Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Israël (Société - mentalités)

Israël-Angola: un récit qui fait chaud au coeur, Esther Solomon
24/08/2009

24/08/09

Texte original anglais : "An Angolan - Israeli tale to warm hearts", 5 août 2009


Première traduction française : Philip Neulinger, revue et corrigée par M. Macina pour upjf.org

Note à l’attention des responsables de sites et blogues : Cet article peut être librement reproduit, sous réserve de la mention - explicite et obligatoire - de son lien : http://www.upjf.org/actualitees-upjf/article-17010-145-7-israel-angola-recit-fait-chaud-au-coeur-esther-solomon.html

 

Jusqu’à cette semaine, Dalton Antonio Domingos était un garçon de trois ans et demi sans le moindre avenir. Il vit dans un district pauvre de Kilamba Klaxi, en Angola, et souffre d’une grave maladie cardiaque pour laquelle il n’existe ni traitement, ni établissement médical dans son pays. Ses parents - le père est chauffeur de poids lourds, la maman, femme de ménage – n’ont pas les moyens financiers de le faire soigner ailleurs. Heureusement pour lui, il est devenu, cette semaine, le premier petit angolais et le 2000e enfant à subir une opération de chirurgie cardiaque qui sauve la vie, au Centre Médical Wolfson, de Holon, qui fait partie de l’œuvre de bienfaisance, unique en son genre, Save a Child’s Heart (SACH) [sauver le cœur d’un enfant].

SACH est un projet humanitaire international dont le centre est en Israël. Il prodigue des interventions de chirurgie du cœur et un suivi médical à des enfants du tiers-monde atteints de malformations congénitales qui mettent leur vie en danger. L’équipe des médecins du SACH, qui travaillent majoritairement à titre bénévole pour cette œuvre de bienfaisance, ont pour habitude de se rendre en personne dans les pays en voie de développement, afin de trouver et d’examiner des candidats potentiels à ce genre d’opération en Israël. Jusqu’ici, des enfants de toutes les régions du globe - depuis les Caraïbes, l’Equateur, la Chine, le Vietnam, la Russie, l’Ukraine, l’Éthiopie, le Zanzibar, et le Congo, jusqu’au Moyen-Orient - ont été opérés au Centre Médical Wolfson (WMC), l’épicentre des activités du SACH.

Le cas du petit Dalton était quelque peu différent, car le SACH ne disposait pas d’équipe sur place pour examiner des candidats éventuels. Il n’y avait pas eu de contacts antérieurs, ni avec l’Angola, ni avec les autorités angolaises.

L’entreprise israélienne LR dont les activités couvrent de multiples secteurs, dont l’agriculture, et qui fait un effort spécial pour soutenir des projets visant à réhabiliter la société angolaise après une longue guerre civile, s’est mise en contact avec  SACH. LR a organisé et payé les vols et le traitement de trois enfants angolais dont le plus gravement atteint était Dalton.

Les cardiologues israéliens – ainsi que l’ambassadeur d’Angola en Israël -, qui attendaient l’arrivée du vol à l’aéroport Ben Gourion, il y a une semaine, ne savaient pas exactement à quoi s’attendre, ni dans quel état seraient les enfants. Lorsque Dalton arriva, accompagné de sa mère, il était incapable de se tenir debout, et sa mère devait le porter. Les médecins comprirent qu’il devait être transféré directement à l’hôpital. Chose assez surprenante : après quelques heures de traitement avec un médicament spécifique, son état s’était déjà amélioré. En fait, l’équipe médicale remarqua que Dalton était un petit garçon joueur, énergique et souvent espiègle.

A l’hôpital, les enfants angolais et leurs parents avaient été aidés par un interprète parlant couramment le portugais. Le choc culturel auquel les familles avaient dû faire face a été tempéré par le fait qu’elles ont passé le plus clair de leur temps en milieu hospitalier. Les enfants resteront en Israël pendant un mois après leur opération afin de récupérer avant leur retour en Angola. Le suivi médical afférent à ces opérations est généralement minime.

Au début de cette année, deux patients de "Sauver un Cœur d’Enfant", originaires de Gaza, cette fois, ont fait les gros titres des journaux, du fait que les autorités israéliennes avaient refusé que les membres de la famille franchissent la frontière pour entrer en Israël afin d’accompagner les enfants qui venaient recevoir les soins destinés à leur sauver la vie.

Les caméras de la télévision mondiale ont retransmis les images perturbantes du petit Ahmed Samut, deux ans et demi, originaire de Khan Yunis et de la petite Sausan Jaffari,  neuf ans et demi, traversant seuls la frontière de Erez, et obligés de se séparer de leurs parents en pleurs. Seul un oncle âgé avait été autorisé à les accompagner.

Cet incident était d’autant plus amer que SACH met très fortement l’accent sur l’assistance aux enfants des territoires palestiniens. Une opération chirurgicale célèbre, vers la fin 2007, a donné une image plus sympathique de coopération transfontalière pour permettre de sauver des jeunes vies. Une équipe de médecins israéliens et palestiniens ont réalisé une opération à cœur ouvert sur une petite fille de deux ans et demi, originaire du village de Bidya, en Cisjordanie. L’équipe médicale était composée de chirurgiens israéliens et américains, d’anesthésistes palestiniens, d’un médecin moldave et d’un médecin chinois.

Depuis 1996, SACH gère, au Centre Médical Wolfson, une clinique de soins cardiologiques hebdomadaires destinés aux enfants palestiniens de Gaza et de Cisjordanie. En fait, 45 % de toutes les interventions chirurgicales du SACH ont été effectuées sur des enfants venant de l’Autorité Palestinienne, ainsi que de Jordanie et d’Irak.

Dans le cas du petit Dalton, les efforts du SACH, ont indéniablement eu pour effet de mettre en valeur l’image d’Israël en Afrique du Sud. La maman n’avait jamais entendu parler d’un endroit appelé Israël avant que ne débute la saga de son petit garçon. L’œuvre de bienfaisance a maintenant l’intention de mettre sur pied une expédition spéciale vers l’Angola afin de créer une clinique pour accueillir les enfants malades du cœur, leur offrir des traitements sur place et recommander ceux qui doivent être opérés en Israël.

Le travail du SACH montre que s’il est trop souvent fait un usage abusif du dicton de l’éthique juive, selon lequel « sauver une seule vie, c’est comme sauver un monde entier », dans ce cas-ci, il est pleinement justifié.

 

Esther Solomon *

 

© Haaretz

 

* Esther Solomon est journaliste à Haaretz.

 

Voir aussi:

Haaretz.com TV: Gaza parents not allowed to accompany ill children into Israel

The evil decree

Seven Iraqi children to be brought to Israel for heart surgery

Two Iraqi children to arrive in Israel for open heart surgery

 

[Texte anglais aimablement signalé par Giora Hod, qui est médecin et exerce précisément dans cet hôpital. Qu’il en soit remercié. Merci également à Bob Sweijd qui nous a transmis une première traduction française de ce texte, due à son beau-père.]

 

Mis en ligne le 24 août 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org