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Israël (Société - mentalités)
Israël (histoire moderne d')

La Famille Rothschild et la Terre Sainte (1ère partie), Cécile Pilverdier
24/07/2009

24/07/09


Texte repris du site Un écho d’Israël, 18 juillet 2009

 

James Rothschild

Isaac Elchanan est l’ancêtre qui a donné son nom à la famille Rothschild. La petite maison étroite dans la « Rue des juifs » à Francfort-sur-le-Main en Allemagne, où il habitait, avait, au-dessus du portail, une plaque où l’on pouvait lire : Zum Rotem Schild (A l’écusson rouge). Isaac Elchanan prit cette enseigne comme nouveau patronyme : « Rothschild ». Isaac a un modeste commerce de prêt sur gages et c’est son fils, Mayer Amschel Rothschild (1744- 1812), qui va transformer ce commerce en une banque reconnue. Amschel Mayer a 7 enfants, dont 5 fils. Il devient même le gérant de la fortune de Guillaume Ier, électeur de Hesse-Cassel. Tous deux sont amateurs de pièces de monnaies anciennes, d’objets anciens en argent et en or. Mayer Amschel saura faire fructifier les deux fortunes.

En 1806, Napoléon approche de Francfort et le prince met sa fortune en sécurité chez Mayer Amschel qui, au moment critique, livre aux Français sa propre fortune, mettant ainsi à l’abri celle du prince. Avant de reconstruire la sienne il dit à ses fils déjà adultes : « Nous travaillerons ensemble avec loyauté, concorde et industrie, mais on rendra au prince ou à ses successeurs jusqu’au dernier centime ». Il enverra chacun de ses fils créer une filiale de la banque familiale à Londres, Paris, Vienne, Naples et Francfort, ce qui donnera les cinq branches de la famille. En 1812, Amschel Mayer meurt et, en 1813, Napoléon perd la guerre. Le prince Guillaume revient d’exil et retrouve tous ses biens, gardés par la famille, et qui ont fructifié. Le prince donne à la banque familiale toute sa confiance et celle-ci grandit jusqu’à devenir une légende. L’héritage du père de famille : « Honnêteté, travail, union », devient le symbole familial d’Amschel Mayer, et leur blason porte les cinq flèches qui symbolisent les cinq branches de la famille. Le 29 septembre 1822, l’empereur d’Autriche François Ier élève les cinq fils au rang de baron. La fille aînée d’Amschel Mayer se marie avec Benedikt Moses Worms, de la dynastie bancaire de Worms. Et des mariages entre branches permettent à la famille de garder le contrôle de ses activités, leur donnant même la capacité d’investir.

Les actions philanthropiques de la famille Rothschild font que leur renommée parvient très rapidement aux communautés juives.

Leurs banques de Francfort, Londres et Paris sont souvent sollicitées tant par les particuliers que par les organisations, et la famille est vite devenue « maison royale » pour de nombreux juifs qui la visitent. Aussi, lorsque le rabbin Tsvi Hirsh Kalisher a l’idée de « sauver Israël par son retour au pays », il pense très vite aux familles Rothschild pour la réaliser. Il écrit son idée à Asher Amshel, le fils aîné, à Francfort, en 1836.

En 1840, les Juifs de Damas en Syrie sont accusés d’avoir assassiné un moine chrétien pour se servir de son sang lors de la fête de Pâque. Les chefs de la communauté sont arrêtés et torturés. Certains en meurent. Soixante-trois enfants juifs sont pris en otage pour faire avouer les parents. Les communautés juives du monde entier sont au courant des menaces qui pèsent sur celle de Damas et une délégation parvient auprès de Méhémet Ali, à Alexandrie, en Egypte ; à cette époque, celui-ci a autorité sur cette province. Font partie de cette délégation Moshé Montefiori, de Londres, et Adolf Crémieux, de France. La famille Rothschild signe la lettre. James Rothschild, alors consul honoraire d’Autriche à Paris, reçoit du consul d’Egypte un compte-rendu de ce qui se passe à Damas ; il le publie dans les journaux pour que le public français et celui du monde entier soient au courant. Il prévient rapidement son frère Salomon à Vienne, lequel avertit Metternick, le chancelier autrichien, alors très influent, pour pousser Méhémet Ali à mettre fin à cette légende infâmante de Damas. Tout cela aboutit à ce que les Juifs de Damas soient relâchés et que la communauté juive de cette ville soit sauvée.

Cette affaire impressionne fortement le rabbin Yehuda Haï Alkalaï, sioniste religieux avant l’heure : si des Juifs importants ont réussi à sauver la communauté de Damas, se dit-il, ils peuvent aussi et doivent sauver tout Israël en les faisant venir dans leur pays.

La famille Rothschild - (Yaakov) James, de Paris, en tête - considère comme une obligation et un honneur d’agir pour les Juifs de Palestine et spécialement de Jérusalem. Cette communauté vivote grâce à l’argent de la diaspora. En 1853, la guerre éclate entre la Turquie, qui règne sur la Palestine, et la Russie, qui veut être le tuteur des chrétiens orthodoxes de tout l’empire ottoman, et qui exige des droits spéciaux pour l’Eglise orthodoxe en Terre d’Israël. La France et l’Angleterre s’unissent à la Turquie, et c’est la « Guerre de Crimée », qui dure trois ans. Ces événements ont pour effet de réduire fortement les dons d’argent pour la communauté locale, et de mettre fin à l’aide venant de Russie. Les Juifs de Jérusalem en souffrent beaucoup, les chefs des communautés implorent le soutien de leurs frères de la diaspora. Le baron James Rothschild leur vient en aide et envoie le précepteur de ses propres enfants, également conseiller financier, le docteur Albert Cohen, professeur à l’école rabbinique « Bar Orion », écrivain et l’un des dirigeants du mouvement de Hibat Tsion (Amour de Sion, plus connu sous l’appellation d’"Amants de Sion"). A son arrivée à Jérusalem, en 1854, il découvre que de nombreux juifs souffrent de diverses maladies et qu’ils doivent recourir aux soins dispensés par les hôpitaux que les missionnaires chrétiens ont fondés. Albert Cohen n’hésite pas, avec l’argent de son maître à Paris et avec l’aide des familles Rothschild d’Autriche et d’Italie, il fait construire un hôpital dans la vieille ville, équipé du meilleur matériel moderne et il fait venir de l’étranger un médecin juif. L’hôpital s’appelle « Meïr Rothschild ». Pendant des dizaines d’années, la maison Rothschild survient aux besoins de l’hôpital pour la communauté juive de Jérusalem. Cet hôpital préparera le terrain aux centres hospitaliers Hadassa. De plus, avec l’argent des Rothschild, Albert Cohen fonde plusieurs institutions sociales dans la ville : une pour les enterrements, une pour la distribution de 600 pains pour les plus pauvres, les sabbats et les veilles de fête, une caisse d’aide pour les femmes enceintes dans le besoin, et un début d’école professionnelle pour les enfants et les femmes. Avec l’argent de la famille Rothschild d’Angleterre, il crée l’école pour filles, « Evelyne de Rothschild ». Durant des années, Albert Cohen s’occupe fidèlement de ces fondations. A quatre reprises, il fut envoyé par la maison Rothschild à Jérusalem, pour veiller à leur développement. Durant sa visite de 1956, il publie le premier feuillet en hébreu, avec, pour titre, « Nouveau Guide ».

L’intervention de la maison de Rothschild, et spécialement de James de Paris, pour la construction et le développement de Jérusalem est de plus en plus importante.

Suite à l’augmentation de la population juive à Jérusalem, naît le besoin de reconstruire une synagogue. Le choix se porta sur celle de rabbi Yehuda ha Hassid, qui était en ruines. En 1855, Moshé Montéfiori reçoit le permis des autorités, et c’est le baron James qui finance. La pierre de fondation est posée en présence de son fils aîné, Alphonse. Lors de la dédicace, qui a lieu en sa présence, à la fin de l’année 1864, le bâtiment reçoit le nom de « Maison de Yaacov », du nom du baron Yaacov (James) de Rothschild.

Au cours de ces mêmes années, on construit le quartier d’habitation « Batei Mahasseh » à Jérusalem, qui comprend deux très grands bâtiments, don du baron Karl Wilhem Wolf Rothschild de Francfort, et qui servent de logement aux meilleurs élèves. Ces bâtisses existent encore aujourd’hui, et sur l’une d’entre elles sont gravées dans la pierre les armoiries de la famille Rothschild.

Le blason de la famille Rothschild

L’écusson est maintenu d’un côté par une licorne, de l’autre, par un lion. Dans le blason, divisé en quatre parties, des symboles de force : en haut à gauche, un aigle, symbole de la principauté autrichienne, qui a anobli la famille Rothschild. En bas à droite, le lion, à nouveau. En bas à gauche, le bras qui porte les cinq flèches, des cinq branches de la famille. En haut à droite, la main qui resserre l’unité. Au centre, un chapeau que les Juifs de Francfort devaient porter dans le ghetto. En dessous, la devise de la famille, inscrite en latin : Concordia – Integritas - Industria.


Cécile Pilverdier

 

© Un écho d’Israël

 

Mis en ligne le 24 juillet 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org