francophones décadents de gauche, au bord de la collaboration ouverte avec l’ennemi et d’un mépris envers l’Israël populaire et envers les Juifs fidèles [*]. Comment, après la catastrophe d’Oslo, Alain Greilsammer et Elie Barnavi (bien piètre ex-ambassadeur d’Israël en France) peuvent-ils appeler de leurs voeux la pression d’Obama sur leurs concitoyens israéliens ? Ce qu’ils ne peuvent obtenir par les urnes, ils font tout pour nous l’imposer par le truchement des pressions internationales. Je ne parle même pas du sempiternel […], Denis Charbit - celui qui a manifesté à Jérusalem aux côtés de militants palestiniens scandant « Itbah al yahud » (mort aux Juifs), en juillet 1997… Ce que je ne parviendrai jamais à comprendre, c’est comment il se fait que les médias juifs et les structures culturelles juives constituent une plateforme qui privilégie ces intellectuels de pacotille, hyper-minoritaires et toujours en phase, par lâcheté et confort, avec la bien-pensante intelligentsia européenne. » (Meir Ben-Hayoun). J’ai hésité à reproduire cette attaque frontale et acérée, voire iconoclaste, qui accompagnait le signalement que me faisait ce responsable de Blogue. Jusqu’à ce que je prenne la peine d’écouter intégralement cette longue conférence à trois. Ben Hayoun a raison, hélas ! Personne ne peut empêcher un post-sioniste suicidaire de prôner la liquidation politique de l’Etat d’Israël, mais il ne devrait pas être permis à un ex-ambassadeur d’Israël, qui se proclame sioniste, de tenir, sur un site qui se revendique comme "culturel juif", les propos atterrants, que je retranscris ci-dessous. (Menahem Macina).

[*] Sur le site Akadem

 

Extrait des propos de Elie Barnavi, ancien ambassadeur d’Israël en France

 

…Entre temps, il faut savoir de quoi on parle; entre 1948 et 1967, il n’y avait pas d’autres territoires occupés que ceux qu’aujourd’hui, la communauté internationale nous reconnaît. En fait, Israël n’avait rien à offrir. On ne fait la paix avec un adversaire que si on peut traiter avec lui et parvenir à un compromis. Jusqu’en 67, il n’y avait pas de compromis possible, puisque Israël n’avait rien à offrir aux Arabes que sa propre disparition.

Et c’est en 67, en fait, c’est à la faveur de la Guerre des Six-Jours, qu’on s’aperçoit de ce que je viens de dire : en fait, Israël n’a pas de véritable politique de paix. Parce qu’à partir de 67, à partir de l’occupation des territoires, il y a ce formidable renversement où, petit à petit, les Arabes, conscients que la "muraille de fer" [1] a fonctionné, conscients qu’Israël est là pour rester, et que c’est une puissance qui sera impossible à éradiquer, commencent à faire le chemin en sens inverse en disant : rendez-nous les territoires occupés. Si bien que la prétention à détruire l’entité sioniste, fait place à une position beaucoup plus réaliste : rendez-nous les territoires que nous avons perdus pendant la Guerre des Six-Jours.

Et c’est à ce moment-là qu’Israël commence à faire la sourde oreille. Il découvre que, finalement ces territoires, c’est peut-être pas si mal que ça, pas si mal. Et commence le phénomène épouvantable, destructeur, criminel, des implantations, qui, finalement empêche la promesse de paix de se réaliser, si tant est qu’elle existe encore…

Et Barnavi de conclure :

…cette société qui était, oui, démocratique, absolument, société créatrice, absolument, société de liberté pour ses membres juifs, mais qui  est devenue obsédée par sa sécurité jusqu’à s’imaginer, en définitive, que son sort sera à tout jamais de vivre sur [lire: par] l’épée.

(Rires autour d’un jeu de mots, qu’on entend en arrière-plan :

« sur l’épée et pas la paix »,

répété par un Denis Charbit rigolard à Barnavi, qui ne l’a pas compris, et qui s’esclaffe enfin :

« Sur l’épée : "l" apostrophe ! Ah ! Ah !... » [2].

 

© Akadem

 

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Notes de Menahem Macina


[1] Allusion à un concept-clé de la doctrine de Zeev Jabotinski ; voir "
Les Arabes et nous, la vision extraordinairement actuelle de Zeev Jabotinsky", et, ci-après, l’excursus de J.-P. Bensimon.

[2] A ce propos, j’ai été choqué par les apartés rigolards de Charbit et surtout de Barnavi, pour ne rien dire des bavardages inconvenants qu’on entend, de façon presque ininterrompue, durant la séance de questions et réponses entre les conférenciers et le public.

 

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Excursus de J.-P. Bensimon, à propos du livre : Zeev Jabotinsky, La muraille de fer, 1923, extrait des Oeuvres complètes de l’auteur, vol 2, Éditions Ari Jabotinsky.

 

Zeev Jabotinsky, 1860-1940, penseur, écrivain et homme d’action sioniste fut le fondateur d’un courant du sionisme, le mouvement révisionniste, et d’une organisation de jeunesse, le Bétar. Son opposition à David Ben Gourion fut durable. Caricaturé sous les traits d’un extrémiste ou d’un raciste, il fait la preuve, dans le texte qui suit, à la fois de lucidité, d’élévation morale et d’un respect remarquable de l’adversaire arabe, de ses aspirations et de ses capacités.

Dans cette analyse brillante, il défend l’idée que les Juifs de Palestine ne pourront assurer le succès de leur projet et leur intégrité physique qu’en édifiant une force armée, le "mur de fer". C’est ce  qui découragera les velléités agressives des Arabes qui leur sont naturellement opposés, comme tous les autochtones, sur leur terre,  face à des étrangers qui s’y installent. A eux de comprendre un jour la nature et la légitimité de la démarche de l’arrivant.

On retiendra de ce texte plusieurs idées qui éclairent la conjoncture politique immédiate caractérisée par les pressions américaines, la montée du Hamas et de l’influence belliciste de l’Iran, et le processus d’Annapolis qui consiste à rechercher un accord, dont les adversaires de l’Etat juif ne veulent pas. Zeev Jabotinsky pose une question essentielle : "peut-on toujours atteindre un objectif de paix par des voies pacifiques ?" Il souligne que

« c’est un devoir de combattre la phraséologie creuse, de faire la démonstration de ce qu’elle a de purement illusoire et de mettre en lumière sa duplicité » ;

et il avance le fond de sa doctrine sur la relation entre les Juifs sionistes et les Arabes :

« Mon espérance et ma foi sont que nous leur accorderons alors des garanties satisfaisantes et que les deux peuples pourront vivre en bon voisinage. »

 

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© Objectif-Info

 


Mis en ligne le 17 juillet 2009, par
M. Macina, sur le site upjf.org