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Israël (Société - mentalités)
Israël (délégitimation d')

Son obsession anti-israélienne égare Human Rights Watch, Gerald Steinberg et Dan Kosky
04/09/2009

Je ne saurais trop louer et remercier notre traducteur bénévole (et professionnel), Jean Szlamowicz, pour cette deuxième traduction, coup sur coup, de cette rentrée [*]. Qu’il sache combien nos internautes apprécient la mitzvah qu’il accomplit en mettant à la disposition des non-anglophones des textes aussi indispensables. (Menahem Macina).

[*] Voir la précédente : "L’ostracisation d’Israël et la rhétorique des droits de l’homme".

 

04/09/09


The BaltimoreSun.com

Article original en anglais : "Israel obsession leads HRW astray", 30 août 2009.


Traduction française
Jean Szlamowicz, pour upjf.org


Note à l’attention des responsables de sites et blogues : Cet article peut être librement reproduit, sous réserve de la mention - explicite et obligatoire - de son lien : http://www.upjf.org/contributeurs-specialises/article-17070-145-7-son-obsession-anti-israelienne-egare-human-rights-watch-gerald-steinberg-dan-kosky.html

 

Human Rights Watch (HRW) s’est depuis longtemps autoproclamé champion des droits de l’homme pour toute la planète. Cette organisation peut légitimement être fière de son rôle passé auprès des prisonniers politiques incarcérés par des régimes autoritaires. Mais, ces dernières années, les activités de HRW se caractérisent par une fixation obsessionnelle sur Israël, et seules des critiques très feutrées ont été émises à l’encontre de dictatures comme la Syrie, l’Arabie Saoudite, ou la Libye. Le travail de HRW au Moyen-Orient a récemment atteint son apogée : en mai dernier, Arab News a divulgué une information sur la visite de responsables de HRW en Arabie Saoudite afin de lever des fonds, avec, pour monnaie d’échange, leur pseudo enquête sur Israël et la guerre de Gaza.

Pourquoi ce géant parmi les ONG a-t-il choisi de ne s’intéresser qu’à Israël ? C’est en partie dû à une dérive idéologique. Comme beaucoup de ceux qui furent des progressistes, HRW s’est laissée gagner par un anti-nationalisme primaire. Dans cette vision du monde, toute puissance militaire est nécessairement mauvaise et illégitime, tandis que le statut de victime et d’impuissance est considéré comme respirant incontestablement moralité et innocence. Traduit dans les réalités du Moyen-Orient, cela signifie qu’Israël est toujours coupable et que les Palestiniens sont dispensés de toute responsabilité, quelle que soit leur attitude.

Une autre raison de cette obsession anti-israélienne de HRW est tout simplement que le monde a changé. La raison d’être de HRW a disparu avec l’effondrement du communisme soviétique. Pendant un temps, les ONG se sont battues contre les vestiges d’apartheid en Afrique du Sud, mais, en l’absence de campagnes pour les droits de l’homme, qui recueillent les faveurs internationales, HRW s’est recyclé comme « organisation de recherche », se spécialisant en fait dans des publications prétentieuses qui manquent terriblement de professionnalisme. Les rapports de HRW se fondent en général sur des témoignages oculaires invérifiables, embellis par des commentaires d’experts militaires autoproclamés : cela donne des récits de bataille colorés mais pas du tout fiables.

Le rapport de HRW sur le soi-disant usage abusif de drones par Israël à Gaza en est un exemple typique. A partir d’un nombre très limité de cas, les conclusions accusatrices du rapport reposent uniquement sur des témoignages oculaires douteux.

Dans le même temps, cette hostilité envers Israël, dont font preuve HRW et d’autres ONG, est devenue un outil inespéré pour les démagogues arabes qui cherchaient à utiliser la rhétorique des droits de l’homme pour délégitimer Israël.

HRW est capable de faire tourner les rouages de la machine onusienne en sa faveur et d’exiger des enquêtes internationales sur de prétendus crimes de guerre israéliens, notamment après la guerre du Liban de 2006 et le conflit de Gaza. La synergie entre HRW et les institutions de l’ONU concernées s’est récemment trouvée mise en évidence avec la nomination, par le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, d’un membre de HRW, Richard Goldstone, pour diriger sa mission d’enquête sur Gaza. L’image bienveillante de HRW est le paravent idéal pour ceux qui aimeraient sortir de leur chapeau des poursuites pour mettre Israël au pilori. Quand NGO Monitor a montré qu’il y avait conflit d’intérêt, le juge Goldstone a rapidement démissionné du conseil d’administration de HRW.

HRW et ses semblables bénéficient d’un effet de halo [1] qui parvient à convaincre les journalistes que chacune de leurs assertions est parole d’évangile, sans même vérifier les soi-disant preuves qu’ils apportent.

Cette pure façade est en train de se craqueler sous le poids des activités de HRW en Arabie Saoudite, l’un des pays les plus réputés en matière de violation des droits de l’homme. Selon Arab News, la responsable du Moyen-Orient à HRW, Sarah Leah Whitson, accompagnée par le membre du conseil d’administration et du comité consultatif, Hassan Elmasry, ont été reçus à un dîner où ils ont demandé à des « membres éminents de la société saoudienne » de faire un geste « face au manque de fonds » dû à la crise financière mondiale et « au travail sur Israël et Gaza qui a grevé le budget de HRW consacré à cette partie du monde » [2]. Cette reconnaissance tacite du fait que HRW a pris Israël pour cible, au détriment d’un travail sur d’authentiques violations des droits de l’homme, a été accompagnée de la scandaleuse évocation, par Sarah Leah Whitson, « des groupes de pression pro-Israël ».

HRW s’est montré incapable de donner une autre version de ces faits, et sa seule défense a été de tenter une absurde distinction entre les responsables saoudiens officiels et les « éminents membres de la société », qui doivent justement leur position au régime officiel.

On peut légitimement se poser de graves questions quand on voit une organisation pour les droits de l’homme chercher à se remplir les poches avec l’argent d’un des pays les plus répressifs au monde.


Gerald Steinberg et Dan Kosky *

 

© The Baltimore Sun

 

* Gerald Steinberg est directeur exécutif de NGO Monitor et professeur de sciences politiques à l’Université Bar Ilan en Israel. Dan Kosky est directeur de la communication pour NGO Monitor.


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Notes de Menahem Macina


[1] Voici trois citations utiles pour éclairer le sens de cette expression : 1. "
L’effet de halo est une source de déformation dans une étude qualitative basée sur un entretien de groupe. Il se traduit par le fait qu’un jugement ou une réponse d’un participant peut influencer les jugements ou réponses ultérieurs, notamment, lorsque le premier jugement est émis par une personnalité forte." (Source : definitions-marketing.com). 2. « L’effet de halo, ou effet de notoriété […] a été mis en évidence par le socio-psychologue [américain] Edward Thorndike, en 1920. Il établit qu’une caractéristique, considérée comme positive chez une personne ou une collectivité données, a tendance à rendre plus positives les autres caractéristiques de cette personne, même quand on ne les connaît pas (c’est également le cas, en sens inverse, pour une caractéristique négative). Cet effet pourrait, par exemple, jouer un rôle dans des phénomènes comme le racisme… » (Source : Wikipedia). 3. Dans un article séminal de 2004, intitulé "Les ONG sont en guerre avec Israël", Steinberg a bien cerné ce problème : « En dépit de leur immense influence et de leur engagement politique, les objectifs, les structures et les activités des ONG ont été très largement exempts de toute analyse et enquête indépendantes. De puissantes ONG dotées de budgets de dizaines de millions de dollars semblent ne rendre aucun compte à quelque organisme extérieur que ce soit. Pour une part, le fait de ne pas rendre de comptes peut s’expliquer par un effet de halo : la prétention des ONG de se faire l’avocat de valeurs apolitiques, universelles et strictement éthiques, a eu pour résultat le présupposé, jamais remis en question, que ces organisations pratiquent ce qu’elles prêchent. Selon leurs déclarations et leurs activités, HRW, Amnesty et Christian Aid affirment qu’elles « parlent au nom des victimes » et que leurs actions sont exclusivement motivées par la lutte pour les droits humains. On admet généralement que les États, les gouvernements (y compris ceux qui sont démocratiques) et les organisations politiques, défendent leurs intérêts propres. Au contraire, les ONG affirment qu’elles se réfèrent à des normes supérieures. »

[2] Voir David Bernstein, "L’ONG Human Rights Watch se rend en Arabie Saoudite".


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Mis en ligne le 4 septembre 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org