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Israël (Société - mentalités)
Israël (délégitimation d')

La grande mystification d’Israël, Sultan Knish
31/08/2009

Voici un texte majeur, indispensable pour comprendre le tournant inauguré par la furieuse campagne publique d’Obama contre Israël, menée ces derniers mois, qui l’ont conduit à ne recueillir que 4% des suffrages israéliens. Obama rend un sacré service aux admirateurs du petit Etat du Proche Orient et aux partisans de sa survie dans une région hautement hostile. Il a permis, en effet, de bien comprendre que les alliances liées au pétrole demeurent l’obsession numéro 1 des États-Unis, quel que soit le président, et que Washington a amoureusement capitulé, depuis longtemps, devant les lobby qui représentent ces alliances. Par ricochet, Obama met aussi en évidence la pusillanimité de nombreux juifs américains, plus enclins aux dîners pompeux et aux activités de représentation, qu’à l’obtention de résultats. Leur stratégie est à repenser du tout au tout. Enfin, l’article de Sultan Knish met le doigt sur la faiblesse évidente d’Israël et sur son influence nécessairement limitée dans une région aux enjeux majeurs. C’est sur la base de ces réalités amères et non de fantasmes creux et commodes, qu’Israël doit trouver son chemin et que ses soutiens doivent repenser leur action. (Rédaction d’Objectif-info).

31/08/09


Titre original : The Big Israel Lie, Sur le blog de l’auteur, le 30 août 2009


Traduction française : Objectif-info

 

Deux contrevérités liées entre elles sont au cœur de tous les débats au sujet d’Israël en Amérique. La première affirme que la route de la paix au Moyen-Orient est entre les mains d’Israël. La seconde tient qu’Israël influence la politique américaine à son profit. Ces mystifications ne sont pas le produit de l’ignorance ou du malentendu. Elles découlent d’une campagne de propagande efficace menée par des individus en costume et cravate, les représentants officieux du lobby saoudien qui domine la politique américaine au Moyen-Orient. Cette campagne a eu pour objectif d’imposer l’idée qu’Israël est l’axe autour duquel le Moyen-Orient et l’Amérique tournent, afin d’en faire la cible de tous les tirs. Et c’est une campagne qui a méchamment réussi jusqu’ici.

A présent, arrêtons-nous un moment sur ces mystifications.

Au sein du Moyen-Orient, Israël est matériellement insignifiant. Avec 8 500 miles carrés [environ 13 700 km2], Israël arrive à peine à la taille de la Pennsylvanie : il représente le cinquième de la Jordanie, le huitième de la Syrie et le douzième de l’Égypte. En un mot, Israël est plus petit, en surface et en population, que tous les pays qui sont à ses frontières. Si l’on regardait le Moyen-Orient depuis l’espace, on couvrirait la totalité d’Israël avec l’ongle.

Israël a vaincu militairement tous ces pays et il a la meilleure armée de la région. Mais c’est parce que si ce n’était pas le cas, il n’existerait plus. La puissance militaire d’Israël n’est pas le produit d’une volonté de conquête, mais la condition du maintien de son intégrité territoriale et de la protection de ses citoyens contre des attaques. Les voisins d’Israël n’ont jamais dû travailler aussi dur et dépenser autant pour leurs propres forces armées, parce qu’ils n’en n’ont pas vraiment besoin. Pour eux une armée forte ne relève pas d’une stratégie de survie, ce n’est qu’une option.

Tous ceux qui tempêtent à n’en plus finir sur les implantations israéliennes en Cisjordanie et à Gaza, y voyant la preuve que ce pays veut s’approprier des territoires, oublient que la Jordanie avait annexé la Cisjordanie deux ans seulement après que ses forces s’en soient emparées, lors de la guerre d’indépendance d’Israël, en 1948. Israël n’a pas annexé la Cisjordanie, même après quatre décennies, et il l’a incluse dans des négociations de paix, année après année. Ce n’est pas la politique d’un régime agressif, affamé de territoires. Ce n’est pas le comportement d’un pays qui empêche ses voisins de dormir la nuit. Alors que, durant un demi-siècle les dirigeants israéliens ont passé leurs nuits à s’inquiéter d’une guerre, ses voisins savaient que la guerre dépendait d’options qu’ils choisiraient eux-mêmes.

Ce que cela signifie, c’est qu’en réalité, Israël a très peu d’influence au-delà de ses frontières. De petite taille, sans projet expansionniste hors de ses frontières, le fait qu’il soit l’un des deux seuls Etats non arabes et le seul Etat non musulman de la région témoigne de ce que l’impact d’Israël sur le reste du Moyen-Orient est étonnamment limité. Pour avoir une image correcte du rôle d’Israël au Moyen-Orient, il faut imager que Singapour s’échoue dans une région de l’Afrique déchirée par la guerre. Il peut être attaqué, résister, mais il ne peut pas avoir une réelle influence sur la situation locale.

C’est pourquoi Israël reste étranger aux chambardements de la région. Le glissement du nationalisme arabe à l’islamisme, les matraquages et les effusions de sang entre chiites et sunnites sont des événements qu’Israël observe à distance. Israël n’est pas partie prenante des conflits idéologiques du Moyen-Orient, parce qu’il ne partage pas la religion, l’identité ethnique, ni quoi que ce soit d’autre avec ses voisins. Ses relations diplomatiques avec eux sont essentiellement formelles, jamais intimes. En conséquence, Israël a très peu d’influence politique sur le Moyen-Orient, et le peu qu’il a s’exerce sur ses voisins immédiats, comme le Liban et la Jordanie, qui sont, eux aussi, assez petits à l’échelle du Moyen-Orient.

En outre, Israël et ses voisins se trouvent dans la partie du Moyen-Orient qui a perdu de son importance en raison de son absence de pétrole. Il fut un temps où l’Égypte et la Jordanie étaient considérées comme les principaux acteurs régionaux, mais elles ont toutes deux été marginalisées, il y a bien longtemps, par le pétrole de la riche Arabie Saoudite, de l’Iran et des émirats arabes unis, qui n’ont pas de frontières avec Israël. Alors que les diplomates et les experts sont obsédés par la Cisjordanie et Gaza, les événements qui se déroulent dans cette zone n’ont pratiquement aucun impact sur ce qui se produit là où se trouvent le pétrole et la puissance.

La route de la paix au Moyen-Orient ne passe pas par Israël, et pas même à proximité de ce pays. Un coup d’œil rapide sur une carte montre à quel point on s’écarte du sentier battu d’Israël quand on s’approche véritablement du pétrole et des enjeux de pouvoir d’importance mondiale. Ce n’est pas le fantasme du lobby israélien au modèle des "Protocoles des Sages de Sion" qui détermine les données de la puissance globale au Moyen-Orient, c’est la propriété du pétrole. Et s’il est vrai qu’Israël possède de l’huile d’olive en abondance, ce n’est pas le genre d’huile [1] qui intéresse le monde.

Depuis les années 70, la véritable lutte pour le pouvoir au Moyen-Orient s’est déportée vers les Etats riches en pétrole, vers l’Iran, l’Irak, l’Arabie Saoudite et les Etats du Golfe. L’Iran et l’Irak ont choisi d’édifier des armées, l’Arabie Saoudite et les Etats du Golfe ont plutôt investi dans l’influence politique à Washington et laissent les États-Unis combattre pour leur compte. Cette stratégie a été payante lors de la guerre du Golfe et de l’opération "Liberté pour l’Irak" qui ont libéré le Koweït et permis à l’Arabie Saoudite d’éloigner de sa gorge la botte de Saddam. Israël n’a jamais été soumis par Saddam à un risque excédant quelques bombes et roquettes. En revanche, l’Arabie Saoudite et le Koweït jouaient leur survie.

Une fois Saddam hors jeu, l’Iran et l’Arabie Saoudite ont financé des insurrections sunnites et chiites en Irak pour s’emparer du pétrole de Saddam. Comme position de repli, au cas où l’Iran parviendrait à avaler l’Irak avant de s’en prendre à eux, les cheiks et les princes continuent de faire des investissements énormes, sous forme de participations dans des sociétés et d’acquisitions de propriétés en Amérique et en Europe, pour le cas où ils devraient prendre rapidement un avion et s’éloigner de la région.

Si l’on rayait Israël de la région, comme tant de diplomates et d’experts le voudraient, ce tableau resterait exactement le même. Alors, quelle est l’influence d’Israël dans la région, et pourquoi le chemin de la paix moyen-orientale passe-t-il par lui ? La réponse est que ce n’est pas vrai. Il y a des diplomates qui choisissent de critiquer l’alliance de l’Amérique avec Israël à cause de ses problèmes d’image, mais les alliances sont dictées par des intérêts. L’alliance de l’Amérique avec Israël, tout comme avec l’Arabie Saoudite, est l’expression d’intérêts, non d’émotions. L’antagonisme de l’Iran à l’égard de l’Amérique est le produit d’une hostilité religieuse, d’une animosité historique et de sa volonté de mettre la main sur le Moyen-Orient autant qu’il sera en son pouvoir.

Tournons-nous à présent vers Washington. Le mythe de la toute-puissance du lobby d’Israël a été activement mis sur le marché depuis des décennies. Mais jetons un coup d’œil sur ce qu’est vraiment la puissance de ce lobby.

Si le soi-disant lobby est aussi puissant qu’on le dit, pourquoi, après toutes ces décennies, les États-Unis n’ont-ils pas encore reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël ? Les candidats à la présidence américaine rendent rituellement visite à l’AIPAC pour promettre que Jérusalem sera reconnue comme capitale d’Israël. Bill Clinton l’a fait, Bush a promis que ce serait l’un de ses premiers actes de son mandat, Obama l’a garanti. Et une fois en charge, non seulement ils ne tiennent pas leur promesse, mais ils signent rituellement des documents qui empêchent Jérusalem de recevoir le statut de capitale d’Israël.

Il n’y a qu’une nation dont la capitale n’est pas reconnue par les États-Unis. Les médias dominants et les nombreux membres officieux, en costume et cravate, du lobby saoudien, font croire que cette nation contrôle aussi l’Amérique. L’histoire d’un lobby israélien puissant devant lequel tout le monde tremble à Washington n’est pas compatible avec ce seul fait, ni avec beaucoup d’autres.

Par exemple, dans tous les accords de paix passés sur médiation américaine, Israël a abandonné des territoires et n’a jamais acquis un seul à titre permanent. Si Israël était réellement expansionniste et s’il contrôlait le gouvernement des États-Unis, n’aurait-on pas pris une autre direction ? Ainsi, à Camp David, Carter fit pression sur Begin pour qu’il cède des territoires qui représentaient plusieurs fois la surface d’Israël. Carter n’a pas exercé de pressions sur Sadate pour qu’il abandonne des territoires à Israël. Au cours du processus de paix avec l’OLP, les quatre dernières administrations américaines ont fait pression sur Israël pour qu’il transfère à cette organisation le contrôle d’un territoire de dimension considérable. A aucun moment il n’a été prévu que l’Égypte et la Jordanie fassent de même. Est-ce que tout cela ressemble aux résultats d’un puissant lobby israélien ?

Les défenseurs du slogan "Israël mène Washington par le bout du nez" affirmeront que les États-Unis auraient dû exercer beaucoup plus de pressions sur Israël. Comme si Israël pouvait faire plus sans commettre un suicide. Pourquoi, alors, les États-Unis n’ont-ils pas fait pression sur la Turquie pour mettre un terme à son occupation de Chypre. Pourquoi n’ont-ils pas exigé que l’Espagne crée un Etat pour les Basques ? De deux choses l’une : ou bien le lobby turc et le lobby espagnol sont plus puissants que le lobby israélien, ou bien Israël est pris pour cible par les soins d’un lobby beaucoup plus influent, celui de l’Arabie saoudite.

Le "lobby d’Israël" s’occupe principalement des négociations liées au commerce d’armements entre les États-Unis et Israël, en partie au titre de l’aide étrangère, et des résolutions non contraignantes du Congrès - qui ont autant de force qu’une décision municipale qui baptiserait le mardi, "Journée mondiale des brins d’Herbe". La plupart des membres du Congrès sont étiquetés comme pro-Israéliens, principalement parce que c’est aisé, que cela ne leur coûte rien et leur permet d’engranger quelques voix çà et là. Il est assez facile de voter ou de parrainer une résolution pro-israélienne ponctuelle qui n’aboutira qu’à accumuler de la poussière sur des étagères, parce qu’elle ne sera pas appliquée. C’est si ridiculement facile, que même Barack Obama l’a fait. Ces résolutions ont si peu de signification qu’aucun président ne les prend au sérieux. Toute mesure qui a une force juridique réelle est régulièrement présentée sous une forme telle que le président peut l’écarter ou la mettre de côté si elle interfère avec la politique de l’administration. C’est exactement ce qui arrive presque toujours.

La plupart des membres du Congrès peuvent ainsi faire état de leur vote ou de leur parrainage d’une résolution pro-israélienne au moment des élections, devant des auditoires juifs crédules qui ne comprennent pas que l’acte 2012 sur l’Amitié avec Israël, l’acte 2043 sur l’interdiction des dons aux terroristes, ou l’acte « Cette fois, nous le ferons vraiment » ont autant d’utilité pratique qu’un téléphone cellulaire au Sahara. Et que les membres du Congrès réellement partisans d’Israël quand la question est importante sont rares. Leur prise de parti pour Israël est un exercice de relations publiques. Tout cela ne ressemble pas à l’emprise d’un puissant lobby sur un gouvernement. Si l’on veut s’en rendre compte, il suffit de jeter un coup d’œil sur les lobbyistes de l’industrie pharmaceutique ou de l’industrie du câble. Ou sur le lobby saoudien qui, au lieu de perdre son temps dans des dîners à base de poulet élastique pour les politiciens, a édifié un vaste réseau de contacts, qui sont des lobbyistes officieux en costume cravate, d’anciens politiciens, de diplomates et de journalistes, qui sont des experts de la promotion des objectifs de ce pays.

Pour évaluer la puissance d’un lobby, il faut voir ce qu’il peut faire quand la question est importante, et quand les circonstances sont défavorables. Un conflit frontal entre les lobbys pro-israélien et pro-saoudien sur la vente d’AWACS (*) à l’Arabie Saoudite s’est soldé par une victoire saoudienne, en dépit de l’opposition de l’opinion publique et du Congrès à cette opération. Le lobby israélien prenait la parole avec éloquence en public. Le lobby saoudien manœuvrait en coulisses. Et comme cela s’est produit quand l’Arabie Saoudite a pris le contrôle de Aramco (**), et a forcé les États-Unis à payer aussi pour cela… le lobby saoudien a gagné.

Voila en quoi consiste un lobby qui contrôle Washington. Il n’affiche pas la plaque du fabriquant. Il ne perd pas son temps avec des dîners où l’on mange du poulet élastique. Il finance une foule d’organismes dirigés officiellement par des Américains qui ont de l’influence et du pouvoir à Washington. Il leur donne des fonds pour cultiver des relations, pour bâtir des cercles de réflexion et établir des liens en coulisses. Il ne se préoccupe pas de savoir s’il a affaire à des Républicains ou à des Démocrates. Aller avec l’un, c’est aller avec tous. On peut vous employer, vous aussi. Et l’on s’assure que personne ne remarque vraiment ce qui est en train de se passer. Nous, par contre, nous nous enlisons dans une propagande bien conçue pour propager l’idée que les juifs contrôlent Washington, sachant qu’il y aura une abondance de preneurs enthousiastes pour vous cirer les pompes et disparaître dans le même mouvement.

Si l’on cherche ce que de nombreuses personnalités, parmi les plus puissantes des dernières administrations, ont en commun, la réponse est simple : c’est le pétrole. Le pétrole saoudien. La femme en charge de la politique étrangère de la deuxième période de l’administration Bush, Condoleeza Rice, n’avait pas son nom inscrit sur la coque d’un pétrolier israélien, mais sur celle d’un pétrolier de la compagnie Chevron (***), l’ancienne maison mère d’Aramco. L’homme qui domine en toute quiétude la politique étrangère américaine sous Obama, James L. Jones, n’était pas membre du conseil d’administration de Manischewitz (****), mais il faisait partie du même conseil d’administration que Rice autrefois, celui de Chevron. Et Rice a fait tout son possible pour qu’il soit désigné pour la remplacer.

Mais, bien entendu, il est probable que personne ne croira à une théorie du complot aussi délirante que celle-là, pas même quand la réponse prévisible est que le lobby israélien contrôle Washington ; qu’il formule des demandes obligeant les administrations successives à lui céder les terres de ses pires ennemis ; qu’il contraint, parce qu’il a ses raisons, les administrations successives à ne pas reconnaître sa capitale, et les encourage à le menacer constamment et à l’empêcher de se défendre.

Le lobby pro-israélien est une parodie, un bijou pour des gens qui ont trop de temps à leur disposition et pas assez de subtilité. Si la moitié des discours sur le lobby d’Israël était vrai, Israël aurait quatre fois la taille qu’il a aujourd’hui, avec des frontières sûres et sans problème de terrorisme. Au lieu de cela, Israël a subi des pressions qu’aucun autre pays n’a connues, pour apaiser et accommoder des terroristes aux dépens de la vie de ses citoyens, de sa sécurité nationale et même de sa survie… à cause d’une politique étrangère taillée sur mesure pour satisfaire les intérêts saoudiens.

La grande mystification au sujet d’Israël est qu’il est fort à Washington et puissant au Moyen-Orient. La vérité réelle est qu’Israël est un pays minuscule qui suscite l’affinité émotionnelle d’un pourcentage limité de Juifs et de chrétiens, dont la diplomatie est maladroite, et l’influence régionale faible, dont les militaires sont handicapés par l’idéologie compassionnelle de gauche, et dont les chefs préfèrent négocier que combattre… jusqu’à ce qu’il n’aient pas le choix.

Cette fumisterie vise à créer l’image d’un Israël fort et à le placer au centre de tous les problèmes pour en faire le clou sur lequel il faut taper pour que tout tienne bien droit. La manière la plus simple de dissiper ce mensonge est d’observer simplement la réalité du Moyen-Orient et de constater que – comme dit plus haut -, vu de l’espace, Israël disparaît derrière un ongle.

 

© Sultan Knish

 

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Notes du traducteur

 (*) Avion bourré d’électronique, très onéreux, volant à haute altitude pour guider les grandes opérations de bombardement.

(**) Contraction de Arabian American Oil Company. Initialement américaine, cette entreprise passe progressivement entre les mains des Saoudiens à partir de 1973. L’ARAMCO est totalement contrôlée par le royaume depuis 1980.

(***) Compagnie pétrolière américaine qui coiffe aussi Texaco et Caltex.

(****) C’est le leader des produits casher aux Etats-Unis

 

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Note de Menahem Macina

 

[1] Jeu de mots perceptible uniquement aux anglophones : en anglais, en effet, "oil" signifie à la fois "huile" et (surtout) "pétrole".

 

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Mis en ligne le 31 août 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org

 

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Original anglais :

 

The Big Israel Lie

 

There are two interconnected lies that reside at the heart of any American discussion about Israel. The first lie is that the road to peace in the Middle East lies through Israel. The second lie is that Israel controls American policy toward itself. Those lies are not the product of ignorance or misunderstanding, they are the product of an effective propaganda campaign by the unofficial suit and tie spokesmen of the Saudi lobby who dominate American policy in the Middle East. The goal of that campaign has been to make Israel seem like the axis on which the Middle East and America turn, in order to put Israel on the firing line. And it is a campaign that has been wickedly successful up until now. 

Let’s take a moment to examine those lies now.

Within the Middle East, Israel is physically insignificant. At 8500 square miles, Israel could not just fit comfortably into Pennsylvania, it is 1/5th the size of Jordan, 1/8th the size of Syria and 1/12th the size of Egypt. Simply put, Israel is smaller in land and population than every country that borders it. If you looked at the Middle East from space, you could easily put a fingernail across all of Israel.

Israel has beaten all of these countries in wars and has the best military in the region, but that is because if it didn’t, it wouldn’t exist. Israel’s military is not the product of a will to conquer, but of an attempt to maintain its own territorial integrity and protect its citizens from attack. Israel’s neighbors have never needed to work as hard or spend as much to maintain their own armed forces, because they don’t truly need them. For them a strong army is not a survival strategy, it is optional.

All those who rant endlessly about Israel’s settlements in the West Bank and Gaza as proof of Israel’s desire to seize land, forget that Jordan annexed the West Bank only two years after its forces captured it in the 1948 War of Independence. Israel has not annexed the West Bank even after more than 40 years, and has continued to offer it in peace negotiations year after year. That is not the policy of an aggressive land hungry regime. It is not the behavior of a country that keeps its neighbors up late at night. While Israel’s leaders have spent over half a century staying up late at night worrying about a war, Israel’s neighbors know that war is their choice.

But what this means in practice is that Israel has very little influence beyond its own borders. With a small size, no expansionist program beyond its own territory, and as one of only two non-Arab states and the only non-Muslim state in the region... Israel’s impact on the rest of the Middle East is surprisingly limited. To get a proper picture of Israel’s role in the Middle East, imagine plopping Singapore in the middle of a wartorn part of Africa. It can be attacked, it can fight back, but it cannot have any real local influence.

That is why Israel remains an outsider in the political trends and turmoil of the region. The shift between Arab Nationalism and Islamism, the coups and the bloodletting between Shiite and Sunni, are all events that Israel watches from a distance. Israel is not a political participant in the ideological conflicts of the Middle East, because it does not share a common religion or ethnicity or much of anything with its neighbors. Its diplomatic relations are primarily formal, not intimate. As a result Israel has very little political influence on the Middle East, and what little influence it has, is on its immediate neighbors, such as Lebanon and Jordan, who are fairly small on the scale of the Middle East as well.

Furthermore Israel and its neighbors are in part of the Middle East that has become largely irrelevant because of its lack of oil. While Egypt and Jordan were once considered major regional players, both have long ago been sidelined by the oil rich Saudi Arabia, Iran and the UAE. None of these countries share a common border with Israel. While diplomats and pundits obsess over the West Bank and Gaza, what happens there has virtually no impact on what happens where the oil and power lie.

Not only does the road to peace in the Middle East not run through Israel, it doesn’t even run anywhere near Israel.  A quick look at a map shows you just how off the beaten path Israel is when it comes to the true token of global power, oil. And it is not some Elders of Zion fantasy of the Israel lobby that defines global power to the Middle East, it is who has the oil. And  while Israel has plenty of olive oil, it has none of the kind of oil that the world is interested in.

Since the 70’s, the Middle East’s real power struggle has shifted to the oil rich states, to Iran, Iraq, Saudi Arabia and the Gulf states. Iran and Iraq chose to build up their armies, Saudi Arabia and the Gulf states instead built up their political influence in Washington D.C. and let the United States fight for them. This strategy paid off in the Gulf War and Operation Iraqi Freedom when Kuwait was liberated and Saudi Arabia got Saddam’s boot off its throat. Israel was never at risk of anything more than bomb blasts and rocket shelling from Saddam. By contrast Saudi Arabia and Kuwait had their survival at stake.

With Saddam gone, Iran and Saudi Arabia are funding Sunni and Shiite insurgencies within Iraq in order to seize Saddam’s oil. As a fallback position in case Iran manages to swallow Iraq and then moves on to them, the Sheiks and Princes continue buying huge stakes in American and European companies and property, in case they suddenly find themselves having to take a quick plane trip away from the region.

Remove Israel from the region, as so many diplomats and pundits would like to, and this picture remains exactly the same. How influential is Israel in the region then, and why does the path to Middle Eastern peace run through it? The answer is that it doesn’t. Some diplomats choose to blame America’s alliance with Israel for its image problems, but alliances are dictated by interests. American’s alliance with Israel, much like Saudi Arabia’s alliance with America, are the products of interests, not emotions. Iran’s hostility to America is the product of religious hostility, historical animosity and its own desire to grab as much of the Middle East for itself as it can.

Let’s turn to Washington then. The myth of the All-Powerful Israel lobby has been extensively marketed for decades. But let’s actually take a look at how powerful this lobby is.

If the so-called Israel Lobby is so powerful, why after all these decades, has the United States failed to recognize Jerusalem as Israel’s capital? Presidential candidates routinely visit AIPAC to promise that Jerusalem will be recognized as Israel’s capitol. Bill Clinton did it, Bush promised that it would be one of his first acts in office, Obama implied it. And once in office, not only did they not keep the promise, but they routinely signed waivers to prevent Jerusalem from being treated as Israel’s capital.

There is only one nation whose capital is not recognized by the United States. That nation is also the one who the wisdom of the mainstream media and many of the suit and tie unofficial members of the Saudi lobby, would have you believe controls America. The narrative of the powerful Israel lobby before whom everyone in D.C. trembles cannot be reconciled with this simple fact, or with many others.

For example, in every peace agreement completely under US mediation, Israel has given up land and never gained any permanent territory. If Israel were as expansionist and as in control of the United States government, should it not have been the other way around? Yet at Camp David, Carter pressured Begin into turning over land that was several times the size of Israel. Carter did not pressure Sadat to turn over land to Israel. The last four US administrations have pressured Israel into a peace process with the PLO that required Israel to transfer a sizable portion of land to their control. At no point in time were Egypt and Jordan expected to do the same. Does this sound like the product of an all-powerful Israel lobby.

Defenders of the "Israel Runs Washington" meme will argue that the US should have pressured Israel to do much more. As if Israel could do anymore without committing suicide. But then why hasn’t the United States pressured Turkey to stop its occupation of Cyprus or demanded that Spain create a state for the Basque? Either the Turkish Lobby or the Spanish Lobby is far more powerful than the Israel Lobby, or Israel is singled out because of pressure from a much stronger lobby, the Saudi Lobby.

What the "Israel Lobby" mainly deals with is the back and forth arms trade between the United States and Israel, partially packaged as foreign aid, and non-binding congressional resolutions that have as much force as a municipal resolution naming Tuesday, Global Twig Day. Most congressmen identify as Pro-Israel, mainly because it’s easy, costs them nothing and lets them pick up a few votes here and there. It is easy enough to vote on or co-sponsor the occasional pro-Israel resolution that does nothing but gather dust in the record cabinets, because it has no actual application. It is so ridiculously easy that even Barack Obama has done it. And it’s so meaningless that no President takes them seriously. Any measure that actually has legislative force is routinely crafted so that the President can waive it or set it aside if it interferes with administration policy. Which is exactly what happens much of the time.

As a result most congressmen can mention a pro-Israel bill that they voted on or co-sponsored around election time to gullible Jewish audiences who fail to understand that the 2012 Israel Friendship Act or the 2043 No Money Given to Terrorists, We Really Mean It This Time Act, has as much practical utility as a cell phone in the Sahara. And few of these same congressmen are actually pro-Israel when it matters. They’re pro-Israel when it’s an exercise in public relations. That is not what a powerful lobby’s grip on a government looks like. If you want to see that, take a look at the lobbyists for the pharmaceutical industry or the cable industry. Or the Saudi lobby, which doesn’t waste time holding rubber chicken dinners for politicians, but instead has built a massive contact base of unofficial suit and tie lobbyists, former politicians, diplomats and journalists who are expert at peddling the Saudi agenda.

To determine the power of a lobby, you look at what it can do when it matters, and when the odds are against it. The one direct collision between the Pro-Israel lobby and the Saudi lobby over the AWACS sale to Saudi Arabia, ended with a Saudi victory, despite overall public and congressional opposition to the sale. The Pro-Israel lobby was vocal and public. The Saudi lobby was in control behind the scenes. And just as it had when Saudi Arabia took over ARAMCO, and forced the United States to pay for it too... the Saudi Lobby won.

That is what a lobby that controls Washington D.C. does. It doesn’t put out a nameplate. It doesn’t waste time on rubber chicken dinners. It instead funds a host of organizations officially headed up by Americans with influence and power in Washington D.C. It gives them the funds to cultivate ties, to build think tanks and to build relationships behind the scenes. It doesn’t care whether it’s dealing with Republicans or Democrats. Come one, come all. We can put you to use too. And it makes sure that nobody pays very much attention to what is going on. Instead it dips into well worn propaganda to spread the idea that the Jews control Washington D.C., knowing that there will be plenty of eager takers to polish and pass on the meme.

If you look at what some of the most powerful people in the last few administrations had in common, the simple answer is oil. Saudi oil. The woman in control of foreign policy in the second half of the Bush Administration, Condoleeza Rice, did not have her name on an Israeli oil tanker, but a Chevron oil tanker, the former parent company of ARAMCO. The man quietly dominating US foreign policy under Obama, James L. Jones did not serve on the board of directors of Manischewitz, he served on the same Chevron board of directors that Rice had formerly served on. And Rice did everything but outright appoint him as her replacement.

But of course no one could possibly believe a wild conspiracy theory like that, not when the obvious answer is that the Israel Lobby controls Washington D.C. and keeps demanding that administration after administration force it to hand over land to its worst enemies. And for some reason forces successive administrations to not recognize its own capital city, encourages them to constantly threaten it and prevent it from defending itself.

The Pro-Israel Lobby is a charade, a showpiece for people with too much time on their hands and too little subtlety. If half the claims about the Israel Lobby were true, Israel would be four times the size it is today, with secure borders and no terrorist problem. Instead Israel has been pressured like no other country has, to appease and accommodate terrorists at the expense of the lives of its citizens, its national security and even its survival... by a foreign policy crafted to fulfill Saudi interests.

The Big Israel Lie is that Israel is powerful in Washington and mighty in the Middle East. The real truth is that Israel is a tiny country that commands emotional affinity from a limited percentage of Jews and Christians, whose diplomacy abroad is clumsy, and whose regional influence is small, whose military is handicapped by liberal handwringing and whose leaders would rather negotiate than fight... until there is no other choice.

This lie is meant to make Israel seem strong, in order to place it at the center of every problem and turn it into the nail that needs to be hammered down for everything to stand straight. But the easiest way to clear up the lie is to simply look at the reality of the Middle East and see that Israel vanishes beneath a single fingernail.