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Israël (Société - mentalités)
Jérusalem

A présent, c’est tout Jérusalem que veut le Fatah, Fiamma Nirenstein
09/08/2009

09/08/09


Il Giornale, 9 août 2009

Texte original italien : "Adesso Al Fatah vuole tutta Gerusalemme"


Traduction française :
Danielle Elinor Guez, pour upjf.org

 

La ville de Bethléem est bien différente de ce lieu de paix dont rêvent tant de chrétiens et encore davantage ces jours-ci. C’est justement d’ici, où se tient la première Assemblée générale du Fatah depuis 20 ans (qui durera encore jusqu’à mardi prochain pour tâcher de calmer les affrontements), qu’une troisième Intifada pourrait être déclenchée, en plus de la réélection d’Abou Mazen, survenue hier. Il ne manque aucun des signaux classiques de régression et de refus total de dialogue : le document d’hier est une incitation au sacrifice, c’est-à-dire aux actes de terrorisme, jusqu’à ce que Jérusalem soit entièrement livrée aux Palestiniens, même dans sa partie occidentale, même à l’intérieur de la ligne verte. Tant que cet objectif n’aura pas été atteint, le Fatah, considéré comme "modéré" par rapport au Hamas, ne parlera plus avec les Israéliens. Une ligne politique insolite, qui déclare la guerre jusqu’au dernier souffle du dernier Israélien et même du dernier juif dont pourtant les prières parlent de Jérusalem trois fois par jour depuis des temps immémoriaux, outre que le nom de la Ville Sainte est cité 622 fois dans la Bible et plus d’un millier de fois sous d’autres noms. C’est simplement la capitale chérie d’Israël, où les juifs sont toujours restés majoritaires même pendant les années où tous l’avaient abandonnée. « Une ville de pierre avec des yeux de pierre et un cœur de pierre », comme l’a dit Marc Twain - qui l’a visitée, avec stupéfaction -, et  qui est aujourd’hui un jardin ouvert à toutes les religions.

Les documents de l’Assemblée générale promeuvent à nouveau la lutte armée, la résistance (des synonymes de terrorisme), le droit au retour (synonyme de destruction démographique de l’État d’Israël). Beaucoup de temps a été consacré à la théorie selon laquelle Arafat aurait été tué par un complot ourdi par Abou Mazen avec Sharon ; des personnalités considérées comme modérées, tel Mohammed Dahlan, ont rappelé qu’Arafat condamnait les attentats dans la journée, alors que, la nuit, il se consacrait « aux activités honorables » [entendez : le terrorisme]. Et plus que de tout autre chose on a parlé de l’accueil triomphal fait au héros Khaled Abu Usba qui, en mars 1978, prit part au massacre de 35 voyageurs d’un autobus circulant sur la côte.

Dédaignant la politique de la main tendue d’Obama, il ne s’est trouvé personne, durant les jours écoulés depuis l’ouverture de la conférence du Fatah, pour se proposer comme porte-parole de la paix, pour soutenir la proposition de dialogue, ou seulement accepter de parler avec Israël. Confrontée à la réalité concrète de l’existence d’Israël, la direction palestinienne, semble à nouveau allumer la mèche de la terreur comme au temps de Camp David, quand le refus d’Arafat s’accompagna de la deuxième Intifada, ou quand, après le retrait de Gaza, les bombardements de Qassam se sont intensifiés, jusqu’à la guerre. Maintenant, Netanyahu a déclaré qu’il est d’accord avec la perspective de deux Etats pour deux peuples, des mesures d’allégement aux check points permettent une amélioration des conditions de vie, un grand centre commercial a été ouvert à Naplouse, à Ramallah, on sort le soir, et les cafés sont remplis jusque tard dans la nuit dans une grande partie de la Cisjordanie, on se réjouit de l’espoir que cela prélude à des entretiens [entre Israël et l’Autorité Palestinienne].

Mais quand il y a un signal de progrès vers la paix, la dynamique traditionnelle du monde arabe se remet en marche : les autocrates rivalisent avec les théocrates, le Fatah rivalise avec le Hamas, qui le défie non seulement à Gaza, mais également en Cisjordanie ; la composante laïque, accusée de corruption, veut démontrer qu’elle prône la politique la plus anti-israélienne, la plus agressive, la plus anti-occidentale et chargée de haine antisémite. Ailleurs, les signaux sont les mêmes : les États-Unis aspirent à une politique arabe encourageante pour qu’Israël fasse le plus de concessions possibles et le plus rapidement possible ; mais, nonobstant le voyage de Mitchell, le ministre des Affaires étrangères jordanien, Nasser Judeh, déclare que Aman ne veut pas améliorer ses relations avec Israël ; Saoud Al Fayçal, d’Arabie Saoudite, dit qu’il n’y aura pas de politique de paix par étapes ; Bachar al Assad ne veut pas parler avec Israël à moins que celui-ci ne s’engage préalablement à abandonner le Golan ; le Hezbollah continue à recevoir des armes très sophistiquées d’Iran.

En réalité, la face dure et féroce de l’Iran est la véritable pierre de touche, l’inspiratrice de la dureté arabe renouvelée : autocrates contre théocrates, la compétition est dure et le bouc émissaire est Israël.

 

Fiamma Nirenstein

 

© Il Giornale

 

Mis en ligne le 9 août 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org