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L’antiterrorisme dans la Washington d’Obama, Daniel Pipes
21/08/2009

21/08/09


FrontPageMagazine.com, 18 août 2009

 

Version originale anglaise: Counterterrorism in Obama’s Washington

Adaptation française : Anne-Marie Delcambre de Champvert

John O.Brenman, assistant de Barack Obama pour la Sécurité nationale et l’antiterrorisme.


L’assistant de Barack Obama pour la Sécurité nationale et l’antiterrorisme, John O. Brennan, a fort habilement brossé le tableau des erreurs des politiques présente et future du gouvernement , dans un discours prononcé le 6 août, [intitulé] « Une nouvelle approche pour protéger les Américains. »

Tout d’abord, son discours au Centre d’Etudes stratégiques et internationales à Washington, a une teneur inhabituelle.

« Flagorneur » est le mot qui vient à l’esprit, dans la mesure où Brennan, sur cinq mille mots, évoque quatre-vingt dix fois soit « le Président Obama » , « Il », « son » ou « Le Président ».

Chose inquiétante, Brennan attribue quasiment chaque pensée ou directive, dans son discours, à la sagesse du numéro Un. Cette conférence qui fait grincer les dents rappelle celle d’un fonctionnaire de la Corée du Nord rendant hommage à son chef bien-aimé.

Si nous entrons dans les détails, ce n’est pas mieux. Au fin fond, Brennan appelle à se faire bien voir des terroristes : « Alors même que nous condamnons et nous opposons aux méthodes illégitimes utilisées par les terroristes, nous avons besoin d’admettre et de nous occuper des besoins légitimes et des doléances des gens ordinaires que ces terroristes prétendent représenter. » On peut se demander quels besoins et doléances légitimes il pense que Al-Qaeda représente.

Brennan a fait bien attention de définir une double menace, l’une étant « Al-Qaida et ses alliés », et l’autre, « l’extrémisme violent ». Mais le premier, bien évidemment, est un sous-ensemble du deuxième. Cette faute élémentaire mine toute son analyse.

Il rejette aussi tout lien entre « extrémisme violent » et islam. « Utiliser le terme légitime de « jihad » qui signifie se purifier ou mener une guerre sainte pour un but moral, risque de donner à ces meurtriers la légitimité religieuse qu’ils recherchent désespérément et qu’ils ne méritent en aucune façon. Pire encore, cela risque de renforcer l’idée que les Etats-Unis sont, d’une manière ou d’une autre, en guerre avec l’islam lui-même. »

Ce passage reprend une théorie de l’islam radical qui, selon le lieutenant-colonel Joseph C. Myers, du commandement aérien des Etats-Unis et de l’école supérieure de guerre, « fait partie d’une campagne de désinformation stratégique, de dénégation et de tromperie » développée par le mouvement des Frères Musulmans.

Discréditée en 2007 par Robert Spencer, la théorie distingue entre le bon jihad et le mauvais jihad et nie tout lien entre islam et terrorisme.

C’est une interprétation infiniment trompeuse dans l’intention d’embrouiller les non-musulmans et de faire gagner du temps aux islamistes. Le gouvernement de George W. Bush , en dépit de toutes ses erreurs, n’a pas succombé à cette ruse.

Le discours contient des signes troublants d’ineptie. Nous apprenons qu’Obama considère que les armes nucléaires aux mains des terroristes sont « la menace la plus immédiate et la plus extrême contre la sécurité mondiale. » Très bien. Mais comment y répond-t-il ? Avec trois mesures faibles et presque sans pertinence : entreprendre un renforcement du régime de non-prolifération mondiale, lancer un effort international pour protéger le matériel nucléaire vulnérable… et accueillir un sommet nucléaire mondial.

Brennan n’arrive pas à penser clairement. Un exemple, qui exige une longue citation « La pauvreté n’est pas cause de violence et de terrorisme. Un manque d’éducation ne provoque pas le terrorisme. Mais tout comme il n’y a pas d’excuse pour le massacre aveugle d’innocents, il est indéniable que quand les enfants ne peuvent espérer une éducation, quand les jeunes gens n’ont pas d’espoir de trouver un travail et se sentent coupés du monde moderne, quand les gouvernements n’arrivent pas à pourvoir aux besoins élémentaires de leur peuple, alors les peuples deviennent plus sensibles aux idéologies de violence et de mort ».

Résumé. La pauvreté et le manque d’éducation ne provoquent pas le terrorisme, mais un manque d’éducation et de travail rendent les gens plus sensibles aux idées conduisant au terrorisme. Quelle est la différence ? Pauvres de nous si la Maison Blanche accepte ce qui est illogique comme analyse.

En outre, concentrons-nous sur la déclaration « Quand les gouvernements n’arrivent pas à pourvoir aux besoins essentiels de leur peuple, alors les peuples deviennent plus sensibles aux idéologies de violence et de mort », car elle contient deux erreurs étonnantes. D’abord, cela suppose la fiction socialiste que les gouvernements pourvoient aux besoins élémentaires. Non. A part quelques Etats riches en matières premières, les gouvernements protègent et offrent les structures légales, tandis que le marché pourvoit [à ces besoins]

Deuxièmement, toute étude sur le sujet trouve qu’il n’y a pas de lien entre le stress personnel (pauvreté, manque d’éducation, chômage) et l’attrait pour l’islam radical. Au contraire, des transferts massifs de richesses au Moyen-Orient depuis 1970 ont contribué à la montée de l’islam radical. L’administration base sa politique sur un mensonge.

Où est – comme on dit - la vigilance adulte ? L’exécution de politiques ineptes exposées par Brenman représente un danger pour les Américains, les intérêts américains et les alliés des Américains. Les conséquences amères de ces erreurs deviendront bien assez tôt évidentes.

 

© Daniel Pipes

 


Mis en ligne le 20 août 2009, par
M. Macina, sur le site upjf.org