Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Islam
Intimidation islamiste

Pour "Newsweek", il n’y a pas lieu de s’inquiéter d’une Europe islamique, Carole Gould
24/07/2009

24/07/09

Pajamas Media, 19 juillet


Texte original anglais : "
Newsweek : An Islamic Europe Is No Cause for Concern"


Traduction française : Menahem
Macina
, pour upjf.org

Note aux responsables de sites et blogs: Cet article peut être librement reproduit, sous réserve de la mention - explicite et obligatoire - de son lien : http://www.upjf.org/contributeurs-specialises/article-16846-145-7-necsceek-pas-lieu-inquieter-europe-islamique-carole-gould.html

 

C’est avec étonnement que j’ai lu le reportage de William Underhill, dans l’édition de Newsweek du 20 juillet, "Why Fears of a Muslim Takeover Are All Wrong" [Pourquoi les craintes d’une prise de pouvoir musulmane sont totalement erronées], dans lequel il décrie les alarmistes du monde qui pensent que l’islam radical est une menace pour notre mode de vie. Underhill stigmatise nommément Mark Steyn, mais il y a tout lieu de supposer qu’il condamnerait Melanie Phillips, Phyllis Chesler, Nidra Poller, Bat Ye’or, Daniel Pipes et moi, pauvre vieille, qui écris de Londres. Melanie, Nidra, Bat et moi avons l’avantage d’une expérience de première main en matière d’islam radical parce qu’il se trouve que nous habitons en Europe.

Sur la base du long pensum de Underhill, il est difficile de déterminer où il vit et de quel rivage il écrit, mais son article cynique semble jeter au rebut les vues de quelques-uns des plus éminents spécialistes mondiaux du radicalisme moderne. Il affirme que les pronostics des experts, selon lesquels l’Europe aura bientôt une population musulmane considérable doivent être mis perspective, mais il dit, dans un même souffle : « les taux de fertilité restent plus élevés chez les immigrés musulmans que ceux des Européens, et il se peut que les musulmans continuent à venir en Europe en grand nombre ».

Étant moi-même descendante d’immigrés je ne condamne pas ce phénomène, mais c’est le radicalisme émergent qui est très périlleux.

Underhill cite un professeur de l’Université d’Exeter, où enseigne Ilan Pappe, l’historien israélien du révisionnisme. Selon Grace Davie, qui est considérée comme une experte de l’Europe et de l’islam, « le summum de l’alarmisme repose sur l’hypothèse que le processus actuel continuera ».

Underhill émet alors ce jugement extraordinaire :

« La vérité est qu’il n’y a aucun mouvement politique musulman puissant en Europe, que ce soit à l’échelon du continent, ou à l’échelon national. »


Est-il tombé sur la tête ?

Ici, en Grande-Bretagne, il ne se passe pas une semaine sans que la presse ne parle d’un problème introduit dans le discours national par le puissant Conseil musulman de Grande-Bretagne, l’Association Musulmane Britannique, ou le Parlement Musulman. En juillet, une rencontre organisée à Conway Hall, sous l’égide du Centre pour la Cohésion Sociale, a dû être interrompue parce que [le mouvement islamiste extrémiste] al-Muhajiroun, avait réussi à imposer le refus de permettre à des hommes et à des femmes de se trouver ensemble. La rencontre s’est poursuivie dans la rue et une grave confrontation a été évitée de justesse, mais non sans qu’une énorme foule pleine de ferveur ne s’assemble pour entendre l’omniprésent et influent dirigeant musulman britannique, Anjem Choudhary, proclamer :

« Nous dominerons ce pays, mes frères, et mettrons en oeuvre la beauté et la perfection de l’islam ! »

tandis que la foule criait "La Sharia au Royaume-Uni !"

William Underhill pourrait souhaiter savoir que mon estimé collègue, Charles Moore, du Daily Telegraph a pu dire, au cours de l’émission Question Time, de la BBC, que le Conseil Musulman de Grande-Bretagne avait refusé de condamner l’enlèvement et l’assassinat de soldats britanniques en Irak et en Afghanistan. (Le panel de la BBC avait, par ailleurs, discuté des honteuses manifestations de musulmans britanniques, lors d’un défilé militaire à Luton, en mars, au cours duquel les protestataires avaient brandi des affiches traitant les soldats de "bouchers"). Underhill doit savoir que le puissant MCB [Conseil Musulman de Grande-Bretagne], qui exigeait de Moore un dédommagement financier, est parvenu à obtenir des excuses de la BBC sur son site Internet, mais exige maintenant des excuses radiodiffusées.

Underhill fait remarquer :

« Un musulman britannique originaire du Pakistan s’efforcera d’entrer en contact avec un musulman français d’Algérie. »

A-t-il jamais assisté à un meeting, place de Trafalgar, au cours duquel des milliers de musulmans radicaux de toutes nationalités et sectes s’associent pour distribuer des prospectus sur "la ségrégation sioniste" et "le nettoyage ethnique en Palestine", au milieu des discours interminables de militants de toutes origines, condamnant la perverse Amérique et ses criminels de guerre ?

Underhill confirme mon point de vue en citant [le résultat d’un sondage récent de [l’institut] Gallup, [selon lequel] "plus de 30 pour cent de musulmans français se disaient prêts à accepter l’homosexualité, contre aucun en Grande-Bretagne". C’est une indication de la nature réactionnaire de la majorité de l’islam britannique. Il poursuit en précisant :

« 40 pour cent d’Iraniens vivant en Allemagne ont déclaré ne pas avoir de religion... En Hollande, la proportion de musulmans qui fréquentent régulièrement la mosquée — soit 27 pour cent — est inférieure à la proportion de Protestants qui vont à l’église. »

C’est peut-être vrai, mais ce sur quoi les "alarmistes" tentent d’attirer l’attention, c’est qu’il existe aussi un pourcentage de populations musulmanes, dirigées par des imams originaires du Pakistan et d’Arabie Saoudite, qui se sont radicalisées à un point sans précédent dans n’importe quelle autre minorité immigrée en Europe.

Si Underhill pense que ce n’est pas un problème, c’est, à l’évidence, qu’il n’a pas entendu parler du vaste complot des bombes aux engrais, qui auraient tué des milliers de gens dans les centres commerciaux britanniques, ni du complot des bombes liquides qui auraient abattu plusieurs avions de ligne, ni de celui - presque réussi, en 2007 - des bombes, dont il s’est fallu de peu qu’elles ne massacrent des centaines de gens dans le restaurant de l’ambassade du Texas à Londres, dans la discothèque de Haymarket, et à l’aéroport de Glasgow. N’a-t-il pas entendu parler des explosions du 7 juillet, ni de Richard Reid ? La Grande-Bretagne continue d’être un terreau fertile pour les groupes radicaux auxquels il est loisible d’agir en toute impunité d’un bout à l’autre du pays. Quelle autre nationalité ou communauté religieuse se comportent-elles de la sorte ? Était-il normal que les hommes de la mosquée centrale du Regent’s Park de Londres, de retour en 1998, avertissent mon cameraman libyen de ne pas m’amener, moi qui suis producteur d’un film célébrant les trois fois abrahamiques, dans leurs locaux, ou alors « je serais tué » ? Telle est la population paisible, loyale, que Newsweek voit se conformer si bien au mode  de vie européen ? Certes, l’IRA a terrorisé la Grande-Bretagne pendant des décennies, mais la Grande-Bretagne a maintenant un nouveau problème avec de jeunes hommes, nés ici, qui veulent introduire un système répressif dans une démocratie progressiste qui s’est épanouie durant un millier d’années.

Il est intéressant également que le Parlement musulman britannique, à la différence du Beth Din [tribunal] juif, ait opté pour une "approche conflictuelle dans son soutien aux causes islamiques", lorsqu’il a été fondé, en 1992. Il le reconnaît sur son site Web :

« L’idée était plutôt de donner le pouvoir, aux musulmans et à leurs institutions séparées et distinctes, de satisfaire à leurs besoins indépendamment du gouvernement britannique... On a également cherché à décourager les musulmans de participer à la politique courante, ou même de participer aux élections ; en effet, le centre du débat était la nécessité de créer ’un Etat islamique non territorial’ en Grande-Bretagne. »

Depuis lors, il a abandonné ces conceptions, mais, en parcourant le site Web du Comité britannique pour les affaires publiques on peut avoir un aperçu de la colère qui gronde dans la communauté. Ceux qui s’en inquiètent ne sont pas des "alarmistes".

Underhill termine son article ainsi:

« Il semble que si l’Europe est dans les affres de la révolution, nombre de ceux qui sont  supposés la combattre semblent étrangement satisfaits de l’ordre établi. »

Cela pourrait avoir été dit avant les attentats du 11 septembre [2001], quand avait lieu un soulèvement islamique important contre Israël, alors que le reste du monde restait "silencieux". Néanmoins, voyant la fureur de l’Intifada palestinienne, j’ai averti mes coreligionnaires qui se rendaient à la synagogue pour l’office des Selihot, le 8 septembre 2001, que « quelque chose de terrible se tramait ». Ils se sont esclaffés. Alors, la chose s’est produite.

Aujourd’hui, en 2009, le monde n’est pas silencieux et, tristement, l’islam radical a la vedette dans les informations, 365 jours par an. Affirmer que ces mouvements ne prolifèrent pas à l’intérieur de l’Europe est stupide. Aucune enquête de population ne peut vraiment faire percevoir les dangers de l’extrémisme britannique et européen. Comme Winston Churchill dans les années de traversée du désert [*], je suis heureuse d’être une alarmiste.

 

Carol Gould *

© Pajamas Media

 

* Carol Gould, native de Philadelphie, est l’auteure de Don’t Tread on Me: Anti-Americanism Abroad, Spitfire Girls, et de A Room at Camp Pickett, une pièce de théâtre sur les expériences de sa mère comme femme-soldat au cours de la Seconde Guerre mondiale ; elle vient de terminer des films sur les GIs noirs et les enfants de GIs. Carol a fait partie du panel de l’émission de la BBC, Any Questions ? - présentée par Jonathan Dimbleby -, et elle est commentatrice à Sky News, Press TV, The BBC World Service, et Five Live.


---------------------


Note du traducteur

[*] C. Gould fait allusion au texte mis en ligne sur le site de The Churchill Society : Schools « Who was Churchill ? » An outline of the Second World War, Part Two: 

"No-one denied that Churchill was intensely patriotic believer in his country’s greatness and its historic role in Europe, the Empire, and the world, that he was an able historian, a lifelong student of the art of war and a statesman who always expounded a historic and global view of politics. But because he was so able he was disliked mistrusted and excluded. He knew that this role was the common fate of a country’s prophet.

Not offered any political office during his long political exile which he described as "as his wilderness years" he earned his living by writing at Chartwell.

It was during this period that his long political and Great War experiences alerted him to disturbing developments that were taking place in Germany.

As the years past and his convictions of Germany’s intention to wage war again grew stronger and stronger, he became alarmed by the apathy in England."


---------------------


Mis en ligne le 24 juillet 2009, par
M. Macina, sur le site upjf.org