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Hamas

Bande de Gaza après l’opération de Tsahal: reconstruction des infrastructures civiles et militaires
31/07/2009

31/07/09

La bande de Gaza après l’opération

"Plomb durci" : reconstitution par le

Hamas de ses infrastructures civiles et

militaires et reprise du contrôle sur la

bande de Gaza

(Mise à jour en juin 2009)

I. Introduction

II. Chapitre I – Le Hamas et les autres organisations terroristes s’efforcent de reconstituer leur potentiel militaire défensif

1)  Introduction

2)  Reconstitution des dispositifs d’urgence et de défense passive

3)  Reconstitution de la branche terroriste et militaire du Hamas

i)Introduction

ii)  Rétablissement de l’aptitude à fabriquer des roquettes et mortiers

iii) Transfert clandestin d’armes dans la bande de Gaza

iv)   Révélations par les médias de l’itinéraire Iran-Soudan-Bande de Gaza emprunté par les trafiquants d’armes

v)  Reconstruction du réseau de galeries souterraines

vi) Renouvellement des entraînements militaires

vii)        Reprise des activités routinières des organisations terroristes

III. Chapitre II – Restauration de la vie quotidienne et renforcement du contrôle du Ha mas

I. Introduction

II. Chapitre I – Le Hamas et les autres organisations terroristes s’efforcent de reconstituer leur potentiel militaire défensif

1)  Introduction

2)  Reconstitution des dispositifs d’urgence et de défense passive

3)  Reconstitution de la branche terroriste et militaire du Hamas

i)Introduction

ii)  Rétablissement de l’aptitude à fabriquer des roquettes et mortiers

iii) Transfert clandestin d’armes dans la bande de Gaza

iv)   Révélations par les médias de l’itinéraire Iran-Soudan-Bande de Gaza emprunté par les trafiquants d’armes

v)  Reconstruction du réseau de galeries souterraines

vi) Renouvellement des entraînements militaires

vii)        Reprise des activités routinières des organisations terroristes

III. Chapitre II – Restauration de la vie quotidienne et renforcement du contrôle du Ha mas

1)    Satisfaction des besoins immédiats de la population civile

2)    Reconstitution des forces de sécurité intérieure

3)    Conflit avec l’Autorité palestinienne pour le contrôle de l’aide étrangère fournie à la bande de Gaza

4)    Restriction des activités de l’UNRWA

5)    Intensification du contrôle du Hamas sur les ONG et les autres organisations

6)    Renforcement du contrôle exercé par le Hamas

7)    Poursuite et intensification de l’islamisation de la bande de Gaza

IV. Chapitre III – Reconstruction des infrastructures

1)    Engagements et difficultés rencontrées par la communauté internationale au niveau de la reconstruction de la bande de Gaza

2)    “L’économie de résistance”

3)    Soutien financier aux différents secteurs et institutions

4)    Solutions immédiates aux problèmes de logement

5)    Restauration et renforcement de l’empire médiatique du Hamas

6)    Réhabilitation du réseau scolaire

7)    Réhabilitation du secteur agricole

V. Chapitre IV – Influence du processus de reconstruction sur la politique terroriste du Ha mas

Introduction


1. 
L’opération “Plomb durci” s’est soldée par de graves dégâts aux infrastructures militaires, administratives, civiles et sécuritaires de la bande de Gaza, ainsi qu’aux infrastructures et édifices publics à partir ou à proximité desquels le Hamas agit durant les combats. Au cours des six mois qui suivirent les hostilités, le Hamas s’est efforcé de restaurer et de promouvoir le potentiel de ses forces de sécurité intérieure et de sa branche militaire et terroriste – les Brigades Izzedine al-Qassam). Parallèlement, le Hamas s’est employé à contrôler et superviser les travaux de reconstruction en veillant à exclure toute intervention de l’Autorité palestinienne dans la bande de Gaza.

2.  Ce faisant, le Hamas a toutefois rencontré de sérieuses difficultés :

i)   Les conflits intestins entre le Hamas et le Fatah ne se sont pas apaisés après l’opération Plomb durci, bien au contraire, et pour l’heure, aucun progrès réel n’a été accompli concernant le dialogue interne palestinien entamé au Caire. Le processus de séparation entre la bande de Gaza et la Judée-Samarie qui s’est intensifié après la main­mise du Hamas sur la bande de Gaza en juin 2007, s’est poursuivi après l’opération Plomb durci. Deux entités administratives distinctes régissent ces territoires, avec des gouvernements distincts, une politique et une économie spécifiques (encore que des fonds en provenance de l’Autorité palestinienne continuent d’affluer à Gaza). Il s’ensuit un conflit implacable opposant le Hamas à l’Autorité palestinienne sur la question de savoir qui sera le bénéficiaire de la généreuse aide financière de 4,5 milliards de dollars promise à la bande de Gaza lors de la conférence de Sharm el­Sheikh, conflit qui a pour conséquence d’empêcher l’utilisation de ces fonds pour reconstruire les infrastructures de la bande de Gaza.

ii) L’idéologie et la stratégie agressives du Hamas n’ont guère évolué : le Hamas continue d’adhérer à ses positions rigides et fondamentalistes, y compris l’usage du terrorisme (sa “résistance”), son refus de reconnaître l’Etat d’Israël et d’entériner les accords précédemment conclus par l’OLP avec Israël. A ces options radicales vient s’ajouter l’intransigeance de ce mouvement, notamment en ce qui concerne la détention de Gilad Shalit, à laquelle Israël est particulièrement sensible. La conséquence directe de ces positions est l’isolement du Hamas dans les sphères arabe et internationale, et pour l’heure, aucun accord pratique susceptible de déboucher sur une normalisation du passage de civils et de marchandises à travers les postes frontière de la bande de Gaza – entre autres le transfert de matières premières, notamment de béton et d’acier (auxquels Israël fait obstacle) indispensables à la reconstruction des édifices de la bande de Gaza – n’a été conclu entre Israël, l’Egypte, l’Autorité palestinienne et le Hamas. La poursuite des restrictions du passage aux postes frontière, et les obstacles dressés par l’Egypte à l’ “industrie” des galeries souterraines (surtout après la découverte d’un réseau du Hezbollah dans la région) entrave plus encore la reconstruction des infrastructures et du potentiel militaire du Hamas endommagé par les combats.

3.         Indépendamment des difficultés évoquées ci-dessus, le Hamas a adopté au cours des mois derniers et avec des succès contestables une politique d’attaques limitées menées par des réseaux terroristes véreux affiliés au Jihad mondial. Cette politique est assortie de clins d’oeil en direction de l’administration Obama dans l’objectif de parvenir à un répit tactique. Le tout pour donner au mouvement le temps de renforcer sa main-mise sur la bande de Gaza, de trouver des solutions aux problèmes quotidiens endurés par sa population, et surtout de restaurer et d’améliorer le potentiel et le déploiement de ses effectifs militaires et de sécurité saccagés par l’opération Plomb durci.

4.          Un rapport provisoire et non exhaustif des processus de reconstruction en cours indique :

i)        Pour ce qui est de son potentiel militaire le Hamas s’emploie à le reconstituer et s’efforce également de moderniser sa branche militaire et terroriste (en l’occurrence les Brigades Izzedine al-Qassam), y compris le remplacement (notamment par des armes plus sophistiquées) des armements détruits au cours de l’opération Plomb durci à travers les galeries souterraines (malgré les activités préventives engagées par l’Egypte). Pour l’heure, le Hamas a fait passer clandestinement des dizaines de roquettes standard, des centaines d’obus de mortier, des dizaines de missiles anti-chars et anti-aériens et des dizaines de tonnes d’explosifs et de matières premières destinées à la fabrication d’armes artisanales. Ces activités de contrebande permettent au Hamas d’étendre la portée de ses roquettes et d’améliorer les performances de ses missiles antichars et anti­aériens. En outre, le réseau de tunnels de la zone de Rafah, de nouveau exploité, est un canal vital de contrebande d’armes (ainsi que de nourriture, d’équipements et de carburant). De nouveau, des armes sont fabriquées dans la bande de Gaza, et la formation et l’entraînement militaire ont été renouvelés (encore que les Brigades Izzedine al-Qassam s’efforcent d’adopter un profil nettement plus bas que celui qui précéda l’opération Plomb durci).

ii)      Pour ce qui est de ses forces de sécurité intérieure largement décimées au cours des combats de l’opération Plomb durci, le Hamas s’emploie à les restaurer et à renforcer son contrôle sur la bande de Gaza. Cinq mois après Plomb durci, le Hamas est parvenu à restaurer leur fonctionnement quotidien comme l’indique à la fois leur déploiement et leur visibilité. L’oppression des opposants au Hamas (essentiellement les membres du Fatah) a également été ravivée pour endiguer toute tentative de regroupement. De plus, de nouvelles recrues ont été engagées et un exercice d’intervention d’urgence a été organisé pour simuler un déploiement d’urgence et une éventuelle attaque israélienne (leçon apprise de l’offensive de Tsahal aux premières heures de l’opération Plomb durci). Le quartier général a été transféré dans des locaux provisoires dont la plupart sont des édifices civils, afin de fournir des solutions temporaires aux problèmes liés à la restauration des équipements et locaux détruits.

iii)  Pour ce qui est de l’administration et du contrôle, le Hamas investit d’énormes efforts pour établir fermement son contrôle sur la bande de Gaza en éradiquant ses opposants. Les activistes du Fatah ont été emprisonnés et exécutés, et le Hamas a resserré son joug sur les instances civiles, telles que le réseau éducatif et sanitaire, les syndicats professionnels, les ONG et les clans. L’un des moyens de renforcement du contrôle exercé par le Hamas est l’islamisation radicale systématique et obligatoire qui ne cesse de peser sur la vie quotidienne des habitants de la bande de Gaza. Au nombre de ces initiatives prises par le Hamas après l’opération Plomb durci, citons la création d’une nouvelle Banque nationale islamique et d’une nouvelle compagnie d’assurances islamique chargées toutes deux de promouvoir l’objectif du Hamas de main-mise sur l’économie de la bande de Gaza, encore que les activités de ces organismes restent limitées pour l’heure. En outre, des comités locaux de réconciliation ont été mis en place et opèrent conformément à la loi coranique, sous l’emprise du Hamas (et en compétition avec les comités de réconciliation traditionnels), des lois ont été votées pour empêcher les internautes de la bande de Gaza de consulter des sites tenus pour immoraux, les marchés ont été fermés le vendredi, et des thèmes religieux imposés aux enfants participant à des camps d’été. Autant de mesures qui permettent au Hamas de renforcer son contrôle sur la bande de Gaza et qui, à l’heure actuelle, ne constituent pas de menace intérieure à la stabilité du régime en place.

iv)   Pour ce qui est de l’économie de la bande de Gaza : depuis l’opération Plomb durci, le Hamas a transféré les fonds et l’aide humanitaire aux nombreux secteurs de la population touchée par les hostilités. Ces mesures ont contribué à stabiliser la situation économique et à éviter une crise humanitaire imminente, mais n’a pas fourni de solutions radicales au problème posé par la reconstruction des édifices privés et publics. Les fonctions administratives et les édifices symboliques du pouvoir n’ont pas été restaurés, comme c’est le cas du Conseil législatif palestinien. On peut dire à ce stade qu’au cours de la période qui a suivi l’opération Plomb durci, le Hamas n’est pas parvenu à mettre en œuvre des solutions efficaces de reconstruction de la bande de Gaza (excepté quelques promptes réparations des réseaux d’alimentation en eau et électricité). En l’absence de progrès manifestes en matière de reconstruction, et face aux critiques proférées à l’encontre de l’incurie du Hamas, le mouvement s’est efforcé de lancer le concept de “résistance économique”, autrement dit la mise en place d’un système économique impliquant le soutien à la stratégie terroriste du Hamas et basée sur les ressources locales afin de se libérer le plus possible de la dépendance de l’aide étrangère. En termes pratiques, ce système revient à édifier des huttes en torchis pour les sans-logis, à fournir des emplois aux chômeurs dans le secteur agricole local, à ne cultiver que les produits agricoles nécessaires à la population et à interdire la culture de produits destinés à l’exportation tels les fraises et les fleurs. Si l’efficacité de ces mesures est discutable, elles sont toutefois un moyen de propagande avéré, indicateur de la volonté du Hamas de faire face aux restrictions dont pâtit la population de la bande de Gaza.

5. Les mesures d’ordre politique, social et militaire mises en œuvre par le Hamas dans la bande de Gaza après l’opération Plomb durci ont plus encore creusé le fossé entre l’entité politique de la bande de Gaza et l’Autorité palestinienne en Judée- Samarie. Ce clivage suscite une difficulté fondamentale au regard de l’application par les Palestiniens de la Feuille de route du fait que l’administration de facto du Hamas dans la bande de Gaza continue de refuser de reconnaître l’Etat d’Israël et revendique la pratique du terrorisme comme solution du conflit. Chose qui embarrasse et trouble les Etats-Unis et la communauté internationale, d’autant que l’Autorité palestinienne ne possède pour l’instant pas de moyens efficaces pour faire évoluer la situation critique de la bande de Gaza, ni la possibilité de restaurer le statu-quo ante. C’est la raison pour laquelle des efforts sont engagés pour renforcer l’Autorité palestinienne en Judée-Samarie promue au rang d’Etat en devenir, dans l’espoir de trouver un jour le moyen de résoudre le problème de la bande de Gaza.

Chapitre I – Le Hamas et les autres

organisations terroristes s’efforcent de

reconstituer leur potentiel militaire défensif

Introduction

6. Depuis le retrait israélien de la bande de Gaza, et tout particulièrement au cours de l’année qui a précédé l’opération Plomb durci, le Hamas a intensifié la réorganisation de son potentiel militaire en se focalisant sur deux systèmes (qui empiètent l’un sur l’autre dans une grande mesure) : d’une part son dispositif de sécurité intérieure1 (précédemment intitulées “Forces exécutives”), branche armée chargée du contrôle de l’arène intérieure ; d’autre part sa branche militaire et terroriste, les Brigades Izzedine al-Qassam chargées des attentats terroristes contre Israël et du déploiement défensif à l’intérieur de la bande de Gaza.

7. Cette intensification, déjà manifeste au moment du lancement par Tsahal de l’opération Plomb durci, est toujours en vigueur. L’opération de Tsahal a durement frappé les dispositifs militaires et de sécurité du Hamas, en particulier ses forces de sécurité intérieure. Résultat : le Hamas a mis un terme momentané à ses tirs de roquettes et de mortiers contre Israël et mis a profit ce répit pour améliorer et moderniser son potentiel militaire défensif et offensif dans le but d’engager une escalade d’hostilités contre Israël. Apparemment, le Hamas a enquêté de façon méthodique sur les échecs de ses agents lors de l’opération Plomb durci et en a tiré les leçons2.

8.  Le processus de reconstitution de la branche militaire et terroriste du Hamas inclut le remplacement des armes détruites par des armes de contrebande transférées à travers le vaste réseau de tunnels creusés sous la frontière entre l’Egypte et la bande de Gaza. Ces armes, de qualité supérieure, incluent des missiles antichars et anti-aériens, ainsi que des roquettes dont la portée dépasse les 40 kilomètres. Ce processus est soutenu par l’Iran qui fournit également de l’aide militaire, notamment une voie maritime vers le Soudan et, au départ de ce pays par voie de terre en direction de l’Egypte, avant que les armes soient transférées en contrebande dans la bande de Gaza. La découverte d’un réseau du Hezbollah en Egypte et des rapports de presse ont fait état de l’attaque d’un convoi d’armes en provenance du Soudan et en direction de la bande de Gaza. En outre, le cycle de formation des agents des Brigades Izzedine al-Qassam a été renouvelé, de même que la manufacture de roquettes et d’obus de mortier, pour remplacer ceux détruits pendant l’opération Plomb durci.

9. On ne peut que constater l’écart considérable existant entre les dommages infligés par l’opération Plomb durci au potentiel militaire défensif et de sécurité du Hamas, et le triomphalisme répandu au sein de la population de la bande de Gaza (et partout dans le monde) par les campagnes médiatiques du Hamas. La prétendue “victoire” a été orchestrée lors de manifestations de masse dans toute la bande de Gaza, par des défilés militaires et des démonstrations de force tentant de démontrer que la branche militaire du mouvement n’a pas été ébranlée par Tsahal, notamment celle qui fut organisée dès le 20 janvier 2009, soit deux jours à peine après la fin des combats3.