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Politique

La partie truquée, Caroline Glick
01/09/2009

01/09/09


The
Jerusalem Post, 27 août 2009


Texte original anglais : "The rigged game".


Adaptation française : Sentinelle 5769


Le ministre allemand des Affaires étrangères et le Premier ministre, Binyamin Netanyahou, avant leur entretien à Berlin, jeudi [27 août]. Photo: AP


Mardi, le Guardian a rapporté que le gouvernement Obama fait aujourd’hui à Israël une offre qu’il ne peut refuser : en échange du gel des constructions pour les Juifs à Jérusalem, en Judée et en Samarie, l’administration des Etats-Unis adoptera une « ligne beaucoup plus dure envers l’Iran sur son programme supposé d’armes nucléaires ».

Israël doit refuser cette offre.

Ce dont le ‘Guardian’ rend compte démontre que l’administration Obama s’apprête à reprocher à Israël l’échec de sa tentative de compromis avec les semblables du dictateur iranien, l’ayatollah Ali Khamenei et le président Mahmoud Ahmadinejad.

En septembre, le président des Etats-Unis, Barack Obama, va traverser une passe difficile. Il a fixé une limite de temps à son choix de courtiser les mollahs. Cette stratégie politique implique de différer de nouvelles sanctions contre Téhéran, sauf à renoncer ouvertement à l’usage de la force militaire pour détruire les installations nucléaires de l’Iran, en attendant poliment que les mollahs s’assoient pour prendre le thé avec les officiels américains.

Loin d’accepter l’offre d’Obama, les Iraniens ont craché dessus. De fait, ils étaient trop occupés à brutaliser leur peuple et à fabriquer des bombes et des missiles, pour lui répondre directement. Au lieu de cela, ils ont démontré leur mépris à Obama en hissant un archi terroriste connu à un poste élevé. Ainsi, Ahmadinejad vient de nommer ministre de la défense, Ahmad Vahidi, organisateur présumé de l’attentat à la bombe du centre juif AMIA, de Buenos Aires, qui provoqua la mort de 85 personnes, et de l’attentat à la bombe des tours Khobar en Arabie saoudite, où 19 soldats américains furent assassinés.

En soutien aux efforts de compromis d’Obama, les comités des affaires étrangères du Congrès et du Sénat ont mis en veilleuse des lois assorties de veto qui imposeraient des sanctions aux compagnies exportant du pétrole raffiné en Iran. Mais le Congrès, aujourd’hui en vacances parlementaires, se réunira en septembre et ses membres attendent anxieusement le feu vert de la Maison Blanche pour soumettre les lois au vote.

Ainsi, à moins que quelque chose ne le sauve, Obama aura l’air stupide le mois prochain. Sa politique de compromis a donné aux mollahs huit précieux mois de travail sans entraves pour leurs installations nucléaires. Leur installation d’enrichissement d’uranium à Natanz fonctionne maintenant avec quelques 5.000 centrifugeuses, et 2.400 supplémentaires bientôt en marche. C’est une multiplication par huit de l’activité des centrifugeuses en un an.

Obama se tourne maintenant vers Israël pour éviter cet embarras. S’il peut convaincre le Premier Ministre, Benyamin Netanyahou, que la Maison Blanche ne prendra les choses au sérieux sur le programme d’armes nucléaires de l’Iran que si Netanyahou gèle les constructions juives en Judée, Samarie et à Jérusalem, alors, Obama pourra présenter sa volonté soudaine de signer une loi de sanctions soumises au veto du Congrès non comme la conséquence de son propre échec, mais comme résultant de la pression sur Israël.

Si Obama réussit dans sa manœuvre avec Netanyahou, la discussion sur les sanctions, dans les médias américains, se concentrera sur la question de la puissance israélienne dans la politique des Etats-Unis. Le soi-disant lobby israélien sera martelé alors que des ‘experts’ discuteront de la question de savoir si Obama avait raison ou tort de se soumettre à la pression israélienne de soutenir les sanctions du Congrès. Personne ne se souviendra qu’Obama avait été obligé de soutenir les sanctions parce qu’il n’avait pas d’autre choix, puisque le mois prochain, sa politique de négociation [avec l’Iran] deviendra indéfendable.

D’un autre côté, si Israël refuse de jouer ce jeu et n’apporte pas à Obama une concession qu’il sera « obligé » de payer d’une ligne plus dure envers l’Iran, eh bien, il devra de toute façon adopter une ligne plus dure. Dans ce cas cependant, ce sera mis sur le compte de l’échec de sa politique de négociation avec l’Iran plutôt que sur le succès de sa diplomatie au Moyen-Orient contre Israël.

L’intérêt apparent d’Obama, en plaçant Israël en ligne de mire comme bouc émissaire de l’échec de sa politique de négociation, est la même politique qu’il poursuivra sans aucun doute si les choses suivent leur cours, et si Téhéran acquiert des armes nucléaires. A ce stade, on peut compter sur Obama pour prétendre que c’est l’obstination d’Israël dans les négociations avec les Palestiniens ou les Syriens ou les Libanais qui a forcé la main des mollahs. Cela signifie qu’il dira de l’absence de « progrès dans le processus de paix », qu’elle est due à quelque intransigeance israélienne imaginaire, et qu’elle a rendu impossible aux Iraniens « modérés » de convaincre les « tenants de la ligne dure » d’abandonner leur programme d’armes nucléaires.

Selon la défense d’Obama, il faut noter qu’il se préoccupe au moins d’être piégé par sa politique iranienne. Il sait que l’immense majorité des Américains considère l’Iran comme un ennemi de leur pays. Dans un sondage auprès des électeurs américains, réalisé en mai, environ 80 % ont déclaré qu’un Iran doté de l’arme nucléaire constituerait une menace pour la Sécurité Nationale des Etats-Unis, et 57 % ont répondu qu’il serait justifié qu’Israël lance une frappe préventive contre les installations nucléaires de l’Iran.

Les choses sont différentes de l’autre côté de l’Atlantique. Les homologues européens d’Obama ne sont pas confrontés à une situation comparable. Ils n’ont aucune raison de se sentir dans l’embarras quand l’Iran deviendra une puissance nucléaire, parce que leurs électeurs considèrent Israël comme une menace égale ou supérieure à l’Iran.

Les politiques européennes – en particulier celles liées au Moyen Orient – sont fondées sur des postures bien plus que sur des intérêts rationnels. Les faits ont peu de signification aujourd’hui en Europe. Ils sont facilement mis en pièces sous le poids des fantasmes qui dominent le discours politique européen.

Le principal fantasme qui gouverne la posture de l’Europe au Moyen Orient est de croire à la vénalité militariste israélienne, au messianisme fondamentaliste, et à l’appétit territorial. C’est ce fantasme qui met à l’abri les dirigeants européens de la nécessité de rendre compte de leurs six années d’échec dans la politique de compromis avec l’Iran, pendant lesquelles l’Iran a fait ses plus rapides progrès pour parachever son programme d’armement nucléaire.

C’est la prédominance des postures anti-Israël d’un bout à l’autre du continent qui permet aux dirigeants européens de faire paraître légère la menace nucléaire iranienne, alors même que des franges croissantes du continent sont à la portée des missiles balistiques de la république islamique.

Un simple coup d’œil à la couverture quotidienne du Moyen-Orient de votre journal européen habituel suffit à démontrer les abîmes de l’obsession européenne de la haine d’Israël. L’absence de paix est toujours la faute d’Israël. Le fait que les Arabes n’aient jamais accepté le droit à l’existence d’Israël est soit camouflé, soit justifié. De même, le terrorisme arabe est toujours explicité alors que pour tout acte – grand ou petit – qui affirme de quelque manière le droit d’Israël à sa propre défense, est la preuve de la criminalité et de la brutalité d’Israël.

Un exemple actuel est un entretien du ministre du renseignement Dan Meridor avec le correspondant diplomatique du journal ‘Der Spiegel’ Erik Follath avant la visite de Netanyahu en Allemagne cette semaine. Tout l’entretien a consisté en échanges comme ceux-ci :

Follath : vous blâmez l’intransigeance palestinienne (de l’absence de paix). Les dirigeants occidentaux demandent bien sûr un accord de compromis du côté arabe sur certaines questions. Mais ils mettent aussi la pression sur Israël pour faire des concessions, en particulier concernant la politique agressive d’implantations* sur la rive occidentale.

Meridor : Une telle politique n’existe pas.

Follath : Vous ne considérez pas les nouvelles implantations dans les territoires occupés comme l’obstacle majeur dans le processus de paix ?

Meridor : C’est exactement pourquoi nous ne construisons pas de nouvelles implantations. Nous n’en n’avons approuvé aucune.

Follath : Vous éludez la question. Le président des Etats-Unis, Barack Obama, ne presserait pas Israël d’arrêter la politique d’implantations s’il n’avait pas de raison de le faire…

Meridor : Ce que vous décrivez n’est ni la politique officielle du Premier Ministre, [Benyamin] Netanyahou, ni la politique officielle du gouvernement.

Les questions de Follath, et sa détermination obstinée à ignorer tout ce que Meridor a déclaré reflètent cette propension européenne générale à adhérer au fantasme de la criminalité d’Israël et de la volonté israélienne de ne rien faire en faveur de la paix.

Israël a fondé depuis des années sa diplomatie publique concernant le programme d’armes nucléaires de Téhéran sur les évaluations successives des gouvernements : étant donné l’importance mondiale de l’Iran, et la menace qu’il pose à la sécurité globale, les Etats ne voudront pas plus agir pour l’empêcher d’acquérir des armes nucléaires, qu’ils ne doivent reconnaître le terrorisme palestinien employé presque exclusivement contre Israël. Ce que les dirigeants israéliens – y compris Netanyahou – ne sont pas parvenus à voir, c’est que l’antipathie de certains Européens à l’encontre d’Israël est si grande qu’ils veulent mettre hors de cause le programme nucléaire de l’Iran parce qu’il est dirigé d’abord contre Israël.

Un exemple actuel est un autre écrit de Follath publié dans ‘Der Spiegel’ en juin. Il y caractérise Netanyahou et Ahmadinejad comme des « jumeaux, unis dans leurs visions religieuses apocalyptiques ».

Selon l’avis de Follath, tous deux sont responsables de la probabilité croissante d’une guerre entre Israël et l’Iran, responsables d’engloutir les pays des régions alentour et le monde. En ce qui le concerne, ainsi que ses aimables lecteurs, Israël et l’Iran sont renvoyés dos à dos.

De telles opinions tempèrent toute propension que des dirigeants européens pourraient avoir à agir contre la république islamique. Ce fut démontré par la chancelière allemande, Angela Merkel, lors de son apparition avec Netanyahou, à Berlin, mercredi [dernier]. Merkel a rejeté la comparaison entre l’Holocauste et le programme nucléaire de l’Iran ».

S’il n’y a pas de comparaison, alors l’Allemagne - dont elle a proclamé le devoir de défendre Israël en raison de l’Holocauste - n’est pas obligée d’empêcher l’Iran de devenir une puissance nucléaire.

Mais si Merkel a tort et qu’en raison de l’attitude nonchalante qu’elle et ses collègues européens, et le gouvernement Obama ont adoptée, l’Iran acquiert des armes nucléaires et, comme promis, les utilise pour commettre un nouveau génocide des Juifs, elle n’a aucune raison de se faire du souci. La posture anti-Israël rampante, aujourd’hui en Europe, lui assurera de ne payer aucun prix et de ne jamais être embarrassée pour son échec à prendre en compte les avertissements.

Un autre exemple est la toute dernière accusation, par un journal suédois, contre Israël, et les nombreuses accusations – parmi les plus connues, la forgerie de Mohammed al-Dura par France 2, depuis septembre 2000, qui l’a précédée. Des histoires comme la fiction d’Aftonbladet sur des vols d’organes de Palestiniens, et la fausse allégation de France 2 sur Tsahal qui tue des enfants arabes, font vendre du papier et augmentent l’audience des télévisions, parce que l’animosité populaire contre Israël est si grande que des gens veulent acheter des journaux et regarder les chaînes de télévision qui propagent des mensonges évidents nourrissant cette haine irrationnelle. Oui, disséminer de tels mensonges paie.

Charles Enderlin, de France 2, le père de la forgerie al-Dura, vient de recevoir la Légion d’honneur française, des mains du président Nicolas Sarkozy. De même, l’activiste anti-Israël, Félicia Langer, vient de recevoir la Croix d’honneur d’Allemagne Fédérale, et Mary Robinson, haïsseuse d’Israël et ancienne présidente irlandaise, vient juste de recevoir la Médaille de la Liberté, du président des Etats-Unis.

La leçon de tout cela pour Israël est claire. Si Netanyahou traite avec Obama ou les dirigeants européens, la partie est truquée à nos dépens. Tout pas qu’Israël fera en direction de ces dirigeants ne fera que faciliter encore plus leur sévère critique de l’Etat juif et soutiendra leur intention claire de ne rien faire pour empêcher l’Iran d’acquérir les moyens de détruire l’Etat d’Israël.

Comme cela s’est produit trop souvent dans notre histoire, Israël se dresse seul devant ses ennemis. Nous pouvons soit les vaincre, soit être vaincus. Le choix nous appartient.

 

Caroline Glick


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Note du traducteur

*Les journalistes occidentaux traduisent systématiquement le mot « settlement » dans le sens de « colonisation » pour stigmatiser la politique israélienne « d’implantations ». Ce qui permet à l’Occident de faire porter à Israël, tel Atlas dans la mythologie grecque, tout le poids du monde. C’est un peu beaucoup pour un petit peuple qui ne demande que la paix. Israël n’a pas tort d’exiger aussi la sécurité dans une région où les coyotes abondent.

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© The Jerusalem Post


[Texte aimablement signalé par Nissim Guetta.]

 

Mis en ligne le 1er septembre 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org