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Christianisme

Deux martyres chrétiennes, victimes de leur refus de porter le voile islamique à Cordoue, au IXe s.
01/08/2009

Un exemple de plus – si nécessaire – de l’inanité du mythe de la tolérance musulmane à l’époque de "l’âge d’or" de l’islam en al-Andalus (Andalousie). Il nous est signalé par un prêtre catholique. Sur la sévérité de la loi musulmane envers les femmes, même non musulmanes, qui osaient paraître en public sans l’ample voile que la charia rendait obligatoire [*]. (Menahem Macina).

[*] A ce sujet, voir : Ch. Amblont, "Tenues vestimentaires prescrites aux femmes par l’islam".

 

Texte repris du Blogue Saint Materne, 27 juillet 2008

 

Sainte Nathalie et saint Aurèle de Cordoue et leurs compagnons de martyre (morts en 852)


" …Au VIIIe siècle, les chrétiens espagnols n’avaient guère été inquiétés par les conquérants musulmans, à condition qu’ils restent tranquilles. A vrai dire, la majeure partie des chrétiens d’Espagne n’avaient déjà plus de chrétien que le nom, et ils dérangeaient fort peu les occupants musulmans. Les plus fervents et convaincus pratiquaient essentiellement en cachette, les prêtres non-apostats ne devaient pas avoir beaucoup de paroissiens. Des siècles d’arianisme jamais guéri, des siècles d’hérésie du "filioque" (invention wisigothique de 460, par l’évêque Turibe d’Asturga et contre l’avis de saint Léon le Grand à Rome) et d’autres aventurismes théologiques, tout cela avait éloigné une bonne partie de la population du Christ. Mêmes causes, mêmes effets, voyez le restant de l’Occident de nos jours. Dans l’Espagne mozarabe, la religion chrétienne n’était plus qu’un ensemble de coutumes culturelles, ce qui a toujours été toléré par les occupants musulmans, où que cela se passe dans le monde. Normalement, les chrétiens de l’Espagne occupée auraient pu continuer à vivre en bons dhimmis pendant des siècles sans problèmes.

Cette situation changea lorsque Cordoue eut un émirat indépendant : il y eut alors une véritable persécution. Saint Euloge, archevêque de Tolède, y fut massacré en 859. Mais avant d’être décapité, le saint conta, par écrit, la fin héroïque des chrétiens qui l’avaient précédé dans le martyre. Il a consacré des pages émouvantes, dans son "Memoriale sanctorum" (2,10), aux saints que nous fêtons aujourd’hui [27 juillet]. Parmi ces martyrs de Cordoue que nous fêtons tout au long de l’année, voici donc ce groupe important.

Aurèle était fils d’un Arabe et d’une Espagnole de la haute société. Ces derniers moururent quand il était encore jeune et le confièrent à une tante qui l’éleva chrétiennement. Devenu grand, il se crut autorisé à faire preuve d’un certain conformisme aux usages des autorités occupantes, mais il n’abandonnait pas sa religion secrète. Mieux, il confirma dans sa foi sa jeune épouse Sabigothe, nommée aussi Nathalie (ou Noéle), née de parents musulmans, mais qu’un beau-père chrétien avait, de très bonne heure, amenée au christianisme. Aurèle avait un parent, Félix, qui avait cru prudent d’abandonner toute profession extérieure de la foi, mais qui la pratiquait dans l’intimité avec sa femme Liliose, fille de chrétiens cachés. Un jour, Aurèle croisa sur sa route ce cortège tragique : un chrétien, nommé Jean, à califourchon sur un âne, tourné vers la queue, précédé de crieurs, suivi de sbires. Son torse sanglant était fouetté par la valetaille mauresque. Aurèle voulut racheter ses petites compromissions en imitant ce saint. Il se prépara au sacrifice suprême en adoptant avec Nathalie une vie toute vouée à la pénitence et à la charité. Ils mirent de côté le strict nécessaire à l’entretien d’une fillette qu’ils laisseraient après eux.

Nathalie et Liliose parurent dans la rue sans le voile habituel aux musulmanes. Bientôt les deux ménages durent comparaître devant le cadi, le responsable musulman local. Avec eux fut arrêté un moine quêteur venu de Palestine, nommé Georges […] On tua d’abord Félix, puis Georges, puis Liliose, et enfin Aurèle et Nathalie. C’était le 27 juillet 852… "

© Saint Materne

 

[Information aimablement signalée par M. Veilleux.]

 

Mis en ligne le 2 août 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org